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Shékiinä .
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4,0
Publiée le 13 octobre 2012
Un film choc sur le fin fond de l'Italie. Un des films les plus provocateurs et vulgaires que j'ai vu, mais qu'est-ce que j'ai ri aussi. Ces personnages, ces gens du village sont pathétiques ; dans leurs misères ils se comportent comme des incivilisés et font des choses immorales (ce qui rend la mise en scène encore plus drôle tant ça pue la bêtise à plein nez). On sent que la révolte approche, ils sont tous sur les nerfs prêts à tout pour avoir le magot. Le film est à l'image du titre : affreux, sales et méchants ; tout est repoussant que ce soit les décors, les dialogues, les habitants, et même la musique et pourtant je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. J'ai trouvé le style de la mise en scène très particulier, très italien en même temps. Nino Manfredi est délirant ! Il joue superbement le clochard aigri.
Ils sont affreux, ils sont sales, ils sont méchants... tous tant qu'ils sont, toute la smala de crevards dans leur bidonville de miséreux, toute la misère humaine dans sa crasse, ses bas instincts et ses coups les plus bas ! tous à comploter pour voler le patriarche salopard alcoolique...
Ettore Scola signe son second meilleur film après Nous nous sommes tant aimés avec dans cette "épopée" l'un de ses acteurs fétiches, l'incroyable, l'impérial Nino Manfredi, proprement stupéfiant, éblouissant ici !
C'est presque un documentaire, effarant, mais pas tout-à-fait ; c'est un drame, un mélodrame même et certains (réalisateurs) y trouveraient amplement matière à faire pleurer les violons de toutes parts, à dignement s'apitoyer et à se révolter la main sur le coeur.
L'approche de Scola est différente et d'ailleurs conforme aux canons du meilleur cinéma italien : elle est satirique, tragi-comique, comico-dramatique et cruelle, si cruelle que le film n'a pas de fin en soi, pas de fin "satisfaisante" qu'elle soit belle ou mauvaise... il s'agit sans doute du seul reproche que l'on pourrait faire au film.
Plein d'ironie cinglante et impitoyable, le film dénonce, il déride les zygomatiques, il provoque sans cesse et en même temps reste fidèle à une réalité crade et sinistre qui revient comme le reflux d'une marée nauséabonde, inexorable.
La musique d'Armando Trovaioli qui avait travaillé également sur NNTA sert adroitement le film, illustrant un peu plus l'inéluctabilité de la misère froide et dégueulasse dont on rit sardoniquement, car comme l'a dit Dante Alighieri "ris si tu le souhaites".
Enfin, cet Affreux, sales et méchants sonne comme un chant du cygne du cinéma italien, lequel a certes connu des déboires auparavant mais ne produira plus d'ici la fin des années 70 de tels chef-d'oeuvres à l'avenir.
Long, ennuyeux, sans grand interet. J'ai pourtant du voir ce film 3/4 fois en esperant accrocher davantage mais rien ne se passe, la deception finale est tjs la meme. Je reconnais toutefois que le pari etait osé, peu banal et peu avenant. Je pense qu'on accroche totalement ou pas avec ce genre de film.
Dans "Affreux, sales et méchants", Ettore Scola met en scène une (très) nombreuse famille regroupée dans un taudis d'un ghetto romain. Tous sont violents, alcooliques, crasseux, incestueux...Bref, on est très loin du politiquement correct et cet humour noir et grinçant a de quoi rebuter ! Mais cela sonne juste, d'un réalisme assez déconcertant, et c'est drôle ! Une comédie féroce, immorale et assez jubilatoire...
Une vingtaine de gueux s’entassent dans un minuscule taudis d’un bidonville à Rome. Giacinto (Nino Manfredi) y règne en despote, assis sur le magot qui lui a été versé par son employeur après la perte de son oeil gauche. Sa femme, sa mère impotente, ses enfants et ses beaux-enfants vivent ou survivent dans un bruit insupportable et une crasse répugnante : les garçons volent, les filles se prostituent tandis que les plus jeunes sont parqués dans un enclos pour éviter de se dissiper.
Une rétrospective au Champo donne l’occasion de voir ou de revoir les principaux films de Ettore Scola. Son étoile a toujours souffert de la concurrence de ses aînés : Rossellini, De Sica, Fellini, Pasolini, Visconti… Son succès coïncide avec le début du déclin du cinéma italien. "Affreux, sales et méchants" marque son apothéose : "Nous nous sommes tant aimés", sorti deux ans plus tôt, l’aura fait connaître dans le monde entier, "Une journée particulière", sorti un an plus tard, confirmera sa renommée.
Réalisateur si élégant, si nostalgique, Scola réalise avec "Affreux, sales et méchants", une satire grinçante qui louche du côté de Dino Risi et des outrances de la comédie italienne. Rien n’est trop gros, trop gras, trop grotesque, trop grinçant chez les gueux de Scola qui se disputent, se frappent, se saoulent, se prennent avec une bestialité répugnante. Nino Manfredi s’en donne à cœur joie dans le rôle du patriarche tyrannique et veule, au risque de verser dans la caricature.
Bien entendu, cette surenchère cache un message humaniste (même si Ettore Scola, à la différence de la plupart de ses collègues, n’a jamais flirté avec le parti communiste) : le quart-monde qu’il dépeint , comme chez Rossellini ("Rome ville ouverte"), Fellini ("Les Nuits de Cabiria") ou Pasolini ("Accatone"), suscite la pitié plus que le dégoût. Et cette gamine – dont je n’arrive pas à retrouver le prénom – qu’on voit au début du film, à l’aube blanchissante, chausser ses bottes jaunes pour aller puiser l’eau et qu’on revoit au dernier plan du film à la même heure dans la même activité, cette fois-ci le ventre gonflé par une grossesse sans doute non désirée, nous arracherait presque des larmes….
Sorti en 1976, "Affreux, sales et méchants" fait partie des incontournables d'Ettore Scola, alors en plein état de grâce cinématographique. Rarement on a vu un titre aussi fidèle à son sujet ; le cinéaste nous présente en effet une famille de dégénérés au sommet de laquelle trône le patriarche Giacinto. Joué par un grand Nino Manfredi, celui-ci incarne à la fois l'avarice, la méchanceté et la lâcheté. Mais ses innombrables enfants ne sont pas en reste et enchainent à leur tour les mauvais coups, magnifiés par Scola. Il suffi de voir avec quelle impatience ils attendent le salaire de leur grand-mère pour allègrement se le partager. Il s'agit donc d'un des films majeurs sur la famille décrite à la fois comme un enfer et un cycle infernal où la fatalité règne en maître. Ainsi Giacinto peut très bien s'en aller n'importe où avec son million mais préfère rester dans son taudis. Enfin "Affreux, sales et méchants" présente un document sociologique de première main sur la vie dans ces bidonvilles romains qui existeront jusqu'à la fin des années 1970. Un régal de cynisme.
Le mois d'Avril sonne pour moi comme un rappel depuis cinq ans maintenant. La découverte du Cri de Michelangelo Antonioni puis de Blow-Up et Zabriskie Point respectivement en 2017, 2018 et 2019 ont maintenant clairement établit une tradition auquel j'aime me référé. Un film Italien par an à cette même période. En 2020, exit Antonioni ( jusqu'à un retour programmé dans quelques temps ) pour un autre cinéaste immensément brillant, Ettore Scola.
Après Nous nous sommes tant aimés l'année dernière c'est donc vers un autre monument de sa filmographie que je me tourne cet fois-ci avec Affreux, Sales et Méchants prix de la mise en scène à Cannes en 1976. Ce dernier se dissocie assez radicalement du premier film nommé tout comme du film qui suivra Une Journée Particulière vu il y'a de cela quelques années. Scola prend la décision pertinente d'embrassé une vision cynique pour dépeindre sa composition et autant dire qu'il y va a fond. Je marche complètement avec lui sur le procédé et il faut le dire que plus d'une fois je me suis retrouvé dans une position de malaise assez évidente. La question de la gratuité finit par se poser ? Sans connaitre le réalisateur je me serais d'ailleurs j'imagine bloqué devant sa démarche tant elle est quasi macabre ... Son final en est la quintessence !
Il y'a néanmoins du fond, rien n'est donner facilement, il faut creuser, chercher voir déterré la cause de cet situation. Aujourd'hui encore des parallèle sont à constater. Le terme de Bidonville à foutu les voiles et est appelé par de nouveaux termes issus de notre nouvelle langue mais il y'a dans ce film de Scola quelque chose comme une idée qui se rattache au passé / présent / futur. Il ne condamne rien du même coup. La parodie appuyer d'autorité, le désintérêt voir l'absence de substitut, d'échappatoire m'a fais froid dans le dos. Plus encore que la bassesse de ce que tous cela raconte.
Les protagonistes de cet histoire sont quand à eux à fond avec le réalisateur. En grossissant le trait, en se vautrant dans la caricature, tout ce petit monde ne fait que révélé l'horreur de la situation. Pourtant on rit à leurs dépends, avec eux parfois aussi mais dans les grandes lignes ont se paye leurs tronches ... Somme nous aussi affreux ? Oui, j'imagine. Un film qui désarçonne, donne à réfléchir, de ceux qui ne sont pas très agréable à voir tant le portrait au vitriol s'avère encore plus corrosif après sa blessure originel ...
Pour conclure en dehors du film en lui-même, vais-je poursuivre avec Scola ou changé de perspectives l'an prochain ? Pourquoi ne pas prolonger l'idée d'une thématique plus poussé d'ailleurs et de consacrer tout un mois à un pan de ce cinéma pour mieux l'explorer ? Tant de questions ... A voir ou à revoir.
Un des plus grands metteur en scène livre une fable satirique sur la misère et les bidons ville, apparus à Rome dans les années 70. On pénètre l'univers d'une famille désunie qui dort les uns sur les autres et une caméra virevolte au milieu de se fourbi nous présente le patriarche et sa marmaille à l'affût de son million de livres. Ils se détestent et ils sont également tous détestables. Ils ont le cheveux gras mais poussiéreux, la misère cache la misère ; Les enfants ne font pas école on les enferme pour la journée; Les seuls à s'en sortir sont sous le joug de la prostitution mais semblent tout de même les plus heureux. Il n'y a pas d'espoir et quand il n'y a plus d'amour non plus, ne reste que le crime pour amasser l'oseille. C'est vindicatif et à coup de surin ou de mort aux rats, Ettore Scola laisse une vision à la fois dérangeante et tordante de sa société, pour un premier succès critique notable.
"Affreux sales et méchants" réussit un exploit quasiment unique dans l'histoire du cinéma en ne montrant que des personnages ignobles. Le film va très loin en enchaînant les situations sordides férocement drôles, mais dramatiques aussi. Car finalement on sait bien que de tels individus existent et que Scola ne fait que les condenser dans une même "tribu". On peut se demander alors ce que cherche Scola : faire de la provocation gratuite en se moquant des pauvres, ou alors critiquer un système qui produirait de tels monstres d'immoralité ? Je penche évidemment pour la deuxième solution, et pour moi cette réponse se trouve dans les longs plans sur les enfants aux regards innocents et dans cette terrible scène finale de la petite fille spoiler: - elle est maintenant enceinte... et on imagine bien ce qu'il s'est passé - qui vient condamner sans appel les conséquences de l'indigence et de la misère sociale.
C'est sale, vulgaire, dérangeant mais drôle et provocateur. On est en plein 70's donc on retrouve là-dedans une liberté de ton qui n'existe plus aujourd'hui. C'est cruel, c'est moqueur mais jamais méchant finalement. Et cinématographiquement c'est ultra maîtrisé. Bref j'ai bien aimé !
A l’origine, Ettore Scola envisageait d’effectuer un documentaire sur les bidonvilles autour de Rome. Puis il lui est venu l’idée d’en faire une fiction. On peut légitimement s’interroger sur sa fiction : correspond-elle à l’idée du documentaire qu’il voulait réaliser ? Evidemment, j’ironise.
Evidemment Ettore Scola a opté pour une satire irrespectueuse en poussant le bouchon de l’irrévérence très loin dans la laideur. La misère est laide par nature, et le réalisateur ne s’est pas privé d’en tartiner des couches avec une famille affreuse de saleté et de méchanceté. Une farce aux traits grossiers où il refuse que le spectateur soit attendri.
Il ne nous épargne rien : une famille composée d’une vingtaine de personnes entassées dans une baraque de fortune où je perçois les odeurs de tous les fluides possibles en raison d'une promiscuité dénuée d’intimité. Le festival de Cannes 1976 lui a décerné le Prix de la mise en scène. Malgré cette distinction, le public n’aurait pas trop suivi à en croire la presse de l’époque ; on ne rit pas de la misère des petites gens, fussent-ils « Affreux sales et méchants ». En tout cas, à défaut de rire, ce film m’a amusé pour son audace crade et j’apprécie d’être bousculé par la laideur. C’est aussi ça le cinéma.
Une famille de dégénérés, voleurs, bandits et immoraux autour d’un patriarche aux accents de « L’avare » ; ce sont eux les pauvres vivant dans un bidonville de Rome affublés de ces trois qualificatifs sonnant comme une provocation. Mais Ettore Scola veut montrer par là que tenir les gens à l’écart du progrès et en marge de la société ne créé que frustration. Il se démarque de son aîné Vittorio De Sica, du néo réalisme italien et de la bienpensance catholique. La pauvreté ne fait pas naître l’abnégation. Au revoir le manichéisme, et non, les pauvres ne sont pas forcément gentils ; ils sont à l’image des conditions de vie que leur impose la société. Scola vote alors pour la fable crasseuse pamphlétaire dirigée contre le gouvernement italien qui a laissé prospéré ces bidonvilles. 800.000 personnes vivaient encore dans ces conditions au début des 70’s ; et Scola dit au bourgeois : s’ils sont affreux sales et méchants c’est de votre responsabilité. Il n’y met pas trop les formes en choisissant la comédie outrancière. Son film sera un vrai bide commercial. Aujourd’hui il est un film phare de la comédie italienne. A sa sortie, il reçu le Prix de la mise en scène à Cannes en 1976. Et ce prix vient saluer le travail d’orfèvre d’Ettore Scola. Dès la scène d’ouverture, il concocte un plan séquence virtuose. On est dans la maison, enfin la seule pièce où vit le vieux, sa femme, leurs 10 enfants avec leurs conjoints et les petits enfants ; la caméra tourne dans cet espace où tout le monde dort, s’occupe des bébés, font l’amour,… On est tout de suite plongé dans cette réalité puis une jeune fille aux bottes jaunes ; première levée va chercher l’eau à la fontaine. Le même plan virtuose clora le film à deux détails près ; ils seront 40 au lieu de 20 dans cette bicoque et la fille aux bottes jaunes ne sera plus tout à fait la même. Scola brise tous les tabous de la bienpensance durant ce film ; et avec la parabole finale autour de la fille aux bottes jaunes, il franchit une limite morale dont on pensait être épargné… Le sort des enfants. En effet l’enfance semblait préservée jusqu’à ce final. Mis sous grillages semblable à une prison ; les enfants sont en fait en sécurité derrière ces barrières. Déposés là comme à la crèche pendant que les adultes se préparent dès le matin à aller bosser ; enfin effectuer leurs rapines, se prostituer,… Et puis les comédiens sont inénarrables avec un Nino Manfredi donnant une épaisseur hors norme au chef de famille. Le reste du casting est composé de comédiens de théâtre mais aussi d’habitants de bidonville aux trognes improbables. Giacinto (Nino Manfredi), en parfaite inadéquation avec la société, sans véritable évolution psychologique au cours du film ni prise de conscience, semble bien un héros burlesque, à l'instar de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton par exemple. Un grand moment du cinéma italien… Mais faut pas craindre, c’est « No limit » et bien dans l’esprit des seventies.
Documenté et donc réaliste, ce film d’Ettore Scola ayant gagné le prix de la mise en scène à Cannes en 1976 est une petite perle d’humour noir, de méchanceté et d’immoralité dans laquelle Nino Manfredi s’en donne à cœur joie en vieux patriarche tyrannique et mauvais. Porté par un scénario vraiment intelligent, des dialogues cinglants et des personnages tous aussi barrés les uns que les autres, cette comédie italienne vaut plus qu’un simple détour tant elle est riche dans son message (notamment lorsque le Vatican apparaît en arrière plan). On sait maintenant où Bernie Bonvoisin a trouvé son inspiration pour son très fort Les Démons De Jésus...
Affreux, sales et méchants : La peinture de la misère que brode Ettore Scola est d’une noirceur terrible qui se veut à la fois drôle et édifiante. Ici la misère est totale : à la pauvreté matérielle s’ajoute le manque total d’intelligence, de morale, de dignité… N’en jetez plus ! Mais ce qui à mes yeux rend le film insipide, c’est le manque d’histoire. Une fois le milieu dépeint et le spectaculaire de son aspect pittoresque compris, le film tourne en rond. Que demande le peuple ? ‘’Ils n’existent pas vraiment ces gens quand même ?!’’ Eh bien, Ettore Scola imaginait d'abord le film comme un documentaire sur les bidonvilles de Rome avant d'en faire finalement une fiction. De plus le casting était composé d'acteurs professionnels mais aussi d'acteurs non professionnels choisis parmi les habitants de bidonvilles comme la plupart des enfants.