Affreux, sales et méchants
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kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2016
"Affreux sales et méchants" réussit un exploit quasiment unique dans l'histoire du cinéma en ne montrant que des personnages ignobles. Le film va très loin en enchaînant les situations sordides férocement drôles, mais dramatiques aussi. Car finalement on sait bien que de tels individus existent et que Scola ne fait que les condenser dans une même "tribu". On peut se demander alors ce que cherche Scola : faire de la provocation gratuite en se moquant des pauvres, ou alors critiquer un système qui produirait de tels monstres d'immoralité ? Je penche évidemment pour la deuxième solution, et pour moi cette réponse se trouve dans les longs plans sur les enfants aux regards innocents et dans cette terrible scène finale de la petite fille spoiler: - elle est maintenant enceinte... et on imagine bien ce qu'il s'est passé -
qui vient condamner sans appel les conséquences de l'indigence et de la misère sociale.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2016
Une famille de dégénérés, voleurs, bandits et immoraux autour d’un patriarche aux accents de « L’avare » ; ce sont eux les pauvres vivant dans un bidonville de Rome affublés de ces trois qualificatifs sonnant comme une provocation. Mais Ettore Scola veut montrer par là que tenir les gens à l’écart du progrès et en marge de la société ne créé que frustration. Il se démarque de son aîné Vittorio De Sica, du néo réalisme italien et de la bienpensance catholique. La pauvreté ne fait pas naître l’abnégation. Au revoir le manichéisme, et non, les pauvres ne sont pas forcément gentils ; ils sont à l’image des conditions de vie que leur impose la société. Scola vote alors pour la fable crasseuse pamphlétaire dirigée contre le gouvernement italien qui a laissé prospéré ces bidonvilles. 800.000 personnes vivaient encore dans ces conditions au début des 70’s ; et Scola dit au bourgeois : s’ils sont affreux sales et méchants c’est de votre responsabilité. Il n’y met pas trop les formes en choisissant la comédie outrancière. Son film sera un vrai bide commercial. Aujourd’hui il est un film phare de la comédie italienne.
A sa sortie, il reçu le Prix de la mise en scène à Cannes en 1976. Et ce prix vient saluer le travail d’orfèvre d’Ettore Scola. Dès la scène d’ouverture, il concocte un plan séquence virtuose. On est dans la maison, enfin la seule pièce où vit le vieux, sa femme, leurs 10 enfants avec leurs conjoints et les petits enfants ; la caméra tourne dans cet espace où tout le monde dort, s’occupe des bébés, font l’amour,… On est tout de suite plongé dans cette réalité puis une jeune fille aux bottes jaunes ; première levée va chercher l’eau à la fontaine. Le même plan virtuose clora le film à deux détails près ; ils seront 40 au lieu de 20 dans cette bicoque et la fille aux bottes jaunes ne sera plus tout à fait la même. Scola brise tous les tabous de la bienpensance durant ce film ; et avec la parabole finale autour de la fille aux bottes jaunes, il franchit une limite morale dont on pensait être épargné… Le sort des enfants. En effet l’enfance semblait préservée jusqu’à ce final. Mis sous grillages semblable à une prison ; les enfants sont en fait en sécurité derrière ces barrières. Déposés là comme à la crèche pendant que les adultes se préparent dès le matin à aller bosser ; enfin effectuer leurs rapines, se prostituer,…
Et puis les comédiens sont inénarrables avec un Nino Manfredi donnant une épaisseur hors norme au chef de famille. Le reste du casting est composé de comédiens de théâtre mais aussi d’habitants de bidonville aux trognes improbables. Giacinto (Nino Manfredi), en parfaite inadéquation avec la société, sans véritable évolution psychologique au cours du film ni prise de conscience, semble bien un héros burlesque, à l'instar de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton par exemple.
Un grand moment du cinéma italien… Mais faut pas craindre, c’est « No limit » et bien dans l’esprit des seventies.
blacktide
blacktide

79 abonnés 795 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 avril 2016
Dans ce délire désabusé, les ordures d'une société pervertie ironisent de leur propre tragédie, sarcasme fataliste affreusement réussi.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 février 2016
Bon, ce film porte bien son titre. On va y suivre une famille de résidents de bidonvilles beaufs, idiots, haineux et tous plus répugnants et antipathiques les uns que les autres. Scola réussit à ne jamais tomber dans la complaisance ou la surenchère avec ce film et c'est probablement ce qui fait sa principale force. Le propos est simple Scola dénonce sans concession la bêtise due à l'ignorance. La mise en scène est très réussie, la BO accompagne bien le film et les acteurs sont tous bons, là-dessus rien à dire... Toutefois, car oui, il y a un (gros) toutefois, je n'ai vraiment pas accroché au film. La raison est simple : j'ai énormément de mal à m'intéresser à un film dans lequel tous les personnages me dégoûtent et ne m'inspirent ni empathie ni fascination. De ce fait j'ai trouvé le métrage longuet et un peu mou du genou... Disons qu'à part quelques scènes il ne se passe pas grand chose, ça tourne un petit peu en rond. On m'avait "vendu" le film comme une comédie, et je n'ai vraiment pas l'impression que ça en soit une. C'est certes cynique et corrosif, mais jamais Scola ne semble vouloir faire rire.
Donc voilà, je n'ai pas détesté ce film, je pense qu'il mérite plus que la moyenne, mais je n'ai pas spécialement adhéré au délire. Dommage.
SociN
SociN

13 abonnés 636 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 février 2016
Le film est une "comédie dramatique". Pour la comédie, on repassera. C'est bien trop outrancier pour que l'on rie. On est plus dans le drame : les personnages sont dans la fange et s'y complaisent : couardise, fainéantise, luxure, violence, délinquance, bêtise : ils ont toutes les tares !
Le plus dramatique reste la conclusion du film : spoiler: lorsque l'on voit que la nouvelle génération, celle dont on pouvait espérer un renouveau car elle était la seule à bosser, tombe dans les mêmes errements
: la misère appelle la misère !
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 janvier 2016
Ce qui frappe en premier lieu, en revoyant ce film, c'est son côté politiquement incorrect, cette audace outrancière propre aux comédies italiennes des années 1970. Toujours désireux d'offrir un autre regard sur la société italienne, Ettore Scola plonge dans le monde miséreux des bidonvilles de banlieue (ici à Rome). Une plongée sans concession, sans filtre. On est loin des représentations clichés de la pauvreté, qu'elles soient idéalisées (ah... la dignité des pauvres), condescendantes ou tout empreintes d'un pathos mélodramatique. Le film porte bien son titre. Les personnages sont effectivement affreux, sales, méchants. Et le scénario y va gaiement en matière de vulgarité, de violence, de bêtise crasse, de sexualité débridée. Alors, qu'y a-t-il derrière ce grand spectacle de beauferie trash ? D'abord la critique du phénomène d'exclusion sociale qui mène à cette marginalité bordélique et immonde. Ensuite la mise en lumière des laissés pour compte de la société, d'une réalité que l'on ne souhaite pas voir, mais qui coexiste avec d'autres réalités plus reluisantes. La vue sur la basilique Saint-Pierre, au loin, est bien ironique. Mais il semble y avoir aussi, derrière le burlesque vachard et l'humour noir d'Ettore Scola, un constat désespéré face à la capacité de ces communautés pauvres à cultiver en vase clos le même bouillon de bas instincts, à reproduire les mêmes cercles vicieux, à s'autoreproduire... Le dernier plan sur la jeune fille enceinte est ainsi déprimant. Cela dit, c'est bien la truculence qui imprègne l'essentiel du film. Une truculence savamment mise en scène. Le début est génial : plan-séquence de nuit, dans un taudis, entre les corps enchevêtrés des membres d'une même famille, toutes générations confondues, jusqu'au patriarche qui sort un fusil de son lit ! La suite donne à voir, de façon chorale, toutes sortes de personnages interprétés par des acteurs non professionnels pour la plupart, issus eux-mêmes de bidonvilles. Mention spéciale à la grand-mère qui apprend l'anglais devant sa télé. Ça braille, ça jouit, ça cogne tous azimuts. Avec un point d'orgue : le fameux banquet vengeur, filmé comme un règlement de comptes de western. Alors bien sûr, ce film féroce et naturellement peu ragoûtant ne plaira pas à toutes les sensibilités, mais il reste assez extraordinaire dans l'histoire du cinéma, comme tableau social et comme tableau familial. "La famille, c'est comme les bottes. Plus c'est serré, plus ça fait mal !"
Alexcherbourg
Alexcherbourg

23 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2015
J'ai deux lectures de ce film.
D'un côté Affreux Sales et Méchants est un film-réaction à la mort de Pasolini. En effet, ce dernier devait réaliser le prologue de ce qui devait être à la base un documentaire sur les bidonvilles romains. Pasolini s'est toujours revendiqué d'être du côté des pauvres, qu'il considérait épargnés de la corruption de l'âme. Mais il était parmi eux l'homme de pouvoir, par son statut social et son argent, pouvoir qu'il exerçait notamment en rétribuant des prostitués. L'un deux l'a tué en 1975. Le personnage de Manfredi, bien éloigné du génie de Pasolini, incarne pourtant lui-même un homme puissant (par son argent) et lui-même « assassiné » par des représentants de l'extrême pauvreté. Dans le film, la coupole de St Pierre de Rome est toujours au-dessus des personnages comme un symbole de leur « innocence » tout comme la musique sacrée de Bach accompagnait les protagonistes d'Accatone. Il me semble inimaginable que ces coïncidences soient infondées. Je pense que Scola a voulu condamner d'une part l'assassinat de Pasolini et d'autre part l'idéalisation du caractère sacré des petites gens.
D'un autre côté, le film n'est absolument pas un film politique. Il est plutôt un film ontologique sur un certain nombre de défauts inhérents à l'humanité et qu'on devrait combattre pour mieux vivre ensemble. L'avarice du grand-père, la jalousie de la famille, la luxure exercée comme la possession d'un corps par un autre. Il n'est pas non plus une comédie, mais il relève de la tragédie grecque. Il n'est pas lisse mais dérangeant.
Tous ces éléments font qu'à mon sens il s'agit d'un film important.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2025
Avec Affreux, sales et méchants, Ettore Scola plonge sa caméra au cœur d’un bidonville romain du début des années 1970 et signe un film virulent, cru et paradoxalement, drôle.


Il y décrit la vie d’une famille grouillante, hurlante, où tout tourne autour d’un patriarche borgne, cupide et tyrannique. Scola observe ces personnages sans jamais les juger, avec une distance quasi documentaire : il pose sa caméra et laisse vivre ce petit théâtre misérable, fait de jalousies, de combines et d’instincts primaires. C’est laid, vulgaire, excessif, mais terriblement vivant.


Tout dans le film justifie son titre : c’est une fresque de la laideur humaine, de la misère sociale et morale. Scola n’embellit rien, ne moralise jamais. Il montre simplement la pauvreté dans ce qu’elle a de plus cru, avec un humour noir décapant et une ironie constante. Le grotesque devient ici une arme politique : il rit du désespoir sans jamais l’effacer.


La mise en scène, d’une précision redoutable, évite la lourdeur du pathos. Chaque plan, chaque cri, chaque détail semble pensé pour donner chair à ce microcosme absurde où chacun cherche à survivre, ou à voler le voisin. Le film atteint parfois des sommets de férocité burlesque, notamment dans ses scènes d’humour noir, qui en disent long sur la condition humaine.


Récompensé du Prix de la mise en scène à Cannes, Affreux, sales et méchants est une tragédie déguisée en farce, une satire sociale impitoyable, d’une lucidité rare. Scola y regarde la misère en face, et nous force à faire de même, sans détours, sans larmes, mais avec un rire amer.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 30 avril 2014
Une peinture burlesque de l'Italie des bidonvilles des années 70. On y découvre une critique de la société à travers cette (grande) famille italienne qui vit avec le strict minimum (voire en dessous). La famille est composée de tout ce qu'on trouve ans la société: un transexuel, un chanteur, une prostitué, une ouvrière, un coiffeur, etc... Tout y passe. Le titre décrit très bien l'atmosphère du film: il est crade, dégueulasse, sale. Les actions des gens sont sauvages, on ne trouve que peu d'humanité à travers les personnages qui se battent, se frappent, se tirent entre-eux. Et les insultes fusent aussi. Malgré cela ils dorment sous le même, car ceci reste la famille, on ne l'a pas choisie. Ce film est bon, voir excellent car il dépeint une réalité avec ses personnages à caractères prononcés mais toujours intéressants. Je salue ce film qui est bien fait, belle interprétation d'une réalité très triste.
nielrowbooks
nielrowbooks

30 abonnés 670 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 avril 2014
Une symphonie de la misère jouée dans un bidonville des années 60-70. Jouée avec maestria. Le cinéma italien a engendré moults chefs-d'oeuvre dans ces années-là, et ce film en est un.
Truman.
Truman.

273 abonnés 1 364 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2014
J'ai longtemps hésité a voir ce film, son titre, son affiche, son synopsis, rien ne m'inspirais, me donnant comme un arrière gout de "saleté" .
Puis je me suis lancé et j'y ai découvert le cinéma Italien des années 70, comme le cinéma Français de cet époque c'est un cinéma qui n'existe plus et que l'on regrette fortement .
Un cinéma qui osait, qui était en avance sur son temps aussi bien dans la technique que les propos et qui ici frappe avec de l'humour noir, de l'humour osé, tordu, sale, grossier, vulgaire, un humour ravageur que même aujourd'hui on a du mal a retrouver .

De l'humour noir, un bidonville, une famille de dégénéré, du sexe incestueux, de la saleté, une histoire de fric et un père complètement taré attaché plus que tout a son argent . Que dire de plus si ce n'est que ce film est une vrai bombe de folie ultra-osé aussi pour son époque ?
Dans tout ceci il y a une ambiance assez répugnante qui risque de repousser de nombreuses personnes, une ambiance de sueur rance et d'urine .

Mais derrière tout cet humour noir et inventif ( l'une des meilleurs comédie dans le genre humour noir ) il y a un fond intelligent et dénonciateur .
Dénonçant aussi bien la pauvreté extrême que les problèmes familiaux, les problèmes de sexualité ou d'argent .

Ce n'est pas un film qui fait rire unqiuement pour faire rire car il y a un fond et ceci fait de cette comédie l'une des plus originale et les plus créative de sa génération .
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 janvier 2014
Un film de beauf qui parle de beauf de la manière la plus beauf qu'il soit. Cette description simple correspond bien à ce qu’est "Affreux, sales et méchants". Pendant la quasi totalité du film, on voit une famille s'engueuler, baiser, s'engueuler encore pour re... enfin bref.... Pas un grand interêt culturel ou intellectuel si ce n’est un réconfort moral en se disant que l'on ne sent pas si mal chez soi. Si Ettore Scola souhaitait passer un quelconque message, celui-ci ne transparait pas et un documentaire aurait surement été plus utile et approprié.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 janvier 2014
Dans ce film tout le monde est affreux, sales et méchants. Et toutes les péripeties sont immorales. Mais c'est hilarant, très humain, et un formidable vent de liberté souffle tout au long du film. Un film qui rappelle un peu "la vie est un long fleuve tranquille" ou "les démons de jésus", version Italie. 5 étoiles ?
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 16 octobre 2013
C'est féroce, c'est humain. C'est sublime !
Scola est vraiment un grand cinéaste.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2013
Ayant fait parler de lui lors de sa sortie en 1976, «Affreux, sales et méchants», autre classique du cinéma italien des années 70, se présente sous la forme d'une chronique sociale au ton très acerbe dans laquelle Ettore Scola (à qui l'on doit notamment le puissant «Drame de la jalousie») critique une société italienne frappée de plein fouet par la crise. Pour justifier son point de vue, le cinéaste italien encre son histoire au sein d'une famille nombreuse vivant dans un misérable bidonville sur les hauteurs de Rome. Il n'y a qu'une seule motivation: piquer le magot (1 000 000 de lires) du patriarche que ce dernier (joué par un Nino Manfredi épatant) défend bec et ongles, n'hésitant pas à menacer qui que ce soit du canon de son fusil. Parfait mélange de comédie originale et de constat social réaliste, «Affreux, sales et méchant», véhicule un message qui aujourd'hui encore conserve toute sa pertinence.
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