Film très singulier sur la vie d'une famille misérable où le père parano empoisonne la vie de tout le monde! Film drole et triste à la fois, avec cependant des passages hilarants! A voir et Nino Manfredi excellent!
Dans un bidonville avec vue sur le Vatican demeure un patriarche Giacinto et toute sa grouillante famille .Leur vie est ignoble,ils sont eux memes ignobles dans un univers de saleté et de vulgarité. Ettore SCOLA nous produit un film grinçant sur cette société de pauvres plus égoiste,plus méchante que la bourgeoisie qu'elle rejette. Nino MANFREDI est grandiose dans son role de patriarche ivrogne et rejeté par toute sa famille. Une très belle oeuvre de SCOLA qui bouleverse par sa cruauté et sa et son sinisme.
Assez réussi. Je viens de découvrir hier ce film et il m'a bien plu. Tout d'abord, la séquence ouvrant l'oeuvre est absolument remarquable : en musique, sans coupures, et en nous présentant un à un les différents personnages, totalement "brutti, sporchi e cattivi" ! Le titre résume parfaitement bien le type d'humour auquel on doit s'attendre, à savoir noir, cynique et inscrit dans la tragédie sociale afin de l'alléger. Le monde est moche et beaucoup de cinéastes nous l'on fait savoir. Mais jamais de cette manière là, jamais avec du recul et du dixième degré. On nous montre la vie sordide dans les bidonvilles tout en nous faisant rire. Plutôt incroyable quand même ! Manfredi a l'allure d'un très grand dans son rôle de patriarche ignoble et sans foi ni loi. Il est d'une inventivité perverse que j'aurais rarement pu imaginer, et choque tout en amusant. Certaines scènes sont vraiment hilarantes sans être pitoyables. Et puis, c'est très difficile à exprimer mais j'ai ressenti une sorte de jubilation lors des plans montrant la famille entière, totalement détestable mais attachante. Aucun ne donne l'impression d'être humain mais leurs comportements sont (en partie) justifiés à cause de leurs situations à vomir ; et on les méprise car c'est ammoral et horrible. Ce double registre sur lequel joue le film est passionnant et donne de l'intérêt suppémentaire à quelque chose d'à la fois personnel et populaire qui ne manquait pourtant pas de piment. Très bien joué et filmé, emmené par une musique parfaite, "Brutti, sporchi e cattivi" n'est surtout pas à laisser de côté et doit se voir ne serait-ce que pour tout le politiquement incorrect qu'il comporte.
Ettore Scola réalise un film à l'humour très noir et une peinture au vitriol de ces gens vivant dans les bidonvilles de la banlieue romaine. Nino Manfredi,méconnaisable et excellent,déambule au milieu de ce patchwork et panel de personnages à la fois inquiétants et comme l'indique justemment le titre,affreux,sales et méchants.Style très "documentaire" pour enforcer le réalisme de cette triste condition sociale. Histoire très Shakespearienne avec patricide,trahisons,résolutions mixée avec un humour corrosif et une interprétation de haute volée,Brutti Sporcchi e cattivi a été justemment salué par le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1976.
Affreux sales et mechants est un film très reussi avec des images frapantes, et un humour noir et corrosif. Rarement dans le cinéma on vu une peinture aussi cru et aussi critique des gens pauvres. A l'opposée de la plupart des films qui traitent les problèmes et les maux de la société ce film ne ne tient pas la société pour responsable de leur situation. Les membres de la famille n'ont aucun vertu. Ils sont tous pourri. Personne ne travaille. Et personne ne cherche du travail non plus(La grand-mère dit à un de ces petits-fils : Tu parles comme tu cherches, tu pries la vierge pour ne pas trouver). Ils volent des sacs à main, volent à l'eglise, trafiquent, piquent la pension de la grand-mère et veulent prendre l'argent que leur père à eu par l'assurance quand il a perdu son oeil. Pour clore le tableau un des fils se prostitue en se déguisant en femme. Tout le monde couche avec tout le monde, même le travesti couche avec sa belle-soeur. Le père viole sa belle-fille et une petite fille à la fin du film se trouve enceinte par on ne sait pas qui. Dans le coin salubre et invivable où ils habitent ça ne vas pas mieux non plus. Une fille fait des photos nus et sa mère est très fière d'elle. Pour mettre en peu de piment dans sa vie le père touve une maitresse qui est grosse et laide et l'amène à la maison. Dès qu'elle arrive un de ses fils couche avec elle. Sa femme pour ne pas être en reste a aussi un amant. Tout ça est filmé avec maestria par Scola avec des séquences de caméra sans paroles comme celle du début du film qui à elle seule peut le résumer en entier.
Tout en se montrant caustique et cynique, Ettore Scola dépeint magnifiquement les conditions de vie dans les bidonvilles romains et en profite pour les dénoncer. Il ne se prive surtout pas de se moquer de la société toute entière ainsi que de la bêtise humaine. C'est féroce, cruel et impitoyable. Mais aussi franchement hilarant. En fait, on pourrait utiliser le titre éponyme du film pour le qualifier : affreux, sale et méchant! Pour ma part, j'ajouterai jouissif et génial.
Ce film est un classique qui a déjà été commenté à de multiples reprises, souvent pour souligner ses qualités de description féroce de la vie des habitants d'un bidonville particulièrement insalubre, parfois pour en regréter l'outrance. En réalité, le génie de Scola tient moins dans sa capacité à alier pure comédie loufoque et drame social le plus sordide, mais à ménager de purs moments de poésie. Si on regarde de près la structure du film, il alterne les moments de dialogues et de scènes grivoises, obsènes, hautes en couleur, remplies de personnages aux aspirations plus passes les unes que les autres, et des moments de silence, de contemplation, où seule parle la musique. C'est par exemple, quand la jeune fille un peu innocente amène tous les enfants dans un parc à jeux, quand un de ces enfants ramasses difficilement une pierre, de l'autre côté de la grille, avant de la jeter une fois l'obstacle franchi. C'est surtout ce beau moment où l'infâme Giacinto (Nino Manfreidi) a des accés d'humanité, par exemple quand il rencontre la prostituée près d'un panneau publicitaire. Donc si ce film est si touchant, si juste, ce n'est pas seulement parce qu'il est cru, n'évitant aucun tabou pour décrire la perte des valeurs que la saleté est la pauvreté peuvent générer, mais parce qu'il arrive, au détours de rares mais ô combien importantes scènes, à transformer le cloaque en poésie.
C'est drôle pourtant! quelle famille! La misère est bien présente ici, la valeur de l'argent, de la famille, font de ce film un petit bijou. C'est réaliste, cru, froid, cynique. A voir. Et aussi de superbes bottes jaunes.
Le cinéma italien a toujours su puiser son talent dans la provocation, dans le sarcasme et dans un style bien particulier. Sils sont les créateurs de bon nombre films gore ( Blue holocaust, Cannibal Holocaust), ils ont également réussis à créer des uvres renversantes au pouvoir déjanté ( Casanova, Salo ou les 120 journées de Sodome) . Mais ils noublient pas leur société et tous les problèmes quelle engendre, comme avec ce film, situé dans un bidonville italien , au sein dune famille qui, si elle a la particularité de vivre au moins à 15 dans un espace très réduit, a tout des caractéristiques tragiques familiales : le frère couche avec sa sur, le père ( un avare, magnifiquement incarné) couche avec sa fille, ramène une prostituée qui dors à coté de sa femme, ne donne pas un sous ( pourtant possesseur dun million de livre) à ces enfants. Et tout ça au milieu des rats et de la merde. Affreux sales et méchants, ils le sont bien, tous ces personnages auxquelles la morales et léducation font défauts. Mais rarement, au cinéma, la cruauté avait côtoyé lhumanité daussi près, rarement une famille naura été détruite par tant de malheur et de saleté. Et la mise en scène, du réalisateur, se coût parfaitement au reste, qui atteint les cimes de la magnificence tragique.
L'un des immenses classiques de la comédie italienne. Cette oeuvre signée par le grand Ettore Scola est une satyre grincante des bidonvilles italiens, mais traité de manière virulente, cynique et provocatrice. Loin de montrer les pauvres comme de fragiles victimes, il préfère les montrer "affreux, sales et méchants". Même si l'humour peut tout à fait ne pas plaire, on est tout de même obligé de reconnaitre la grande réussite du film, porté par des personnages odieux mais au final assez fascinants, ainsi que des dialogues tranchants et qui font très souvent mouche. A noter l'immense prestation de Nino Manfredi, sans aucune contestation l'un des plus grands acteurs du cinéma italien. Entre hilarité et terrifiante réalité de la misère humaine, ce film est à voir absolument.