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Dirty pretty things, loin de chez eux
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Marie-Christine Julien
3 abonnés
77 critiques
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4,0
Publiée le 5 mai 2024
Dirty pretty things aborde la traque des sans papiers à Londres comme ailleurs avec en prime un épouvantable trafic découvert par le réceptionniste....
Superbe ! Grandiose! Dirty pretty things relate l'univers des deux clandestins londoniens confrontés au trafic des organes sur leur lieu de travail, un hôtel. Les acteurs sont étonnants, sombres, innocents... Magnifique! Ce film me permet de voir l'univers des clandestins et de réflechir sur le pouvoir abusif des employeurs qui profitent de leur naïveté, de leur faiblesse à cause du manque de ressources. Un grand bravo à Audrey Tautou : quelle métamorphose ! A voir !
Stephen Frears, c'est un peu le gars sûr, le réalisateur qui, à défaut d'offrir toujours des grands films, ne descend jamais en-dessous d'une « qualité minimum » (bon, à une exception près!), comme le confirme « Dirty Pretty Things ». Pourtant, ce n'est vraiment pas mon préféré, au point de ne pas trop quoi savoir écrire. On ne s'ennuie pas, les enjeux sont clairs, c'est militant sans être pesant : le savoir-faire est évident, malgré un budget que l'on devine assez mince. On passe ainsi d'une certaine fluidité de la rue à l'hôtel en passant par la morgue, tous ces lieux assez bien exploités fréquentés pour différentes raisons par nos héros, évoquant sans fard le quotidien empli d'incertitudes et de douleurs des immigrés clandestins, ici dans un Londres particulièrement peu valorisé. Pourtant, je n'ai jamais réussi à être vraiment enthousiaste : cela reste un peu froid, moins émouvant que ça ne devrait l'être, la faute, peut-être, à des protagonistes de qualité mais ne parvenant pas à nous sensibiliser à leur cause autant qu'ils ne devraient. L'ensemble manque un peu de fluidité dans le déroulement, certaines scènes révélant des informations importantes sur les protagonistes ne tombant pas forcément au meilleur moment, le récit virant parfois inutilement au glauque spoiler: (le harcèlement sexuel dont est victime Senay) . Au moins l'horreur du spoiler: trafic d'organes (malgré un « twist » assez improbable) est-il décrit avec un certain réalisme, l'interprétation séduisante de Chiwetel Ejiofor et surtout Sophie Okonedo dans ce qui est peut-être le meilleur personnage étant à saluer, Audrey Tautou se montrant presque crédible en jeune turque (!!), sans oublier l'excellent Sergi López en spoiler: trafiquant particulièrement ignoble . La fibre sociale de Stephen Frears est bien là, les qualités inhérentes à son cinéma aussi, même si on l'a déjà vu les exploiter avec plus de brio et de subtilité précédemment.
La très grande force de Dirty Pretty Things est de coudre ensemble une dénonciation sans compromis des conditions de travail que doivent subir les invisibles, c’est-à-dire ceux qui ne disposent pas d’une reconnaissance socio-professionnelle et qui vivent sans papiers tels des animaux traqués par des chasseurs, avec une histoire d’amour magnifique parce qu’en constante retenue : Senay et Okwe s’aiment à distance, dans la fuite qui les rend étrangers au pays dans lequel ils sont contraints de travailler ; leur amour prend racines dans le mouvement, un nomadisme teinté de vertige et de peurs. Et ce n’est qu’à l’aéroport, à terme, que les lèvres murmureront de façon inaudible le doux et secret langage du cœur, un « je t’aime » que l’on devinait, que l’on espérait, qui ne venait pas. La réalisation de Stephen Frears est digne d’intérêt puisqu’elle a recours aux codes esthétiques chers au cinéma anglais indépendant – on pense par exemple à Danny Boyle – pour mieux les raccorder à leur valeur de contestation politique essentielle : la caméra ne tient pas en place ou alors se pose au niveau du visage de Okwe comme pris en étau dans un environnement dont il porte le costume et les couleurs. Entre mouvement et immobilité, le film traduit par l’image la détresse affective des protagonistes principaux, écartelés entre leur projection vers un ailleurs et l’invalidation progressive de l’accession à celui-ci en raison d’une butte contre le réel. Les rêves n’ont de cesse de s’évanouir, la danse orientale dans le petit studio est stoppée par l’immersion brutale de deux agents de l’immigration, les défilades de manteaux et autres vêtements servent de cachette aux viols du gérant. Deux tonalités prédominent ici : le gris des immeubles et de la vie extérieure londonienne, le rouge de l’hôtel et des organes retrouvés ou prélevés dans les chambres. Avec Dirty Pretty Things, Stephen Frears brosse le portrait méconnu d’une Londres terre non pas d’exil mais de transit et d’asservissement, un lieu de passage qui brassent les nationalités et où règnent cruauté et bassesses. Il a surtout l’intelligence de dévier la complaisance dans les sévices endurés en construisant une relation amoureuse empêchée mais bien décidée à résister, à se battre contre vents et marées, acte de foi en l’humanité que le cinéaste défend dans toute sa filmographie.
Ce film vaut bien un 4 étoiles pour moi et j'en mets pas beaucoup ! J'ai été impressionné par la qualité de ce film. C'est touchant, simple et sans chichis et gros effets et en même temps cela envoie plein de choses à la figure. On est tout simplement bouleversé par ces 2 immigrés qui se cherchent tout le temps, apprennent à vivre un peu ensemble pour finalement se séparer pour on l'espère se retrouver plus tard. Leur histoire révèle celle de millier d'autres venus chercher l'espoir en Angleterre. D'abord comme clandestin, ce qui veut dire qu'on a la police de l'immigration aux fesses tout le temps et qu'on n'a rien ou si peu, puis ensuite avec une carte de séjour. Pour cela on peut par exemple donner son rein dans des conditions sanitaires impensables. Et c'est là qu'intervient un S. Lopez en grande forme, cruel, cynique et sans scrupules. A ces cotés on a A. Tautou et C. Ejiofor un acteur que j'ai découvert dans ce film. Tous les 3 forment un excellent trio dans cette histoire belle et misérable à la fois.
Pas vraiment mon genre de films car pas de SF, de comique ou d'action.Mais alors, qu'est-ce qu'il est prenant ! On nage dans le glauque mais l'imprégnation dans cette atmosphère est pudique.C'est un film conçu par des gens matures.Du coup j'irais voir les autres films du réalisateur.
Pas vraiment mon genre de films car pas de SF, de comique ou d'action.Mais alors, qu'est-ce qu'il est prenant ! On nage dans le glauque mais l'imprégnation dans cette atmosphère est pudique.C'est un film conçu par des gens matures.Du coup j'irais voir les autres films du réalisateur.
Audrey Tautou m'a bien plu dans cette histoire dramatique sur la situation des clandestins dans nos pays occidentaux dont les lois les obligent à accepter des conditions de vie, de travail révoltantes. Ici, le scénario imagine un trafic d organes humains dirigé par un patron pourri par la soif de pouvoir et d argent incarne par un très bon Sergi Lopez. Le reste des interprètes ( Chiwetel Ejiofor en tête biensûr) est également très crédibles et bien dans le ton du film dont l ambiance fait bien ressentir la situation inconfortable voire invivable de ces sans papiers constamment inquiets et apeurés de se faire prendre... On rentre facilement dedans grâce à cette ambiance inquiétante et des acteurs convaincants et attachants mais aussi grâce au plan élaboré par pour échapper au sort que lui réserve son maître chanteur.... A voir!
Film coup de poing !!! Je suis ressorti complètement choqué et secoué !! Les acteurs sont éblouissants et l'histoire est terriblement dérangeante !! Ce film est un petit bijou et il faut absolument le voir !
Stepen Frears nous a habitué à des films assez dramatiques et cachant parfois des thèmes sociaux. C'est le cas ici avec "Dirty pretty things, loin de chez eux", qui nous offre la vision dérangeante mais réaliste d'immigrés clandestins étant obligés, en plus de travailler dans des conditions déplorables, de vendre un ou plusieurs de leurs organes pour survivre dans une grande ville européenne. Présentement cela se passe à Londres, mais cela aurait pu tout aussi bien se passer à Paris, ou à Barcelone dans "Biutiful" etc. C'est ce qui renforce le propos du film, aidé par un casting éclatant : Audrey Tautou et Chiwetel Ejiofor sont sobres mais parfaits dans leurs rôles d'immigrés cherchant à s'intégrer et à survivre par tous les moyens, et Sergi López excelle une fois de plus dans le rôle du saligaud de service. Un drame poignant, bien filmé et abouti. A voir.
Petit thriller sympathique sur fond de critique sociale, mais qui ne tombe pas dans le misérabilisme. Les acteurs sont convaincants (même Audrey Tautou dont je ne suis pourtant pas fan) et leurs personnages attachants mais pas niais. Certainement un film très plaisant, à défaut d'être inoubliable.
Dirty pretty things dépeint avec pudeur et sans pathos la dure réalité des immigrés clandestins abusés par des faiseurs de miracles à Londres. En plus d'un scénario vraiment original et d'une réalisation impeccable, il faut saluer le casting remarquable, Chiwetel Ejiofor et sa bonne bouille en tête. Un beau film, vivant, dur, mais plein d'espoir et d'humanité. Le sujet dérangeant a semble t'il détourné l'attention du public : voici un bel exemple d'oeuvre qui aurait méritée mieux que son succès d'estime.
Pas vraiment mon genre de films car pas de SF, de comique ou d'action.Mais alors, qu'est-ce qu'il est prenant ! On nage dans le glauque mais l'imprégnation dans cette atmosphère est pudique.C'est un film conçu par des gens matures.Du coup j'irais voir les autres films du réalisateur.