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Uncertainregard
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4,0
Publiée le 18 avril 2013
Mon 1er Kaurismaki, merci ARTE ! J’ignore si le reste de sa filmographie est de cette qualité mais ce film est absolument charmant ! Une très jolie histoire merveilleusement mise en scène. Il y a mille et une manières de développer le thème du personnage qui perd la mémoire et ce scénario assez original m’a comblé avec un rythme, un déroulement optimal . Au regard de certaines scènes, je dirai que Kaurismaki est entre Kurosawa auquel j’ai pensé pour cette tranche d’humanisme au cœur d’un bidonville (cf Dodes’kaden), Kusturica pour l’humour et cette musique slave omniprésente mais également Mike Leigh pour les dialogues, le cadrage et le fond abordant la précarité de l’emploi et les injustices sociales. Bref, ça fleure bon un grand réalisateur et je lance mon étude dès maintenant pour en savoir plus. Un grand prix à Cannes amplement mérité pour cette œuvre, l’interprétation est excellente, j’aurais même apprécié qu’il dure un peu plus longtemps, j’ai bien failli rester sur ma faim…
Mon premier Kaurismäki, et que le choc est grand. Le sous-jeu des acteurs, et la sinistrose imposée par le réalisateur, liée avec des plans fixes assez courts, mais parfaitement rythmés sont autant d'aspects qui rendent le film difficile d'accès. Il s'agit véritablement d'une œuvre d'art politique, poétique, malicieuse et superbement mise en scène, mais la particularité de ce cinéma est trop décalée pour moi et ne suffit pas à m'emporter. Ce n'est pas du cinéma théorique et la sincérité du réalisateur ne peut se démentir, mais tout ça est froid et manque d'intérêt.
Je conçois qu'un tel film peut en déstabiliser plus d'un par son apparente maigreur et le contenu qu'il propose, pour ma part j'ai reconnu là le côté qui me plaît dans le cinéma scandinave. Si je suis parfois le premier à crier qu'il nous saoûle gentimment avec le cinéma depressif, ici je reconnais cette demi-teinte dans la "depression" à laquelle se mêle parfaitement l'ironie. On pourrait comparer au théâtre de l'absurde de Becker et Inonesco en y trouvant la même vacuitié du langage (langage dont Kaurismaki est très économe), l'absurdité des personnages, et qui plus est la mise en scène est très théâtrale aussi avec de beaux plans séquences, et un jeu d'acteur on ne peut plus théâtral qui refuse tout naturel. Au final, l'homme sans passé dérange mais interpelle, et offre un voyage unique dans le cinéma qui nous fait réaliser qu'on a bel et bien là une oeuvre d'art réussie pour ma part, mais je ne discute pas les goûts, mais est-ce que c'est mon genre? Pourrais-je me nourrir sans arrêt de tel film? Je ne crois pas non mais c'est là la beauté d'un certain cinéma scandinave qui pousse à la modération tant il peut parfois offrir de véritables expériences.
Le cinéma du finlandais Aki Kaurismäki est un peu la face inverse du cinéma de Ken Loach. Les deux font un cinéma social qui parle du monde contemporain. Mais les moyens mis en œuvre pour y arriver sont à l'opposer l'un de l'autre. Loach cherche le réalisme à tout prix et Kaurismäki la stylisation de la réalité qu'il mêle à un imaginaire singulier. Jeu atone des acteurs, choix de « gueules », personnages qui parlent comme des livres, images et décors aux teintes pastelles, touches d'humour et ton très poétique, voilà quelques caractéristiques du cinéma assez spécial de Kaurismäki. "L'Homme sans passé" utilise ses moyens pour nous parler du monde des exclus de la société, de ses marginaux rejetés par toute une frange de la population (le mépris affiché du patron de l'ANPE). Mais le réalisateur n'oublie pas de faire l'éloge d'une certaine solidarité qui règne entre eux, contrairement au reste du monde où l'on n'a que faire d'aider l'autre, où on met son argent en Suisse, où vous êtes surveillé et où l'on se fiche de la personne que vous êtes. Du vrai cinéma social en soit.
On est frappé en regardant "L'homme sans passé" par ses décors « admirables » et ses couleurs d'une tonalité très particulière qui le rend visuellement très intéressant. On est ainsi plongé dans un monde hors d'âge, décrépis et décadent, mais qui a le charme des très belles photographies. Très original sur ce plan, il l'est aussi par le jeu des acteurs, le rythme et les dialogues décalés souvent savoureux. Mais il faut reconnaître que cette originalité rend l'ensemble quelque peu déroutant, heureusement sans le rendre rebutant.
On regrette le manque d'audace du script, tant A.Kaurismäki aurait pu jouer sur le scénario pour donner plus de force à son oeuvre joliment interprétée ; il s'en dégage quand même une pureté frappante.
J'ai vu ce film pour la première fois au festival de Cannes en 2002, une montée des marches en smoking pour un film traitant de sdf ou de pauvres "paumés" au fin fond de la Finlande. Mais ces "pauvres gens" interpellent, attirent la sympathie. Un jeu magnifique, une histoire triste et grave... in himour décalé. Un film étonnant et épatant ! A voir et revoir avec humilité et grandeur d'âme . Magnifique.
Dans cette fable tragi-comique qui remporta le Grand Prix au Festival de Cannes 2002, Aki Kaurismäki développe les thèmes qui lui sont chers : la marginalité, la solitude des temps modernes, l'identité, la musique... Si l'humour et la poésie sont toujours bien présents, l'éternel regard féroce et désabusé du réalisateur finlandais sur la société occidentale est toujours de mise, donnant à son long-métrage une note tragique très prononcée.
"L'homme sans passé" est le cinquième film réalisé par Aki Kaurismäki qu'il m'ait été donné de voir. Si je devais les classer par ordre de préférence, il arriverait en second ( derrière "Au loin s'en vont les nuages" et devant "Juha", pour ceux qui connaissent ). Tout d'abord je vous incite vivement à voir les Kaurismäki en VO, le finnois ayant un charme certain ;-).
Cet "homme sans passé" est une immersion presque poétique chez les exclus de la société finlandaise. Markku Peltola ( excellent il faut le souligner ), amnésique suite à un passage à tabac par des voyous, se retrouve hébergé par une brave famille de SDF, qui, s'ils n'ont pas le sou, ont le coeur ( et le sens dus système D, comme le démontre la scène de la douche prise par le père :-) ). Sans nom et sans passé, il se reconstruit au contact de tous ces pauvres gens ( nouveaux amis, nouveau logement, nouveau potager ). Mais c'est aux côtés d'une employée de l'Armée du Salut locale ( Kati Outinen ) qu'il retrouve un véritable goût de vivre ( "Je fais plein de choses parce que tu m'inspires" lui dira t-il ). A eux deux, ils forment un couple improbable et attachant.
Il m'a fallu un peu de temps pour accrocher au film, d'où une note pas excessivement élevée. Néanmoins quelques passages sont extraordinaires et délectables : l'entrée en scène de Hannibal, le chien le plus féroce de la Terre, mais aussi l'affrontement verbal entre le policier et l'avocat ! Ça c'est du cinéma, décalé et très drôle.
Le succès qu'a connu ce long-métrage n'est donc pas usurpé. Faisant la part belle à l'humanité de ses personnages et à leur générosité ( sauf pour le propriétaire de Hannibal :p ), "L'homme sans passé" appartient à ce qu'on peut appeler "le bon cinéma".
L’HOMME SANS PASSE est un drame plein de subtilité qui émerge d’un personnage sans souvenir, qui perd toutes ses racines, le moindre repère et nous plonge dans la (re)découverte des sentiments et du sens de la vie; le mot « humanité » prend alors tout son sens… La forme est celle d’une œuvre qui aurait passé les années voire intemporelle, et ce petit quelque chose de pure qui nous transperce en plein cœur grâce à une évidente remarquable interprétation de tous les acteurs, qui vacillent entre moments légers et profondeur psychologique, est singulière. Un grand moment de cinéma où le pathos est à des milliers de kilomètres pour lui préférer une émotion dans la retenue, ici cohérente mais souvent trop rare dans les films. Incontournable.
Une certaine lenteur mais des situations tellements droles ou au contraire tristes plus une interpretation geniale font de ce film venu du froid une perle d'originalité qui fait du bien ,ah ce chien feroce nommé hannibal (en fait une chienne inoffencive) et ce hold up aussi etrange que drole !!
Tendre, rêveur, généreux, optimiste même dans la misère, jamais misérabiliste, et bourré de créativité, L'Homme sans passé est une des grandes réussites de ces dernières années. Il possède cette acuité et cette tolérance des grands films humanistes, sans pour autant même ne serait-ce que tenter de se rendre théorique, donc inaccessible. Les acteurs sont impeccables et les caractères sonnent justes. La musique accompagne joliment les coeurs. Il en résulte une fable simple, lumineuse, mélancolique, pleine d'espoir et de réconfort, dont on sort simplement plus heureux qu'avant.
Cinéaste préféré d'une personne qui m'est chère, je me suis débrouillé pour voir mon premier film d'Aki Kaurismäki. Cet "Homme sans passé" est une production au montage sec, sans artifice ni dialogue superflus, mais qui surprend par son humanité et ses rares moments de profonde tendresse. Il faut le prendre au second degré, et on y découvre sous une forme dépouillée beaucoup d'humour, des dialogues pétillants et des personnages délirants qui réchauffent l'atmosphère, froide de prime abord. Cette sorte de nouveau cinéma social là est servi dans la justesse, et j'en suis sorti apaisé et ému. Merci à toi qui te reconnaîtras! A mon tour de vous en conseiller la découverte!
Une perle qui nous vient tout droit de Finalnde. Mais pourquoi ne voit on pas de film plus souvent comme ca? Ce film est d'une rare poésie, bercée par un climat presque onirique et un sens de l'humour caustique tout simplement irrésisitble. Les personnages sont eux renversants, plein d'humanité et d'originalité, et il est vrai qu'il donne eux aussi la part belle aux dialogues, le plus souvent surréalistes, toujours d'une inventivité rare. Tout sonne incroyablement juste dans ce film qui nous livre en plus une belle histoire d'amour, d'une sobriété déconcertante. Enfin, la musique est elle aussi une merveille. Bref, vous l'aurez compris, c'est un immense moment de cinéma que nous offre ici Aki Kaurismäki, un bijou comme on en voit rarement. Inoubliable et immanquable.
Avec autant de bonnes critiques, j'aurais vraiment aimé apprécier ce film, mais il est malheureusement d'un ennui mortel. La mise en scène est terne, les dialogues vides et quasi inexistants, les acteurs jouent de manière terriblement monocorde… Une étoile pour le côté un peu décalé et parce que ça ne dure pas trop longtemps (même si ça peut paraître bien assez long), mais c'est généreux.