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Yasujirô Rilke
273 abonnés
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2,5
Publiée le 10 avril 2007
Incinération de la cruauté primaire dans la bienséance bourgeoise du XVIIIème siècle, voila ce que conte «Dangeous Liaisons» (USA, 1989) de Stephen Frears. Lhistoire est celle du vicomte de Valmont et de la marquise de Merteuil, tout deux font des paris abjects qui consistent à outrager sans scrupules les sentiments des bonnes gens vertueux. Difficile dadapter cette uvre littéraire de Choderlos de Laclos en faisant authentique. Kubrick, Forman, Scott, Polanski, tous ces grands se sont déjà attelés au film dépoque aristocratique. En quoi «Dangerous Liaisons» peut-il bien être singulier ? Auparavant il faut discerner le prestige dune telle distribution. Pas moins que Keanu Reeves, Uma Thurman, Michel Pfeiffer, John Malkovitch et Glenn Close enrobe luvre de Frears. Hormis une puissance dattraction supplémentaire, les acteurs, de talents dautant plus, le film de Frears possède lélégance de ce quil décrit. Décors somptueux, parfaites reproductions des décorations dépoque, les costumes également sont vraisemblables à souhait. Ainsi la véracité de lhistoire fonctionne, tout comme la méchanceté foncière de ses deux personnages principaux. Frears réussit à envelopper la cruauté des évènements par la facticité des bienséances bourgeoises. Cest ainsi que procède le réalisateur et quil nous immerge dans lillusion de laristocratie parisienne. Mais la plastique du film semble être délaissée à la faveur de lexposition du fond. Ainsi si les turpitudes du récit, joliment illustrés par une narration qui adapte intelligemment lorigine épistolaire du roman, cache le manque desthétisme. Frears ne réussit donc quen partie son défi, car même sil signe une uvre maîtrisée, il nachève cependant pas sa besogne nécessaire face à un tel genre. Seul le plan final sur le visage de Glenn Close mi-défardé explose de sous-entendus évocateurs. «Dangerous Liaisons» possède une ferveur mais passe malheureusement outre lapport artistique tangible.
Beaucoup trop long à se mettre en place : c'est le principal reproche que l'on pourrait adresser aux Liaisons Dangereuses. Car, il faut attendre l'heure de jeu pour que le spectacle devienne enfin prenant. Ainsi, c'est dans une France aristocratique qu'un duel de séduction passionnel à la limite du drame sexuel polygame prend place entre le Vicompte de Valmont (John Malkovich dans un rôle immense) et la Marquise de Merteuil (Glenn Close). Victimes sans pour autant le savoir de suite, le trio composé de Michelle Pfeiffer, Uma Thurman et Keanu Reeves se retrouve alors embarqué dans un cercle vicieux et malsain où toutes les combines sont bonnes pour confondre sa cible et la mener au fin fond des abysses sentimentales. Une excellente seconde partie qui ne pourra en rien effacer les malheurs causés par la première.
Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears est ce qui se fait de mieux en matière d'académisme : aucune originalité dans la mise en scène ( j'entends par là qu'il n'y a pas la moindre audace de style, chose regrettable pour un film traitant d'un tel sujet...), une image tout à fait laide à force de léchage, des costumes et des perruques tout droit revenus d'une penderie ainsi qu'une brochette d'acteurs très mainstream. Aucune nouveauté à l'arrivée, simplement la fâcheuse impression d'avoir déjà vu ce film des dizaines de fois, celle d'avoir droit à un spectacle des plus chiadés mais sans aucune fantaisie, aucune folie, aucune âme. Le ( très ) long métrage est - vous l'aurez deviné - à mourir d'ennui : vagues successions de scènes oscillant lourdement entre passion et trahison. Le problème, c'est que l'on se fiche pas mal de ce qui arrive aux personnages ( Valmont, Merteuil, De Volanges et tout le tralala...) tant l'esthétique est rebutante d'un bout à l'autre. Si je me souviens bien, le roman était déjà particulièrement rasoir. Quand les grands esprits se rencontrent...
Merci à vous De Laclos mais Stephen Frears, bof ! Le film ne contenait presque pas de musique, peu de mouvement de caméra. Des plans serrés et tout créent une ambiante molle et ennuyante ! Je salue le talent d'acteurs de John Malkovich et Uma Thurman dont le premier joue un rôle de "Dom Juan" qui cherche à conquérir pour le plaisir du libertinage. Mais je ressent bien que les acteurs ne sont pas dirigés par une bonne voix de réalisateur. (Je ne parle pas de Keanu Reeves car son visage est plat, sans emotions !) Le gros de ce film est sans personnalité. Une très mauvaise adaptation avec enormement de faux raccords !
(Vu en DVD)- Une adaptation bien fade de l'oeuvre de Laclos, qui est pour moi l'un des livres les plus fascinants qui soient. Ou alors peut-être faut-il voir le film sans avoir lu le livre... Frears a échoué à dépeindre la mesquinerie, les contradictions et la subtilité pourtant brillamment insufflés dans le livre. Le défi était de taille (le style épistolaire, par exemple, est difficile à mettre en scène), mais pas impossible: j'ai nettement préféré Cruel Intentions, l'adaptation très libre de Roger Kumble, car bien que moins fidèle au récit et dans un style complètement différent (teen movie), elle fait bien mieux passer l'intensité des relations entre les personnages.
Une adaptation un peu plate du chef d'oeuvre de Laclos. A vrai dire je me suis un peu ennuyer à regarder ce film. J'ai même préféré Sexe Intentions. Parce que dans le film de Frears, tout va trop vite. Il essaye d'etre fidèle au roman, et il l'est, mais n'a pas réussi à adapter la force des lettres. C'est clair que le casting est bon, mais je ne sais pas pourquoi, vraiment j'n'ai pas été convaincu. Enfin, c'est toujours intéressant de voir une adaptation du livre.
Il fut un temps ou les films aux véritables morales et ou les véritables acteurs pouvaient faire leurs preuves, existaient. Les liaisons dangereuses en est la preuve. Adapté du célèbre roman du même nom, écrit pas Pierre Choderlos de Laclos en 1782, ce film est une parfaite peinture de la perversité, nous narrant l'histoire de deux aristocrates manipulateurs et libertins. En effet, il est impossible d'en parler sans citer ses incroyables acteurs. Ces derniers portent le film du bout des doigts, jouant avec malice et parfaite mesure. Glenn Close est époustouflante de part la méchanceté, de la dissimulation et l'abus de pouvoir qui émanent de sa personne. John Malkovich, dans l'un de ses premier rôle, est parfaitement atroce, d'une cruauté et d'une sournoiserie sans nom, il est un démon de la stratégie et du désir. Tous deux forment un duo/couple on ne peut plus machiavélique et diabolique. La pauvre Michelle Pfeiffer est admirable en femme persécuté, tourmenté puis brisé, les yeux à l'avance rouge de ce qui va lui arriver. Et enfin la toute jeune et florissante Uma Thurman, débutant avec précocité et enthousiasme. Pour faire court, un quatuor d'acteurs sans précédent, nous livrant un jeu presque plus émotionnel que formel. Accompagnant ces brillantes étoiles, les costumes et les décors d'une complexité, d'une beauté et d'une diversité à couper le souffle, nous aident à crier au génie. Mais plus encore que tout cela, c'est le film en lui même qui s'en retrouve cruel. Sans aucune scrupule, il entraîne le spectateur, à son insu, au milieu de ce siècle des lumières, impitoyable et sanglant. Une part d'amour et d'émotion perce la noirceur du film, mais se retrouve bien vite étouffé par une haine dévorante. Ne sortez pas vos mouchoirs, mais emplissez-vous les narines du parfum du complot et du fumet de l'ancien vice. Très beau film à n'en pas douter et malgré tout ému vous en sortirez.
Casting poids-lourd et tout à fait digne de l’œuvre de Laclos, très justement transposée par Stephen Frears. Image parfaite et interprètes brillants font de cette adaptation une réussite quasi-totale. Le duel Glenn Close-John Malkovich fait des étincelles dans presque tous les plans et entre l'ingénue Michelle Pfeiffer et la débutante Uma Thurman, il y a là des seconds rôles de choix. Plus convaincant que la vision qu'en donnera Milos Forman (cette dernière n'étant pas déshonorante pour autant mais moins fidèle au texte), c'est ici le théâtre de la cruauté perverse et du mensonge dans la haute société, disséqué avec talent.
ça reste bizarre de voir cette version après avoir lu le livre , les livres sont toujours mieux que les films , mais cette version est pas mal les acteurs font un très bon travail
Que dire des Liaisons dangereuses si ce n'est un film qui dresse un portrait au vitriol des libertins du XVIII siècle. L'aristocratie y mène une vie oisive qui se passe dans toutes sortes de divertissements, les festins, le chant et le théâtre. Mais leur occupation favorite n'est autre que la séduction. Les êtres pervers et cyniques jettent leur dévolu sur les âmes faibles et vertueuses. C'est ainsi que le couple Mertueil-Valmon excelle dans l'art de manipuler et de ruiner la réputation de leur victime. Ils n'ont pas leur pareil pour choisir les mots qui décrivent au mieux leurs sentiments entre mensonge et vérité. Mais le piège va se refermer sur eux dès lors que l' amour propre est en jeu. Aussi, rien d'étonnant à ce que le XVIII soit le siècle de la Révolution en France car il valait mieux renverser le pouvoir d'une poignée de privilégiés décadents et corrompus. Si l'auteur ne nous montre pas cet événement, il nous y prépare en choisissant une fin tragique qui rétablit la morale et la justice. Vraiment un chef d'œuvre de Stephen Frears qui restitue parfaitement, voire embellit, l'atmosphère et l'histoire de Choderlos de Laclos !