"A nous la liberté" est une comédie agréable de René Clair qui a marqué le cinéma de son époque et conserve aujourd'hui un statut de film culte. Elle rappelle, par son ton satyrique et son sujet, "Les temps modernes" de Charlie Chaplin sorti quelques années plus tard. Ce long métrage garde les influences, pas si lointaines, du cinéma muet. Ainsi, le jeu des acteurs est essentiellement gestuel et les gags sont visuels. Il y a d'ailleurs peu de dialogues. Cet humour à la Charlie Chaplin ou à la Buster Keaton a vieillit mais reste distrayant. On peu même y déceler les prémices du cinéma de Tati. A voir pour sa culture cinématographique et pour le plasir qu'il procure.
Réalisé en 1931 par René Clair, ce chef-d’œuvre de poésie et cette magnifique ode à la liberté n’a rien perdu de sa légèreté, de son burlesque et de son esprit sarcastique. Fortement influencé par le cinéma muet – l’humour y est volontiers physique et les paroles sont rares, mis a part plusieurs passages chantés – le film raconte l’histoire d’amitié entre Émile et Louis, qui vont se rencontrer en prison et ne plus se quitter malgré des trajectoires de vie très différentes. À nous la liberté est superbe car il dresse des parallèles grinçants entre l’univers carcéral et celui de l’usine à l’heure du travail à la chaîne popularisé par le fordisme et le taylorisme : certaines séquences ont clairement inspiré Charlie Chaplin pour son monumental Temps modernes (1936), avec ses chaînes de production aliénantes. Le film est aussi une critique au vitriol de l’hypocrisie bourgeoise et des élites, qui, à l’instar du personnage principal, tirent leur fortune du vol, mais n’épargne pas le prolétariat, peu solidaire et prêt à tous les compromis pour se faire bien voir des patrons. Quatre ans avant la constitution du Front populaire, l'avant-gardiste À nous la liberté s'achevait spoiler: sur des séquences utopiques d’ouvriers débarrassés des contraintes de l’usine et bénéficiant de temps libre pour pêcher et se reposer au soleil. Une œuvre qui fit date et inscrivit René Clair parmi les grands cinéastes mondiaux des années 30.
Evidemment il peut paraître un peu démodé aujourd'hui ce « A nous la liberté » et sa dénonciation du travail à la chaîne. Pourtant, à une époque où le gouvernement en place a pour seules obsessions le travail et l'argent, qu'il est bon de voir un film faisant de cette manière l'éloge de la liberté et de la fraternité, d'autant que le film apparaît d'une impressionnante modernité techniquement, que ce soit par les choix étonnants mais toujours séduisants de René Clair ou les décors proprement éblouissants du grand Lazare Meerson, faisant rentrer l'oeuvre dans une dimension presque futuriste aussi inquiétante que du meilleur goût. Comédie musicale, grand cri d'amour au cinéma et hommage vibrant aux gens du peuple et à leur fierté : « A nous la liberté » est tout cela à la fois, et même un peu plus. Du grand art.
Deuxième film de René Clair que je vois, et il me donne bien envie de poursuivre sa filmographie. Il y a une telle vitalité, dans formelle que scénaristique, qu'elle fait plaisir à voir. Je n'ai pas vu beaucoup de film "réalisme politique", mais cela suit m'a vraiment bien plu. C'est d'une telle fraîcheur, c'est bien écrit, bien mis en scène, il m'a vraiment fait penser à Modern Times de Charlie Chaplin. A nous la liberté est vraiment un joli film, je comprends aisément qu'il fut culte à une certaine époque.
Subversive et anarchisante, la comédie de René Clair récuse la réussite sociale, l'argent et le travail. Des valeurs auxquelles le cinéaste oppose, de façon utopique, l'amitié et la liberté. Prisonnier évadé, Louis a fait fortune dans l'industrie et dirige aujourd'hui une usine ultra moderne qui soumet l'ouvrier au travail à la chaîne (avec les gags qu'on imagine, repris plus tard par Chaplin dans "Les temps modernes") autant qu'à une discipline quasi militaire, voire carcérale. Quelques péripéties plus loin et, surtout, l'arrivée de l'ancien ami et complice de Louis, le tendre Emile, spoiler: vont mettre l'usine sans dessus-dessous et, pour finir, ramener les deux copains au bon temps de la vie de bohème.
L'usine, massive, inhumaine et symbolique, exprime sur le mode expressionniste la petitesse des hommes, morale pour certains, sociale pour les plus nombreux, confrontés au mode de vie que requiert le capitalisme. Quoique parlant, "A nous la liberté" fait figure de film muet tant l'essentiel du propos, à quoi s'ajoute le style de la comédie burlesque, passe par des scènes sans dialogues. Poétique, satirique, bouffon, Clair manie l'éclectisme avec une étonnante cohérence.
Film qui respire le passage du muet au parlant. Film qui a sans doute inspiré Chaplin et Tati. Film anarchiste qui dénonce l'argent victime de non-liberté. C'est intelligent même si ça a un peu mal vieilli.
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3,5
Publiée le 25 novembre 2025
Les retrouvailles d'un ancien dètenu devenu milliardaire et son ex-compagnon de cellule, filmè par l'inègalable Renè Clair...et prèsentè au Cinèma de minuit, telle une pause dans ce rendez-vous hebdomadaire des cinèphiles! Une nouvelle èdition (en 4K s'il vous plaît) d'une oeuvre d'avant-guerre devenue classique et incontournable, s'appuyant sur une trame ouvertement futuriste et inhumaine qui vont des conditions de travail à la chaîne à la routine des dètenus. "A nous la libertè" (1931) prèsente d'ailleurs pas mal de similitudes avec le mythique "Modern Times" (1936) de Chaplin, sorti bien après! Les acteurs sont convaincants, les dècors assez impressionnants et la technique du travelling, èblouissante à souhait dans la scène finale! Le film terminè, on comprend que la libertè est un bien prècieux! spoiler: Quant au destin d'Emile et Louis, il les appellera vers une autre route, vers une autre vie que l'on espère longue et heureuse...
Un chouilla déçu par le résultat car j'ai trouvé le rythme du film un peu mou par rapport à d'autres oeuvres de René Clair comme "Le Million" ou "Le Dernier Milliardaire". Mais le message que porte ce film, à une époque où le chômage ne s'est jamais mieux porté et où pourtant on entend certain dire des conneries comme "Travailler plus pour se faire encul... euh pardon pour gagner plus", où le travail est montré comme une prison (au passage les chaînes de travail présentées dans le film ont sûrement inspiré Chaplin pour celles des "Temps modernes" !!!) et qui est une glorification de l'hédonisme, n'a absolument pas vieilli en dépit du fait (ou plutôt justement grâce au fait !!!) qu'il est à contre-courant de l'idéologie actuelle. Ce film et "Alexandre le Bienheureux" sont les deux oeuvres à projeter d'urgence devant ceux qui croient à tort qu'on vit pour travailler et pas l'inverse.
Je reconnais aussi la très grande fraîcheur de ce classique des années 30, la belle histoire d'amitié que Clair met en scène, l'humour de gestes ravageur tiré tout droit de Charlie Chaplin. La force de ce beau film, c'est d'evoquer des émotions authentiques. En revanche, on ne peut que déplorer que le film, passée une heure, commence à tourner en rond, n'ayant plus grand chose à dire. Ça reste à voir
À nous la liberté a été un film culte qui devint une sorte de slogan pour la jeunesse lettrée au cours des années 1930. Un contemporain écrira : « Combien de fois avons-nous vu Sous les toits de Paris et ce spectacle amer et enchanté, avec ses Luna-Park où chantent les oiseaux mécaniques, sa poésie de papier doré et de romances, qu'est À nous la liberté ? Je ne saurais le dire, mais c'était pour nous le symbole de ce temps heureux, où les dangers restaient l'américanisme, la surproduction, et non la grève et la misère, et où, pour finir, deux vagabonds gagnaient en chantant, eux aussi, les routes joyeuses du destin. Ainsi l'écran nous donnait-il des nouvelles de l'univers. Ainsi apprenions-nous de René Clair à connaître Paris comme nous l'apprenions de Baudelaire, de Balzac.Ce film de René Clair, avec Les Temps modernes (1936) de Charlie Chaplin, a fait figure de symbole pour la jeunesse intellectuelle française des années trente
Si la dénonciation de l'univers de l'usine comparé à celui de la prison, qui préfigure Les temps modernes de Chaplin, est véritablement géniale et reste d'actualité, ce film souffre de longueurs et de répétitions. Fortement marqué par le cinéma muet, il comporte d'innombrables courses poursuites et gags devenus totalement désuets aujourd'hui. Son scénario est nettement moins réussi que celui du Million. A nous la liberté reste néanmoins un grand film qui mérite d'être vu par les nouvelles générations.
Une comédie dramatique fraîche et aérée, d'une liberté perceptible, d'une étonnante maestria et dotée d'un rythme fluide et trépidant. Le bémol vient de son éloge de la société industrielle, complètement à côté de la plaque, manquant de recul et d'esprit visionnaire.
"A nous la liberté" dénonçait déjà les conditions de travail à la chaîne et René Clair nous montre une très belle comparaison entre le milieu carcéral et celui de l'usine, deux milieux qui ne sont pas si différents. Le film évoque aussi sur la fin le remplacement de l'homme par la machine, stratégie économique du capitalisme et encore d'actualité à l'heure d'aujourd'hui ! Bons acteurs et belle critique sociale !
A la croisée du muet et du parlant, cette comédie ne mêle malheureusement pas le meilleur des deux! Optant pour des gags très primaires, un humour basé sur la répétition, la gestuelle ou les situations absurdes tout en insérant des chansons assez simplistes, des dialogues peu inspirés, des personnages caricaturaux, la mise en scène établit une symétrie entre le travail à l'usine et la vie en prison, encourageant à une liberté résumée à "aimer" et à boire... Peu glorieux...