Un film nécessaire qui nous éclaire sur l'homme. C'est le propos favori de colline Serreau. Dépendre la société avec ses travers. La crise (tournée plus tard) en est un prolongement encore plus fort, st-Jacques la Mecque aussi. Il y a toujours une rédemption possible dans ses films et c'est l'espoir d'un changement. Auteuil toujours génial
L'idée n'était pas mauvaise, loin de là. Associer un PDG friqué, agressif, déconnecté des réalités, à une femme de ménage antillaise généreuse qui trime, et découvre une conspiration au sein de l'entreprise. Comédie romantique, suspense au sein de l'entreprise, mixité sociale et ethnique : le cocktail était réuni pour en faire un film réussi, voire marquant ! Malheureusement j'ai eu du mal à être vraiment convaincu. Ca démarre bien, avec cette machination qui se met en place... pour passer totalement en second plan une fois que le PDG se planque chez la femme de ménage. Quant à l'histoire d'amour, elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Comment le protagoniste peut-il se transformer à ce point, alors qu'on l'a vu être totalement égoïste et sans scrupule durant une bonne partie du film ? D'autant que les tentatives de "séduction" sur le dernier acte tiennent aujourd'hui davantage du harcèlement toxique... Le propos sur la mixité blanc/noir paraît quant à lui anecdotique de nos jours, mais je reconnais que c'était plutôt audacieux pour l'époque. J'ai bien aimé la prestation attachante de Firmine Richard en Juliette, cette femme à 5 enfants qui a de la poigne. Par contre j'ai eu plus de mal avec Daniel Auteuil, qui joue faux par moment (problème de direction d'acteurs ?). D'autant que l'acteur hérite subitement d'un bronzage au cours du film, alors qu'il est censé être planqué dans un appartement ! Notez qu'un oeil attentif repérera une myriade de comédiens alors totalement inconnus. José Garcia en réparateur d'ascenseur, Guillaume de Tonquédec en amant de passage, ou Isabelle Carré en fille du protagoniste.
Comme beaucoup de films de Colinne Serreau, c'est caricatural, cliché et ça manque cruellement de finesse. Le message évoque ici une possible réconciliation des classes sociales, sur fond d'antiracisme, de façon manichéenne et sans subtilité, et encore plus improbable : spoiler: un patron blanc épouse une femme de ménage . Passé cette lourdeur démonstrative, comme si on s'adressait à des idiots, avec un côté franchement mièvre, le spectacle reste humain, plein de bons sentiments, et quoiqu'un peu "nanard", assez divertissant et agréable à regarder, notamment par nostalgie d'une époque révolue (1988).
Bien plus transgressif que la trilogie récente du Bon Dieu (Philippe de Chauveron, 2014, 2019 et 2021) où le racisme ambiant se voyait conforté selon l’adage « tous racistes, plus de racisme », Romuald et Juliette articule une réflexion sur le métissage avec une étude sociale faisant dialoguer deux milieux distincts que réunit un concours de circonstances. L’intelligence du scénario de Coline Serreau réside dans son approche progressive, utilisant la spontanéité des actions et des réactions du duo principal comme antithèses aux magouilles minutieusement préparées et exécutées des associés véreux de la compagnie : malgré un montage alterné séparant d’abord ledit Romuald et ladite Juliette, c’est au travail qu’il se retrouvent, spoiler: l’une s’improvisant conseillère de l’autre, outrepassant les prérogatives imposées par son statut, négligeant celles du PDG avec lequel elle s’entretient . Ce choc devient métaphore d’un spoiler: coup de foudre , au sens propre et figuré : il est l’élément déclencheur de la révolte des protagonistes qui prend l’aspect pour lui d’une vengeance, pour elle d’un accélérateur social – illusoire dans un premier temps, concrétisé ensuite – symbolisé par la panne de l’ascenseur de l’immeuble réparée à terme. Les deux pôles s’attirent alors, spoiler: les vêtements de l’appartement haussmannien sont lavés dans la baignoire de la cité HLM, la femme de ménage accède au club de tennis privé que fréquente la famille Blindet qui, comme son nom l’indique, est « blindée ».
Ce match s’interrompt heureusement, puisqu’il fallait qu’il en soit ainsi : la réalisatrice refuse l’image spoiler: d’un riche pouvant tout s’acheter et aider les plus défavorisés , naïveté digne des mauvais programmes diffusés à l’approche des fêtes ou cultivés par tout un pan de la dark romance contemporaine, lui préfère la fierté et l’indépendance d’une femme spoiler: n’appartenant à personne . Et si spoiler: l’amour triomphe , il ressemble à un compromis complété ad vitam et introduit la notion d’identité métissée, en témoigne la séquence à la mairie, jubilatoire. Les comédiens apportent beaucoup de profondeur et de chaleur humaine à des personnages que Coline Serreau se plaît à densifier, prête à écarter toute logique et tout discours raisonnable au profit d’un accès quasi sacré à la clairvoyance par le biais des sentiments. Une belle réussite.
Une comédie appréciable et agréable, sans plus. De très bons acteurs permettent au film de sortir de la mélasse dans laquelle les a laissés la réalisatrice, Coline Serreau, avec son histoire peu crédible au fond. Les valeurs défendues dans ce film sont louables, mais elles sont mal défendues. On a du mal à y croire.
Ca chante bcp l’hugolin, c’est très tire larme et irréaliste, mais, mais, la magie opère, et finalement ouvre les yeux sur un monde possible et meilleur. A noter qqs debut d’acteurs en seconds roles, devenus ajd des grands.
Qu'on se le dise ce n'est pas le meilleur film avec Daniel Auteuil, mais cette comédie a du bon, elle dépeint peut-être avec un peu trop de préjugés les relations entre les blancs et les noires et les coups bas dans le monde de l'entreprise.Néanmoins le scénario de ce film nous fait rêver tant la conclusion de celui-ci est belle. Sous couvert de dramatisme exacerbées et d'utopisme des fois un peu exagéré, ce film est dans la continuité de l'esprit de "3 garçon est un couffin", à savoir qu'il est à la fois marrant et touchant.A noter que Coline Serreau démontre qu'elle a du flaire en faisant jouer des petites scènes a Guillaume de Tonquedec (future vedette de "fais pas ci, fais pas ça") et à J.Garcia, le bouillant et sulfureux comiques connu comme le loup du blanc pour ces fresques et "conneries" en tout genre (Aller voir "Nulle part ailleurs" ou encore "Tout doit disparaître", "le boulet" ...).Mais revenons au film, aller le voir, on en reviens plus tolérant ou plus rêveur à vous de voir ...
Coline Serreau nous offre un véritable conte de fées, digne héritier de ses aînés américains signés Capra ou Lubitisch. Daniel Auteuil au mieux de sa forme nous livre une performance toute en énergie et en nuances, mais la palme revient à Firmine Richard qui débarque de façon fulgurante dans le cinéma français pour ne jamais y revenir. Quelle énergie que cette femme qui nous emporte avec elle dans sa petite famille! Pas étonnant qu’Auteuil tombe sous le charme faisant fi des préjugés et des kilos superflus de la belle plante venue des îles. Trois visions du film et à chaque fois le même plaisir ! A noter les débuts en figuration d’Isabelle Carré.
Romuald et Juliette est une jolie comédie fort bien interprétée. Un PDG qui tombe amoureux de la femme de ménage, cela paraît évidemment impossible, ou en tout cas très improbable. Sauf dans Romuald et Juliette où les mélanges de sang gagnent haut la main sur les clivages sociaux... Et après tout pourquoi pas ? Le racisme, non sens absolu, engendré par la haine et la bêtise crasse réunies, est vaincu le temps d'un film aussi agréable qu'optimiste. Faut-il rappeler que la consanguinité ou l'eugénisme sanguin sont porteurs des vices et des tares les plus sévères ? Les brassages ethniques au contraire font en général des individus sains et forts... A méditer pour certains nostalgiques de théories hélas toujours prêtes à refaire surface. Et vive le mélange des sangs, surtout quand il donne prétexte à un film réussi !
Très bon film, dans la lignée de "Trois hommes et un coufin". L'histoire est originale, avec une actrice inconnue et formidable, une histoire d'amour à priori impossible. C'est tendre, drôle, visible pour tous. C'est un film qui donne de la joie, et fait réfléchir. Magnifique, et simple. Bravo.
C'est intéressant au niveau sociologique. C'est est un film des années 80, positif, frais , où tout est possible. Avec un ascenseur social. Une histoire de prince charmant aussi finalement. L' époque de ''touche pas à mon pote''... que j' aurai plus daté pour ma part dans les années 84-85 vu le scénario et le contexte du film.