Dernier film de Bob Fosse sorti en 1983 (il décédera d'une crise cardiaque en 1987 à l'age de 60 ans). Son seul film non musical, mais qui traite une nouvelle fois de la mort. Celle de Dorothy Stratten, playmate et actrice, assassinée à l'âge de vingt ans de façon sordide par son mari jaloux. Sa carrière commençait à décoller, elle venait de jouer dans un long métrage de Peter Bogdanovitch avec qui elle entretenait une relation. La mise en scène de Fosse est ici plus sobre mais tout aussi précise et maitrisée que pour ces autres films. Le scénario est quant à lui le plus sombre de toute sa filmographie. D'entrée il nous impose une ambiance étouffante et glauque, rehaussée par des flashbacks annonçant le pire. J'avais vu le film en salle à sa sortie et il m'avait passablement choqué (j'étais ado), je ne me souvenais que de la fin terrible. Il est toujours aussi fort aujourd'hui et aussi perturbant. Une autre vision de l'envers du décor d'Hollywood. Film testament de Bob Fosse, qui n'aura en tout et pour tout réalisé que cinq films, que des chefs d’œuvres ou presque, couverts de prix, de succès publiques et critiques. Seul celui-ci malheureusement est passé inaperçu. Un grand film à revoir ou à découvrir. Glaçant.
Cette biopic du trop rare Bob Fosse en temps que réalisateur sur une playmate assassinée tragiquement par son mari est une oeuvre magnifique et injustement ignorée , à découvrir .
Ce film retrace le destin tragique d'une starlette. Il me semble que ce soit une vraie histoire. Rien de spécial mais pas mauvais non plus. J'ai vu le film étant très jeune et c'est surtout la fin qui m'avait marqué.
« Star 80 » réalisé en 1983 est le dernier film de la restreinte mais prestigieuse filmographie de Bob Fosse précédemment hautement reconnu comme chorégraphe off-Broadway. « Cabaret » (1972), « Lenny » (1974) et « All that jazz » (1979) ont récolté aux Oscars et dans les festivals du monde entier une pluie de récompenses. C’est le scénariste Paddy Chayefsky ami de Fosse qui lui recommande la lecture d’un article de Teresa Carpenter paru dans « The Village Voice » en 1981 et récompensé du Prix Pulitzer. spoiler: L’article en question raconte le tragique destin de Dorothy Stratten, jeune Canadienne ex-serveuse de fast-food devenue Playmate de l’année 1980, assassinée peu de temps après (le 14 août 1980) par son époux et manager Paul Snider qui se donna la mort à la suite de son geste criminel.
« Mort d’une Playmate » comme l’a intitulé Teresa Carpenter, narre par le menu la spoiler: progressive mainmise tyrannique sur la jeune femme de Paul Snider de neuf ans son aîné. Bob Fosse s’attelle à l’écriture du scénario qui mettra l’accent sur la personnalité psychotique de Paul Snider au centre du parcours de Dorothy Stratten. Mariel Hemingway la petite nièce d’Ernest Hemingway découverte quatre ans plus tôt dans « Manhattan » de Woody Allen fera le siège de Bob Fosse pour obtenir le rôle. La ressemblance physique plaidant pour elle additionnée aux auditions convaincantes la font accepter par le réalisateur. Eric Roberts qui n’a alors que deux longs métrages à son actif est le premier choix de Fosse qui se trompe rarement dans le choix de ceux qu'il destine à travailler sous sa direction. Le frère de Julia Roberts va en effet se montrer particulièrement spoiler: convaincant dans la peau du petit malfrat cumulant les professions de dirigeant de night-club miteux et de souteneur à la petite semaine qui outre la chance d'une rencontre aura le flair de détecter l’énorme potentiel de la toute jeune et encore très naïve Dorothy qui se laissera facilement prendre dans ses rets . Le rôle de Pygmalion qu’il s’est d’emblée attribué va assez rapidement lui échapper quand sa « créature » va sur ses conseils poser le pied dans l’univers Playboy où règne alors en demiurge l’intouchable Hugh Hefner. La construction du scénario ingénieux écrit par Bob Fosse lui-même démonte spoiler: la mécanique infernale qui s’est en réalité mise en place dès le premier regard porté par Snider sur celle qui deviendra avant de mourir la maîtresse du réalisateur de « La dernière séance », Peter Bogdanovich. Le profil psychorigide et mégalomaniaque de Snider en fait le client idéal pour initier et parachever cette tragédie. La solution s’il y en avait une ne pouvait venir que de la jeune Dorothy qui malheureusement n’a jamais bénéficié du soutien nécessaire de tous ceux qui au moment profitaient de la candeur de la jeune femme projetée dans un milieu sulfureux très éloigné de la ruralité de son Canada natal. Pas étonnant dès lors que Hugh Hefner et Peter Bogdanovich n’aient que très moyennement goûté le film de Bob Fosse dont on saluera encore une fois le mordant , visant toujours précisément et sans concession là où ça fait mal. La suite donnera raison au réalisateur dont le film s’avère aujourd’hui annonciateur de la mise à nu des pratiques plus que douteuses mises en place par Hugh Hefner au sein de ses différentes activités que derrière un paravent médiatique très orchestré, il présentait comme d’avant-garde et libératrices au temps de sa gloire. On ne pourra que saluer les performances conjointes de Mariel Hemingway et d’Eric Roberts qui grâce à Bob Fosse tiennent avec « Star 80 » le rôle de leur vie, leurs carrières respectives quoique honorables n’étant par la suite pas aussi fructueuses que l’on pouvait l’imaginer. "Star 80" montre encore une fois la capacité de Bob Fosse à s’emparer d’un sujet et d’y apporter sa patte sans le dénaturer.
Cinquième et dernière réalisation au cinéma du cinéaste, chorégraphe, danseur et acteur Bob Fosse qui évoquait ici la très courte vie de la playmate et starlette Dorothy Stratten avant son assassinat particulièrement sordide par son mari... La réalisation techniquement percutante de Fosse est présente, sa thématique, quasi-habituelle dans son oeuvre de cinéaste, des coulisses parfois glauques du showbizz aussi, son réalisme lui aussi quasi-habituel ne fait pas du tout défaut non plus (allant même jusqu'à tourner la scène du meurtre dans l'appartement où il s'est réellement déroulé !!!) mais sa dernière oeuvre reste malgré tout la plus faible de sa filmo. Car on peut regretter que les personnages secondaires comme Hugh Hefner ou encore celui d'Aram Nicholas (qui n'est en fait qu'un pseudo car c'est Peter Bogdanovich qui a servi de source d'inspiration à ce personnage !!!) ne soient pas plus creusés alors qu'ils avaient tout pour donner une véritable profondeur supplémentaire au film. Et de plus, le réalisateur a tendance à nettement plus se concentrer sur le futur meurtrier que sur la future victime. Bon là ce n'est qu'un demi-reproche parce qu'il faut bien avouer qu'Eric Roberts en imprésario loser jaloux maladif et fou furieux est vraiment impressionnant, franchement glaçant par la crédibilité de son interprétation. Ce qui est peut-être la limite mais en même temps ce qui fait la force de ce film, qui est plus un biopic sur un futur assassin que sur sa future victime, plus un film avec un brillant Eric Roberts qu'un film de Bob Fosse (même si on y reconnaît la patte du réalisateur !!!).
A la fin de sa vie, Bob Fosse se démarquait de plus en plus des comédies musicales. Déjà, sa Palme d’Or Que le Spectacle Commence était plus un drame sur la mort plus qu’une comédie musicale.
Il reste dans le milieu du show-business avec Star 80, mais il n’est nullement question de numéros musicaux dans ce film. On est dans le milieu morbide de la jalousie maladive, de la folie furieuse et de l’anéantissement de starlettes un peu idiotes et complètement manipulée par des professionnels près à tous comme Hugh Hefner ou des malades mentaux comme Paul Snider. Le film est d’ailleurs extrêmement dur à regarder de par ses scènes très dures et parfaitement filmées, entièrement dénuées de charme alors qu’on parle quand même d’une Playmate. C’est là tout le talent de Bob Fosse qui refuse totalement le racolage et qui enchaîne les plans dérangeants sur un Eric Roberts absolument fabuleux (Matthew McConaughey lui a tout piqué) en fou furieux aux bords du massacre. C’est dommage alors que Mariel Hemingway soit aussi médiocre étant donné que le film repose sur elle. Comme d’habitude chez Bob Fosse, la bande-son est absolument parfaite.
Il n’empêche que tant de nihilisme et de gêne est assez dur à regarder pendant près de deux heures et il est très difficile de conseiller un tel film aujourd’hui. Mais pour les plus courageux d’entre nous…
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3,0
Publiée le 26 juillet 2010
Dans une mise en scène rigoureuse, Bob Fosse reconstitue l'histoire vraie de la comèdienne Dorothy Stratten, ex-playmate, assassinèe par son mari jaloux qui se suicida ensuite dans le même appartement! Derrière le sexe, les dollars et les paillettes, un tableau froid et cruel du show-biz des 80's de ses laissès-pour-compte! Petite fille d'Ernest Hemingway, Mariel Hemingway se montre excellente et dû subir de la chirurgie esthètique pour jouer ce rôle! Elle dut même être à nouveau opèrèe peu après pour èviter certaines complications! Dernier film de Bob Fosse qui fit sensation lors de sa sortie en 1983 par l'acuitè de la vision et l'atrocitè de certaines sèquences...
Bio de Dorothy Stratten, il est notable de noter que ce film ne suit pas les poncifs habituels sur la star au talent remarqué bien tardivement et qu'on ignorait d'ailleurs auparavant poliment. La soirée privée du début avec les enfants de producteurs est instructive et on voit bien qu'il s'agit davantage d'une affaire financière au lieu de l'histoire de moeurs habituellement contée par les journeaux people (les scenarios de Dorothy étant de toute façon plaçés à part); fin tragique.
J'ai vu ce film il y a bien longtemps et il m'avait bien remué, l'ascesion de la playmate accompagnée de celle de la jalousie de son mari, a revoir avec plaisir