Très plaisant mélange de polar et de fantastique, « Vendredi 13 » est une série B au scénario étonnant et hautement improbable, où les deux grands noms que sont Boris Karloff et Bela Lugosi s'en donnent à coeur joie, tout comme le peu connu mais excellent Stanley Ridges. Le suspense est habile et la réalisation très correcte (comme quoi, Arthur Lubin était capable de faire de bons films), tandis que le ton hésite entre humour (involontaire?) et vraie noirceur. C'est une oeuvre curieuse, jamais ennuyeuse, parfois très classique, parfois réjouissante, et se terminant de manière assez sombre. Une réussite du genre, une vraie curiosité.
1967: première greffe du coeur, 1952 : première greffe du rein, 1998 : première greffe de la main, 2005 : première greffe du visage (dates sorties tout droit de mon esprit et surtout d'Internet!!!), 1940 : première greffe du cerveau par Boris Karloff (oui, il y en a plein qui en aurait bien besoin et je ne suis pas le dernier dans ce cas!!!). Non sans blague, l'idée de départ était superbe et aurait pu donner un véritable film de terreur parmi les grandes heures du cinéma d'horreur Universal. Mais la suite n'est pas du tout à la hauteur, déjà parce qu'au lieu que ce soit lui qui se charge de jouer le type aux deux cerveaux, Bela Lugosi est relégué dans un rôle secondaire sans consistance et indigne de lui. En outre, le personnage, pourtant très intéressant par son ambiguïté et ses contradictions, de Boris Karloff est beaucoup trop négligé. Pour finir, le scénario, incroyablement bancal, et la réalisation ne font absolument rien pour instaurer une véritable atmosphère prenante. Pour résumé, sujet en or qui se noie très vite dans le liquide cérébro-spinal (merci Wikipédia!!!).
L'avant-garde d'une date toujours étrangement bien sollicitée par le cinéma-bis; ici, les dangereuses manipulations & préjugés scientifiques sont mises en accusation, se retournant ensuite contre leurs géniteurs dans 1 "plot" à énigme évitant l'excès de dialogues: Bien évidemment à voir de toute urgence.
Black Friday joue avec les codes du cinéma fantastique en les intégrant à une matière qui serait celle du film noir : en résulte une production aussi déséquilibrée que son protagoniste, déclinaison offerte au trouble identitaire du Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde (1886) écrit par Robert Louis Stevenson, qui a l’intelligence de s’emparer d’une horreur réaliste et sensationnaliste spoiler: (la médiatisation du procès, la chaise électrique, la greffe de cerveau…) à des fins intimistes – en témoigne l’évolution des décors, qui articulent espace public et espace privé. En cela, l’ouverture se révèle remarquable de dynamisme, passe des gros titres annonçant l’exécution du docteur Sovac au cours dispensé par un professeur respecté de ses étudiants, oxymore que la suite entretiendra avec intérêt, tous les deux rassemblés par l’image de l’individu au contact d’un public. La mise en scène soignée d’Arthur Lubin et la qualité de l’interprétation, mention spéciale à Boris Karloff, constituent deux qualités supplémentaires justifiant le visionnage de cette série B bien exécutée.