Deux hommes dans la ville est un très bon film de José Giovanni. La mise en scène du réalisateur est irréprochable, le scénario est travaillé et intéressant, les acteurs comme Jean Gabin, Alain Delon ou encore Mimsy Farmer sont très convaincants dans leurs rôles, le film est divertissant etc…
Gabin n’aura décidément fait que du cinéma de transition à la fin de sa vie. Transition dans un style de plus en plus cru, qui caractérise la vraie émancipation du cinéma après le succès abstrait et relatif de la nouvelle vague. On n’hésite plus à tourner la scène très noire de l’exécution à la guillotine, histoire d’être plongé avec vivacité dans cette actualité médiévale par quelqu’un de très bien placé pour en parler, puisque le réalisateur José Giovanni a connu le couloir de la mort avant d’être finalement condamné à de la prison. Transition aussi dans la représentation des sentiments, où l’on reste coincé dans la forme mondaine de l’amour et celle des mauvais sentiments, alors que le bonheur va avoir droit à une ambiance aux petits oignons et en musique, qui rend l’ensemble inégal d’une manière qui déconcentre un peu.
Après un passé tumultueux au cours de la seconde guerre et dans les années qui suivirent, José Giovanni est devenu le romancier de sa propre vie. Des cinéastes l’ont adapté, avant qu'il ne prenne goût lui aussi à la caméra, avec ce point d’orgue « Deux hommes dans la ville », plaidoyer contre la peine de mort, huit ans avant le discours de Badinter. Avec une affiche en béton menée par le duo Delon-Gabin, et un Michel Bouquet remarquable, le réalisateur aborde frontalement le problème de la réinsertion des prisonniers, entre les policiers qui n’y croient pas et les éducateurs qui se donnent à fond. Plusieurs face à face demeurent aujourd’hui gravés dans le marbre du septième art dont celui de Delon avec le jeune Depardieu. Il n’est pas encore question de passation de pouvoirs, ni de transmission, mais plutôt d’un duel à distance qui se joue à travers les mailles d’un filet de scénario, l’ancien et le jeunot, figure de style que l’on retrouve ici encore plus affirmée avec Delon et Gabin. Plusieurs séquences sont tout à fait marquantes dans cet excellent film dont l’interrogatoire de Bouquet sur Delon, bien mené, par le réalisateur ou l’inspecteur de police, allez savoir la symbiose est parfaite. A noter aussi l’utilisation de la voix off, d’une écriture parfaitement orale (ce que les français habituellement n’arrivent pas à faire). Le récitatif façon Gabin demeure un modèle du genre.
Avis bonus Avec quelques documents d’époque, vidéos et photos, de nombreux commentaires sur et autour du film. On apprend encore beaucoup … Pour en savoir plus
Rien à redire concernant les interprétations des grands Gabin et Delon. Par contre, le scénario est vraiment indigent. Ce qui donne une histoire molle, plate, sans intérêt, alors qu’on avait là une belle occasion de dire quelque chose de puissant sur la peine de mort. Mais pour cela il eut fallu un « éducateur » bien plus pugnace, une « avocate » nous servant une plaidoirie digne de ce nom et ne pas nous épargner le procès en l’appel (après avoir bâclé les assises). Au lieu de cela, tout est gommé, donnant une fin navrante et un film désagréable à regarder, jouant trop facilement avec le sentiment d’injustice du spectateur, tout en le frustrant d’une parole qui n’a jamais été dite, contre la peine de mort.
Un très beau film, qui a le malheur d'être toujours actuel quarante ans plus tard. Peu de fausse note, la place de l'éducateur est très bien représenté d'autant plus à l'époque où la profession se construisait encore. Il est vrai que le point central du film est très court comparé au prélude sur l'histoire de Gino et de sa relation avec Cazeneuve. Mais il est lourd de sens, dénonçant l'injustice mais également la peine de mort encore active. D'ailleurs le long monologue de l'avocat sur la question m'a semblé un peu déplacé au vu du contexte mais pourquoi pas. Le casting est super, un duo Gabin / Delon qui fonctionne à merveille. Et si vous ne l'avez jamais vu, je vous le recommande fortement, j'ai passé un excellent moment, même si j'ai pris ma place d'éducateur dans les dernières scènes à vouloir casser la Tv.
deux etoiles a ce film porteur d un message d ela part de son realisateur film qui tend a critiquer lusage de la peine d emort par le biais de l histoire de alain delon ex detenu rentrer dans le droit chemin que un policier poussera a bout pour l obliger a recometre l irreparable mais aussi ce message de ces gens qui cherchent a oublie rleur passe mais helas il est tellement difficile d ele faire il reviens touours au galop ilmontre aussi les problemes de cette justice qui ne pense que dasn un sens on fait auss i unpeu trop la part belle au educateur dasn ce film on dirait des messie qui on trop de pouvoir il montre aussi les abus de pouvoirs de l apolice qui peut tous se permettre si elle le desire allant meme a pousser un homme a des gestes desepere sinon l histoire est legere avec des sentiments la qualite du film est correcte aussi delon est gabin sont bons pas de probleme spour eux une bellemusique !! un film qui prens position mais un bon vieux film qui ont un certain aspect qui m attire
A la décharge du film, je ne suis pas très fervent d'A. Delon... Les films de J. Giovanni tournent très souvent autour d'un thème fort connu. C'est ici la rédemption qui est abordée où comment se réhabiliter après quelques égarements. Et alors qu'ici, l'intéressé est sincère dans ses actes, c'est le monde à l'envers : un flic qui le fera rechuter ! Très beau casting servit par de nombreux seconds rôles prometteurs... J. Gabin, très convainquant, ça n'est plus une surprise... Un bon film mais qui ne m'a pas marqué.
Pourquoi un inspecteur viendrait perdre son temps à harceler un ancien criminel pendant des jours ? Même s'il ne pouvait pas l'encadrer il aurait certainement eu autre chose à faire. Ce n'est pas crédible, pas du tout, pas une minute - même si Michel Bouquet est délicieux dans ce rôle. De plus la réalisation a très mal vieilli : par exemple ces images où l'on montre la vie heureuse du personnage sont particulièrement monotones et ringardes. On voit Delon fondre en larme, écroulé sous la douleur, et la scène suivante ragaillardi et en pleine forme. Et puis çà ne décolle pas : c'est lourd, on s'ennuie ferme. A éviter !
Revoir Gabin dans un décor naturel des années 70 est surprenant, quant à Delon, au sommet de sa forme physique, il est toujours aussi agaçant de le voir surjouer pour donner de la crédibilité à ses rôles de contre emploi. Mais il fallait certainement les deux monstres sacrés du cinéma français pour donner du poids à ce plaidoyer pour la réinsertion des criminels et l’abolition de la peine de mort. Scénario d’actualité de l’époque, traité de façon vraiment trop manichéenne et caricaturale.
Je n'irais vraiment pas jusqu'à qualifier ce film de chef-d'oeuvre, car il est long et pas très dynamique. Le casting est bon certes, mais cela ne suffit pas et le scénario a beau décrire la peine de mort, il ne m'a pas emballée. Si vous aimez le duo Gabin-Delon et ne connaissez pas encore "Le Clan des Siciliens", tourné 4 ans plus tôt, ruez-vous sur ce dernier, grandiose.
Film excellent spoiler: se terminant de la manière la plus brutale qui puisse exister et permettait de faire réfléchir sur la peine de mort. Gabin dans un de ses derniers rôles, et dans son dernier immense rôle, et Delon déjà une méga star dont le nom s'encadrait souvent dans le générique de ses films, mais qui, ici, n'en fait pas des tonnes. Michel Bouquet campe un flic tenace et antipathique, il avait le chic pour jouer des personnages antipathiques, d'ailleurs. Mimsy Farmer est excellente comme souvent. On peut vraiment parler de classique pour ce film sur la rédemption.
spoiler: J'ai vu ce film pour la 2ème fois au Mac-Mahon ce sour lundi 22 décembre 2025 et je suis passé de 3 à 4 étoiles, principalement pour des raisons esthétiques et de contexte...
Très belles images, excellents acteurs, très bon scénario un œuf fleur bleue...
L'on ne peut s'empêcher de songer aux Misérables de Hugo avec un décalque du couple Valjean/Javert incarnés ici par un surprenant Delon et un implacable Bouquet. Réquisitoire contre la peine de mort, l'intrigue dénonce d'abord la difficulté pour ne pas dire l'impossibilité réelle de réinsertion pour les anciens détenus que défend un Gabin fatigué mais souverain. Au sein d'une mise en scène classiquement efficace se croisent des personnalités clairement individualisées par la pertinence d'un casting fort plaisant. Rapide, le rythme ne faiblit guère jusqu'à une glaçante séquence finale dont la force est raffermie par l'humanité évidente du héros, dont le crime rencontre (trop?) des circonstances atténuantes. Didactique mais digne.
Un vieux monument du film noir français. Il y a du Jean Valjean dans ce plaidoyer contre la peine de mort, avec ce rachat d’un truand qui a payé qui devient impossible par la cruauté obsessionnelle et le harcèlement d’un flic - fort improbable au demeurant. Le film est bien monté et magnifiquement interprété par un Delon au jeu discret et un Gabin assénant des sentences hugoliennes contre la justice, qui pratiquait alors le raccourcissement assez facilement ( Buffet et Bontemps par exemple). C’est sobre, bien réalisé et très émouvant. On est content que Badinter soit passé après !