Tous les éléments tragiques propres à la dramaturgie cinématographique des films de guerre que sont le volontarisme idéologique, la solidarité entre soldats, les désillusions face à l'horreur, la résignation, la peur de la mort, l’ennui, l’affamement, l'insalubrité des conditions de vie ou bien encore la douleur physique sont tous présents et parfaitement illustrés dans ce long-métrage qui devint ainsi une référence incontournable du film. Si cette adaptation du roman de l’ancien soldat allemand Erich Maria Remarque par Lewis Milestone est entrée dans la légende, c’est aussi parce qu’elle a été tournée pendant l’entre-deux-guerres et a pour héros un groupe de jeunes allemands, ce qui lui valut d’être à la fois perçu comme un message humaniste et antimilitariste puissant par le public américain et comme une offense par le régime nazi tout juste mis en place en Allemagne. Toujours aussi spectaculaire et passionnant grâce à ses images chocs, à son scénario bien construit et surtout à ses excellents acteurs, le plus culte des films sur la première guerre mondiale semble ne pas avoir une ride en plus de quatre-vingt ans.
« Pourquoi nous ont-ils fait cela, on ne demandait qu’à vivre »
« A l’ouest rien de nouveau » dénonce la propagande patriotique démesurée d’un pays en transe menant de jeunes étudiants survoltés par un discours enseignant frisant la démence vers l’engagement et la désillusion devant la fureur des combats qu’une virtualité enfantine en pleine extase ne peut déceler.
Une boucherie innommable éteint brutalement la fougue de jeunes appelés constatant sur le terrain que la sauvegarde de la patrie n’entraine qu’une violence insoutenable insérant quelques convivialités entre deux attaques.
L’opus est d’un pathétisme guerrier jamais égalé, on s’y croirait et ces mots valent leurs pesants d’horreurs. Quelles images! Sur un site infernal le soldat mené à la dure, liquéfié par la peur est poignardé ou mitraillé comme un lapin.
Les corps à corps d’un réalisme époustouflant montre l’homme devenu bête féroce frappant son semblable comme un forcené ou au contraire miséricordieux et prévenant une fois sa rigueur retombée.
La survie, le dégout, le repentir, les larmes et la folie cohabitent dans un contexte pathétique anéanti par les bombes. Une page d’histoire sanglante éteignant des esprits loin de leurs terres dans la boue et le barbelé.
«A l’ouest rien de nouveau» est un rendu magnifique incorporant un réalisme thématique stupéfiant dont l’avancée inexorable est freinée par quelques cris de désespoir offrant à l’homme anéanti par la peur l’offrande d’un révélé insoutenable qu’il peut vomir dans des plaintes interceptées par un silence céleste indifférent.
Une fresque infernale à la disposition de quelques privilégiés temporaires leurs permettant d’extérioriser dans un univers cauchemardesque une transcendance maléfique inconnue en temps de paix.
Au début du film, on se dit (surtout par la copie dans un état déplorable par laquelle j'ai revu le film) que le film a un peu vieilli, ensuite on se laisse prendre peu à peu par le film, après on n'y pense plus du tout et la dernière demi-heure est certainement une des poignantes jamais réalisée. A la fin, on s'aperçoit que le film est au contraire d'une modernité ahurissante. On se demande si le Dieu des réalisateurs n'était pas sur son nuage au-dessus de Lewis Milestone, cinéaste plutôt moyen généralement, quand il a réalisé le film. Les scènes sur le front ont toujours gardé leur réalisme glaçant et les batailles sont filmés de façon très spectaculaire notamment à travers des travellings d'une très grande fluidité. Mais le film n'oublie en aucun cas de montrer la guerre tel qu'elle est c'est à dire violente, meurtrière, inutile et bête. C'est sans conteste le film le plus anti-guerre de toute l'Histoire du cinéma. La bêtise des hommes ne nous est pas épargné non plus surtout loin de la zone des combats où elle est à ce point insupportable que même la violence du front est préférable. Quand aux acteurs, ils sont tous excellents en particulier Louis Wolheim et Lew Ayres. Les nazis ont tenté d'empêcher le film d'être tourné et ont réussis à le faire interdire en Allemagne, raisons de plus pour aimer ce chef d'oeuvre.
Le film débute en milieu scolaire, loin des affres de la guerre, encore innocents jusqu'au discours de leur professeur qu'ils respectent. Un prof qui se lance comme un tribun qui va tout faire pour convaincre ses ouailles à aller combattre au front. À tout juste 18 ans, les jeunes galvanisés par un patriotisme qui jusque là ne les avait pas effleuré s'engage aussitôt à quelques détails près ; les uns sont enthousiastes, les autres plus circonspects mais qui sont happés par l'engouement collectif. Le film met donc en image un livre sans concession, qui montre frontalement toutes les horreurs de la guerre et en premier lieu les doutes et la peur qui assaillent dès les premières violences. Puis la mort bien sûr, mais aussi les difficultés du quotidien entre l'ennui, le froid, la faim, l'insalubrité. Le réalisateur prend le temps de poser sa caméra, dont les combats sans hystérie ou rage juste le devoir puis surtout l'instinct de survie dans les tranchées sur lesquelles le travail entre ombre et lumière est remarquable. Un film comme dénonciation des aveugles qui crient à la victoire et qui ne voient toujours rien malgré la défaite. Un grand film à voir, à conseiller, à diffuser même dans les écoles... Site : Selenie.fr
Un film exceptionnel à tout point de vue qui a gardé 80 ans aprés sa réalisation toute sa puissance émotionnelle. Dans un Hollywood de paillettes qui ne pense qu'à prendre du bon temps, "A l'ouest rien de nouveau" fait le choix de la gravité en osant tout simplement montrer à quel point la guerre est quelque chose de dégueulasse. La vision est frontale, désabusée, loin de tout héroïsme. Un film sans musique autre que celle des bombes qui s'abattent sur une génération sacrifiée, visions dantesques des tranchées à base de travellings rasants à couper le souffle... Lewis Milestone, cinéaste relativement mineur, réussit le film de sa vie : un film puissant au souffle dévastateur qui a influencé les plus grands cinéastes lorsque ceux-ci ont choisi d'évoquer l'absurdité et les horreurs de la guerre. Kubrick, Malick, Spielberg, Oliver Stone ou bien encore Donald Trumbo et son bouleversant "Johnny got his gun"... Tous sont redevables à Lewis Milestone d'avoir été le premier des objecteurs de conscience. Oscar trés mérité du meilleur film lors de la 3ème cérémonie des oscars en 1930.
J'ai lu le livre, formidable. Et ce film, immense. Il ne s'agit pas seulement d'un film relatant une période atroce de l'Histoire. C'est une oeuvre très touchante, excellente tant dans le jeu des acteurs que dans la réalisation, très bonne pour l'époque. L'absence de musique rend le film encore plus réaliste et poignant. Bien loin de la période des films américains d'aujourd'hui avec leur mélo inutile et leur musique pathétique, "All quiet on the Western Front" est un film que je qualifierais d'essentiel.
Un film qui dénonce l'horreur de la guerre de manière impressionnante et juste. Les personnages sont puissants et on assiste à un grand moment. Un film important.
Enfin, j'ai enfin trouver un film complet sur la Grande Guerre ! Bon disons presque complet car le réalisateur a décidé de se délaisser de quelques questions sur cette guerre ou de les passer en furtif par préférence de faire un rassemblement global. Oui car, ce dernier aborde beaucoup de thématiques sur la période en question et ne se contente pas seulement de montrer les atrocités mais s'avère beaucoup plus profond que ça. Mais me diriez vous, c'est normal s'il veut attirer le spectateur a se pencher plus sur le sujet, c'est vrai mais il le fait tellement bien et pour son époque c'est remarquable, toutes ses données rassemblées bénéficient d'une réalisation formidable en plus d'être bluffante (qui d'ailleurs lui fera gagner 2 Oscars). Il se concentre donc sur les soldats et sur leurs ressentis : les soldats se questionnent sur comment a débuté cette guerre, il aborde les trauma, les membres fantômes, l'horreur des tranchées et du No Man's Land avec des bruits d'obus qui retentissent toutes les secondes avec un bruit strident à la longue désagréable pour le spectateur, le détachement de la société, le dégoût de la patrie, la part d'humanité - Pourquoi nous battons nous, après tout nous sommes des hommes, etc... A vrai dire je ne cours pas spécialement après ce genre de film même si j'aime ça, alors quand il y a en a un je ne le laisse pas passer, surtout que ce ''All Quiet on the Western Front'' a été remasteriser en HD et bénéficie de VF excellentes, deux choses importantes qui permettent de nous faire garder notre attention sur ce film d'une qualité exceptionnelle. Un film de plus à ne pas manquer, qui vient se confronter au grands noms du même genre.
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4,5
Publiée le 19 février 2021
D'après le cèlèbre roman d'Erich Maria Remarque (le même ècrivain inspire des annèes plus tard le très èmouvant "A Time to Love and a Time to Die" de Sirk), Lewis Milestone signe avec "All Quiet on the Western Front" un classique important sur le conflit de 14-18! Le film se passe en 1916, sur le front français, avec de jeunes recrues initièes à la guerre par leurs aînès! Un tel sujet dèplut fortement aux nazis, qui parvinrent à faire retirer le film des ècrans! Après la guerre, cette oeuvre rèaliste conserva malgrè toute sa valeur antimilitariste et connut un joli succès auprès du public! Et ce n'est que justice notamment pour la grandeur de certaines scènes de bataille et pour la composition inoubliable de Lew Ayres en soldat pacifiste! La sèquence où ce dernier essaye de s'emparer d'un papillon est sublime! Oscar du meilleur film et du meilleur rèalisateur en 1930, gardant encore aujourd'hui sa force et sa valeur, et non son sentimentalisme et son schèmatisme comme l'on dit certains...
1914 en Allemagne, une classe d'étudiants dont Paul Baümer (Lew Ayres) est à la tête se retrouve enrôlée en pleine Guerre mondiale par l'enthousiasme du professeur Kantorek (Arnold Lucy). Motivés dans un premier temps, les jeunes gens vont voir alors s'ouvrir à eux un chaos monstre et seront soumis à un enseignement absurde, qui les persuadera du bienfait de la guerre... Dès les premières scènes de cette adaptation par Lewis Milestone ("Les Révoltés du Bounty") du célèbre roman éponyme d'Erich Maria Remarque publié en 1929 (soit un an plus tôt), les différents moyens du cinéma sont employés pour rendre compte du mouvement d'une nation partant en guerre, son énergie et ses émois collectifs. Le récit, classique mais palpitant, se focalise essentiellement sur le parcours de ceux qui deviennent ces jeunes soldats, encouragés par leur ambitieux professeur à s'aventurer au front. L'enthousiasme des civils planqués dans leurs établissements se propage à l'extérieur dans les mouvements des soldats qui défilent sous les hourras de la foule, pour "contaminer" ces étudiants rassemblés dans leur salle de cours. Le caractère dominé et réduit dans lequel se tiennent les « conquérants » dans le cadre fait immédiatement douter de la réussite de leur mission, ceux-ci étant montré comme des individus encore fragiles dans cette zone du cadre. La jeunesse est opprimée par le projet sacré que leurs aînés leur imposent. C'est à partir d'ici que l'influence presque monstrueuse du professeur se propage sur les six personnages que nous suivrons par la suite. Durant ce court instant, les constantes clameurs du défilé militaire disparaissent temporairement de la bande-son. Le "handicap" de cette production dont on célèbre le 90e anniversaire cette année faisait que la musique (aussi importante soit-elle dans une scène) et les dialogues ne puissent se marier dans une telle circonstance. La disparition des clameurs voisines à la salle de classe renforce l'aspect cocon de la salle de classe, et leur réintroduction se signale donc comme un événement se manifestant sauvagement. À chaque passage, le mouvement de la guerre repart de plus belle, et progresse toujours plus par le biais des nouveaux espaces à conquérir. A contrario, tous ceux se déroulant au dortoir, nous replongeons dans l'ambiance du lycée, désormais déserté, lorsqu'on voit nos héros investir joyeusement leur nouvel "espace vital". Le message s'éclaircit alors: "Oubliez tout ce que vous avez été, tout ce que vous avez appris !". Le film installe ainsi une puissante démonstration antimilitariste, développée sur toute sa longueur et dont l'ultime mouvement résonne en nous, tel le glas d'un cour de récréation, longtemps encore après.
Film de 1930 sur les horreurs de la guerre, autant dire que depuis ce film on en a vu des films sur la guerre donc il ne m'apporte rien de plus personnellement, mais il reste bon et bien foutu, de plus la remasterisation HD est plus que correct, l'histoire est intéressante même si elle ne m'a pas à 100% captivé, des jeunes soldats partent à la guerre car on leur a vendu ça comme un acte patriotique et héroïque et qui finalement finira par les bouffer, donc c'est déjà vu mais toujours impressionnant, la réalisation est propre pour l'époque et les décors sont bien reconstitués, donc voilà un bon film même si à notre époque il n'est pas forcement indispensable à voir.
Un film d'une force inouïe et d'une modernité insolente. Certes Millestone avait reposé les voix à ses personnages après le passage au parlant, mais on n'y voit que du feu tant la réalisation navigue dans les hautes sphères des plus grands. Plus de 80 ans après le tournage, les scènes de guerre sont encore d'une puissance tout simplement exceptionnelle, magistrales ! Ajoutez à cela une histoire à couper le souffle à la symbolique forte et vous vous trouverez en présence d'un des plus grands films tournés sur la Grande Guerre avec l'incontournable "Chemins de la gloire" de Hawks.
Cet immense chef d'oeuvre de milestone a servi de modèle à bien des réalisateurs souhaitant faire un film de guerre. Cela devrait suffire à faire comprendre l'importance de ce film mémorable.