L'intégrisme religieux au banc des accusés dans ce drame très noir,qui montre l'atroce quotidien de jeunes femmes,emprisonnées dans des couvents irlandais,dans les années 60. Ces couvents de Sainte Madeleine(figure christique sacrificielle) ont perdurés très longtemps pour combler une Église plus hypocrite et ingrate que jamais. Il est vrai que Peter Mullan n'y va pas avec le dos de la cuillère,et son film flirte avec l'anti-cléricalisme. Il est toujours amusant de noter que le film eut le Lion d'Or à Venise,pays où il fut vilipendé par les ecclésiastiques du Vatican! "The Magdalene Sisters" raconte le quotidien humiliant de 3 jeunes femmes dont les péchés ne méritaient pas un tel sort: l'une violée par son cousine,la seconde jugée indigne pour ses enfants,la troisième considérée comme trop aguicheuse... Sans peine,nous avons envie de voir souffrir cette mère supérieure,monstrueuse. Si la mise en scène est sèche et sobre,on ne peut en dire autant du traitement du sujet un peu trop orienté on l'a dit,et qui flirte parfois avec la série B. Un film-choc.
Un film puissant, brutal et salubre ! Qui montre simplement, crûment, l’horreur des intégrismes de tout bord, ici celui du catholicisme irlandais d’aujourd’hui, pas du Moyen Âge comme on pourrait le croire. Du catholicisme qui couvre les pédophiles, du catholicisme qui creuse les charniers à bébés découverts récemment, du catholicisme qui rivalise avec le plus extrême islamisme. Et comme chez les musulmans, ils ne sont pas tous comme ça, mais ils existent. Et ce film les montre du doigt ( la mère supérieure magnifiquement interprétée par Geraldine McEwan, l’archevêque, le prêtre « homme de dieu ») sans forcer le trait mais sans complaisance, en s’inspirant de faits authentiques. Ce film bouleverse, tant il montre l’innocence, la jeunesse, la féminité, bafouées, brisées. Mais il le fait sobrement, sans outrance, sans misérabilisme. Et cette jeunesse, prisonnière de véritables tortionnaires, est superbement interprétée par de jeunes actrices sidérantes. Un film fort et magnifique qui méritait son Lion d’Or à Venise.
Dénonçant l’existence de ces couvents de la Madeleine, un drame saisissant qui témoigne des dérives du catholicisme en Irlande à travers le récit poignant du calvaire de ces femmes enfermées pour honte sociale. 4,25
En revenant sur le scandale des tristement célèbres couvents de la Madeleine, Peter Mullan livre une peinture dure, presque dérangeante, dans un style certes très académique mais émotionnellement fort et touchant, de l'Irlande catholique des années 60 et de son rigoureux carcan dogmatique, un peu à l'instar du film d'Alan Parker "Les cendres d'Angela". Une mise en scène sans fioritures qui rappelle bon nombre de films carcéraux entre toute-puissance des geôliers ici des religieuses qui commettent en toute vergogne violences physiques, humiliations psychologiques de jeunes femmes prises dans l'étau d'une société paternaliste, puritaine et cléricale. Des thèmes comme le désir de liberté, l'esprit de rébellion abordés de façon intelligente. De très bons acteurs avec une mention spéciale à Geraldine McEwan impressionnante de noirceur, de perversité. Peut-être pas le film de l'année mais un ensemble d'une belle force narrative.
Superbe film à voir absolument. Vraiment passé un super moment, très émouvant. Le film prend aux tripes et fait prendre conscience de ce qu'on eu a traverser les femmes jadis. J'ai pris une belle leçon de courage avec ces jeunes filles qui ont dû endurer un calvaire avec ces horribles bonnes soeurs, un calvaire physique mais surtout psychologique. Devoir supporter d'entendre que ce sont des filles infréquentables pour rester poli, est plus que courageux, comment ne pas sombrer au bout de plusieurs années??? Certaines résistent grâce à leur force de caractère (Norah Jane Noon, excellente!), d'autres tiennent plus ou moins le coup mais seront marquées à vie par ce harcèlement, (Anne Marie Duff qui même libre se prosterne devant la mère supérieure) et d'autres sont anéantis comme Crispina qu'on voit se décomposer progressivement et on devine que son sort sera le même que celui de la vieille dame cafteuse! Bravo à Peter Mullan pour cette réalisation vraiment poignante de cette période, longue période puisqu'on apprend que ce genre d'établissement n'a fermé ses portes qu'en 1996! Incroyable! Un film qui nous montre que l'Eglise est encore bien rétrograde voire bien pire....A souligner également l' excellente interprétation de toutes les comédiennes.
On a clairement envie d’être révolter en visionnant ce long-métrage qui parle de trois filles qui sont internées dans un établissement religieux pour des faits différents. Margaret parce qu’elle a été violée par son cousin, Bernadette parce qu’elle a eu une attitude jugée trop provocante envers des garçons, et Rose parce qu’elle est fille-mère. Une fois dans l’établissement, des religieuses sans compassion vont leur faire subir une discipline très dure. L’histoire est donc bien sombre et le tout est fort bien rendu grâce à une mise en scène vraiment efficace et à une interprétation est assez exemplaire de la part du casting– avec une mention spéciale concernant les comédiennes qui interprètent les sournoises et perfides religieuses. L’ensemble est donc assez prenant et s’impose comme une œuvre à découvrir par un large public d’autant qu’il s’agit d’un film qui est directement inspiré de l’histoire des couvents de la Madeleine, des établissements qui ont réellement été créés en Irlande au XIXème siècle et qui n’ont été fermés qu’en 1996 !
4 étoiles amplement mérité pour ce magnifique film au sujet fort. La sobriété de la mise en scène permet de se concentrer complétement sur l'histoire et les personnages. Des actrices (pourtant peu connues) extraordinnaires. Une histoire vraie qui touche et révolte...
Magnifique film. Le film est très troublant et crée l’hystérie. Un mauvais casting parfaitement compensé par le fil de l’histoire qui marque et tient en haleine, c’est intéressant en plus. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 4/5
Incroyable comme l'étiquette "inspiré de faits réels accolée" au chevet d'un film peut absolument tout justifier, même les plus lourdes conventions. Car c'est bien ce qui caractérise au fond "The Magdalene Sisters", second film de Peter Mullan, encensé par la critique et récompensé de surcroît par le Lion d'or à Venise en 2002. Voulant passer au pilori l'intégrisme religieux, l'oeuvre n'effectue au final qu'un grand brassage de tous les clichés éculés possibles concernant le sujet et ce, dans un anticléricalisme des plus primaires. De bout en bout placé sous le signe du tapage et du racolage, ce long métrage de facture télévisuelle est une vulgaire concentration de personnages extrêmement caricaturaux, ponctué de scènes constamment lourdingues, et parfois même absolument insupportables. En plus d'être une mauvaise leçon d'histoire, "The Magdalene Sisters" est surtout une mauvaise leçon de cinéma. Car vouloir dénoncer une situation si scandaleuse soit-elle sous l'angle du Septième art c'est bien ; le faire avec intelligence et recul, c'est mieux. Mais non, Mullan, à tout décalage ou inventivité, préfère juste sortir les gros sabots de façon convenue, grossière et stéréotypée. Aussi assommant que le plus niais des sermons hollywoodiens.
Dénonçant l'existence de ces couvents Madeleine au fonctionnement si peu chrétien, ce drame historique illustre les sévices, les humiliations (terrible scène des douches) et les souffrances psychologiques infligées à de jeunes femmes parfois juste coupables d'être victimes. Sans pathos le récit émeut grâce au contraste saisissant entre le décor bucolique et la cruauté que ce paisible bourg irlandais renferme, tant dans l'intransigeance moraliste que dans le reniement imposé à ces adolescentes vouées pour la plupart à mourir en ces froids murs ou à remplacer leurs anciens bourreaux. Dessinant des psychologies individualisées par de menus détails et les interprétations intenses du casting, la mise en scène délicate s'efface derrière son propos. Bouleversant de vérité!
Un film assez dure, ou j'ai mis un peu de temps à rentrer dedans. Mais je me suis finalement laissé prendre, par ce film, pas mal jouées par la brochette d'actrices.
Une véritable claque, des actrices talentueuses, une excellente mise en scène... Un grand bravo pour ce film qui met en lumière les dérives de la religion, qui sont malheureusement encore d'actualité dans certains pays. A voir absolument !
Ce film est d'une grande dureté, souvent à la limite de l'insupportable. Quand on sait qu'il dépeint la réalité qu'ont connu environ 30 000 femmes irlandaises, on ne peut que sortir traumatisé de ce grand film. Un véritable chef-d'oeuvre, difficile, sur un thème délicat, et servi par des actrices merveilleuses. Un film dérangeant qui critique avec pertinence des pratiques écoeurantes. L'Eglise n'a pas dû apprécier... Un grand merci au réalisateur Peter Mullan.
Bon, une chose qu'est sûre c'est que ce film ne manque pas de puissance, ni de réalisme, que la fibre "révolte" de notre personne est sans cesse éveillée par les choses ignobles que l'on voit défiler sur l'écran surtout quand on sait qu'elles ont vraiment eu lieu, et il y a pas longtemps en plus. Pour résumer, c'est exactement le genre de film qui donne envie d'hurler de rage et de taper du poing. Je n'ai jamais été aussi heureux de ne pas avoir été baptisé (bien que je sache qu'il y a du bon et du mauvais (enfin là ce serait surtout du mauvais!!!) partout!!!) dans une religion qui cautionne de tels actes (en fait je suis sans religion fixe!!!). Le ton sobre, sans pathos, de l'ensemble et l'excellente interprétation ne font que rendre le film encore plus intense. Une oeuvre nécessaire et un grand film.
Une oeuvre effroyable sur les exactions commises par l'église catholique dans un passé pas si lointain. L'histoire de ces filles envoyées de manière totalement injuste dans ces lieux de "redemption" pour des crimes imaginaires ou peu graves est révoltante. Un endoctrinement inhumain digne des sectes où l'on aliène les esprits par la privation et le labeur. La prestation des actrices est remarquable et le film une véritable réussite. Un film dur et bouleversant.