Le premier succès de Kubrick fut ce film antimilitariste d’une splendeur hallucinante. Ce brûlot subversif dénonce la guerre non pas en se plaçant du coté des soldats qui seront ou bien massacrés ou bien traumatisé mais du coté du commandement dont la folie meurtrière est aberrante. Il s’agit d’une plongée dans les coulisses des tranchées françaises de la première guerre mondiale où Kirk Douglas campe avec talent un officier haut placé de l'armée française cherchant à dénoncer les manœuvres inhumaines son supérieur hiérarchique qui tente couvrir les tueries provoquées par ses erreurs stratégiques en accusant ses soldats. Un face à face effrayant entre ces deux hommes est en fait une opposition entre ambitions personnelles et humanisme, un combat rendu impossible quand le prétexte du patriotisme (magnifiquement comparé à la cape rouge du torero) est ainsi brandit.
Un des plus grands films aux yeux de Steven Spielberg. Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick. Une merveille sur tous les plans, des acteurs en plombs. Un film de guerre qui bouscule et démontre la dureté de l'humain. Et s'attaque aux officiers qui au font ont un comportement méprisable. Du coté de la réalisation c'est du pointilleux pour ne pas dire le mot perfection, comment oublier la scène ou les soldats s'avancent vers le peloton d'exécution. Et ne pas oublier l'apparition à la fin de Christiane Kubrick.
De mon point de vue, le meilleur film de Kubrick. Une très belle oeuvre sur l'absurdité de la guerre. Rien à redire : inutile de sortir les superlatifs concernant les acteurs, la réalisation, le scénario...
Les Sentiers de la Gloire...Le titre est déjà tout un programme. Il s'agit bien là de l'ascension d'un maître, un certain Stanley Kubrick qui, de films en films, est parvenu à nous offrir une bonne dizaine de définitions du chef d'oeuvre cinématographique. Ce grand film de guerre ( Attention, je suis réducteur ! ) en est certainement la première d'une longue série. Cette oeuvre d'Art agit sur le spectateur telle une bombe à retardement : d'une froideur insoutenable, d'un réalisme à couper au couteau, elle est tranchante, nette et rapide. Souvenez-vous de ces longs travellings dans les tranchées constamment maîtrisés, de ces explosions spectaculaires dans le no man's land où se perdent les soldats. Souvenez-vous de ces trois déserteurs inéluctablement condamnés à mort ( l'ironie kubrickienne tient du prodige : le cinéaste parvient à créer du suspense sur un fait dont on connaît l'issue dès le départ ). Souvenez-vous de la déclaration d'amour de Stanley à sa femme, laquelle entonne un chant empli d'humanité qu'aucun cinéphile digne de ce nom ne pourra considérer comme mièvre. Les Sentiers de la Gloire fut réalisé pour que les français se souviennent ( ils ne s'en rappelleront qu'au milieu des années 70, soit près de 20 ans après sa sortie, puisqu'il fut censuré jusqu'en 1975 ), pour que le monde se souvienne de l'absurdité de la guerre. LE film de guerre.
Sans doute le film qui fustige le plus l'incurie et la folie du commandement français pendant cette immonde boucherie. Mais "rassurez" vous, pendant ces quatre terribles années, les autres nations n'ont pas laissé leurs parts d'horreurs aux clebs. Pas étonnant qu'il soit resté à l'index dans une France qui a beaucoup de mal a régler ses comptes avec sa conscience. La scène finale est magistrale: un modèle d'espoir au coeur de cette négation d'humanité.
Un excellent Kubrick de plus, moins mémorable que les classiques les plus intemporels du maître, car sans doute moins original, mais la richesse des dialogues, la profondeur des interprètes et la narration très captivante en font un bon moment de cinéma. J'ai néanmoins quelques regrets pour la scène finale, limite un peu ridicule.
Vanité des vanités au programme de ce film de guerre hors norme de Kubrick. On sent parfaitement la sourde indignation qui anime le cinéaste lors de certaines scènes, en particulier le massacre en parallèle du bal dans le chateau, ainsi que le procès, festival de lâcheté odieuse des supérieurs. Certains plans sont incroyables. On en sort révolté devant ce mépris de la vie des simples soldats qui habite les aristocrates bien cachés derriere le front, qui commandent irresponsablement.
La réalisation, le jeu des acteurs et l’émotion dégagée par le film sont superbes car parfaitement maîtrisés ; On regrettera cependant son obsolescence - le sujet traité est précis et ancien - et sa véracité historique, très débattue et jetant sur l’armée française un discrédit que ne méritent que feu ses généraux et surtout, qui profite bien malhonnêtement à l’image américaine, si précieuse en pleine guerre froide… Roman, histoire ou propagande ? Trop de questions non résolues pour que le film demeure autre chose désormais qu’une belle réussite artistique.
le meilleur film de kubrick selon moi, et pourtant il est pas évident de choisir. surement a cause de son sujet, une dénonciation révoltée et éclatante de l'absurdité de la guerre. seul petit bémol: la première fois que je l'avais vu j'avais trouvé kirk douglas magistral. en l'ayant revu depuis j'estime qu'il aurait pu être (encore) meilleur. je l'ai trouvé ds certaines scènes trop distant vis à vis de l'action. mais peutêtre estce mieux comme ça, j'en sais trop rien en fait. hum bref, un chef d'oeuvre quoi...!
Un film avec un sujet très dur ! Les acteurs sont parfaits, la réalisation aussi mais deux étoiles car ce n'est pas un film que je prendrai plaisir à voir, de plus, il y a certaines longueurs malgré la courte durée !
Ce film est un chef-d'œuvre, autant pour le fond que pour la forme. Certaine scènes, comme par exemple l'arrivée aux poteaux d’exécution, restent longtemps en mémoire.
Il faut attendre «Paths of glory» (USA, 1957) pour que Stanley Kubrick adopte clairement l’influence de Max Ophüls. Du fameux travelling dans les tranchées aux déambulations de la caméra dans une salle de guerre, Kubrick appose à son style une marque définitive qui hantera, plus ou moins, chacune de ses œuvres. Or rien mieux que ce que dit Dax ne peut préfigurer les thèmes du cinéma de Kubrick : «J’ai parfois honte d’être un être humain». L’usage du travelling a pour ambition de couvrir l’étendu des sensations sur les champs de bataille et de présenter la mise en scène des dialogues comme une danse du pouvoir. Quand les deux généraux discutent dans une salle décorée, marchant dans tout l’espace, Kubrick organise leur déplacement et celui de la caméra comme un ballet macabre où se jouent les complots des grands pour le sacrifice des petits. Cette vision du film n’est qu’une infime partie de sa profondeur de lecture, comme toute œuvre du cinéaste. «Paths of glory», littéralement les sentiers de la gloire, mènent, ironiquement, aux sentiers de la perdition. La gloire est une affaire curieuse, une invention militaire qui ne réside, selon Kubrick, que dans l’opportunisme. La propension maligne du cinéma kubrickien à se concentrer sur des personnages attentistes n’est pas encore active ici. Le héros du film, incarné par Kirk Douglas, échappe aux opportunistes qui l’entourent, il préserve le monde de «Paths of glory» d’une absolue noirceur, tout comme dans «Spartacus». Il faut attendre James Mason dans «Lolita» pour que le cynisme total de Kubrick résonne. Toutefois ce film sur la première guerre mondiale importe énormément dans l’œuvre de Kubrick, d’autant plus qu’il s’inscrit dans une «trilogie» sur la guerre dont l’aberration est le maître mot. Dans «Dr. Strangelove», Kubrick fait de la guerre froide une bouffonnerie pathétique, dans «Full Metal Jacket», il en fait une absurdité nihiliste et dans «Paths of glory», il s’agit d’une farce dramatique.
Un très bon film de Kubrick qui retranscrit bien les horreurs de cette guerre. Il y a aussi une belle dénonciation du haut commandement français de l'époque. Les décors sont bien recontistués, en particulier les tranchées.
Film de guerre longtemps censuré en France et pour cause il évoque les fusillés pour l'exemple dans le camp français durant 14-18. Kirk douglas au top !!!