Les Petites Marguerites
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jroux86
jroux86

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mai 2023
Anne Dessuant, du magazine Télérama, souligne le sens nihiliste de ce film assez fou. Il est vrai que Marie 1 et Marie 2 ne cessent de se demander si "elles existent vraiment". Mais on peut, à mon avis, y voir aussi un manifeste féministe en avance sur son temps et d’une grande vitalité (vitalité figurée par l’appétit vorace des deux héroïnes ainsi que la frénésie créative dévorant littéralement le film de l’intérieur : de la décoration parfois foisonnante des lieux à un montage qui joue sur le rythme, les couleurs ou les motifs, en particulier dans des intermèdes aussi originaux qu’inattendus).
Car Véra Chytilova convoque une symbolique qui ne souffre, selon moi, d’aucune équivoque : épis de maïs, saucisses, œufs durs et autres objets phalliques sont soigneusement sectionnés ou engloutis en très gros plans. Les Marie s’amusent également des images de magazine montrant l’homme dans toute sa puissance virile. Quant au fameux fruit défendu, la pomme, ces deux Eve dépravées s’en nourrissent goulument tout au long du film. Et sans se faire prier.
Ainsi, le chaos organisé par la cinéaste est-il peut-être moins l’anéantissement – l’engloutissement ? – d’un monde (une Tchécoslovaquie tout juste déstalinisée et en voie de libéralisation) qu’une invitation, certes radicale (par le feu notamment, comme dans une des scènes), à s’émanciper d’une domination masculine clairement identifiée – et on pense à un autre symbole présent dans le film : des papillons, cachant notamment le sexe et les seins de Marie (la rousse).
Attention cependant à ne pas prendre trop au sérieux tout cela. Tout est jeu dans Les Petites Marguerites, du montage surréaliste aux situations souvent burlesques. Alors qu’elles viennent tout juste de faire amende honorable (en faisant le ménage !), se déclarant sans trop de conviction "enfin heureuse", n’entend-on pas l’un des deux personnages dire à l’autre, après un moment de silence : "On joue ?".
soulman
soulman

140 abonnés 1 399 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 mai 2016
Une œuvre très représentative de la nouvelle vague tchèque, vraisemblablement très influencée par Godard. Beaucoup de liberté (trop ?) anime ces deux héroïnes anticonformistes mais il faut avouer que l'on se lasse rapidement de leurs extravagances.
On admirera nonobstant un travail formel intéressant mais les répétitions du récit finissent par lasser.
foch1800
foch1800

71 abonnés 132 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mars 2011
le film le plus décalé de l'europe de l'est des années 60, digne des meilleurs films psychédéliques
traversay1

4 476 abonnés 5 349 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 août 2016
Un exercice de collage qui fit son effet à l'époque. Sous influence godardienne. Un peu n'importe quoi, mais pas n'importe comment. L'illustration de "J'sais pas quoi faire ! Qu'est-ce que j'peux faire ?" Expérimental et déstructuré. Pas d'intrigue, juste les 400 coups de deux soeurs, pas même jumelles. Passage du noir et blanc à la couleur, succession d'images en accéléré ... Pas de queue, pas de tête. Les limites du genre sont atteintes. Bof.
oldsport
oldsport

16 abonnés 96 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 9 décembre 2013
Le film étant sorti à peine un an après Pierrot le fou , on peut se demander où & quand commence l'hommage/plagiat:deux personnages jeunes ,oisifs & plutôt désabusés dont on ne sait pas grand chose finalement...C'est frais , assez radical & pas trop déplaisant à suivre mais même si le film a le bon goût d'être court on s'ennuie aussi sévèrement devant tant de gesticulations & de vacuité.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 juin 2013
Un vent de liberté, une folle contestation de l'ordre établi, de la société de consommation, des bonnes moeurs... Voici une oeuvre audacieuse qui reflète son époque (les années 1960) et annonce le Printemps de Prague. Déconcertant sur le fond et sur la forme, le film se limite cependant à une succession de scènes transgressives (sans vrai fil narratif) et finit malheureusement par lasser, malgré quelques moments amusants (la scène du banquet saccagé).
Backpacker
Backpacker

92 abonnés 789 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 octobre 2007
Sympathique comédie dans laquelle on assiste à toutes les audaces de deux jeunes amies. On dénote une véritable recherche artistique, essentiellement visible pendant de nombreux sketches. Pour le reste, ce film "très second-degré" nous semble bien divertissant mais également très voire trop futile...
arnaud1972
arnaud1972

42 abonnés 102 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2009
film pamphletaire anar et insurrectionnel aux trouvailles techniques audacieuses, avec deux comédiennes espiégles au charme toujours frais!!!
A voir pour se rappeler qu'à une époque le cinéma pouvait être ludique, politique et joyeux...
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mars 2012
Me taxerait-on d'anti-féminisme irrécupérable si j'avouais ne pas avoir ri de tout le film ? Car c'est malheureusement le cas. Les deux héroïnes ne révèlent aucune grâce dans leur jeu (ni dans leur figure ou leur allure) et ce ne sont pas les scènes d'excitation et d'hystérie qui relèvent le niveau du film. Certes, certaines allégories osées et des images psychédéliques intéressantes sauvent le film du désastre, et c'est dans la non-narration du film que l'on retrouve l'influence de Godard sur Vera Chytilova dans ce film trompeusement mythique de la Nouvelle vague tchécoslovaque. Une volonté de détruire les valeurs de la société la veille du Printemps de Prague, mais qui ne rend pas bien le concept du nouveau type de narration par un abus de confusion et une incompréhension du trip : il est véritablement difficile d'entrer dans le jeu de Vera Chytilova, et si l'on n'y arrive pas dès le début du film, ce dernier nous paraîtra un montage d'incongruités gratuites et d'une stupidité étonnante, ce qui n'était bien évidemment pas l'objectif de l'auteur.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 décembre 2013
Et si la curiosité de l’année était bel et bien ce film tchécoslovaque datant de 1966 ? Plus de 45 ans plus tard, le film de Vera Chytilova, s’il a perdu de sa force politique, est toujours aussi impertinent, poétique et expérimental.

Il convient d’abord de remettre les Petites Marguerites dans son contexte, celui de la Nouvelle Vague Tchécoslovaque, annonciatrice, par sa soif de liberté, du Printemps de Prague en 1968 . Si Milos Forman (Au feu, les Pompiers) et Jiri Menzel (Trains étroitement surveillés) sont les deux figures emblématiques du mouvement, Vera Chytilova n’est pas non plus à sous-estimer. Il faut dire que la cinéaste a choisi une voie moins évidente, celle tout d’abord du documentaire et du cinéma-vérité puis ensuite, celle d’un cinéma de fiction, certes, mais volontairement expérimental. Les Petites Marguerites, son premier long-métrage, s’inscrit totalement dans cette veine.

Marie la brune et Marie la blonde passent leur temps à s’ennuyer et à rêvasser. Dès lors leur occupation favorite va être de se faire inviter par des vieux messieurs respectables et ensuite de les éconduire sans ménagement, en les mettant de force dans un train : les jeunes demoiselles ont l’art et la manière de sauter en marche au départ du train (ce qui nous vaut quelques moments dignes de Mack Sennett). Les jeunes demoiselles vont pousser plus loin leur art de l’impertinence et leur amour du désordre, mettant le bordel lors d’un spectacle de cabaret ou détruisant, avec force et gourmandise, un énorme banquet (pour une soirée entre cadres du parti ?) soigneusement préparé jusqu’à la caricature. Cette impertinence – et c’est là un euphémisme – n’est pas gratuite. L’action des deux jeunes femmes est aussi poétique que politique. Les images de la Seconde Guerre Mondiale, archives d’explosion et de destruction, qui parsèment le film, ne sont pas mises là par hasard. Marie et Marie font le même constat que les Dadaïstes à leur époque (pour la « grande guerre »), les idéologies ont conduit l’Europe au désastre. Il convient dès lors de se moquer, de les tourner en ridicule dans un geste artistique et nihiliste. Les héroïnes le disent elles-mêmes en ouverture : le monde est corrompu, alors autant l’être nous aussi. La critique est moins radicale que pour l’Age d’or mais les deux jeunes femmes apparaissent d’autant plus jeunes et impertinentes que le monde, dans lequel elles évoluent, semble figé et vieillissant ; presque bourgeois pourrait-on dire. 47 ans plus tard, ce discours a un peu vieilli et le parallèle fait avec les images de destruction de la seconde guerre mondiale sera perçu aujourd’hui comme premier degré. Le perpétuel jeu de massacre, auquel se livrent avec délectation les demoiselles, peut aussi agacer à la longue.

Mais l’essentiel n’est pas vraiment là. Un film, c’est un fond mais aussi une forme et celle-ci prend une importance considérable. Vera Chytilova ose toutes les libertés. Ici, la logique qui sous-tend l’espace se fait par association d’idées : les Marie passent de leur chambre, en intérieur, à un véritable jardin d’Eden, en extérieur, parce qu’elles y pensent. Tout simplement. Dans son ensemble, le montage conduit à des trouvailles visuelles. Le défilement même de la pellicule n’est pas chose stable : les images du train ralentissent, s’étirent jusqu’à devenir de l’art visuel. La chromie des plans passent par toutes les couleurs, du noir et blanc à une explosion pop. Avec tout ça, l’idée classique de raccord devient dès lors superflue : Les Petites Marguerites se rapproche plus de la forme de la poésie que de celle du roman (ou de la nouvelle…le film est court), rappelant aussi le Godard des années 60. Les dialogues aussi ne suivent pas une logique classique et s’apparentent à un théâtre de l’absurde de Beckett. Tout comme les bruitages où un bras qui se lève émet le son d’un grincement de porte. Vera Chytilova expérimente à tout crin mais elle le fait toujours avec détachement, poésie et féminité. Pour la peine, tout cet aspect du film, peut-être le moins négligeable, mérite encore d’être vu. Et surtout ressenti.
gamorreen
gamorreen

29 abonnés 533 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 mai 2023
un film fort pénible... Iritant de prétention et vraiment ennuyeux malgré sa durée très courte. Peut-être pour les amateurs de Godard (dont je n'aime pas non plus les films et auquel ces petites marguerites m'a parfois fait pensé)? Pour ma part, n'a d'intérêt qu'historique.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juin 2012
Il y a un petit fond pas inintéressant dans ce film tchècoslovaque d'avant le Printemps de Prague avec sa bonne dose de féminisme et surtout de subversivité contre la Société et ses convenances. Bref pas du tout dans le rang de l'idéologie communiste de l'époque et il n'est pas étonnant que la réalisatrice de ce film ait été interdite de travail pendant plusieurs années. Respectant autant la structure narrative que les convenances de la Société, donc c'est-à-dire pas du tout, "Les Petites Marguerites" est une suite de séquences qui n'ont aucun point commun si ce n'est un très fort goût de critique sociale ainsi que la présence de très nombreuses expérimentations techniques notamment par le biais de filtres de couleurs. Sur ce dernier point, le film vire parfois à l'exercice de style gratuit et se montre un peu trop répétitif mais son esthétisme, très influencé par le Pop-Art, rend l'ensemble assez agréable à regarder d'autant qu'avec une durée de 72 minutes le film sait ne pas être trop long. Un OFNI tchécoslovaque à voir pour son fond et pour sa forme.
Jmartine
Jmartine

201 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 septembre 2022
Ce film est une reprise (remastérisée) du film réalisé en 1966 par Véra Chytilova, cinéaste d’une nouvelle vague tchèque, avec Milos Forman et Ivan Passer, mais en plus radicale que ces derniers…. C’est un objet filmé non identifiable…pendant 1h 14 (c’est largement suffisant) on suit les exploits de deux gamines, mal élevées et insupportables, qui semblent totalement livrées à elles-mêmes …Véra Chytilova les fait jouer comme des pantins écervelés…le récit est totalement déconstruit … Sous l’érotisme latent qui nimbe les poses lascives des deux inséparables, la dimension sexuelle de la dépravation s’exprime d’abord par une sorte de retour au stade oral. Ces joyeuses têtes à claques décident d’occuper leur temps à avaler, manger, bouffer, se goinfrer bruyamment de tout ce qui leur passe sous la main : pommes, lait, vin, poulet, pastèques, gâteaux crémeux et autres steaks tartares, jusqu’aux épis de maïs cueillis directement dans un champ. Comme Marie 1 et Marie 2 s’ennuient fermement, leur occupation favorite consiste à se faire inviter au restaurant par des hommes d’âge mûr, puis à les éconduire prestement et dans la seconde partie, à investir une salle où un banquet se prépare et à y semer le chaos…A sa sortie le film fit scandale malgré les débuts du socialisme à visage humain…Le film a été interdit de diffusion peu de temps avant le Printemps de Prague en raison, version officielle, du gaspillage outrancier de nourriture sur plusieurs scènes, il est vrai que sur ce plan il anticipe largement la Grande Bouffe de Marco Ferreri !! Les Petites Marguerites est un film qui décoiffe, autant qu'il déroute. Une liberté de ton et une audace formelle stupéfiantes, un rythme totalement essoufflé sont au service des agissements de ces deux héroïnes nihilistes qui saturent l'espace de leurs gesticulations et de leurs rires stridents... Le travail pictural et photographique emprunte autant au surréalisme, au dadaïsme, au cubisme qu’au pop art …En semant le désordre autour d’elles, leurs actions ainsi accumulées sur un rythme digne d’une comédie bouffonne finissent par ne plus avoir de sens. On touche à l’absurde. Puis vient leur repentance. Elles tentent de recoller chaque morceau de leurs faits d’armes, rendant la situation encore plus ubuesque. Volontairement sans queue ni tête d'un point de vue narratif (l'intrigue n'a aucun sens et justement, son intérêt n'est pas sa finalité mais bien ce qu'elle invoque) autant qu'il revisite de manière tout aussi foutraque l'histoire même du cinéma à travers plusieurs codes (le burlesque des Marx Brothers, le réalisme du documentaire, le cinéma muet, la comédie bouffonne). Actrice et mannequin devenue cinéaste, Vera Chytilova est une des premières femmes à avoir suivi l'enseignement de la prestigieuse école de cinéma pragoise FAMU. Si Les petites Marguerites, son deuxième long-métrage de fiction, est aussi le plus célèbre, c'est qu'elle fut réduite au silence peu de temps après, par la répression politique qui a suivi l'écrasement du Printemps de Prague de 1968. L’importance des Petites Marguerites est donc d’abord historique. Cette œuvre foisonnante raconte une génération désabusée à travers le quotidien de ces deux filles délurées, exprimant avec ferveur leur soif de liberté et leur refus du patriarcat, et qui trompent leur ennui existentiel en organisant leur suicide social. « La dépravation est partout en ce monde » donc « nous serons dépravées nous aussi » annoncent Marie la blonde et Marie la brune, fatiguées de l’absence total de sens autour d’elles….
Que l'on aime ou non, c'est un film qui a le mérite d'être insolent….mais malheureusement peu distribué en dehors de quelques cinémas d’art et d’essai …
Charlotte28
Charlotte28

202 abonnés 2 819 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 mars 2025
Absolument anarchique, la réalisation expérimente les possibilités de sa caméra, alternant couleurs, luminosité, rythme, de façon arbitraire, jusqu'à la nausée (déconseillé aux épileptiques!) ; de même, le scénario, invisible, enchaine des saynètes illustrant comment les héroïnes répondent à leur "constat" de décadence morale ambiante: en exploitant le système (qu'on ne prétende pas que le féminisme consiste à se faire inviter par des vieux!)... Complètement artificiel et chorégraphié le jeu des comédiennes ne saurait rendre leurs personnages attachants, d'autant qu'ils tournent sentiments, événements, émotions, en dérision (évacuant la portée potentiellement tragique de la vacuité de leur vie). Leur ennui devient nôtre dans cette comédie dramatique ni drôle ni émouvante où la subversion provient du mépris pour le sens originel du cinéma et non d'une supposée libération (à moins de considérer que la révolte ultime soit de gaspiller la nourriture qu'un autre a payée...). Une escroquerie!
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juin 2023
Sedmikrasky, ou les Petites Marguerites par chez nous est direct de ces films que l'on croise, et que l'on oubliera plus ! Vera Chytilova dont j'ignorais encore tout ce matin, dont je n'en sait au fond pas beaucoup plus à midi, vient de suite titillé mes envies de voir et prendre pour ce qu'il en est le restant de sa filmographie toute entière.

De sin générique déjà, il faut en parler. De cette machine qui bat la mesure au rythme de sa musique, entre ses explosions qui s'y insèrent sur cette même tessiture, aux deux jeunes femmes que l'on découvre innocemment et avec lesquelles nous serons immédiatement complices, du noir et blanc en passant par la couleur, tout l'univers nous y entrainent. Follement, dans une ardente danse aussi joviale qu'enfantine et si l'on si penche vraiment tragique. Une pure comédie qui est belle et bien psychédélique mais pas absurde. Enfin, si vous me suivez ?

De danse, donc, l'on commence, au pied d'un pécher, de la cueillette de son fruit jusqu'à une bascule, ou le noyau fait office de pont entre ses raccordements assez filou. La liberté dans ce monde qui semble la perdre, de cette époque de fascination pour le désordre, dans cette pulsion ou la philo et l'analyse des retombées poussent vers ce rire, sublime et gras aussi, raconte toute une histoire qui se résume de cette façon : Courez avec les ciseaux !

Nos deux héroïnes, soi-disant " sœur " ont le partage des taches comme entente dans ce partenariat ou la blonde et la brune œuvrent et vogue dans cette direction unique, tout ratissé, découvrir et brulé ! Question, réponses, pourquoi pas des contradictions, puisque la conduite n'a ici de sens, de morale, d'idée autre que la fin / faim justifie les moyens, la perte déguisé de tout intérêt, sauf du rire. Elles s'amusent, nous avec, à l'image de ces sauts sur cette banquette, là ou le spectacle transite d'un espace à un autre, ou la tribune sur fond rouge encore plus rouge vole la vedette à tous. La chambre, d'une couleur verte, ou tout est vert d'ailleurs, des habits, aux condiments, à la parure du lit, comme tout se qui s'y niche n'a rien ici d'un espoir. Le pied de nez est dans faire un total contraire, un contrexemple ou l'on croque pour une parenthèse consciente d'une scission dans la vie, qu'une mort pourrait contré ... Une personnalité chez l'une et l'autre à aussi plus de conscience dans ce " duel " qui s'installe, avant d'être balayé par la reprise de la fête.

" - Regarde un ange qui ne vole pas ! " Cette phrase, à même les chiottes est de celle m'ayans le plus percuté. Pourtant le film en a d'autres, comme celle finale, iconique, sur fond rouge, dans les explosions, une synthèse de ses débuts, mais c'est celle-là qui m'a vraiment procuré une sensation qui l'a de suite ne saurais s'écrire ...

Elles tranchent de suite vers cette chambre ou les saucisses sont décimés, ou les fruits anéantis par cette paire de ciseaux qui officie comme métaphore aux découpages, qui lui aussi, dans sa pratique s'insert dans le paysage ubuesque de la narration, dans le geste de sa cinéaste qui filme ses actrices comme des totems, des références indéboulonnables. Dans son cru, de par ses parties pris, ses convictions, dans cette origine du monde ou la " dépravation " est remède aux maux, au troubles, au vacarme insolent de cette situation qui s'en contente, s'en gave, j'en prend ses vieux hommes ici éconduit, reconduit aux trains qui habituellement s'en sortiraient, on le sait, d'une autre pirouette que de celle auxquelles on assiste. On retiens une émancipation, autre que celle que l'on tartine pour le politiquement correct. Car oui, ici, les petites marguerites vont marchés sur les autres, et non pas l'inverse ...

A force de s'ennuyé de l'ennui, le jeu devient encore plus appuyé, grossier, on bouffent et gaspillent avec virulence sur cette conception de table, bien dressé, toute éclatante, qu'un malin plaisir à y mettre le pied donne une autre entité à son regard d'ensemble. On danse, une fois de plus, devant une ribambelle de cadenas, se livre à une joute ou le festin est devenu une farce ! Le bon coup de fourchette à une fin, un poids, disons-le.

Le murmure du petit ménage, ou le verre brisé n'est plus jouissance car on ne répare pas ce qui est brisé siffle une seconde terminaison, semblable, mais d'une autre peur qui complète la joie de sa fièvre première. Etre heureuse, c'est vivre d'excentrisme, d'être touché par cette grâce qui nous fait sauté dans les flaques d'eau !

Un film incroyable, qui s'achemine, j'y reviens, sur une ultime détonation, avec une indignation pour la postérité ! Car plus que de flaque d'eau, c'est de salade que l'on s'abreuve ...

Une comédie à la fois enfantine et féroce, difficile à suivre, surtout à 6 h du matin, avant même le café, mais qui ruisselle de sa détermination, un modèle de film, une forteresse de liberté, sans la dénaturé car oui, ce mot est bien trop souvent galvaudé, repris par ceux et celles qui n'en ont au fond qu'horreur et y trafiquent toutes leurs misères dans cet état de fait macabre, bouleversant mais horrible, à ne plus rien n'y comprendre ...
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