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Matthieu “Yhakrkw” Mouillon
12 critiques
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5,0
Publiée le 7 juin 2026
Superbe de poésie. Deux prisonniers, s'échappent d'un enfer carcéral à la jean genet. L'un passe, l'autre se retrouvent tandis que l'un à réussi, est devenu patron d'usine et l'autre par un heureux hasard son employé, amoureux de l'amour, des jolies yeux et qui prend un phare devant chaque fard à paupière. Le tragique se transforme alors en caucasse, d'une france industrielle où les gaffes servent à tout :à vivre, à trouver du sens, à faire des affaires ou des scenarios de cinéma. Et tant pis pour le reste. A nous la liberté !
A la croisée du muet et du parlant, cette comédie ne mêle malheureusement pas le meilleur des deux! Optant pour des gags très primaires, un humour basé sur la répétition, la gestuelle ou les situations absurdes tout en insérant des chansons assez simplistes, des dialogues peu inspirés, des personnages caricaturaux, la mise en scène établit une symétrie entre le travail à l'usine et la vie en prison, encourageant à une liberté résumée à "aimer" et à boire... Peu glorieux...
Réalisé en 1931 par René Clair, ce chef-d’œuvre de poésie et cette magnifique ode à la liberté n’a rien perdu de sa légèreté, de son burlesque et de son esprit sarcastique. Fortement influencé par le cinéma muet – l’humour y est volontiers physique et les paroles sont rares, mis a part plusieurs passages chantés – le film raconte l’histoire d’amitié entre Émile et Louis, qui vont se rencontrer en prison et ne plus se quitter malgré des trajectoires de vie très différentes. À nous la liberté est superbe car il dresse des parallèles grinçants entre l’univers carcéral et celui de l’usine à l’heure du travail à la chaîne popularisé par le fordisme et le taylorisme : certaines séquences ont clairement inspiré Charlie Chaplin pour son monumental Temps modernes (1936), avec ses chaînes de production aliénantes. Le film est aussi une critique au vitriol de l’hypocrisie bourgeoise et des élites, qui, à l’instar du personnage principal, tirent leur fortune du vol, mais n’épargne pas le prolétariat, peu solidaire et prêt à tous les compromis pour se faire bien voir des patrons. Quatre ans avant la constitution du Front populaire, l'avant-gardiste À nous la liberté s'achevait spoiler: sur des séquences utopiques d’ouvriers débarrassés des contraintes de l’usine et bénéficiant de temps libre pour pêcher et se reposer au soleil. Une œuvre qui fit date et inscrivit René Clair parmi les grands cinéastes mondiaux des années 30.
Le début est fastidieux, vieillot, on sent que c'est le début du parlant avec son utilisation non maitrisée et ces chansons calées là un peu comme un gadget (pourtant ce film est sorti après "Marius", par exemple). Et le film est trop lourdement démonstratif avec son gros message bien appuyé. Heureusement cela s'améliore à partir du "dérapage" de la chaine de montage, où le film enfin devient plus drôle et léger (et le message passe bien mieux du coup). Même si là encore les tics du muet rendent parfois le film de nouveau un peu ennuyeux et répétitif malgré sa courte durée. Une belle photo et des décors franchement réussis, et une interprétation de bon niveau rendant les deux compagnons sympathiques, pour un final meilleur que le début.
Un film à voir aussi pour l'influence qu'il a dû avoir sur Chaplin et Tati, effectivement.
Subversive et anarchisante, la comédie de René Clair récuse la réussite sociale, l'argent et le travail. Des valeurs auxquelles le cinéaste oppose, de façon utopique, l'amitié et la liberté. Prisonnier évadé, Louis a fait fortune dans l'industrie et dirige aujourd'hui une usine ultra moderne qui soumet l'ouvrier au travail à la chaîne (avec les gags qu'on imagine, repris plus tard par Chaplin dans "Les temps modernes") autant qu'à une discipline quasi militaire, voire carcérale. Quelques péripéties plus loin et, surtout, l'arrivée de l'ancien ami et complice de Louis, le tendre Emile, spoiler: vont mettre l'usine sans dessus-dessous et, pour finir, ramener les deux copains au bon temps de la vie de bohème.
L'usine, massive, inhumaine et symbolique, exprime sur le mode expressionniste la petitesse des hommes, morale pour certains, sociale pour les plus nombreux, confrontés au mode de vie que requiert le capitalisme. Quoique parlant, "A nous la liberté" fait figure de film muet tant l'essentiel du propos, à quoi s'ajoute le style de la comédie burlesque, passe par des scènes sans dialogues. Poétique, satirique, bouffon, Clair manie l'éclectisme avec une étonnante cohérence.
Cette Comédie douce amère, réalisée par René Clair en 1931 montre satiriquement le travail comme une liberté , en prison, à l'usine ou à l'école. Avec en fond de plan une intrigue policière bien menée, ce film musical démontre une grande sensibilité ; avec peu de dialogues, il mêle habilement humour et tendresse. La distribution nous offre un beau et fantasque Emile joliment interprété par Henri Marchand.
Ouh là là, je pensais que seul Tati avait son style insupportable et qu'il était heureusement inimitable mais là on voit son ancêtre en totale possession de ses moyens. C'est tout simplement une supplice d'entendre les chansons tout au long du film, les borborygmes ennuyeux. Mi-must, mi- parlant, on aurait presque aimé mi-invisible.
Film qui respire le passage du muet au parlant. Film qui a sans doute inspiré Chaplin et Tati. Film anarchiste qui dénonce l'argent victime de non-liberté. C'est intelligent même si ça a un peu mal vieilli.
Ce qui impressionne dans "À nous la liberté", c'est la capacité de René Clair à traiter des thématiques qui semblent antithétiques et des les mettre en scène sur le même plan. Le film apparait comme une accumulation d'éléments disjoints, auxquels les choix formels du cinéaste apportent une cohérence stupéfiante.
Ainsi, la lente déshumanisation des prisonniers fait écho à la situation des ouvriers, tout en posant un regard inquiet sur les limites du fordisme (Chaplin s'en inspirera pour "Les Temps modernes"). De la même manière, la critique acerbe de la bourgeoisie laisse place à un humour burlesque, aussi réjouissant qu'il est limité.
Ce qui lie toutes ces intentions entre elles, se révèlent être, de façon surprenante, le chant. La mise en scène des parties musicales agit comme une action de collectivité, inscrivant les protagonistes dans un ensemble qui les dépasse, sans jamais les effacer au profit de la masse. Ils sont un groupe, idéologiquement et socialement semblables, mais composé d'êtres individuels. De plus, le montage fait preuve de certaines audaces, raccordant deux personnages ne se trouvant pas dans le même espace, afin de les faire s'échanger un regard, comme symbole de la naissance de leur amour.
Aussi euphorique qu'il est complexe, "À nous la liberté" délaisse une gravité marquée pour mieux y insuffler une générosité de forme, de propos et des situations. Le film oscille entre ses éléments, sans parvenir à les rendre tous pertinents (le groupe de gangster, la bluette manquée etc.), mais conserve une force et un propos saisissant. Captivant dans ses variations, passant d'une blague potache à un discours sociétal, ainsi qu'à la virtuosité de sa forme, le long-métrage de René Clair est une œuvre marquante.
À nous la liberté a été un film culte qui devint une sorte de slogan pour la jeunesse lettrée au cours des années 1930. Un contemporain écrira : « Combien de fois avons-nous vu Sous les toits de Paris et ce spectacle amer et enchanté, avec ses Luna-Park où chantent les oiseaux mécaniques, sa poésie de papier doré et de romances, qu'est À nous la liberté ? Je ne saurais le dire, mais c'était pour nous le symbole de ce temps heureux, où les dangers restaient l'américanisme, la surproduction, et non la grève et la misère, et où, pour finir, deux vagabonds gagnaient en chantant, eux aussi, les routes joyeuses du destin. Ainsi l'écran nous donnait-il des nouvelles de l'univers. Ainsi apprenions-nous de René Clair à connaître Paris comme nous l'apprenions de Baudelaire, de Balzac.Ce film de René Clair, avec Les Temps modernes (1936) de Charlie Chaplin, a fait figure de symbole pour la jeunesse intellectuelle française des années trente
À nous la liberté en un classique très sympathique à regarder. Les deux acteurs principaux (Henri Marchand et Raymond Cordy) se débrouillent correctement. L'histoire est très bien, on a beaucoup d'attachements vis-à-vis des deux personnages (alors qu'ils ont fait de la prison). L'histoire a quelques bons gags. C'est un film très agréable à regarder.
"A nous la liberté" est une comédie agréable de René Clair qui a marqué le cinéma de son époque et conserve aujourd'hui un statut de film culte. Elle rappelle, par son ton satyrique et son sujet, "Les temps modernes" de Charlie Chaplin sorti quelques années plus tard. Ce long métrage garde les influences, pas si lointaines, du cinéma muet. Ainsi, le jeu des acteurs est essentiellement gestuel et les gags sont visuels. Il y a d'ailleurs peu de dialogues. Cet humour à la Charlie Chaplin ou à la Buster Keaton a vieillit mais reste distrayant. On peu même y déceler les prémices du cinéma de Tati. A voir pour sa culture cinématographique et pour le plasir qu'il procure.
René Clair signe une satire du monde ouvrier et anticipe "Les temps modernes" de Chaplin. Si le ton est léger, le propos ne l'est pas. En effet, pour l'auteur, la condition d'ouvrier n'est pas tellement différente de celle de prisonniers.
Si la dénonciation de l'univers de l'usine comparé à celui de la prison, qui préfigure Les temps modernes de Chaplin, est véritablement géniale et reste d'actualité, ce film souffre de longueurs et de répétitions. Fortement marqué par le cinéma muet, il comporte d'innombrables courses poursuites et gags devenus totalement désuets aujourd'hui. Son scénario est nettement moins réussi que celui du Million. A nous la liberté reste néanmoins un grand film qui mérite d'être vu par les nouvelles générations.