Les Petites Marguerites
Note moyenne
3,4
222 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

28 critiques spectateurs

5
2 critiques
4
8 critiques
3
5 critiques
2
7 critiques
1
5 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2026
En à peine plus d'une heure, voilà un pétillant condensé de nouvelle vague à la sauce tchèque. Liberté de ton, de création visuelle quasi psychédélique (on pense à l'enfer de Clouzot), de libération féminine. Les deux fausse jumelles draguent et larguent de vieux messieurs bien établis en goguette. Les escapades en train tournent court à chaque fois!
Le tout se termine en une mini orgie que n'aurait pas renié Ferreri, sur une table de banquet dévastée.
Beau témoignage de ce qui se passait quand Milos Forman était encore à Prague!
streaming - février 2026
Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 99 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 février 2026
Marie I et Marie II s’ennuient ferme. Par jeu, elles décrètent que plus rien n’a d’importance et se lancent à l’assaut des conventions dans une épopée de destruction à la fois espiègle et désespérée…
Je ne doute pas que ce film ait une valeur historique, en tant qu’un des éléments annonciateurs du Printemps de Prague. Je reconnais également l’intérêt de nombreux procédés formels employés par Věra Chytilová — collage, pop art, happenings à la Andy Warhol, apories dadaïstes, psychédélisme — qui témoignent d’une indéniable vitalité expérimentale.
« Les Petites Marguerites » doit aussi beaucoup à la Nouvelle Vague, en particulier à Godard, et, comme un hommage en retour, il inspirera clairement Jacques Rivette pour Céline et Julie vont en bateau. « Qu’est-ce que j’peux faire, j’sais pas quoi faire », clamait Anna Karina dans Pierrot le fou en 1965. L’année suivante, sous cette influence manifeste, Chytilová filme deux jeunes filles désœuvrées, dégoûtées par leur univers sclérosé, impertinentes, dépravées, boudeuses ou hilares, mettant un joyeux chaos partout où elles passent.
Tout cela est sans doute fort sympathique. Et, comme je l’avais déjà écrit à propos de Céline et Julie vont en bateau, on peut trouver quantité de raisons théoriques — pertinentes, j’en conviens volontiers — pour défendre ce film. Mais il existe aussi de bonnes raisons d’être agacé par l’improvisation assez désordonnée des deux actrices principales, leur cabotinage souvent ridicule et leurs grimaces de gamines. Elles s’amusent beaucoup, sans aucun doute ; le spectateur, lui, a le droit de s’ennuyer un peu — si ce n’est beaucoup.
Zebrakelo
Zebrakelo

14 abonnés 404 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2025
Hyper original !
On sent clairement le film critique tchécoslovaque, plein d'amertume et d'ironie, tant par le scénario que la mise en scène, ou encore le montage (cf ciseaux).
Certes le jeu d'actrice est exagéré, mais c'est comme pour les films muets d'époque à la Chaplin ou les Marx Brothers, c'est pour mieux dénoncer et rire des absurdités de la société, lourdement critiquée !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 mars 2025
Absolument anarchique, la réalisation expérimente les possibilités de sa caméra, alternant couleurs, luminosité, rythme, de façon arbitraire, jusqu'à la nausée (déconseillé aux épileptiques!) ; de même, le scénario, invisible, enchaine des saynètes illustrant comment les héroïnes répondent à leur "constat" de décadence morale ambiante: en exploitant le système (qu'on ne prétende pas que le féminisme consiste à se faire inviter par des vieux!)... Complètement artificiel et chorégraphié le jeu des comédiennes ne saurait rendre leurs personnages attachants, d'autant qu'ils tournent sentiments, événements, émotions, en dérision (évacuant la portée potentiellement tragique de la vacuité de leur vie). Leur ennui devient nôtre dans cette comédie dramatique ni drôle ni émouvante où la subversion provient du mépris pour le sens originel du cinéma et non d'une supposée libération (à moins de considérer que la révolte ultime soit de gaspiller la nourriture qu'un autre a payée...). Une escroquerie!
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 août 2024
Il est impossible de décrire un tel film, tant qu'il faut le remettre dans le contexte de son époque. Par certains thèmes, le film dénonce avec radicalité : par sa mise en scène Expérimental, psychédélique, la réalisatrice Tchèque lance une Nouvelle Vague de son cinéma par une explosion de saveur et d'originalité. Entre les deux actrices, son histoire incompréhensible jusqu'à sa fin, ainsi qu'une mise en scène théâtrale, Expérimental, "Les Petites Marguerites" est une œuvre marquante et hypnotisante. Le film donne un élan de liberté jouissif, tant par sa créativité et les thèmes traités en amonts. C'est brillantissime et révolutionnaire pour son époque
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 août 2023
Œuvre majeure de la Nouvelle vague tchécoslovaque, Les petites marguerites a été réalisée en 1966, deux ans avant un Printemps de Prague qui sera écrasé par les chars soviétiques. Très expérimental, ce court film d’1h15 nous embarque aux côtés d’un duo de jeunes femmes, toutes deux prénommées Marie, qui vont faire le choix de mener une vie à l’image de ce qu’elle perçoivent du monde, c’est-à-dire dévergondée, selon l’expression qu’elles emploient. Influencé par le Jean-Luc Godard pop de Une femme est une femme ou de Pierrot le Fou, ces Petites marguerites déconcertent autant qu’elles fascinent, à la fois par leur récit déstructuré et sans colonne vertébrale apparente mais aussi parce que la cinéaste Vēra Chytilová propose ici un long-métrage d’une incroyable liberté visuelle. Étonnant.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 août 2023
Après avoir vu la vidéo d'Intercut qui conseillait ce film, j'ai décidé de lui laisser sa chance. Malheureusement, je n'ai pas du tout été séduit. L'esthétique est très belle et le rythme du film est effréné, ce n'est pas du tout le cliché du film de l'est des années 60 comme on en entend beaucoup parlé, c'est plutôt agréable à suivre et j'ai bien accroché au début. Seulement, l'impression de regarder de simples sketchs sans intérêt qui se suivent m'a profondément énervé, encore plus avec les petits "crépitements" qu'on entend souvent et les chuchotements des personnages qui m'ont vraiment irritées. En plus, les deux femmes qu'on suit n'ont franchement rien d'intéressant selon moi et je n'ai pas trop compris où était la morale féministe là dedans tant ces deux filles ont juste en tête de faire le souk partout où elles vont. Bref, malheureusement je n'ai pas accroché !
Lawrence Peyrac
Lawrence Peyrac

3 abonnés 74 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 juillet 2023
Film Tchèque psychédélique à la Godard des années 60, on sent dès les premières secondes que ça n'aura ni queue ni tête. Alternance d'images en noir et blanc et en couleurs, les espiegleries des héroïnes lassent vite, dans une critique des valeurs bourgeoises de par trop lourdes. Seul le montage est alerte, avec des trouvailles visuelles originales. Ça dure une heure et quart, largement suffisant ! Et dieu que le Tchèque est peu agréable à nos oreilles !!!
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juin 2023
Sedmikrasky, ou les Petites Marguerites par chez nous est direct de ces films que l'on croise, et que l'on oubliera plus ! Vera Chytilova dont j'ignorais encore tout ce matin, dont je n'en sait au fond pas beaucoup plus à midi, vient de suite titillé mes envies de voir et prendre pour ce qu'il en est le restant de sa filmographie toute entière.

De sin générique déjà, il faut en parler. De cette machine qui bat la mesure au rythme de sa musique, entre ses explosions qui s'y insèrent sur cette même tessiture, aux deux jeunes femmes que l'on découvre innocemment et avec lesquelles nous serons immédiatement complices, du noir et blanc en passant par la couleur, tout l'univers nous y entrainent. Follement, dans une ardente danse aussi joviale qu'enfantine et si l'on si penche vraiment tragique. Une pure comédie qui est belle et bien psychédélique mais pas absurde. Enfin, si vous me suivez ?

De danse, donc, l'on commence, au pied d'un pécher, de la cueillette de son fruit jusqu'à une bascule, ou le noyau fait office de pont entre ses raccordements assez filou. La liberté dans ce monde qui semble la perdre, de cette époque de fascination pour le désordre, dans cette pulsion ou la philo et l'analyse des retombées poussent vers ce rire, sublime et gras aussi, raconte toute une histoire qui se résume de cette façon : Courez avec les ciseaux !

Nos deux héroïnes, soi-disant " sœur " ont le partage des taches comme entente dans ce partenariat ou la blonde et la brune œuvrent et vogue dans cette direction unique, tout ratissé, découvrir et brulé ! Question, réponses, pourquoi pas des contradictions, puisque la conduite n'a ici de sens, de morale, d'idée autre que la fin / faim justifie les moyens, la perte déguisé de tout intérêt, sauf du rire. Elles s'amusent, nous avec, à l'image de ces sauts sur cette banquette, là ou le spectacle transite d'un espace à un autre, ou la tribune sur fond rouge encore plus rouge vole la vedette à tous. La chambre, d'une couleur verte, ou tout est vert d'ailleurs, des habits, aux condiments, à la parure du lit, comme tout se qui s'y niche n'a rien ici d'un espoir. Le pied de nez est dans faire un total contraire, un contrexemple ou l'on croque pour une parenthèse consciente d'une scission dans la vie, qu'une mort pourrait contré ... Une personnalité chez l'une et l'autre à aussi plus de conscience dans ce " duel " qui s'installe, avant d'être balayé par la reprise de la fête.

" - Regarde un ange qui ne vole pas ! " Cette phrase, à même les chiottes est de celle m'ayans le plus percuté. Pourtant le film en a d'autres, comme celle finale, iconique, sur fond rouge, dans les explosions, une synthèse de ses débuts, mais c'est celle-là qui m'a vraiment procuré une sensation qui l'a de suite ne saurais s'écrire ...

Elles tranchent de suite vers cette chambre ou les saucisses sont décimés, ou les fruits anéantis par cette paire de ciseaux qui officie comme métaphore aux découpages, qui lui aussi, dans sa pratique s'insert dans le paysage ubuesque de la narration, dans le geste de sa cinéaste qui filme ses actrices comme des totems, des références indéboulonnables. Dans son cru, de par ses parties pris, ses convictions, dans cette origine du monde ou la " dépravation " est remède aux maux, au troubles, au vacarme insolent de cette situation qui s'en contente, s'en gave, j'en prend ses vieux hommes ici éconduit, reconduit aux trains qui habituellement s'en sortiraient, on le sait, d'une autre pirouette que de celle auxquelles on assiste. On retiens une émancipation, autre que celle que l'on tartine pour le politiquement correct. Car oui, ici, les petites marguerites vont marchés sur les autres, et non pas l'inverse ...

A force de s'ennuyé de l'ennui, le jeu devient encore plus appuyé, grossier, on bouffent et gaspillent avec virulence sur cette conception de table, bien dressé, toute éclatante, qu'un malin plaisir à y mettre le pied donne une autre entité à son regard d'ensemble. On danse, une fois de plus, devant une ribambelle de cadenas, se livre à une joute ou le festin est devenu une farce ! Le bon coup de fourchette à une fin, un poids, disons-le.

Le murmure du petit ménage, ou le verre brisé n'est plus jouissance car on ne répare pas ce qui est brisé siffle une seconde terminaison, semblable, mais d'une autre peur qui complète la joie de sa fièvre première. Etre heureuse, c'est vivre d'excentrisme, d'être touché par cette grâce qui nous fait sauté dans les flaques d'eau !

Un film incroyable, qui s'achemine, j'y reviens, sur une ultime détonation, avec une indignation pour la postérité ! Car plus que de flaque d'eau, c'est de salade que l'on s'abreuve ...

Une comédie à la fois enfantine et féroce, difficile à suivre, surtout à 6 h du matin, avant même le café, mais qui ruisselle de sa détermination, un modèle de film, une forteresse de liberté, sans la dénaturé car oui, ce mot est bien trop souvent galvaudé, repris par ceux et celles qui n'en ont au fond qu'horreur et y trafiquent toutes leurs misères dans cet état de fait macabre, bouleversant mais horrible, à ne plus rien n'y comprendre ...
gamorreen
gamorreen

29 abonnés 533 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 mai 2023
un film fort pénible... Iritant de prétention et vraiment ennuyeux malgré sa durée très courte. Peut-être pour les amateurs de Godard (dont je n'aime pas non plus les films et auquel ces petites marguerites m'a parfois fait pensé)? Pour ma part, n'a d'intérêt qu'historique.
Fabien N.
Fabien N.

8 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 novembre 2022
Un film totalement déroutant, faisant exploser le cadre narrratif traditionnel, multipliant les expérimentations formelles. Une grande liberté s'en dégage, mais l'expérience est assurément perturbante, et on l'appréciera mieux avec accompagnement, présentation, explications...
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2022
Film à la fois ambitieux et léger, totalement irrévérencieux et frondeur, tantôt nihiliste tantôt philosophique et sociologique, à la fois expérimental et tout à fait compréhensible, pop et arty, intello et décomplexé... Un long métrage superficiel en apparence, pour mieux dénoncer l'horreur des régimes totalitaires, dont bien sûr l'URSS.

C'est toujours un très grand plaisir de découvrir de vrais cinéastes, plus encore quand il s'agit d'une femme et qu'on découvre un film aussi accompli et réussi. Les Petites Marguerites est un long métrage à la fois très contextualisé (issu de la République Tchèque, dans les années 60, sous le rideau de fer communiste) et complètement universel, annonçant le grand cirque occidental qui prévaudra à partir des années 80 (et même 60), et plus encore aujourd'hui.

Un grand merci et bravo à l'équipe de l'éditeur Malavida Films, qui font un formidable travail depuis des années pour mettre en valeur le cinéma d'Europe Centrale et de l'Est. La copie du film, aux couleurs somptueuses, était parfaite, tout comme l'important travail éditorial qui accompagne les sorties de leurs films en salle et en DVD. Merci également au Reflet Médicis pour cette belle avant-première... et à l'élégante et malicieuse Jitka Cerhová (l'une des deux actrices principales) de nous avoir honorés de sa présence !
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 septembre 2022
Ce film est une reprise (remastérisée) du film réalisé en 1966 par Véra Chytilova, cinéaste d’une nouvelle vague tchèque, avec Milos Forman et Ivan Passer, mais en plus radicale que ces derniers…. C’est un objet filmé non identifiable…pendant 1h 14 (c’est largement suffisant) on suit les exploits de deux gamines, mal élevées et insupportables, qui semblent totalement livrées à elles-mêmes …Véra Chytilova les fait jouer comme des pantins écervelés…le récit est totalement déconstruit … Sous l’érotisme latent qui nimbe les poses lascives des deux inséparables, la dimension sexuelle de la dépravation s’exprime d’abord par une sorte de retour au stade oral. Ces joyeuses têtes à claques décident d’occuper leur temps à avaler, manger, bouffer, se goinfrer bruyamment de tout ce qui leur passe sous la main : pommes, lait, vin, poulet, pastèques, gâteaux crémeux et autres steaks tartares, jusqu’aux épis de maïs cueillis directement dans un champ. Comme Marie 1 et Marie 2 s’ennuient fermement, leur occupation favorite consiste à se faire inviter au restaurant par des hommes d’âge mûr, puis à les éconduire prestement et dans la seconde partie, à investir une salle où un banquet se prépare et à y semer le chaos…A sa sortie le film fit scandale malgré les débuts du socialisme à visage humain…Le film a été interdit de diffusion peu de temps avant le Printemps de Prague en raison, version officielle, du gaspillage outrancier de nourriture sur plusieurs scènes, il est vrai que sur ce plan il anticipe largement la Grande Bouffe de Marco Ferreri !! Les Petites Marguerites est un film qui décoiffe, autant qu'il déroute. Une liberté de ton et une audace formelle stupéfiantes, un rythme totalement essoufflé sont au service des agissements de ces deux héroïnes nihilistes qui saturent l'espace de leurs gesticulations et de leurs rires stridents... Le travail pictural et photographique emprunte autant au surréalisme, au dadaïsme, au cubisme qu’au pop art …En semant le désordre autour d’elles, leurs actions ainsi accumulées sur un rythme digne d’une comédie bouffonne finissent par ne plus avoir de sens. On touche à l’absurde. Puis vient leur repentance. Elles tentent de recoller chaque morceau de leurs faits d’armes, rendant la situation encore plus ubuesque. Volontairement sans queue ni tête d'un point de vue narratif (l'intrigue n'a aucun sens et justement, son intérêt n'est pas sa finalité mais bien ce qu'elle invoque) autant qu'il revisite de manière tout aussi foutraque l'histoire même du cinéma à travers plusieurs codes (le burlesque des Marx Brothers, le réalisme du documentaire, le cinéma muet, la comédie bouffonne). Actrice et mannequin devenue cinéaste, Vera Chytilova est une des premières femmes à avoir suivi l'enseignement de la prestigieuse école de cinéma pragoise FAMU. Si Les petites Marguerites, son deuxième long-métrage de fiction, est aussi le plus célèbre, c'est qu'elle fut réduite au silence peu de temps après, par la répression politique qui a suivi l'écrasement du Printemps de Prague de 1968. L’importance des Petites Marguerites est donc d’abord historique. Cette œuvre foisonnante raconte une génération désabusée à travers le quotidien de ces deux filles délurées, exprimant avec ferveur leur soif de liberté et leur refus du patriarcat, et qui trompent leur ennui existentiel en organisant leur suicide social. « La dépravation est partout en ce monde » donc « nous serons dépravées nous aussi » annoncent Marie la blonde et Marie la brune, fatiguées de l’absence total de sens autour d’elles….
Que l'on aime ou non, c'est un film qui a le mérite d'être insolent….mais malheureusement peu distribué en dehors de quelques cinémas d’art et d’essai …
jroux86
jroux86

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mai 2023
Anne Dessuant, du magazine Télérama, souligne le sens nihiliste de ce film assez fou. Il est vrai que Marie 1 et Marie 2 ne cessent de se demander si "elles existent vraiment". Mais on peut, à mon avis, y voir aussi un manifeste féministe en avance sur son temps et d’une grande vitalité (vitalité figurée par l’appétit vorace des deux héroïnes ainsi que la frénésie créative dévorant littéralement le film de l’intérieur : de la décoration parfois foisonnante des lieux à un montage qui joue sur le rythme, les couleurs ou les motifs, en particulier dans des intermèdes aussi originaux qu’inattendus).
Car Véra Chytilova convoque une symbolique qui ne souffre, selon moi, d’aucune équivoque : épis de maïs, saucisses, œufs durs et autres objets phalliques sont soigneusement sectionnés ou engloutis en très gros plans. Les Marie s’amusent également des images de magazine montrant l’homme dans toute sa puissance virile. Quant au fameux fruit défendu, la pomme, ces deux Eve dépravées s’en nourrissent goulument tout au long du film. Et sans se faire prier.
Ainsi, le chaos organisé par la cinéaste est-il peut-être moins l’anéantissement – l’engloutissement ? – d’un monde (une Tchécoslovaquie tout juste déstalinisée et en voie de libéralisation) qu’une invitation, certes radicale (par le feu notamment, comme dans une des scènes), à s’émanciper d’une domination masculine clairement identifiée – et on pense à un autre symbole présent dans le film : des papillons, cachant notamment le sexe et les seins de Marie (la rousse).
Attention cependant à ne pas prendre trop au sérieux tout cela. Tout est jeu dans Les Petites Marguerites, du montage surréaliste aux situations souvent burlesques. Alors qu’elles viennent tout juste de faire amende honorable (en faisant le ménage !), se déclarant sans trop de conviction "enfin heureuse", n’entend-on pas l’un des deux personnages dire à l’autre, après un moment de silence : "On joue ?".
perle de rosée
perle de rosée

104 abonnés 322 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 octobre 2020
C'est joli mais... à force on s'en lasse. Ça aurait été parfait pour un court métrage. Sinon les variations couleurs / noir et blanc m'ont parues assez originales et sympa.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse