Un film noir impressionnant de maîtrise formelle qui flirte avec l'expressionnisme allemand tout en ayant des thèmes tout à fait américain. Il est révélateur des talents multiples d'Orson Welles,même s'il s'agissait pour lui d'une oeuvre mineure. Wilson,un inspecteur chargé de traquer les criminels de guerre nazi en rêlache l'un d'entre eux ,Meineke, pour qu'il le mène à son chef,Kindler,dissimulé dans une petite ville de province sous l'apparence d'un homme à la probité irréprochable. Edward G. Robinson est génial dans le rôle du détective,qui lui va comme un gant,à traquer tous les petits détails le menant à sa proie. Orson Welles est tout aussi génial en nazi aux pulsions destructrices et à la crispation non feinte. "Le Criminel"(1946) ne rêlache pas son étreinte,en manipulant les ombres et lumières,le noir et le blanc,l'odieux et le magnanime. Le final dans l'horloge déréglée est extraordinaire,et vaut mieux qu'un long discours. Un classique trop boudé.
Ce film souffre d'une légende à propos de laquelle certains ne peuvent s'empêcher de gloser, à ce point qu'elle leur sert de filtre pour critiquer le film.. .Mais doit-on juger un film sur sa légende ou sur son résultat ? Or le résultat saute aux yeux, le film est bon ! Certes on a au départ un scénario plutôt linéaire, manichéisme (mais étant donné le sujet…) au suspense faible et ne faisant pas l'économie de quelques touches de naïveté (le contact entre Robinson et Noah) mais qui tient néanmoins parfaitement la route. Mais surtout il faut voir ce que Orson Welles en fait dans deux domaines, d'abord la direction d'acteurs, Welles paraît complètement hanté par son rôle, presque halluciné, à ce point que c'en est troublant, Loretta Young très en beauté est parfaite dans un rôle parfaitement écrit, et Robinson s'en tire avec énormément de professionnalisme. Quant à la mise en scène, elle donne le tournis, ne nous laisse aucun répit, multiplie les angles du vues, les mouvements de caméra, la photographie, les éclairages… pour finir de la plus belle manière avec cette conclusion d'anthologie. Ne vous occupez pas de la légende du film, regardez-le, vous ne le regretterez pas, ce film n'est rien d'autre qu'une magistrale leçon de cinéma !
Le Criminel est le cinquième Welles que je vois, me laissant un léger goût amer dans la bouche. En effet voici un film qui oscille trop entre du très grand cinéma et du schéma classique et convenu. Et pourtant comme toujours chez Welles, pas mal de qualités m'ont emballé. Bon on ne le répétera jamais assez mais Orson Welles est réellement un grand metteur en scène, un des plus grands qui fût même, sans hésitation aucune. Une nouvelle fois on retrouve une réalisation typique de la marque de fabrique de Welles. Travellings balayant de larges espaces, gros plans, profondeur de champ, les traditionnelles plongées/contre-plongées... Bref toute la grammaire Wellesienne (ça se dit?) est bien présente et c'est juste un régal visuel. D'autant plus que la photographie est ô combien sublime. Mais là aussi je ne le dirais jamais assez, mieux vaut un superbe Noir et Blanc qu'une couleur banale et Le Criminel ne déroge pas à la règle. C'est esthétiquement magnifique. Après ça ne s'arrête pas là heureusement, on a quand même le droit à une interprétation de qualité, Welles acteur est ultra charismatique, il dégage une réelle présence à l'écran qui donne l'impression de surplomber le casting même si là Edward G. Robinson lui donne du fil à retordre, aussi bien au niveau du casting que de l'histoire. Mais là où le bât blesse c'est véritablement au niveau du scénario. Ca sent vraiment le film de commande pour Welles qui signe ici un film au scénario classique et malheureusement trop prévisible. Et cette prévisibilité nuit au rythme du film qui apparaît ainsi un peu mollasson, avec une tension au rabais et sans de réelles surprises pour un résultat qui m'aura accroché mais sans plus. Pourtant le postulat de départ m'intriguait et le film m'a quand même intéressé du début à la fin mais il lui manque clairement de la substance et de la personnalité. Welles disait d'ailleurs qu'il s'agissait de son moins bon film car il ne se retrouvait pas dedans. Enfin je le trouve assez sévère avec lui-même, rien que techniquement on reconnaît sa patte à des kilomètres et le film demeure de qualité en dépit d'un scénario assez téléphoné.
On regrettera aussi certaines situations assez grotesques comme une certaine scène sur l'horloge à la fin et un assommage qui accuse un peu son âge au début. Enfin face à la qualité visuelle globale du film on aura tendance à pardonner à Welles mais son oeuvre est malheureusement parasitée de quelques défauts que je ne pouvais réellement ignorer même si j'ai beaucoup aimé Le Criminel. Finalement on a affaire à du très bon cinéma, solide, artistiquement épatant mais auquel il manque ce quelque chose qui m'aurait poussé à hurler au chef d'oeuvre. Malgré ses faiblesses, Le Criminel est un film très recommandable et si il n'est pas aussi puissant que Citizen Kane ou percutant que La Soif du Mal, ça reste une belle oeuvre qui se mange sans faim en plus et qui demeure très accessible.
A part de rares bonnes idées de mise en scène, mais qui n'ont rien d'original dans la filmographie d'OW, l'ensemble est marqué par un manque de rythme et d'inspiration qui traduisent le manque d'implication du réalisateur. L'interprétation est très moyenne (OW particulièrement caricatural à force de mimiques "expressionistes"), les dialogues poussifs, le scénario téléphoné et peu crédible - le tout n'évitant pas toujours le ridicule (scène du meurtre, croix gammée dans la cabine...). A ne pas voir et si déjà-vu...à oublier très vite!
Probablement pas le meilleur film de son auteur mais cet hommage au film noir mérite le coup d'oeil notamment pour son travail sur la lumière absolument sublime. Les acteurs sont tous impeccables mais le suspense manque un peu...
Si aujourd'hui on en faisait un remake en couleur, copié collé, cela aurait un air de déjà vu, un peu indigeste parce que ça ressasserait des thématiques intégrées dans notre culture du 7ème art. Cependant cet excellent film, bien qu'inférieur à la soif du mal du même O.W. reste et est à voir, d'autant plus qu'il est peu connu, sorti du tiroir, plein de qualités, notamment la scène du meurtre à genoux dans les buissons, et celle de l' ouverture pour inventaire de la valise, qui sont du génie. Oh oui chose extraordinaire pourtant le criminel fait aujourd'hui encore assez moderne tant il est bien fait: c'est ce qui fait croire dans le cinéma, sentiment étrange et beau, par delà le temps.
Les films de Orson Welles sont toujours exceptionnels et c'est un excellent moment que l'on passe devant ce "Criminel", leçon de mise en scène (comme d'habitude) et de suspens. Welles, non content d'être l'un des plus grands cinéastes de l'histoire du cinema, se révèle grand acteur.
La seconde guerre mondiale à peine terminé, les ricains ont eu la bonne idée de traiter des nazis en fuite. Cette idée n'aaait pas sortir de la tête d'un européen, l'occupation était encore fraîche. Et c'est ce génie d'Orson Welles qui s'est vu attribué la tâche de porter ça sur grand écran. Bien que "Le criminel" soit une commande avec un budget, un planning, une sortie de studio, on reconnait pourtant le style Welles, sa magnifique photographie au jeu d'ombre et de lumière, ses plongées, contre plongées, plans séquence, son découpage, ses personnages noirs cachant leurs nature ou leurs intentions. Le scénario ne venant pas de lui la narration est plus dans la norme et sans doute que le tout aurait été plus poussé. Toujours est il que le criminel reste un grand film noir.
Encore un magnifique film d'Orson Welles! On tient là une œuvre particulièrement intelligente, dans laquelle l'acteur-réalisateur insuffle beaucoup de consistance dans ses personnages, à commencer par celui qu'il interprète, doté d'une ambiguité très humaine qui ne le rend que plus crédible. Et comme il était aussi un metteur en scène de génie, "Le criminel", en plus d'être un film noir extrêmement bien ficelé. est impeccable sur la forme, efficace, et prenant. Il y a peut-être quelques petits détails un peu gros vers la fin, mais il n'empêche que l'on tient là un grand film.
Un excellent polar post seconde guerre mondiale haletant et très bien ficelé. La scène finale, virtuose et violente est d'anthologie. Orson Welles reniera par la suite ce film de commande écrit, entre autres, par John Huston. Pour autant, la mise en scène est très appliquée et le film fonctionne vraiment très bien. Eternelle insatisfaction des grands.
Un film trop méconnu de Welles qui s'empare d'un sujet pas facile pour l'époque. Le début est un peu confus et puis tout s'illumine au fur et à mesure. Orson Welles est non seulement un cinéaste de génie (sa mise en scène est admirable à tout point de vue) mais aussi un très grand acteur, capable de se fondre dans des rôles différents avec une aisance incroyable ce qu'il réussit évidemment très bien une fois de plus pour ce film. Edward G. Robinson est excellent, dommage que le personnage de Loretta Young soit un brin insupportable. La scène finale est brillante.
Bon classique souffrant d'un faux rythme permanent ne faisant jamais vraiment durer le suspens, mais dont la qualité de montage et de mise en scène permettent d'apprécier le soupçon d'intensité palpable tout au long du film. L'interprétation d'Orson Wells n'est pas exceptionnelle et fait plus penser à de la folie ou schizophrénie alors que le personnage n'est pas censé être un aliéné. Edward G Robinson offre une interprétation sobre et efficace comme à l'accoutumé dans un rôle qui lui va comme un gant. Un bon classique, rien de plus.
ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un Orson Welles, trop longtemps. J'en choisi un, un peu au hasard que je n'avais pas vu et je me lance. Dur de comprendre quelque chose dans les premières minutes, j'ai même commencé à être un point déçu, et lorsque j'ai vu Orson débarqué à l'écran, tous mes doutes se sont envolés, l'histoire devenait de plus en plus claire, jusqu'à devenir géniale. Il fallait oser en 1946 faire ce film. Un de mes Welles préféré (avec presque tous ses films). La mise en scène relève du génie de chaque instant, ce jeu des ombres, ces plongés, contre plongés pleine de sens, ahhh mais ça fait tellement de bien de voir ça. C'est le genre de film qui balaie tout sur son passage tant c'est bon, plus rien ne compte si ce n'est le film, le monde pourrait s'effondrer à côté de moi que ça ne m'aurait pas intéressé outre mesure. Welles était là, me prenait par la main et me faisait vivre une aventure extraordinaire, Welles acteur est sans doute aussi bon que le Welles réalisateur, son jeu rempli de paranoïa, de folie est juste divin. Dieu existe et il est américain.
Très bonne surprise. Typique de ces films que leur réalisateur renie car il n'est pas des plus personnels, mais porteurs d'une qualité propre au cinéma de genre. "Le Criminel" est en effet un excellent film noir, tendu jusqu'au bout, ambigu comme il faut, souvent hitchcockien. Même si Welles ne répète pas ici les trouvailles baroques de ses autres films, il reste un virtuose, maniant le plan séquence et les mouvements de grue avec aisance, et sachant tirer le meilleur d'un superbe noir et blanc. Le couple central est particulièrement intéressant car il est difficile de nier l'amour sincère entre les deux personnages. L'interprétation est d'ailleurs à la hauteur, Robinson est comme toujours parfait, et le film nous rappelle en outre quel grand acteur était Welles. Le final est génial. Un film à voir absolument pour les amateurs de film noir autant que pour les fans du grand Orson.
Dans la torpeur de l'ignorance d'une petite ville, après-guerre, un coupable idéal est éliminé pour soulager la conscience des vrais collaborateurs et ploutocrates. Un chef d'oeuvre du cinéma dans lequel on suit tout le long une enquête pleine de réalisme.