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4,0
Publiée le 28 mai 2025
"Les Derniers Jours de Mussolini", film historique réalisé par Carlo Lizzani, sorti en 1974. Une bonne reconstitution historique, bien réalisée et bien documentée, sur les derniers temps de la guerre en Italie, la fuite des Allemands devant l'avancée américaine, la chute du régime fachiste et de Benito Mussolini en 1945. Une bonne distribution aussi, avec Rod Steiger dans le rôle titre,, Franco Nero, Lisa Gastoni et même Henry Fonda, sans oublier la musique d'Ennio Morriccone. Un film hélas rare, peu rediffusé et projeté, porté par Rod Steiger, qui apporte toute la théâtralité d'une fin de règne, comme il sait si bien le faire. Il joua le rôle de Napoléon dans "Waterloo" et reprendra le rôle de Mussolini dans "Le lion du désert". De très bons films historiques, dont celui-ci, très instructif.
"Les Derniers Jours de Mussolini" est un film qui raconte avec une fidélité documentaire la fuite désespérée du Duce dans les Alpes italiennes et sa mort brutale.
Depuis 1943, le débarquement des alliés en Sicile, et sa destitution par le roi, la situation du Duce n’avait cessé de se détériorer. Il s’était replié dans le nord de l’Italie, à la tête d’un Etat fantoche, la république socialiste de Salò, sous la coupe des Allemands. En avril 1945, alors que l’Allemagne nazie s’effondre, la situation devient intenable pour Mussolini. Les forces alliées font une percée depuis le Sud (opération Grapeshot) et les partisans communistes descendent des montagnes et prennent les villes.
Plusieurs options s’offrent à Mussolini (Rod Steiger), retranché à Milan depuis le 18 avril : poursuivre le combat depuis les Alpes italiennes, une hypothèse vite écartée faute de troupes prêtes à le soutenir, passer en Suisse, se rendre aux Américains qui lui ont promis la vie sauve à condition qu’il accepte d’être jugé, voire négocier avec Churchill sa reddition en échange de son soutien contre la menace communiste. Le cardinal de Milan (Henry Fonda) qui craint un bain de sang propose sa médiation. Elle échoue. Mussolini quitte la ville, accompagné d’un dernier quarteron de fidèles et de sa maîtresse Clara Petacci (Lisa Gastoni). Intercepté par un barrage de partisans, il doit passer une capote allemande et se cacher dans un blindé. C’est là que les partisans, quelques kilomètres plus loin, le démasquent et l’arrêtent. Placé sous haute surveillance dans un village sur les bords du lac de Côme, il y est fusillé le lendemain par le colonel Valerio (Franco Nero) avec Clara Petacci qui avait exigé de l’accompagner dans la mort.
Ces faits chaotiques sont fidèlement relatés dans cette fiction qui ressort sur les écrans. Ce n’est pas un chef d’œuvre. Le film a mal vieilli, qui porte la marque du déclin inexorable que vivait alors Cinecittà. Il n’en a pas moins un double mérite. Le premier, on l’a dit, est sa fidélité aux faits, qui éclaire une des pages les plus chaotiques et, en ce qui me concerne, des plus mal connues de la Seconde Guerre mondiale. Le second est de raconter la chute d’un tyran dont la Cour qui l’entoure se débande inexorablement, qui à la fois le nourrit de promesses irréalistes et l’abandonne progressivement à son triste sort.
Je pensais que le film se terminerait par l’atroce image de la dépouille de Mussolini, pendue par les pieds sur une place de Milan le lendemain de sa mort. On ne la verra pas. Tant pis ou tant mieux…
Carlo Lizzani qui a contribué à plusieurs oeuvres historiques au cinéma ( “Allemagne année zéro », « Riz Amer », « Achtung! Banditi ! ») se laisse ici emporter par la résonnance populaire de l’événement, qu’il revisite de manière souvent ampoulée, au regard de la déchéance d’un tyran, pitoyable au final, ridicule au demeurant. Acculé dans ses derniers retranchements, Mussolini, qui pendant des années à fait régner la terreur en Italie, tente de gagner la Suisse. Des Américains à la résistance italienne, via l’armée allemande en déroute, tout le monde veut lui mettre le grappin dessus. Les faits rapportés par le réalisateur apparaissent dans l’ensemble très plausibles, mais dans mise en scène trop sage et trop conforme aux besoins semble-t-il d’un film grand public. Rod Steiger dans le rôle-titre assume cette vision de la chute d’un tyran qui de la morgue à la vacuité aura détruit la raison humaine. A noter dans un rôle secondaire Henry Fonda avec les habits sacerdotaux. Il est très crédible Pour en savoir plus :
Ressortie en salle de " les derniers jours de Mussolini" (1974 ), opus peu diffusé du cinéaste italien Carlo Lizzani dont la filmographie fait l'objet d'une redécouverte ( rétrospective à la cinémathèque française en mai 2025 et ressorties en salle en 2024 de trois de ses films ).
On pense évidemment à " la chute " de Olivier Hirschbiegel -2004 - qui évoquait les derniers jours de Hitler à la fin de la seconde guerre mondiale.
Sans doute desservi par un casting international ( le doublage de Rod Steiger et de Henri Fonda fait perdre une grande partie de la force émotionnelle de leurs interprétations ), " les derniers jours de Mussolini" vaut pourtant beaucoup mieux que la deconsidération que Jean Tulard exprimera à son égard ( et à celle de la filmographie de Lizzani, soit dit en passant).
Le scénario n' est pas non plus dépourvu d'une certaine confusion ( à l'image du moment historique qu'il décrit) et il manque sans doute une certaine fluidité au montage.
Il n' en reste pas moins que cet opus de Lizzani ( cinéaste politique militant, au passé de résistant chez les partisans, scénariste de " Allemagne année zéro " de Rossellini et de " Riz amer " de De Santis ) mérite largement d'être visionné et redécouvert.
Porté par son sujet, par l'interprétation de Rod Steiger ( formé à l'Actor studio ), " les derniers jours de Mussolini" souligne les conflits internes entre les américains d'un côté et la résistance du nord de l'Italie pour décider du sort ultime réservé au dictateur italien.