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perle de rosée
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2,0
Publiée le 17 octobre 2020
C'est joli mais... à force on s'en lasse. Ça aurait été parfait pour un court métrage. Sinon les variations couleurs / noir et blanc m'ont parues assez originales et sympa.
Ce film très daté vaut surtout pour son aspect historique. Nous sommes 3 ans avant le printemps de Prague. Vera Chytilova dénonce une société dépravée en multipliant les expériences formelles tant au niveau de l'image que de la bande-son. On pense parfois à Godard ou à Ferreri.
Les petites marguerites peut sembler frivole tant par son titre que par son caractère extrêmement ludique mais c'est un film profond. En effet, si les facéties de Marie 1 et Marie 2 nous amusent, en filigrane, on a une réflexion sur la vanité de l’existence. En attestent les nombreux plans sur les végétaux et le rapport boulimique avec la nourriture qui mettent le film en perspective avec la nature morte en peinture ou avec le caractère intrinsèquement mortifère de la photographie. Visiblement inspirée par Godard, Chytilova se démarque en proposant un rapport à l'image et au son qui lui est propre. La réalisatrice se permet de faire voler en éclats les codes du "cinéma à Papa" (référence irrévérencieuse au muet et au burlesque américain) dans un torrent de trouvailles esthétiques et techniques dont la plus impressionnante est le découpage et recollage de la pellicule et la déstructuration de l'image qui rappelle aussi bien le rapport d' Otto Dix avec la mutilation et l'altération du corps que la géométrie cubiste (peut être la référence à l'architecture cubiste qui n'a été expérimentée qu'à Prague). La crise existentielle des deux jeunes filles illustre le malaise des marginaux et des anticonformiste dans une société à la fois violente (images de la guerre, déshumanisation des travailleurs à vélo) et paradoxalement passive et léthargique. Leur envie de vivre les conduit à l'autodestruction dans une société qui les nie ("est-ce qu'on existe ?" répètent-elles) autant pour ce qu'elles sont que pour ce qu'elles représentent. Enfin, les tic tac de la pendule qui reviennent par moments contribuent à annoncer la fin tragique. Il faut tout ranger, rentrer dans le rang, cesser d'exister indépendamment du tout, être à la fois productif et produit. Le film est réalisé en 1966 soit deux ans avant le printemps de Prague et le début de la "Normalisation", il illustre le malaise d'une génération désabusée qui sent que le pire est à venir. Néanmoins, cela reste un délice de le regarder aujourd'hui pour son caractère iconoclaste, surréaliste et jouissif. Un petit bijou.
En à peine plus d'une heure, voilà un pétillant condensé de nouvelle vague à la sauce tchèque. Liberté de ton, de création visuelle quasi psychédélique (on pense à l'enfer de Clouzot), de libération féminine. Les deux fausse jumelles draguent et larguent de vieux messieurs bien établis en goguette. Les escapades en train tournent court à chaque fois! Le tout se termine en une mini orgie que n'aurait pas renié Ferreri, sur une table de banquet dévastée. Beau témoignage de ce qui se passait quand Milos Forman était encore à Prague! streaming - février 2026
Film à la fois ambitieux et léger, totalement irrévérencieux et frondeur, tantôt nihiliste tantôt philosophique et sociologique, à la fois expérimental et tout à fait compréhensible, pop et arty, intello et décomplexé... Un long métrage superficiel en apparence, pour mieux dénoncer l'horreur des régimes totalitaires, dont bien sûr l'URSS.
C'est toujours un très grand plaisir de découvrir de vrais cinéastes, plus encore quand il s'agit d'une femme et qu'on découvre un film aussi accompli et réussi. Les Petites Marguerites est un long métrage à la fois très contextualisé (issu de la République Tchèque, dans les années 60, sous le rideau de fer communiste) et complètement universel, annonçant le grand cirque occidental qui prévaudra à partir des années 80 (et même 60), et plus encore aujourd'hui.
Un grand merci et bravo à l'équipe de l'éditeur Malavida Films, qui font un formidable travail depuis des années pour mettre en valeur le cinéma d'Europe Centrale et de l'Est. La copie du film, aux couleurs somptueuses, était parfaite, tout comme l'important travail éditorial qui accompagne les sorties de leurs films en salle et en DVD. Merci également au Reflet Médicis pour cette belle avant-première... et à l'élégante et malicieuse Jitka Cerhová (l'une des deux actrices principales) de nous avoir honorés de sa présence !
Œuvre majeure de la Nouvelle vague tchécoslovaque, Les petites marguerites a été réalisée en 1966, deux ans avant un Printemps de Prague qui sera écrasé par les chars soviétiques. Très expérimental, ce court film d’1h15 nous embarque aux côtés d’un duo de jeunes femmes, toutes deux prénommées Marie, qui vont faire le choix de mener une vie à l’image de ce qu’elle perçoivent du monde, c’est-à-dire dévergondée, selon l’expression qu’elles emploient. Influencé par le Jean-Luc Godard pop de Une femme est une femme ou de Pierrot le Fou, ces Petites marguerites déconcertent autant qu’elles fascinent, à la fois par leur récit déstructuré et sans colonne vertébrale apparente mais aussi parce que la cinéaste Vēra Chytilová propose ici un long-métrage d’une incroyable liberté visuelle. Étonnant.
Il est impossible de décrire un tel film, tant qu'il faut le remettre dans le contexte de son époque. Par certains thèmes, le film dénonce avec radicalité : par sa mise en scène Expérimental, psychédélique, la réalisatrice Tchèque lance une Nouvelle Vague de son cinéma par une explosion de saveur et d'originalité. Entre les deux actrices, son histoire incompréhensible jusqu'à sa fin, ainsi qu'une mise en scène théâtrale, Expérimental, "Les Petites Marguerites" est une œuvre marquante et hypnotisante. Le film donne un élan de liberté jouissif, tant par sa créativité et les thèmes traités en amonts. C'est brillantissime et révolutionnaire pour son époque
Après avoir vu la vidéo d'Intercut qui conseillait ce film, j'ai décidé de lui laisser sa chance. Malheureusement, je n'ai pas du tout été séduit. L'esthétique est très belle et le rythme du film est effréné, ce n'est pas du tout le cliché du film de l'est des années 60 comme on en entend beaucoup parlé, c'est plutôt agréable à suivre et j'ai bien accroché au début. Seulement, l'impression de regarder de simples sketchs sans intérêt qui se suivent m'a profondément énervé, encore plus avec les petits "crépitements" qu'on entend souvent et les chuchotements des personnages qui m'ont vraiment irritées. En plus, les deux femmes qu'on suit n'ont franchement rien d'intéressant selon moi et je n'ai pas trop compris où était la morale féministe là dedans tant ces deux filles ont juste en tête de faire le souk partout où elles vont. Bref, malheureusement je n'ai pas accroché !
Hyper original ! On sent clairement le film critique tchécoslovaque, plein d'amertume et d'ironie, tant par le scénario que la mise en scène, ou encore le montage (cf ciseaux). Certes le jeu d'actrice est exagéré, mais c'est comme pour les films muets d'époque à la Chaplin ou les Marx Brothers, c'est pour mieux dénoncer et rire des absurdités de la société, lourdement critiquée !
Un film totalement déroutant, faisant exploser le cadre narrratif traditionnel, multipliant les expérimentations formelles. Une grande liberté s'en dégage, mais l'expérience est assurément perturbante, et on l'appréciera mieux avec accompagnement, présentation, explications...
Film très fort dans la conception artistque technique, sans cesse en mouvement mettant en scènes nos deux personnages, face au désillusion de la vie sans être trop profond et sur les questions fondamentales au quel nous n'auront probablement jamais réponse, quelque chose laisse songer à un ailleur autre que toute religion et toute réalitée existencielle , mais avec une certaine légertée et une sensibilitée féminine, film assez marquant et déroutant à voir absolument .
Film Tchèque psychédélique à la Godard des années 60, on sent dès les premières secondes que ça n'aura ni queue ni tête. Alternance d'images en noir et blanc et en couleurs, les espiegleries des héroïnes lassent vite, dans une critique des valeurs bourgeoises de par trop lourdes. Seul le montage est alerte, avec des trouvailles visuelles originales. Ça dure une heure et quart, largement suffisant ! Et dieu que le Tchèque est peu agréable à nos oreilles !!!
Marie I et Marie II s’ennuient ferme. Par jeu, elles décrètent que plus rien n’a d’importance et se lancent à l’assaut des conventions dans une épopée de destruction à la fois espiègle et désespérée… Je ne doute pas que ce film ait une valeur historique, en tant qu’un des éléments annonciateurs du Printemps de Prague. Je reconnais également l’intérêt de nombreux procédés formels employés par Věra Chytilová — collage, pop art, happenings à la Andy Warhol, apories dadaïstes, psychédélisme — qui témoignent d’une indéniable vitalité expérimentale. « Les Petites Marguerites » doit aussi beaucoup à la Nouvelle Vague, en particulier à Godard, et, comme un hommage en retour, il inspirera clairement Jacques Rivette pour Céline et Julie vont en bateau. « Qu’est-ce que j’peux faire, j’sais pas quoi faire », clamait Anna Karina dans Pierrot le fou en 1965. L’année suivante, sous cette influence manifeste, Chytilová filme deux jeunes filles désœuvrées, dégoûtées par leur univers sclérosé, impertinentes, dépravées, boudeuses ou hilares, mettant un joyeux chaos partout où elles passent. Tout cela est sans doute fort sympathique. Et, comme je l’avais déjà écrit à propos de Céline et Julie vont en bateau, on peut trouver quantité de raisons théoriques — pertinentes, j’en conviens volontiers — pour défendre ce film. Mais il existe aussi de bonnes raisons d’être agacé par l’improvisation assez désordonnée des deux actrices principales, leur cabotinage souvent ridicule et leurs grimaces de gamines. Elles s’amusent beaucoup, sans aucun doute ; le spectateur, lui, a le droit de s’ennuyer un peu — si ce n’est beaucoup.