Vu en 2025. Après la vague MeToo, on se rend compte que cette histoire, qui semble moyenâgeuse, a en fait tout juste 30 ans. Sidérant bien sûr, de voir tout le chemin qui a été accompli depuis. Mais aussi terrifiant de voir aussi clairement les rouages du patriarcat.
Avec ce film, on en vient même à trouver les méchantes soeurs (et elles le sont !) attachantes. Parce qu'on comprend que le très grand méchant du film, ça n'est pas Dieu, ça n'est pas la religion ou la distorsion qu'on en fait, ça n'est pas la compétition ou l'exploitation...
Enfin, si...
C'est tout ça.
Mais le grand méchant du film, c'est celui qui n'est là qu'au tout début, et à la toute fin. C'est le chef d'orchestre. Ce sont les hommes.
Les hommes qui commettent les crimes. Les hommes qui décident ce qu'est un crime. Les hommes qui ont l'autorité.
Et ce moment-là de dénonciation est rendu absolument sublime (et franchement militant pour l'époque, même pour aujourd'hui),
quand une des captives est libérée tout d'un coup, sur simple présentation d'un homme dont on avait même ignoré l'existence
.
Au final ce film est simplement beau. Oui il est assez dur. Mais il est surtout beau. Bien sûr par ce qu'il dénonce. Mais aussi par ce qu'il révèle, à savoir une sororité omniprésente. Même les plus pourries (coucou les nonnes) en font preuve. Parce que tout le monde a la conscience totale de n'être qu'un pion dans le jeu de ces mecs. Et cette scène de l'échange de clé est d'une perfection absolue.
Au delà donc du côté "documentaire", on retient surtout une dénonciation majestueuse du patriarcat, grâce à des actrices et personnages splendides, des dialogues très intenses, une mise en scène captivante.
Et on pourrait attendre d'un tel film qu'il nous méduse, nous sidère, nous dégoûte. Et il n'en est rien, et c'est en cela qu'il est brillant. Il fait monter la colère et la révolte. Il suscite de désir vital et heureux d'en finir avec ce modèle.
Et puisqu'on en a toujours pas fini avec le patriarcat, loin de là, alors ce film est toujours d'actualité.