512 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
60 critiques spectateurs
5
12 critiques
4
29 critiques
3
15 critiques
2
3 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
JR Les Iffs
101 abonnés
1 151 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 29 octobre 2017
Très bon film de Lautner. Très bien réalisé dans un beau noir et blanc, avec fréquemment des séquences d'un style recherchée, avec des dialogues de très bonne qualité ( et d'un monologue en voix off), des acteurs excellents : Blier, Biraud, Delorme... Des gros plans très beaux sur les visages, une musique très présente mais pas trop, et bien choisie, des extérieurs bien filmés. Un film qu'il faut largement réévaluer, d'une qualité incontestable, et qui va bien au-delà d'une intrigue classique d'assassinat. Une belle oeuvre de Lautner. Peut-être son chef d'oeuvre.
Meurtre et morale ne font pas bon ménage. Qu'en est-il du remords chez le meurtrier ? De quoi un meurtre soulage-il? La culpabilité inconsciente n'est-elle pas parfois envahissante, qu'elle en devient dévastatrice ? Sur quoi repose un passage à l'acte meurtrier ? Au commencement du film, j'avais l'impression d'être avec Meursault, le héros d'Albert Camus dans "L'étranger". Un acte, qui n'a pas de sens, un geste impulsif, sans autre signification qu'une succession gestuelle destinée à mettre un point d'arrêt. La thématique forte du film de Lautner, c'est que le meurtrier a la possibilité que son acte reste impuni. C'est le pharmacien, notable, père de famille, insoupçonnable. Un homme de raison, qui a renoncé à la rencontre passionnelle de sa jeunesse. La description qu'il fait du déroulement de son acte est chirurgicale. Un suspect est arrêté, il ferait l'affaire, car il est le coupable idéal pour conforter chacun dans sa position sociale hypocritement protégée des affres de l'inconscient. Grégoire Duval (magnifiquement campé par Bernard Blier) se refuse à ce qu'un autre paye pour lui. Il est nommé juré de "son procès". C'est au café du commerce que se joue le jugement. Maurice Biraud est le pharmacien non conventionnel, qui clame le désespoir et dénonce l'hypocrisie des notables. Un magnifique chef d'oeuvre à redécouvrir en dvd.
Oubliez les Tontons Flingueurs : Lautner et ses acteurs-fétiches nous livrent ici un drame austère doublé d'une critique pariculièrement désabusée et juste du monde étriqué des notable de province, guère éloigné d'un Chabrol. Il faut, les voir, ces juges, ces notaires , ces médecins, condamner un innocent sur la base de simple préjugés, autour de leur partie de bridge hebdomadaire; jute pare que c'est facile, juste parce que cela arrange tout le monde. Plus d'un demi-siècle après sa sortie, le film n'a rien perdu de sa remarquable pertinence, et c'est bien triste pour notre société!
C’est le procès et la condamnation sans appel de la morale bourgeoise qui sont faits dans ce film pré-68 au scénario habile et quelque peu caricatural, tiré d’un roman de Francis Didelot, et bien adapté au cinéma par l’excellent texte de Pierre Laroche. Filmé à Pontarlier et au lac de St-Point dans le Doubs (Franche-Comté), tout le monde fait son devoir dans cette sous-préfecture, y compris l’église…
Un très bon Lautner. Ce film n'a pas vieilli. Bernard Blier tient son rôle à merveille (comme toujours), Francis Blanche est inattendu, Maurice Biraud est très bien également, bref une distribution comme on en voyait souvent ces années-là !
1962 ? Ça me fera toujours rire d'entendre "comment tu fais pour regarder des films aussi vieux ?"
C'est simple, pourquoi se priver de bons films pour le simple motif qu'ils ont de l'âge. Vaut mieux tout de même un bon vieux film qu'un moyen mais moderne.
Le septième juré est d'une intensité folle et d'une grande modernité justement. Bien qu'encré dans son époque.
Lautner nous livre l'une de ses plus belles partitions. On peut ne pas tout aimer de lui mais reconnaissons que ses talents en terme de réalisation sont hors normes, d'autant plus en 1962. Je suis d'ailleurs convaincu que de grands réalisateurs américain connaissent ce film. Les gros plans sur les visages, le fameux phare de police filmé par George quand la voiture avance, la musique positionnée au bon moment, les sapins de Noël ( vus dans au moins cinq films du réal), etc..
Je pense que c'est le plus grand rôle de Bernard Blier, immense acteur. Cette voix off qui est la sienne et les textes sont sublimes. Les autres acteurs sont d'ailleurs excellents.
Je ne vais pas rentrer dans l'histoire assez simple, qui suscite évidemment bien des questions sur la culpabilité, le rôle de la société, l'image que l'on donne, le sens de la justice, etc.
Je mets 3 étoiles et demi. Ça pourrait être 4 mais j'ai trouvé le début un peu long a se mettre en place bien que tout à fait judicieux. Cela dit c'est un bon film dans l'ensemble avec un Francis Blanche au top de sa forme. Quand à Blier il assure parfaitement son rôle d'un pharmacien complètement blasé par sa vie de bourgeoisie provinciale. Ce film noir et aigre, emprunt d'un certain humour m'a captivé.
Quel film ! Et quel dommage que le pitch sur AlloCiné le spoile totalement, svp changez-le . Heureusement que je ne l'avais pas lu. Justement le plus fort de ce film réside dans cette lente glissade vers ce à quoi on ne s'attend pas. En effet, dans les 1eres minutes on s'imagine un Blier interprétant un sadique ne pouvant retenir ses pulsions... Le film est porté par de remarquables acteurs (Blier est magistral) et a des relans chabroliens avec cette bourgeoisie de province mais on y voit aussi du Clouzot. Chef d'œuvre
On n'aime ou on n'aime pas. Eh bien, moi, j'aime... C'est du Lautner, certes mais du Lautner très sombre qui semble vouloir régler ses comptes avec une certaine bourgeoisie provinciale.
Bernard Blier joue une prestation remarquable. Narrateur cynique, bon bourgeois instruit et bien rangé, membre d'un jury d'assise où tout est écrit d'avance. Pourtant il n'y croit pas car dans la vie organisée il y a la peine de l'assassin, la crainte d'être jugé alors qu'on juge soi-même. La peine de l'assassin sera pourtant peine perdue car même si le personnage de Blier se débat dans son océan de médiocrité, il finira par s'y noyer au sein d'un asile d'aliénés.
Avec Blier, on découvre toute une pléiade d'acteurs dont Maurice Biraud, vétérinaire tout aussi cynique mais moins disert et plus revendicatif. Jacques Monod égal à lui-même encore plus respectable que Blier mais tout aussi veule, malgré l'impression donnée (ou feinte) du contraire. Danièle Delorme y joue la femme, plus inquiète de perdre son statut que d'avoir un mari meurtrier, y est également sublime. Tout cela au coeur d'une petite ville de province illuminée et pimpante pour fêter Noël, alors que l'ambulance emmène l'assassin dans la nuit...Du grand art !
histoire inédite (à l’époque), bien montée et bien filmée. un joli casting et bien évidemment, un peu de chauvinisme ne fait pas de mal, un joli cadre, pontarlier
je viens de regarder le septième juré pour la deuxième fois cette semaine sur tv5 monde. quel brillant film, il faut le voir. il me fait penser de l'existentialisme de camus, sartre, dostoyevski et l'explique en histoire et visuel mieux que rien d'autre. parfait.
Georges Lautner, qu'on a trop vite réduit aux comédies populaires, signe ici un film d'une maîtrise et d'une justesse époustouflantes. Le meurtre n'est pas le sujet, il est expédié en quelques minutes. Ce que Lautner traque, c'est la brèche que ce geste ouvre dans la façade d'un homme, et à travers lui, de toute une bourgeoisie provinciale qui préfère le mensonge confortable à la vérité dérangeante. Le procès, qui occupe près de la moitié du film sans qu'on voie le temps passer, devient le théâtre d'une satire glaçante, magistralement mise en scène. On condamne celui qui est jeune, libre, différent, tout ce que ces notables abhorrent. Prélude à Mai 68 ? Et quand Duval passe aux aveux, on lui rit au nez, parce qu'accuser un notable, c'est les accuser tous. Bernard Blier est magistral dans la retenue, un homme qui porte tout en dedans, dont les regards seuls disent le tourment, porté par une voix off entêtante. Le film est une allégorie de la caverne inversée : les notables refusent la lumière, s'accrochent à leurs ombres confortables, et celui qui tente d'en sortir finit emmené en ambulance tandis que la ville illuminée fête Noël, condamné non pour avoir tué, mais pour avoir voulu voir.