Derniers Avis : A l'Ouest, rien de nouveau - Page 5
A l'Ouest, rien de nouveau
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Un visiteur
4,5
Publiée le 31 décembre 2013
Piégé par un Noël détestable type du français moyen qui se passe généralement par un repas où l'on se partage à 15 une pauvre dinde maigrichonne ou bien un sanglier plongé dans le vin blanc mijoté par l'oncle alcoolique de la famille pour conclure par une bûche glacée moitié fondue moitié encore congelée, et où puisqu'on est arrivé le dernier, sommes bloqué entre le grand père qui prendra soin de se curer le dentier avec notre couteau et entre le radiateur monté à fond pour pas que grand-mère chope la crève et termine comme la dinde quitte à se brûler le bras au troisième degré, se finit généralement pas la distribution des cadeaux ou les gens s'empressent de s'offrir des Ipad & Smartphone alors qu'en échange on a réussi à rassembler assez d'argent pour payer une boîte de chocolat Lindt parce que merde, ce n'est pas en écrivant des critiques à la con sur internet qu'on devient riche.
Mais voilà que je divierge et Dieu sait que pour Noël, il n'y en a qu'une seule (dans un esprit post-fêtard, je me dois de ne pas être vulgaire), et une seule chose me turlubit … me turlupine pardon, j'ail failli faillir à mon engagement, c'est l'effet d'amnésie qu'à eu sur moi le digestif distillé par grand-père en 40' pour faire fuir les Allemands d'une gorgée. Bref, en allant chercher les réserves de digestif, je débarrasse quelques drapeaux rouges et blanc avec une espèce de croix noire et tombe sur une boite marquée d'un gros "censure". Je l'ouvre, elle est ouverte. Je prends une vieille cassette "A l'ouest rien de nouveau" et me dis que je suis enfin tombé sur le fameux Western de John Wayne que personne n'a jamais pu voir (cherchez pas c'est une connerie). Je me décidai de le regarder, silence ça tourne.
Alors certes, ça n'a rien à voir avec un Western, c'est un film de guerre sur la guerre dans son intégralité, le "avant", le "pendant" et le "après" si l'on peut imaginer que les permissions reflètent le "après". Nous sommes en 1930 et je dois avouer que j'ai du mal à croire qu'on puisse visionner un film de plus de 80 ans et qui a encore un effet de frappe énorme sur un sujet que de moins en moins de personnes connaissent. Ayant lu le bouquin, ça fait aussi plaisir de voir une adaptation assez libre mais en même temps fidèle et très réussie, ce qui sera un peu moins le cas de la seconde adaptation dans les années 70 me semble t-il. La grosse différence, c'est surtout le manque d'un narrateur qui n'est cependant pas un handicap pour nous captiver dans le film. Les dialogues sont forts, on vit cette guerre avec les protagonistes.
Il y a notamment une scène splendide dans le film (qui l'est aussi dans le livre), c'est cette scène où notre Popaul poignarde le français et lui parle comme un frère. Une scène qui m'a mis la larme à l'œil et envie de prendre les armes pour lutter contre la guerre. Oui sans doute était-ce ce digestif qui me cramait tout le système. "A l'Ouest rien de nouveau", c'est aussi l'opportunité à Lewis Milestone de prouver qui est un très bon réalisateur, et en effet, comme tout le monde le rabâche, il n'a rien à envier à "Les sentiers de la gloire" de Kubrick. "Ah Barbara, quelle connerie la guerre" disait Paul Préboist en écrivant son tableau des Vignes Rouges et le noir, et il a bien raison (n'est-ce pas la preuve irréfutable que j'ai subit une amnésie soudaine ?), la guerre est une belle connerie, et peu, intensément très peu de film convaincant sur le sujet, je me répète et je n'en n'ai fien à routre, c'est ce genre de film à montrer aux gosses de la France profonde en scolarité. Je ne peux pas parler de la fin sans qu'en moi surgisse l'émoi, une belle fin peut-être plus poétique et cruelle que celle du livre même.
Bon Noël, à moins que ça soit passé … bref, Bon Film :)
Pour un film de guerre de 1930, ce film m'a tout bonnement bluffé... Scenes de guerre réalistes, mise en scène parfaite. Un peu sur jouer par moment, logique pour un film de l'époque. Première partie du film sans défaut, 2nd partie plus longue et une fin trop brutale... Film a voir absolument quand on est intéressé à la 1ere guerre mondiale.
Tous les éléments tragiques propres à la dramaturgie cinématographique des films de guerre que sont le volontarisme idéologique, la solidarité entre soldats, les désillusions face à l'horreur, la résignation, la peur de la mort, l’ennui, l’affamement, l'insalubrité des conditions de vie ou bien encore la douleur physique sont tous présents et parfaitement illustrés dans ce long-métrage qui devint ainsi une référence incontournable du film. Si cette adaptation du roman de l’ancien soldat allemand Erich Maria Remarque par Lewis Milestone est entrée dans la légende, c’est aussi parce qu’elle a été tournée pendant l’entre-deux-guerres et a pour héros un groupe de jeunes allemands, ce qui lui valut d’être à la fois perçu comme un message humaniste et antimilitariste puissant par le public américain et comme une offense par le régime nazi tout juste mis en place en Allemagne. Toujours aussi spectaculaire et passionnant grâce à ses images chocs, à son scénario bien construit et surtout à ses excellents acteurs, le plus culte des films sur la première guerre mondiale semble ne pas avoir une ride en plus de quatre-vingt ans.
« A l'ouest, rien de nouveau » est un film datant de 1930 ! C'est incroyable de voir qu'à cette époque, le cinéma pouvait offrir autant de choses aux spectateurs. La première partie m'a fortement ennuyée. J’avoue avoir été sur le point d'arrêter. Puis, au bout d'une heure, l'histoire commence enfin à être très intéressante. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. En tout cas, on voit la propagande qui a été faite en Allemagne pour que les jeunes hommes partent au combat. Certaines scènes font mal au cœur. Un film qu'il faut avoir vu dans sa vie.
« Pourquoi nous ont-ils fait cela, on ne demandait qu’à vivre »
« A l’ouest rien de nouveau » dénonce la propagande patriotique démesurée d’un pays en transe menant de jeunes étudiants survoltés par un discours enseignant frisant la démence vers l’engagement et la désillusion devant la fureur des combats qu’une virtualité enfantine en pleine extase ne peut déceler.
Une boucherie innommable éteint brutalement la fougue de jeunes appelés constatant sur le terrain que la sauvegarde de la patrie n’entraine qu’une violence insoutenable insérant quelques convivialités entre deux attaques.
L’opus est d’un pathétisme guerrier jamais égalé, on s’y croirait et ces mots valent leurs pesants d’horreurs. Quelles images! Sur un site infernal le soldat mené à la dure, liquéfié par la peur est poignardé ou mitraillé comme un lapin.
Les corps à corps d’un réalisme époustouflant montre l’homme devenu bête féroce frappant son semblable comme un forcené ou au contraire miséricordieux et prévenant une fois sa rigueur retombée.
La survie, le dégout, le repentir, les larmes et la folie cohabitent dans un contexte pathétique anéanti par les bombes. Une page d’histoire sanglante éteignant des esprits loin de leurs terres dans la boue et le barbelé.
«A l’ouest rien de nouveau» est un rendu magnifique incorporant un réalisme thématique stupéfiant dont l’avancée inexorable est freinée par quelques cris de désespoir offrant à l’homme anéanti par la peur l’offrande d’un révélé insoutenable qu’il peut vomir dans des plaintes interceptées par un silence céleste indifférent.
Une fresque infernale à la disposition de quelques privilégiés temporaires leurs permettant d’extérioriser dans un univers cauchemardesque une transcendance maléfique inconnue en temps de paix.
Un film exceptionnel à tout point de vue qui a gardé 80 ans aprés sa réalisation toute sa puissance émotionnelle. Dans un Hollywood de paillettes qui ne pense qu'à prendre du bon temps, "A l'ouest rien de nouveau" fait le choix de la gravité en osant tout simplement montrer à quel point la guerre est quelque chose de dégueulasse. La vision est frontale, désabusée, loin de tout héroïsme. Un film sans musique autre que celle des bombes qui s'abattent sur une génération sacrifiée, visions dantesques des tranchées à base de travellings rasants à couper le souffle... Lewis Milestone, cinéaste relativement mineur, réussit le film de sa vie : un film puissant au souffle dévastateur qui a influencé les plus grands cinéastes lorsque ceux-ci ont choisi d'évoquer l'absurdité et les horreurs de la guerre. Kubrick, Malick, Spielberg, Oliver Stone ou bien encore Donald Trumbo et son bouleversant "Johnny got his gun"... Tous sont redevables à Lewis Milestone d'avoir été le premier des objecteurs de conscience. Oscar trés mérité du meilleur film lors de la 3ème cérémonie des oscars en 1930.
Un film polémique interdit pendant une longue période. Si on peut certes accorder à À l'Ouest... les contraintes de réalisation de l'époque et autres facteurs du même genre, il faut quand même avouer que la première partie est tout de même assez bâclée : partagé entre soit des explosions relativement identiques et omniprésentes, soit des dialogues incessants, la structure narrative s'emmêle les pinceaux. Certes, les explosions sont une des bases même de la guerre mais réalisées de la sorte, on peine à y croire une seule seconde. Résultat, ça crée plus de longueurs qu'autre chose. Heureusement, la deuxième moitié du film rattrapera tous ces problèmes pour nous présenter un film de qualité. Même s'il a bien vieilli, À l'Ouest... reste tout de même un des piliers du film de guerre.
Un film d'une force inouïe et d'une modernité insolente. Certes Millestone avait reposé les voix à ses personnages après le passage au parlant, mais on n'y voit que du feu tant la réalisation navigue dans les hautes sphères des plus grands. Plus de 80 ans après le tournage, les scènes de guerre sont encore d'une puissance tout simplement exceptionnelle, magistrales ! Ajoutez à cela une histoire à couper le souffle à la symbolique forte et vous vous trouverez en présence d'un des plus grands films tournés sur la Grande Guerre avec l'incontournable "Chemins de la gloire" de Hawks.
Un grand classique difficile de passer outre malgré ses années au compteur. Milestone a su montrer à travers une tranche de vie de quelques hommes emportés malgré eux dans cette guerre toutes ses conséquences traumatisantes, physiques ou morales. Aucun moment larmoyant, aucune séquence choc mais une contemplation de l'absurdité grâce à la réalisation impeccable. A voir dans toutes les écoles.
Une très belle réalisation, avec un certain dynamisme interne, et des effets très agréables et qui ont du sens. Le film se répond à lui même, en montrant aussi l'évolution de l'arrière (Paul en permission). Au niveau de l'adaptation, JE la trouve globalement bien réussie, même si l'ambiance n'est pas assez poussée: l'aspect glauque chez Remarque est totalement absent de ce film. Un peu mièvre (sans vouloir des effusions d'hémoglobines à tout va, bien entendu...). Les acteurs ne sont globalement pas très bons, Lew Ayres prend une certaine dimension sur la fin.
Enfin on passe un bon moment, et c'est ce qui compte!
Le rendu et l'ambiance du conflit sont bien rendus. Un film qui nous informe que du côté allemand ça dérouillait sec également. Presque classé comme documentaire tant les scènes sont réalistes. Seul la "qualité" du doublage français laisse à désirer.
Voici une superbe adaptation du roman d'Erich Maria Remarque de la part du metteur en scène Lewis Milestone. Ce film du début des années 30 raconte de manière très émouvante la vie de quelques soldats allemands pendant la Première Guerre mondiale qui comportait son lot d'atrocitées . Les acteurs sont véritablement excellent et rendent leurs personnages particulièrement attachants, de plus la photographie est remarquable pour l'époque et la mise en scène possède des scènes de combat brillament filmées et nombres de séquences sont véritablement marquantes - notamment celle où le personnage de Lew Ayres se retrouve coincés dans un cratère creusé par un obus, avec un homme qu'il à tué. Il s'agit donc d'un film vraiment remarquable et qui se doit d'être découvert par tous.
Au début du film, on se dit (surtout par la copie dans un état déplorable par laquelle j'ai revu le film) que le film a un peu vieilli, ensuite on se laisse prendre peu à peu par le film, après on n'y pense plus du tout et la dernière demi-heure est certainement une des poignantes jamais réalisée. A la fin, on s'aperçoit que le film est au contraire d'une modernité ahurissante. On se demande si le Dieu des réalisateurs n'était pas sur son nuage au-dessus de Lewis Milestone, cinéaste plutôt moyen généralement, quand il a réalisé le film. Les scènes sur le front ont toujours gardé leur réalisme glaçant et les batailles sont filmés de façon très spectaculaire notamment à travers des travellings d'une très grande fluidité. Mais le film n'oublie en aucun cas de montrer la guerre tel qu'elle est c'est à dire violente, meurtrière, inutile et bête. C'est sans conteste le film le plus anti-guerre de toute l'Histoire du cinéma. La bêtise des hommes ne nous est pas épargné non plus surtout loin de la zone des combats où elle est à ce point insupportable que même la violence du front est préférable. Quand aux acteurs, ils sont tous excellents en particulier Louis Wolheim et Lew Ayres. Les nazis ont tenté d'empêcher le film d'être tourné et ont réussis à le faire interdire en Allemagne, raisons de plus pour aimer ce chef d'oeuvre.