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Vagelios
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4,0
Publiée le 11 décembre 2006
Très bonne interprétation d' ensemble sur la cruauté et les tourments des personnages principaux du roman qui est trop présenté comme immoral alors que la fin est en quelque sorte une morale en soi punissant l' immoralité.
Il y de mauvaises adaptations cinématographiques ("Lolita" de Kubrick, assurément le pire film de sa filmographie) et de bonnes voire d'excellentes adaptations ( le mélodrame "Lettres à une inconnue" d'Ophuls d'après Sweig et le thriller "Millenium" de Fincher, d'après le roman éponyme de Stieg Larson). Assurément, les "Liaisons dangereuses" de Frears, sorti en 1988, appartiennent à cette deuxième catégorie. Le cinéaste anglais applique parfaitement les codes du roman libertin du XVIII°siècle avec tout un jeu sur les seuils, les cadres, les portes propices au développement du secret d'alcôve. La beauté des costumes et de la lumière naturelle rappelle le très baroque "Barry Lyndon" faisant du film de Frears une indéniable réussite esthétique alors qu'on pouvait craindre le caractère factice de certains mauvais films d'époque. Au contraire, l'éclat des décors et le naturel des comédiens confère une certaine grâce toute moderne à ces "Liaisons dangereuses" de Laclos. John Malkovich (Valmont) et Michelle Pfeiffer (Madame de Tourvel) survolent le film de leur talent. On n'imagine pas meilleur séducteur que le très orgasmique Malkovich. Quand à Pfeiffer, elle est d'une beauté rare, comme seul le cinéma peut en offrir, à l'égal de Claudia Cardinale, Faye Dunaway ou Nastassja Kinski. On regrette pourtant que les jeunes premiers du film ne soient pas au niveau (Keanu Reeves et Uma Thurman, trop lisses psychologiquement). En tout cas, ce film reste incontournable, à des années lumière de l'horrible teen movie "Sexe intentions". Car Frears a compris après Musset qu'on ne badine pas avec l'amour. Trop tard pour Valmont et Madame de Tourvel qui eussent pu vivre l'amour de leur vie. Celui que nul n'a connu, en dehors du cinéma.
Franchement admiré en 1988, lors de sa sortie (avec quelques oscars raflés au passage), puis rapidement reconsidéré du fait de la sortie d'un "Valmont" un peu moins "dans le spectacle" par Milos Forman, "les Liaisons Dangereuses" se révèle aujourd'hui un film plus que discutable, mais à l'impact néanmoins toujours aussi dévastateur sur son spectateur... ce qui était, bien entendu, l'objectif de cette entreprise aussi conventionnelle que parfaitement exécutée : soin apporté aux décors et aux costumes, scénario "théâtral" simplifiant le livre de Laclos, acteurs hollywoodiens en plaine maîtrise de leurs effets, tout y est selon le cahier des charges habituel. Oui, on a beau se savoir délicieusement manipulé par des professionnels qui savent parfaitement ce qu'ils font - mais la maîtrise n'est-elle pas le sujet du film, de toute manière ? -, on adore se laisser égarer par l'apparence lisse de la première partie du film, la langueur maniérée de scènes élégantes, pour mieux se trouver englouti dans le torrent dévastateur de la fin : la dernière demi-heure du film, pendant laquelle Malkovich, et surtout Glenn Close, font littéralement des merveilles tout en gardant une mesure remarquable, et où l'horreur absolue des jeux aux charmes desquels on a pu succomber jusqu'alors éclate aux yeux de tous, est un grand moment de Cinéma, envers et contre toute attente.
Adaptation du roman de Choderlos de Laclos. César du Meilleur Film Étranger et Oscar du Meilleur Scénario Adapté. Les costumes et les décors sont magnifiques. Une histoire sur la cruauté, le désir, la manipulation et l'amour. Glenn Close est excellente dans le rôle de cette marquise diabolique et John Malkovich joue très bien le rôle du séducteur à la fois fascinant et terrifiant. Michelle Pfeiffer (BAFTA de la Meilleure Actrice dans un second rôle) livre une bonne prestation dans le rôle de la vertueuse Madame de Tourvel. On retrouve également au casting : Keanu Reeves et Uma Thurman.
Quelques mois avant "Valmont" de Milos Forman le réalisateur anglais réalisait ce petit chef d'oeuvre d'après le roman épistolaire de Choderlos de Laclos... 1er bon point ce film est, et de loin, le plus fidèle à l'oeuvre originelle, notamment le vice et les caractères vévéneux du couple Merteuil-Valmont sont ici beaucoup mieux écrit et interprétés par les fabuleux acteurs Glenn Close et John un budget deux inférieur à celui de Forman Stephen Frears arrive à une reconstitution tout aussi remarquable et un casting qui est, certe moins glamour, mais beaucoup plus judicieux et audacieux (malkovitch en don juan !!!)... Stephen Frears jusque là essentiellmeent cinéaste européen lui ouvrira les portes de Hollywood, son film glanera trois Oscars au passage. Un chef d'oeuvre.
Cette adaptation des Liaisons Dangeureuses de Laclos ne m'a absolument pasconvaincu. Certes, les acteurs sont excellents, surtout John Malkovich et Glenn Close qui incarnent très bien respectivement le Viconte de Valmont et la Marquise de Merteuil, il ya des beaux costumes, de beaux décors et des belles phrases bien construites à la XIXeme siècle. Mais il y a beaucoup de longueurs, on s'ennuie constamment. Ca devient lourd, très lourd, on ne sait pas ce qui se passe, où on va et pourquoi. Très déçu.
Selon qui adapte, on peut avoir un vrai nanar ou un chef d'oeuvre. Dans le cas du film de Stephen Frears, on est sans nul doute dans la seconde hypothèse. C'est de très loin, LA meilleure adaptation du livre de Choderlos de Laclos, au cheminement un peu subtil du livre à une pièce puis à un scénario. C'est le point de départ, ce scénario intelligent, subtil, de grande qualité, associé à une superbe réalisation. Mais rien ne serait possible sans un casting de choix. Qui joue quoi, c'est essentiel à un film. Glenn Close y est parfaite pour la marquise de Merteuil, tout en double jeu, bien sûr, teinté d'une détermination sans nom, jusqu'à la cruauté. John Malkovitch que je découvrais dans ce film est inattendu, magnifique, pervers, touchant, désarmé, tout à la fois. Michelle Pfeiffer y est ingénue, rafraîchissante dans ce monde particulier qui est décrit, et totalement perdue à la fin. Quant à la jeune Uma Thurman, elle y fait des débuts plus que prometteurs. L'ensemble est servi par une belle utilisation des décors et autres lieux de tournage. Ce n'est pas si courant et ça mérite d'être souligné. Tout ce qui a été fait avant, pendant, sous un autre titre ou depuis, n'arrive pas au centième de cet immense chef d'oeuvre. Qui hésiterait à le voir, à le découvrir n'a pas à avoir peur, on se laisse porter dans un monde du XVIIIème siècle particulièrement cruel. Loin de moi l'idée de raconter l'histoire, j'ai juste envie de mentionner quelques scènes qui m'ont marquée. D'abord le début, quand ils s'habillent, un peu comme au théâtre pour leur représentation dans la société. Puis la scène où Mme de Merteuil arrive chez la tante de Valmont et compose son attitude, tête penchée, un sourire sous la capeline, elle se redresse, et montre un visage désolé. Ensuite la scène mémorable où Valmont écrit à Mme de Tourvel, au lit avec Mlle de Volanges. Et quatrième scène : Valmont répétant " ce n'est pas de ma faute"! Je me limite à ces quelques exemples dont je me souviens. Enfin, ce qui me réjouit, c'est que certaines règles non écrites ne se vérifient pas ici. Souvent on dit que plus d'argent va faire un meilleur film et donc plus de succès. Ici, non ! Ce film a coûté trois fois moins ou presque que son concurrent, mais a rapporté vraiment beaucoup plus ! C'est donc lié à plein d'autres choses, c'est ce que j'ai évoqué !
L'adaptation, terrible piège dans lequel le septième art peut tomber. Pour le bonheur des cinéphiles mais également des littéraires, Stephen Frears n'a pas chuté dans ce dangereux abîme. Le jeu de séduction auquel se prêtent Valmont et Merteuil atteint, avec les moyens cinématographiques, celui de Choderlos de Laclos deux cents ans auparavant. Mais comment mettre des images sur une histoire exclusivement épistolaire ? En commençant par rendre hommage à ce genre littéraire en filmant une lettre comme premier élément du film. Pour la suite, il suffit de prolonger cette missive...
« Ce n'est pas ma faute ». Mais celle d'une société aristocratique dépourvue de toute sensibilité. Afin de montrer la superficialité de ce monde en dehors de tout sens commun, Frears se sert des miroirs comme d'une entité perverse renvoyant l'image qu'on veut bien présenter. La fabuleuse scène d'introduction ne sert pas qu'à pointer la réalisation talentueuse du cinéaste, et son efficacité à effectuer des montages parallèles. Elle arrive surtout à considérer Valmont et Merteuil comme des acteurs qui se préparent à jouer un rôle. Leur mise en scène est précise, méticuleuse et le résultat s’avérera sans faille : ce n'est plus leur visage que nous voyons, mais des masques renforçant leur irrésistible arrogance.
« Ce n'est pas ma faute ». Mais celle du mortel et sa condition intrinsèque de pêcheur. Pourquoi Merteuil cherche t-elle tant à contrôler ce qui se passe autour d'elle ? Car l'homme est cupide et veut dominer tout ce qu'il côtoie. Pour la Marquise, une seule solution s'impose à elle pour gouverner : la vengeance. Le britannique souligne d'ailleurs son caractère passionnel par son accoutrement, composé exclusivement de couleurs vives (jaune, rouge). Pourquoi Valmont lui obéit-il au doigt et à l'œil ? Parce que ses innombrables vices le poussent au crime et qu'ils sont maîtres de lui. Les intentions de ce pauvre Vicomte sont trahies par son propre nom, divisé en deux termes contraires (val / mont) et prouvant son caractère hautement instable.
« Ce n'est pas ma faute ». Mais celle de l'amour, notion énigmatique et fondamentalement variable selon les êtres qui la ressentent. Par l'intelligence de l'adaptation d'Hampton, tous ces personnages arrivent par leur talent d’interprétation à incarner l'une des infinies facettes de l'amour. Thurman et son innocence brisée. Reeves et sa naïveté bienveillante. Pfeiffer et sa vertu bafouée. Malkovich et son orgueil démesuré. Close et sa jalousie pathologique. Tous participent à la réussite de cette œuvre maîtrisée du début à la fin, alors que le pari d'adapter le roman de Laclos était tout sauf aisé.
Les mots sont et resteront les armes les plus puissantes de notre monde. Ceux qui arrivent à les manier peuvent dévaster des âmes, et cela avec bien plus de barbarie que n'importe quel arsenal. Les images enfin peuvent être plus frappantes, mémorables. En réalisant Les Liaisons Dangereuses, Stephen Frears nous a prouvé qu'il savait employer les deux.
Puissant,merveilleux,extraordinaire,fantastique,le plus grand drame du XVIII siècles avec l' excellent Barry Lyndon de Kubrick deux œuvres d'une grande qualité.
Stephen Frears nous offre une version moins détaillée et pompeuse comme celle de Milos Forman dont la version du cinéaste anglais est proche de l'adaptation du roman épistolaire de Pierre Choderlos de Laclos.Le trio d'acteurs est sublime,Glenn Gloss est une marquise perverse et manipulatrice,John Malkovich plus que parfait dans son rôle de manipulateur et libertin qui ne veut pas céder à l'amour d'un chantage par un jeu diabolique entre la marquise de Merteuille et lui ,et enfin la splendide Michelle Pfeiffer la jeune femme pure et innocente dont le marquis de Valmont peut à peu tombera sur son charme,mais comme il était lié au chantage de la Marquise celle ci deviendra la pauvre victime dans une spirale de folie et de tourment.Les dialogues sont bien distribués entre les acteurs et l'écriture du scénario est d'une parfaite ciselure.Un chef d'oeuvre réalisé par le maître de la dérision Stephen Frears.
Adapter à l'écran le génie de Laclos n'est pas un pari facile. M.Forman s'est un peu loupé avec "Valmont", et je ne suis pas du tout emballé par la version de R. Vadim. Ici S.Frears adapte intelligemment le roman. La reconstitution historique est très correcte. Le casting est épatant, les acteurs incarnent bien leurs personnages. Par moment je me dis même qu'ils sont leurs personnages. Je vais chipoter en disant que je ne crois pas aux remords de Valmont, mais c'est un des rares défauts du film. Une réussite à mon avis justifiée. A l'occasion relisez le livre, il vaut le détour.
Les libertins de Frears se montrent fidèles au roman épistolaire adapté qu’ils incarnent avec fougue et fragilité, dans une forme d’effronterie tragique qui réjouit l’esprit. On ressent une atmosphère de décadence, un sentiment de fin-de-siècle où les châteaux particuliers ont perdu leurs couleurs et ont été vidés de leurs occupants, à l’exception de quelques spectres s’adonnant, pour tuer le temps, à des jeux cruels. La caméra de Frears offre une image poudrée, au grain magnifique qui rappelle les masques revêtus par les acteurs dans le jeu social, masque qui finira par couler avec son détenteur lors d’une séquence finale bouleversante. Sans jamais trop en faire, saisissant à merveille l’immobilité d’un jeu de l’amour et de la mort, cette adaptation des Liaisons dangereuses fascine autant qu’elle diffuse un léger mal-être où jaillit la perversité maladive d’hommes et de femmes s’entredévorant et emportant avec eux les restes figés de l’Ancien Régime. Une œuvre délectable.
Une oeuvre fabuleuse, la mise en scène est d'une classe dingue et les interprètes tous grandioses. Une histoire faite de tromperies, trahisons et hontes. La description du monde de l'Aristocratie du XVIII siècle est terrible, une critique acerbe de ces gens.