L'Homme sans passé
Note moyenne
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77 critiques spectateurs

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Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 août 2020
Ah, un film de Kaurismäki qui n'est pas une fin en soi. En faisant son arrivée dans les années 2000, le réalisateur finlandais apporte avec lui une étrange bulle de vide. Lui qui représentait une Finlande solitaire du temps de l'URSS, on le sent plus seul que jamais alors que son pays se tourne enfin peu à peu vers l'Ouest.

On croirait l'artiste abandonné par le chez-lui qu'il a passé deux décennies à dépeindre sous ses coutures les plus glauques. Comme si une prophétie venait de s'accomplir que le réalisateur, jusqu'ici, semblait froidement rêver de provoquer.

Isolé par un monde soudain ouvert, son humour noir s'imbrique étrangement bien dans ses personnages inexpressifs qui font pour une fois de leur mieux pour propager la gentillesse. Pour la première fois depuis Leningrad Cowboys Go America (qui lui aussi échappait au pays du grand Nord puisque, comme son nom l'indique, il a été tourné aux États-Unis), l'œuvre de Kaurismäki n'est pas en circuit fermé.

Sans changer de style ni se trahir, et en restant même dans son cher thème de l'évasion (même si elle est involontaire puisque le thème est une amnésie), Kaurismäki arrive à rejoindre un courant cinématographique qui le réconcilie enfin avec la modernité. Celle-ci commençait de lui faire cruellement défaut, au moins graphiquement, depuis une décennie.

Explorant du même coup la cruauté d'être un paria et, avec humour, le peu de complications qu'il y a à avoir oublié son nom en Finlande, il ne cesse donc de se renouveler.

→ https://septiemeartetdemi.com/
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 avril 2013
Film un peu étonnant, à la fois par sa lenteur et par une sorte de poésie qui se dégage de tous ces marginaux finlandais vivant dans des containers/. L'homme sans passé, ou plutôt sans mémoire réussit par sa simplicté à mobiliser l'armée du salut et créer un peu de solidarité et de joie de vivre et d'amour dans ce milieu devenu sien.....au passage la bureaucratie finlandaise (mais cela ne serait guère différent ailleurs) est épinglée. Ce qui est déroutant c'est (pour autant que le film la reflète) la mentalité qui est montrée... une certaine tristesse, de la résignation. Très jolie bande son... qui rappelle par moment Almodovar, alors que le film est très loin de la chaleur et de a grandiloquence du cinéaste espagnol.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2011
L'inclassable Aki Kaurismäki n'a pas son pareil pour croquer des portraits plein d'humanitè, tel celui de cet homme amnèsique qui tente de se reconstruire auprès de S.D.F! Voilà un film qui semble s'inscrire en rupture avec les oeuvres prècèdentes du cinèaste finlandais, toujours ancrè sur la condition ouvrière! On dèbute en effet, lorsqu'un homme, dont on ne sait rien, sinon qu'il semble être ouvrier soudeur, est tabassè par des voyous qui le dèvalise pour le laisser pour mort! Kaurismäki nous raconte ici une histoire de renaissance et de seconde chance! il nous dèmontre ègalement que l'appartenance sociale n'est rien, peut importe d'où viennent les gens! Ce qui compte ce sont les capacitès à s'intèresser aux autres en filmant une utopie, les laissès-pour-compte cher à son coeur sont plus que jamais capable d'humanitè car ils ne s'arrêtent pas aux simples apparences! D'une drôlerie insolite, cette fable au rythme assez lent se situe quelque part entre un Chaplin et un Capra avec une B.O très kaurismäkienne! Toujours impassible, Kati Outinen recevra le Prix d'interprètation fèminine au Festival de Cannes 2002 pour sa prestation! Un Grand Prix ègalement pour Kaurismäki mais rien pour l'excellent Markku Peltola! C'est un comble pour cet acteur qui porte à lui seul le film...
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 février 2011
Un film étonnant. Le début est assez déstabilisant, à l'image de l'univers de son héros amnésique. Où Kaurismaki nous emmène-t-il ? Quel est cet univers froid, sans repères où il nous promène, apparemment sans but ? Et puis, petit à petit, les choses reprennent un sens, les personnages laissent percer un peu de chaleur, l'univers s'anime et se réchauffe. Des pointes d'humour grinçant, des lueurs d'espoir dans le destin des personnages donnent au film une grande profondeur. Et puis il y a ce formidable travail visuel sur les couleurs, les éclairages. On en ressort transformé...
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 août 2010
L’humour de Kaurismäki n’appartient qu’à lui, il est froid, abrupt, absurde, désenchanté, sans doute le plus en phase pour faire la satire du monde contemporain.. Ses personnage sont à l’exact opposé des canons cinématographiques. Ils sont pauvres, d’âge mur, anti-glamour au possible. Il excelle à imaginer des situations démentes fruits des aberrations sociales (de la situation inextricable de ne plus se souvenir de son nom…) : ce qu’on désigne habituellement sous l’expression « kafkaïen ». Il est surtout sans pathos ni cruauté pour ses personnages broyés ou attendrissants. En bref, « L’homme sans passé » est une merveille.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 août 2013
Coup de coeur pour "L'Homme sans passé" de Aki Kaurismäki, dans un style décalé, à la fois statique et recherché, un récital étrange qui dégage une poésie indéfinissable et touchante. A découvrir !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 février 2013
Une oeuvre étrange, une photographie crépusculaire, des dialogues halluciné. Le tout dans une société défaillante, des décors industriels et dévastés qui sont vraiment à mon goût. Un film à part dans le cinéma actuel.
darthbebel
darthbebel

33 abonnés 636 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 avril 2010
Sans plus.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 mars 2017
Une fable magique, un merveilleux moment de cinéma, bouleversant, suprêmement intelligent, jamais désespéré bien que lucide, optimiste et plein d’un humour discret mais décapant. Aki Kaurismäki fait un pied de nez aux « valeurs » actuelles et fait revivre un déchu intégral (même plus de nom !) par la générosité et l’altruisme simples de gens simples, de cœurs simples mais ô combien dignes et grands ! Et ce survivant, sans le moindre abattement, reconstruit une vraie vie dans une sorte de sérénité que rien n’entame car son regard est innocent et qu’il présume que la bonté est en toute personne. Belle morale. Une superbe mise en scène du Finlandais qui a ce génie de réenchanter n’importe quelle situation ou décor sinistres. Quant à l’interprétation, elle est superbe de la part de tous, acteurs souvent anonymes, et surtout évidemment de la part des deux héros (dont la femme, primée à Cannes).
carbone144
carbone144

115 abonnés 843 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 août 2022
Une curiosité sympathique avec un humour grinçant très subtil et pince-sans-rire. Mais rien d’extraordinaire non plus, faut pas exagérer.
JoeyTai
JoeyTai

25 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2024
Sur un scénario assez simple, Aki Kaurismäki réalise un film dur mais très beau, malgré certains aspects qui ne m'ont pas convaincu. Les acteurs campent leurs personnages avec talent. Le fragile destin de M, un homme battu et laissé pour mort par des loubards, est magistralement incarné par Markku Peltola. Le film célèbre la marginalité et n'est pas tendre avec la société et les institutions, qu'il ridiculise ou dénonce dans plusieurs scènes réussies. Ce qui m'a dérangé, c'est le parti-pris formel du réalisateur qui s'est traduit par des dialogues invariablement ironiques. Les sympathiques touches d'humour qui en résultent se paient par un regrettable manque de naturel : par exemple les multiples poignées de main de protagonistes qui se tournent aussitôt les talons, ou les retrouvailles de M avec son ex-femme et le dialogue avec son nouveau compagnon.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 avril 2021
Suite à une agression un homme perd totalement la mémoire et va continuer sa vie presque comme si de rien n’était au contact de personnages très hétéroclites. J’ai trouvé le film assez léger, sympathique à suivre à défaut d’être vraiment prenant. Il a un côté rêveur à l’image de son personnage qui traîne, qui mène sa vie tranquillement en flânant sans vraiment rechercher qui il était avant. Je ne peux pas dire que ça m’a captivé mais il se laisse bien suivre malgré un rythme assez lent.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 septembre 2025
Mies vailla menneisyyttä a l’audace de représenter l’identité non comme une connaissance innée mais comme la conséquence d’actions elles-mêmes vectrices de valeurs humaines : spoiler: assommé et rendu amnésique,
le protagoniste ne cherche jamais vraiment à retrouver la mémoire et refuse ainsi de vivre dans le passé, lui préférant un engagement tout entier dans le présent qui contient tous les futurs. Qu’importe d’ailleurs l’absence de nom tant qu’on est connu et reconnu par ceux et celles qui comptent. Le scénario comme la mise en scène investissent des lieux de marginalité qu’ils réinventent à l’instar des personnes qui y vivent : ainsi, un taudis mute en studio une fois balayé, lavé et aménagé comme notre homme mystérieux renaît par l’intermédiaire du secours catholique et de la fraternité.
L’alchimie naturaliste constitue le savoir-faire inimitable du cinéaste : réparer un vieux juke-box que tout le monde dit cassé de façon à lui permettre de chanter à nouveau du rock, à permettre au film de jouer sur la musique extradiégétique et intradiégétique par des transitions pertinentes. Les séquences s’articulent les unes aux autres à la façon de morceaux musicaux, contiennent tous les topoï que l’art populaire ne cesse d’investir (l’amour perdu ou compliqué, la précarité matérielle…) convoqués avec un humour pince-sans-rire délectable. Une œuvre magnifiquement humaniste.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2017
Tabassé à la sortie d’un train, un homme dont le spectateur ne connait rien de son identité, perd la mémoire. Il erre dans une zone industrielle et repart à zéro : un logement… dans un container, des amis… les sans grades locaux, une amoureuse… bénévole au secours populaire, un boulot… job alimentaire,… Et c’est bien çà le thème du film : faire erase et pouvoir redémarrer, dans la vie, vierge de tout. Un fantasme pour beaucoup porté ici par le poète finlandais Ari Kaurismaki sur un ton positif qui lui est cher. Pas de traitement larmoyant. Une belle pierre à l’édifice de l’œuvre de Kaurismaki qui reprend tous les codes de son cinéma : petites saynètes tendres et délicates captant l’humanité des petites gens, des dialogues subtils, une mise en scène soignée transformant chaque plan en peinture, une lumière et un cadre toujours au millimètre, un mélange de moderne et de vieillot rendant ses films intemporels,… Et surtout sa marque de fabrique, c’est le ton de la fable à la frontière entre Chaplin et Tati. Lui l’amateur du muet emprunte à Chaplin la chaleur et la ruse et Tati l’art de l’absurde. Et là encore il incarne le fils scandinave de ce dernier en mettant le doigt sur les dysfonctionnements du système, bête, ubuesque, technocratique, aveugle ; et le travail de sape du capitalisme ; l’homme subissant le système.
A voir comme un élément d’une œuvre singulière où l’art de sublimer les petits riens guide tous les choix artistiques.
mon blog: tout-un-cinema.blogspot.fr
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2025
Ses intrigues sans passion ni éclat, ses personnages taciturnes et inexpressifs fondent le style d'Aki Kaurismäki. C'est de cette manière bien identifiable que le cinéaste raconte l'histoire d'un homme sans passé, c'est-à-dire sans mémoire depuis qu'une récente agression l'a rendu amnésique.
Kaurismäki montre comment cet homme désormais sans identité et sans davantage de ressources est automatiquement exclu de la société, indifférente à son cas, et comment il tente de survivre, de se reconstituer sur ce terrain vague, avec pour voisins et compagnons ces autres marginaux incarnant le quart-monde finlandais ou plus largement l'humanité des réprouvés tout entière.
Le contexte est sombre mais ne relève pas cependant du mélodrame. D'une part, parce que son épreuve amorce peut-être pour l'homme sans passé une renaissance; d'autre part parce que l'humour n'est pas absent du récit à travers -exclusivement- la mise en scène et la direction d'acteurs. De l'austérité stylisée, de la gravité ou de l'affliction affichée des personnages nait une expression d'irréalité qui confine au cocasse. Le réalisateur introduit une imperceptible dérision dans un contexte de désolation et de déréliction, procédé qui résume peut-être sa sombre vision de l'humanité.
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