Un film solide de Chabrol, toujours cette construction d’une ambiance asphyxiante d’un néo-polar dans une petite ville de province. Ici on est dans le Périgord, dans un village , une directrice d’école , célibataire et très séduisante, un commerçant boucher , ancien militaire et un jeu de séduction qui se met en place.
Le début est un peu poussif et puis petit à petit l’ambiance devient pesante, étouffante. Un long plan séquence des deux héros qui traversent tout le village, tout en bavardant et flirtant, superbe. Et surtout la partition de Pierre Jansen, élément essentiel du film, qui rajoute une sorte d’angoisse par une musique très contemporaine, à des scènes qui pourraient être insipides. Les deux acteurs sont formidables. Jean Yanne toujours aussi bon, introverti, cynique, désabusé, mais jovial, sacré acteur.
Bien sûr le film confronte l’amour romantique, l’homme « civilisé » à ce qui reste en lieu de bestial, de sauvage, d’animal. Allégorie claire avec la visite par la classe d’enfants, dans une grotte préhistorique, qui fut habitée par l’homme de Cro Magnon .
Claude Chabrol joue de cet antagonisme, et réussit un film oppressant.