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AdriBrody
19 abonnés
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3,0
Publiée le 20 mars 2026
Ce n'est pas un film intéressant pour son scénario, tout est dans le titre, mais pour ses personnages et leur relation. Un modeste boucher qui revient marqué de la guerre d'Indochine et une directrice d'école avec un chagrin d'amour au compteur qui refuse de s'engager de nouveau. Et puis, des meurtres. Mais ces derniers sont presque insignifiants puisqu'ils ne permettent que de déclencher le rapprochement des personnages dans un petit village de Dordogne. Jean Yanne propose une belle performance, mais la qualité du film devient son principal défaut. L'absence d'histoire intéressant au détriment des personnages fait qu'en seulement une heure et demie, on a parfois l'impression qu'il ne se passe pas grand chose...
Ça se regarde plutôt bien. Ça a un peu vieilli par moments, autant dans la forme que dans le fond, mais ça reste un film solide avec une ambiance qui fonctionne encore. Pas forcément un classique intemporel, mais ça vaut quand même le coup d’œil.
Le film est prenant mais grâce en grande partie à Jean Yanne, dans un rôle taillé sur mesure, et au contexte rural, plus vrai que nature. Inutile de dire que le charme de Stéhane Audran fait le reste. C'est même un film agréable, tout compte fait. Mais ce n'est pas un grand film. On est même très loin du sordide propre à Polanski/Topor ou à Jeunet...
"Le Boucher", de Claude Chabrol, est un film qui, fidèle à l’esprit de son réalisateur, privilégie la profondeur des personnages à l’intrigue. Ici, le scénario ne sert qu’à révéler les émotions et les tensions intimes des protagonistes. Le résultat ? Un film bavard, certes (il faut bien que les personnages expriment leurs sentiments), mais jamais ennuyeux. Chabrol maîtrise parfaitement l’équilibre, évitant l’écueil de la verbosité stérile. Jean Yanne y est remarquable en boucher marqué par les horreurs de la guerre, tandis que Stéphane Audran incarne avec justesse cette directrice d’école qui perçoit très vite la vérité cachée. Leur jeu, subtilement dosé, rend le film captivant du début à la fin.
Excellent Chabrol devenu un classique. La satire bien sentie de la petite bourgeoisie provinciale est déjà là Un film subtil, notamment dans le portrait pas si manichéen qu'il fait du criminel et dans le récit d'une relation très ambiguë avec sa dernière proie.
En 1970, Claude Chabrol livre un thriller psychologique très prenant. Alors qu’un tueur en série assassine des femmes dans un petit village du Périgord, deux célibataires se rencontrent. Le réalisateur se désintéresse totalement de l’enquête policière pour se consacrer à cette relation ambigüe dont le spectateur comprend très vite le caractère malsain. Grâce à une écriture soignée et une interprétation remarquable de Stéphane Audran et surtout Jean Yanne, on a le droit au portrait d’une France rurale paisible aux allures de carte postale. Cette image est chahutée par l’exposé de la complexité de l’âme humaine, capable du meilleur comme du pire, de la bonté comme de l’infâme. Bref, une étude de mœurs décapante.
Un film solide de Chabrol, toujours cette construction d’une ambiance asphyxiante d’un néo-polar dans une petite ville de province. Ici on est dans le Périgord, dans un village , une directrice d’école , célibataire et très séduisante, un commerçant boucher , ancien militaire et un jeu de séduction qui se met en place. Le début est un peu poussif et puis petit à petit l’ambiance devient pesante, étouffante. Un long plan séquence des deux héros qui traversent tout le village, tout en bavardant et flirtant, superbe. Et surtout la partition de Pierre Jansen, élément essentiel du film, qui rajoute une sorte d’angoisse par une musique très contemporaine, à des scènes qui pourraient être insipides. Les deux acteurs sont formidables. Jean Yanne toujours aussi bon, introverti, cynique, désabusé, mais jovial, sacré acteur. Bien sûr le film confronte l’amour romantique, l’homme « civilisé » à ce qui reste en lieu de bestial, de sauvage, d’animal. Allégorie claire avec la visite par la classe d’enfants, dans une grotte préhistorique, qui fut habitée par l’homme de Cro Magnon . Claude Chabrol joue de cet antagonisme, et réussit un film oppressant.
Quelques longueurs dues a un rythme lent , mais superbe performance de Jean Yanne et Claude Chabrol qui parviennent a rendre sympathique un tueur en série. Le film de ce point de vue est une belle réussite
Un film sur deux facettes du désir, si beau, si bien joué par les deux acteurs, mais si terriblement lent. De plus l'évocation de la vie villageoise, à l'exception de la belle scène de l'enterrement, ne convainc pas - l'intrigue semble y être artificiellement plaquée.
Si le film n’est pas réellement une réussite pour ma part, ce que j’ai aimé surtout c'est de retrouver la France rurale des années 70. Le scénario est prévisible. Et la réalisation un peu moue. L'interprétation est banal, sans plus. aucun suspens, aucune tension.
« Le boucher » est un excellent thriller psychologique réalisé par Claude Chabrol en 1970 avec Stéphane Audran (Hélène) et Jean Yanne (Paul dit « Popaul »). Chabrol réalise un thriller à la « Hitchcock », en soulignant les traumatismes des guerres coloniales chez Paul et la rigidité émotionnelle d'Hélène qui refuse tout rapport autre que l'amitié. Les crimes sont perpétrés dans un cadre idyllique et ensoleillé du Périgord contrastant avec l'horreur des meurtres. La musique de Pierre Jansen est sublime, elle crée une ambiance angoissante au film.
Un des plus grands films de Chabrol, réalisé juste après un autre chef d'oeuvre, Que la Bête meure. Le climat de ce film est angoissant à souhait et le duo d'acteurs est renversant : Stéphane Audran n'a jamais été aussi juste et belle et Jean Yanne est exceptionnel (tout comme dans le Pialat de 1972 qu'il tournera deux ans plus tard avec Marlène Jobert). Un des plus beaux films français.
"Le boucher"qui fut un des premiers films de Claude Chabrol,possède déjà les qualités des autres:des acteurs fidèles et excellents ( Jean Yanne et Stephane Audran), des décors soignés, le souci du détail, une trame aux allures a seulement un peu vieilli et la férocité finale est un peu gommée par rapport à d'autres films du même gabarit.
À Trémolat, paisible village du Périgord, la routine provinciale se trouve troublée par une série de meurtres sadiques visant de jeunes femmes… Je n’ai jamais été un grand admirateur de Chabrol, mais il faut reconnaître qu’il signe ici un de ses films les plus aboutis, à la fois limpide et profondément ambigu. Comme l’a justement remarqué mon ami Thierry Manoli Tartas, Le Boucher possède un petit côté « giallo à la française », avec « une atmosphère de suspense psychologique, des thèmes de perversion, de voyeurisme et de manipulation, ainsi qu’un ton sombre et obsessionnel » typiques du genre. Chabrol transpose ces codes dans un cadre provincial familier, créant une tension née du contraste entre la banalité du quotidien et l’irruption du mal. Jean Yanne, admirable de retenue, compose un Popaul à la fois fruste et bouleversant, dont la violence latente se mêle à un désarroi presque enfantin. Face à lui, Stéphane Audran incarne une institutrice d’une rigueur fragile, prisonnière de sa solitude. Le film repose sur la relation ténue qui se tisse entre ces deux êtres blessés, où la compassion et le soupçon s’entremêlent jusqu’à la tragédie. La mise en scène, d’une fluidité exemplaire, illustre à merveille l’art chabrolien de l’ambiguïté : une caméra discrète mais précise, un montage d’une élégance rare, et ce superbe plan-séquence suivant Hélène et Popaul lors de leur première promenade à travers le village, où tout se joue déjà dans les regards et les silences.