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lillois
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4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Voilà un long-métrage surprenant dans lequel la musique tient longtemps un rôle prépondérant (les images sans la bande originale de Pierre Jansen donneraient assurément un autre film !). Elle contribue en effet grandement à instaurer l'ambiance, et cela dès l'inquiétant générique sur fond de peintures rupestres. Les films de tueurs ne sont pas légion dans le Cinéma français, chacun apparaît donc comme une curiosité en soi. Après avoir réalisé "Landru" sept ans auparavant, Claude Chabrol récidive. Dans celui-ci, Paul Thomas, que tous appellent Popaul, revient au village après avoir passé quinze années dans l'armée comme boucher (parce que "les troufions, ça becte hein"). Durant un repas de mariage, il est séduit par la jeune directrice de l'école. Ils s'entendront très bien mais elle n'est pas décidée à retomber amoureuse. En parallèle, des meurtres de jeunes femmes mettent la région en émoi. Au cours d'une excursion, mademoiselle Hélène et ses élèves vont marcher dans la grotte, ça ne leur porte pas bonheur puisque quelques minutes après ils découvrent le cadavre ensanglanté d'une villageoise. Peu de véritable suspense, à mon sens ce qui est important ici est l'étude comportementale autour du soupçon. Comment Hélène réagit vis-à-vis de son ami qu'elle pense coupable. Comment Popaul continue de manifester ses sentiments dans ces conditions. Jean Yanne se révèle exceptionnel et l'alchimie avec Stéphane Audran se produit. Quelques réflexions bien formulées et percutantes sur l'armée accompagnent de beaux petits dialogues (scène où il apporte un gigot pendant la classe, scène dans la forêt...). "Le boucher" possède certes un aspect vieillot, mais la puissance de l'oeuvre demeure.
Cette phrase: "Mademoiselle Hélène" résonne toujours dans nos têtes, car le film est puissant poignant, haletant, et intelligent. Brillante satire sociale, brillante histoire d'amour, superbe film policier et donc magistral film.
Dès qu'il s'agit de poser une ambiance, de camper en quelques scènes un décor provincial petit-bourgeois, Chabrol se pose décidément en maître. Néanmoins, on peut regretter la minceur de l'intrigue, qui paraît avoir quelque peu vieillie aujourd'hui. Le faux suspense hitchcockien entretenu par quelques rebondissements fait long feu, et Stéphane Audran n'est pas Grace Kelly. Les derniers Chabrol m'apparaissent plus convaincants.
Horreur et tranquilité se cotoient de près dans le village, tout comme la belle histoire d'amour entre Mlle Hélène et le boucher qui aboutit à l'horreur. Un film génial qui prend son temps pour s'installer, avant de se précipiter de plus en plus vite vers la fin tragique et littéralement terrifiante qui raisonne encore : "Mlle Hélène...". Etrangement, "Le Boucher" rappelle "M le Maudit" de Fritz Lang, dans le sens où tout deux traitent de manière différente le thème de la monstruosité, de l'humanité du psychopate, de son rapport à la société des Hommes. Le boucher, dans le film, fait de multiples références à l'horreur de la guerre qu'il a vécu. Doit-on y voir un message pacifiste de Chabrol, dénonçant le traumatisme de la guerre et ses effets terribles sur les soldats ?