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Un visiteur
4,0
Publiée le 16 juillet 2009
Claude Chabrol signe un film brillant et attachant par bien des égards. Il accorde un soin infini au portrait psychologique des deux personnages (une directrice d'école et un boucher) ainsi qu'au décor d'un petit bourg campagnard maginifiquement photographié. Oui, le boiucher et un film lent! mais on prend du plaisir à suivre dans leur quotidien la vie des deux principaux protagonistes. Les vingt dernières minutes sont superbes et le dénouement surprenant après un suspense hitchcockien révèle l'ambiguité et la sensibilité des personnages interprétés avec talents par Jean Yanne et Stéphane Audran. Enfin une mention particulière pour la musique qui renforce la tonalité angoisante du film. Du grand Chabrol, subtil et envoutant!
Le boucher est un bon thriller.La mise en scène est classique avec une atmosphère particulière,sombre et oppressante notamment a la fin ou la tension monte d'un cran.Le scénario est bien construit et devient particulièrement prenant lors du premier meurtre.Les dialogues sont bien écrits et donne du relief a l'aspect psychologiques des personnages qui ici est très travaillé.Le rythme du film est lent pendant une bonne partie,mais augmente lors des vingt dernières minutes qui sont de toute beauté et bien maitrisé.Les paysages sont très beaux(la grotte et la foret).La musique,très bonne, est expérimental et angoissante.Le jeux des acteurs est convaincants avec une mention spécial pour Jean Yanne,troublant et paradoxalement attachant qui a ici son meilleur rôle.Le film est bien filmé avec un usage intéressant des zooms et du travelling latéral.Le boucher est donc un film a voir et a revoir avec une fin surprenante et crépusculaire.
Un excellent Chabrol au scénario extrêmement bien travaillé. Le Boucher est un des exemples qui prouvent que Chabrol a su s'adapter à l'après-Nouvelle Vague, et ce film confirme à mes yeux que la période Nouvelle Vague ne fut pas la meilleure du cinéaste. Cette intrigue policière se révèle très efficace par son réalisme. Prenant source dans une série de faits divers morbides (l'assassinat de plusieurs enfants), le film de Chabrol dépeint très pertinemment les relations sociales dans ces petits villages où la vie est faite du bouche-à-oreille et des commérages de quartier. Ménageant allègrement les fausses-pistes, Le Boucher profite de la sobriété de la mise en scène classique de Chabrol et de la performance surprenante de Jean Yanne. A découvrir pour appréhender ce qui fut sans doute la meilleure période de Claude Chabrol.
Bon film de Claude Chabrol, gros succès en son temps, Le Boucher combine plusieurs qualités : d'abord, deux excellents acteurs en tête d'affiche, Jean Yanne et la superbe Stéphane Audran. Ensuite, la mise en scène, par son réalisme, se fond littéralement à la vie rurale. Enfin, Chabrol parvient à ménager un bon suspense. Néanmoins, le film possède aussi ses erreurs, ses quelques défauts : cette mise en scène réaliste peut aussi paraître bien fade à certains moments ; les acteurs sont excellents, mais pourtant la souffrance mentale de l'assassin ne persuade pas et n'émeut pas, trop vite expédiée dans le dénouement ; enfin, si suspense il y a, on peut regretter qu'il n'y ait suspense que dans les dernières minutes. Mais bon, il semble qu'il y ait dans chaque film de Chabrol une lutte entre les "bons points" et "les mauvais points". Et comme Le boucher collecte une majorité de bons points (grâce au final réussi, à l'aspect sombre et légèrement onirique, et les toutes dernières images qui peuvent laisser suspicieux le spectateur attentif), on peut facilement le placer dans les Chabrol à voir.
Du suspense ? Mon pauvre ami, il n'en est rien. Dès la cinquième minute on comprend. Que reste-t-il du coup ? Jean Yann qui et son parler "brut de décoffrage". Le personnage qu'il incarne est assez touchant et intéressant. Parce que l'institutrice est bien trop lisse, en plus elle est blonde. Autre handicap du film, son rythme lentissime. "C'est normal, c'est la campagne" répliqueront certains. Oui mais c'est chiant. On a l'impression que Chabrol a fait du remplissage, malgré cela le film atteint péniblement 1h30.
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4,0
Publiée le 23 mai 2009
Avec "Le boucher", Claude Chabrol se livre dans des dècors paisibles de la campagne, à une nouvelle exploration de la vie provinciale! Dans un village paisible de Dordogne, il dèpeint l'idylle naissante entre Stèphane Audran, une belle institutrice, et un boucher vulgaire! Un rôle sur mesure pour Jean Yanne, choisi tout spècialement pour utiliser le potentiel de son film prècèdent "Que la bête meure", que le cinèaste fait, après deux meurtres sadiques, peser sur le comèdien les soupçons d'Audran! En fervent d'Alfred Hitchcock et de Fritz Lang, Chabrol distille savamment l'angoisse et signe l'un de ses plus cèlèbres thrillers dans une ètude glaçante da la fascination partagèe entre nature et culture! Une oeuvre angoissante qui est aussi un beau film d'amour que dominent Jean Yanne et Stèphane Audran...
Incontestablement le meilleur film de Chabrol, superbe étude psychologique, grands moments avec le briquet et l'horrible soupcon que Yanne parvient à faire oublier, l'interpretation de ce dernier est magistrale, comme ce fut souvent le cas durant sa carrière.
Ah quel film magnifique ! D’abord pour le cadre provincial, celui des rumeurs, de la petite bourgeoisie et du culte du secret. Ensuite pour ce scénario aux carrefours d’influence hitchcockienne pour le suspens bien évidemment mais aussi langienne pour son traitement de la culpabilité, de l’ambivalence et de la schizophrénie ("M le Maudit"). Jean Yanne est admirable en petit boucher, profondément meurtri et introverti après son passage à l’armée et en face de lui, la belle Stéphane Audran, sociable, généreuse (un peu trop ?) et qui cache elle aussi, de lourdes blessures. Deux tempéraments opposés, deux lectures de la société pour une union impossible. Les dialogues sont savoureux, j’ai retenu cette phrase : « Dans l’armée, il y a deux choses que l’on adore, car on les a pas, c’est la logique et la liberté. » et une référence à Balzac, pour ce film qui par son approche sociologique, tient lui aussi de "la comédie humaine".
Dans ce film, le plus célèbre de Chabrol, on peut admirer certaines des qualités indéniables du cinéaste : son habilité à amener une histoire policière assez macabre tout en restant dans le quotidien, le banal. Son utilisation des décors naturels (ah la Province...), des protagonistes (le simple d'esprit du village est presque caricatual...), des scènes clès de la vie quotidienne (le mariage) sert à envelopper d'un halo naturaliste une sombre histoire de crimes particulièrement odieux. Contrairement à Hitchcock, ce n'est pas tant le suspens qui l'intéresse que la relation ambigüe entre les deux personnages principaux. Si l'un agit comme cela, semble t'il dire, c'est parce qu'il n'arrive pas à assouvir ses désirs car l'autre reste fermé à l'amour charnel à cause d'une douloureuse histoire passée. La psychanalise serait donc la clé de ce film teinté de sang et de quotidienneté. Et si l'on peut reprocher au cinéaste un goût pour les scènes un peu appuyées (le sang qui coule sur la joue de l'enfant se rapproche du film gore), on ne peut nier sa capacité à captiver tout en finesse le spectateur qui suit avec un intérêt croissant la relation entre Jean Yanne et Stéphane Audran, tous deux remarquables.
Chabrol au sommet de son art. Le film est beau, simple, fluide et efficace. Le cadre paisible de l'histoire contraste avec l'atmosphère, toujours glauque et angoissante. Ici, tout sonne juste et tient de la perfection, de la technique jusqu'au scénario. Les personnages ont une vraie profondeur, et sont incarnés par deux acteurs exceptionnels, notamment Jean Yanne, dans un rôle d'une incroyable ambiguïté, à la fois pathétique et terrifiant, attachant et repoussant. Une grande réussite du cinéma français.
Je ne suis à l'heure actuelle encore qu'un inculte à l'égard de Claude Chabrol dont je n'ai vu que "L'Ivresse du Pouvoir", l'un de ses derniers longs-métrages que j'avais par ailleurs détesté. Passons... Avec "Le Boucher", il signait en 1970 un film important, au moins très bon, sorte de thriller psychologique avant l'heure s'assumant avec brio dans son contexte. Je m'explique : ici, aucune tentative d'imitation des grosses productions Hollywoodiennes. Pas non plus de film noir dans l'esprit de la Nouvelle Vague comme Godard nous en a livré quelques chefs-d'oeuvre. Seulement un petit village autour duquel (dans les bois) ont lieu des crimes inexpliqués. On ne voit que très peu de scènes avec les autorités dans la mesure où Chabrol n'a pas souhaité procéder à un simple serial-killer movie, essentiellement la confrontation entre deux personnages opposés offrant un contraste saisissant (pureté et damnation). Pourtant, pas de caractères trop schématiques non plus car le cinéaste sait entourer de flou l'exactitude des faits et ne rythme son oeuvre qu'autour de séquences se déroulant quasiment hors de son fil conducteur, présentant pour la majeure partie du temps deux êtres se découvrant au fur et à mesure et donnant ainsi une véritable densité à l'aspect psychologique de ce remarquable "Boucher". Continuons dans la négation puisqu'au cours de cette heure et demie sont également reniés les effets spectaculaires et autres larges mouvements de caméra. On fait dans la sobriété (oui môssieur !) à l'extrême pour en fin de compte s'apercevoir que cela fonctionne du début à la fin. On peut ainsi voir à travers "Le Boucher" un long-métrage habile, construit avec une implacable rigueur, peut-être pas marquant au premier abord mais suffisant pour régulièrement nous prendre à la gorge et nous éblouir d'une maîtrise technique impressionnante. Je ne dis pas que ce film donne tout de suite une impression magique, toujours est-il que ses qualités ne m'ont pas laissé de marbre !
Chabrol tisse un suspens provincial redoutable dont la suspicion ambiante délègue une atmosphère trouble. Jean Yanne et Stéphane Audran forment un couple envoûtant et complexe, tour à tour séduisant et apeuré.
Le film culte de Claude Chabrol, avec un Jean Yanne et une Stéphane Audran exceptionnels l’un comme l’autre. Le film est intense au niveau de la tension malgré qu’il soit très long à démarrer. L’intrigue est bien vue et c’est la fin qui est la plus marquante, seulement je n’en raconte pas plus, ça gacherai tout à ceux qui ne l’ont pas encore vu. Ce cinéma est simple mais vraiment efficace. Ca me démange, je raconterai bien la fin, elle est vraiment superbe. La finalité du film est tout un concentré du reste, très intense et saisissante par sa douleur, sa brutalité. S’il fallait revoir plusieurs fois un passage c’est les dix dernières minutes, le reste ne sert qu’à installer l’intrigue dans les relations entre un boucher et une institutrice. De grands acteurs, un grand cinéaste pour un grand film.
Ce film, à n'en pas douter, la quintessence de la rhétorique Chabrolienne est avant tout la confrontation des regards différents et similaires de Yann et d'Audran, sous le magnifique éclairage clair obscur Chabrolien. Le regard glauque, à peine humain, et pourtant touchant de Yann et le regard humain et pur de Audran qui ressemble beaucoup à la Reine des Neiges du conte.Une grande humanité se dégage de l'oeuvre qui est un manifeste sur la puissance de l'amour et une réflexion sur la transcendance de la nature sur les comportements animaux (l'homme fait partie du règne animal). Chez le popaul, la pulsion de prédation semble aussi naturelle et innocente que la pulsion d'amour. Le monstre décrit ici est touchant d'humanité contrairement à l'humain décrit dans Que la bete meure qui est crispant de monstruosité. En fait ce film, très Cocteausien est une sorte de mixe entre La belle et la bete et Orphée. Dans la scène de la virée en voiture dans l'obscurité sous l'éclairage des phares, il est clair que Audran incarne la mort de la même façon que l'incarna Maria Casarès dans Orphée.Donc un film très beau, très réussi, très poétique.
Avec ce rôle, Jean Yanne confirmait sans discussion possible, que sous ses dehors dilettante, il pouvait atteindre de très hauts sommets en art dramatique. Audran est irréprochable et prouvait que sa présence dans les films de Chabrol, son mari à la ville, n'a jamais été une complaisance d'époux. Pour ce qui est de Chabrol lui-même, plusieurs procédés qu'il utilise pour conduire ce thriller semblent aujourd'hui un peu vieillot, mais ils n'en gardent pas néanmoins une réelle efficacité et la marque de fabrique d'un metteur en scène de grand talent.