" Le Rendez-vous des quais" est un film qui s’écarte considérablement de ce qu’on apprenait dans les écoles de cinéma à l’époque. En effet, Paul Carpita qui avait fondé le groupe Cinépax dans le but de réaliser des contre-actualités locales, s’était bien sûr beaucoup intéressé à la grève des dockers commencée au cours du 4ème trimestre de l’année 1949 et il a utilisé dans "Le rendez-vous des quais" des images tournées pour ces contre-actualités. Quant au tournage de la partie fictionnelle du film, commencée en 1951, elle a dû faire face à de nombreuses difficultés, la moins importante n’étant pas la disponibilité du réalisateur et des interprètes. En effet, durant le tournage du film, Paul Carpita continuait à exercer son métier d’instituteur et les interprètes étaient de « vrais gens » qui, eux aussi, avaient un travail. Le tournage de la partie fictionnelle a pris 3 ans, une durée qui a contribué à créer de nombreux problèmes concernant, pour une scène donnée, les raccords d’une prise à l’autre, souvent éloignées dans le temps : des problèmes liés aux habits, aux couleurs de chaussures, … . Mais comme le dit Carpita : « Si les gens restent attentifs à ça, cela veut dire que le film est raté ! On doit rester concentré sur l’émotion des scènes ». Au final, la belle histoire d’amour entre Robert, docker, et Marcelle, ouvrière dans une usine de biscuits, ce couple dont la préoccupation principale est d’arriver à trouver un logement au point, pour Robert, de se désolidariser de la grève menée Jean, son syndicaliste de frère, trouve parfaitement sa place aux côtés du film militant lié à la grève. "Le rendez-vous des quais", ou, plutôt, les rendez-vous des quais : les rendez-vous amoureux que se donnent régulièrement Robert et Marcelle à la sortie de leur travail et les rendez-vous que se donnent les travailleurs pour s’opposer à la guerre en Indochine. Par la faute de cette censure inique, Paul Carpita ne nous laissera finalement, à côté de ses nombreux court-métrages, que 2 longs métrages en plus de "Le rendez-vous des quais" : "Les sables mouvants" sorti en 1996, et "Marche et rêve ! Les homards de l’utopie", sorti en 2002. Intégralité de la critique sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.