Comédie écrite et réalisée par Mel Brooks, dont c'est le premier long-métrage derrière la caméra, Les Producteurs est un film de bonne facture. L'histoire se déroule à New York et nous fait suivre Max Bialystock, un producteur ayant connu la gloire quelques années auparavant, mais qui désormais connaît des difficultés financières pour monter ses pièces. Pour s'en sortir, il escroque des dames âgées crédules toujours admiratives de ses œuvres. Un jour, il reçoit la visite d'un comptable nommé Leopold Bloom, venu vérifier ses comptes. Alors qu'il constate des irrégularités, les deux hommes décident de monter un stratagème pour gagner de l'argent, consistant à emprunter plus d'argent qu'il ne lui en faut pour monter ses pièces, afin de le conserver en cas de flop. C'est alors que le binôme entreprend de monter une pièce qui fera un gros four à coup sûr en produisant une comédie musicale titrée Le Printemps D'Hitler, écrite par Franz Liebkind, un ancien soldat nazi nostalgique du troisième Reich. Ce scénario s'avère globalement plaisant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie, et ce malgré quelques tares, à commencer par son introduction paraissant interminable. S'ensuit une intrigue savoureuse durant laquelle les deux hommes véreux vont monter leur spectacle en approchant différentes personnes et en auditionnant des chanteurs afin de trouver celui qui jouera Hitler. Tout cela donne lieu à des scènes burlesques, notamment les séquences musicales irrévérencieuses chantant les louanges du Führer et faisant la propagande du nazisme. Hélas, certains passages un peu trop verbeux et lourds s'immiscent entre ces moments. Le ton est particulièrement osé et l'humour décroche quelques sourires tout du long, sans jamais être franchement hilarant. L'ensemble est porté par des personnages sympathiques, bien que l'hystérie ambiante est parfois usante. Des rôles interprétés par une distribution jouant de façon très théâtrale composée de Zero Mostel, Gene Wilder, Dick Shawn, Kenneth Mars, Estelle Winwood, Christopher Hewett, Lee Meredith, Andréas Voutsinás, Renée Taylor ou encore Barney Martin. Tous ces personnages extravagants, à côté desquels Leopold est sobre, entretiennent des rapports amusants. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut correcte. Sa mise en scène n'est pas très élaborée, elle fait simplement le nécessaire. Celle-ci évolue dans des lieux appréciables. Ce visuel tout de même assez terne est accompagné par une bande originale aux compositions nous offrant des notes guillerettes s'accordant bien avec l'ambiance légère et décalée. Les chansons de la pièce à la gloire du petit moustachu sont elles sacrément drôles. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à ce moment de détente impertinent. En Conclusion, Les Producteurs est un film valant le coup d’œil, sans pour autant être indispensable.