Cette romance narrée à travers des jeunes de la cité des banlieue est un documentaire filmé très intéressant du point de vue technique. Le choix des personnages est très pertinent, et on voit que les jeunes s'efforcent de vivre leurs personnages, et rien que pour ça, je mets 3 étoiles. Même s'il y a des défauts. Film à voir.
Par curiosité, j'ai voulu comprendre l'engouement autour de ce film, les césars... Grosse déception! Film profondément ennuyeux pour moi, je n'y ai vu aucun intérêt! Pourtant le sujet de base est intéressant, mais le niveau de jeu inégal, rend tout cela difficilement digeste! Sarah Forestier est tout bonnement insupportable, je pense par ailleurs qu'elle contribue largement au désintérêt profond que j'ai pu ressentir pour ce film! N'ayant pas vu La Graine et le Mulet, je ne sais pas si la côte de Kechiche est sur-évaluée ou pas, mais je trouve que L'esquive ne mérite pas toutes ces distinctions!!!
Une bande d'adolescents de banlieue montent avec leur collège la pièce de théâtre de Marivaux, "Le jeu de l'amour et du hasard". L'occasion pour le timide Krimo de se rapprocher de l'espiègle Lydia, et pour Kechiche de mettre en perspective langage littéraire et novlangue des cités HLM. Pour ce deuxième long-métrage (après "La faute à Voltaire"), le cinéaste franco-tunisien signe une œuvre attachante et engagée, consacrée à l'adolescence et au théâtre davantage qu'à la banlieue. Il en profite pour révéler Sara Forestier et Sabrina Ouazani, au sein de sa troupe de jeunes comédiens amateurs, qui comprend aussi Osman Elkharraz. La sincérité et la pertinence de "L'esquive" (2004) sont tels que le film décroche 4 Césars, dont ceux de meilleur film et meilleur réalisateur. La mise en scène et la direction d'acteurs de Kechiche sont unanimement salués, d'autant que "L'esquive" montre la banlieue sous un jour nouveau. La spontanéité et l'authenticité dégagée par le projet sont telles que l'on pense souvent à un documentaire. Une belle confirmation pour Abdellatif Kechiche, qui est alors loin d'avoir achevé son ascension.
Bon film d'Abdellatif Kechiche filmant à la manière d'un documentaire, les relations souvent tumultueuses de jeunes en banlieue, sur fond de répétition d'une pièce de Marivaux. Les dialogues et les situations sont très réalistes. Très bonne interprétation des comédiens, en particulier Sara Forestier et Sabrina Ouazani.
Pour commencer ça écorche méchamment les oreilles, on peut mettre dans une seule phrase tous les mots employés: "vas'y mon frère, j'vais te niquer...p'tain tu le kif ou pas??" désolée, pour l'orthographe, je ne sais pas vraiment comment tout cela s'écrit...le tout sur un ton agressif, un vrai bonheur!
Au delà de ça, véritable film-docu sur notre chère banlieue, avec un scénario en prime.
Cinématographiquement parlant, c'est une réussite, des émotions, des personnages attachants malgré tout, sans compassion, ni de politiquement correct.
Ce qui peut être plus difficile est de supporter 2h ce langage en se disant qu'il n'y a aucun espoir pour la banlieue qui n'a pas de vocabulaire pour s'exprimer, il ne reste donc que la violence...
Sur le papier, " L'Esquive " fait peur, laissant imaginer le pire dans le genre constat social banlieusard... Surprise : il n’en est rien. Progressivement, le scénario, subtil et fin, évapore les clichés, s’affranchit des comparaisons peu flatteuses et propose une histoire drôle, simple, juste, lumineuse. La gageur de " L’Esquive " est de proposer un marivaudage made in banlieue qui repose sur une multitude d’idées audacieuses. La première consiste à montrer une autre image de la banlieue sans les problèmes sociaux inhérents. Après une première Faute à Voltaire sur le monde des laissés-pour-compte, Kechiche pose sa caméra dans une banlieue ordinaire et se met à hauteur d’ados pris au cœur d’une mise en abîme et d’un vaudeville moderne où la réalité côtoie délicieusement le dérisoire. En filigrane, le cinéaste privilégie ici l’individu par rapport au groupe. Par exemple, le jeune Krimo se met au théâtre par amour et emprunte ce support pour déclarer sa flamme à celle qu’il aime secrètement. Il ne possède pas les mots pour lui dire ce qu’il ressent, de la même façon qu’il a peur de la réaction de ses amis. Incidemment, le film prend la forme d’une belle histoire d’amour entre deux personnages qui, prisonniers de leur condition, ne peuvent pas dire qu’ils s’aiment et dont l’issue de leur relation est inévitable. Cette situation sert de plan final au film. Cependant, si le cinéaste montre sans démagogie une image de la cité qui va craquer débarrassée de poncifs, son film n’est pas pour autant consensuel : le passage éclair des flics rappelle à quel point les jeunes issus de l’immigration et plus généralement des cités peuvent être parfois victimes des clichés haineux véhiculés par les médias, les réduisant à des délinquants. C’est une réalité que le réalisateur n’a pas eu envie d’éluder sans quoi son récit aurait sans doute été taxé d’angélisme. Mais il y a ici plus d’espoir que d’appel à la révolte : Kechiche a compris que montrer une image plus juste de la banlieue (sans pour autant l’améliorer ni la magnifier) pourra peut-être faire évoluer les mentalités.
Justesse (impressionnante) des dialogues, du ton, de l'expression, même dans des scènes complexes où tout le monde parle en même temps ; justesse (également impressionnante) des sentiments. La langue est pauvre, défectueuse, les codes de la cité sont violents, mais les sentiments, au fond, sont riches, complexes. La marge se situe entre la communication et le ressenti. Le film rend cela avec brio.
Ce film prend une tournure de documentaire. Il bénéficie de quelques moments très touchants, les acteurs sont merveilleux mais il est malheureusement trop long et le travail de caméra est assez mauvais. Il mérite ces étoiles pour les jeunes acteurs.
Le réalisateur Abdellatif Kechiche tourne sa caméra vers ces jeunes des cités tant décriées et y pose un regard humain. Oui, ils parlent tous beur même quand aucun de leur ancêtre n'a vécu de l'autre côté de la Méditerranée. Non, leur quotidien n'est pas fait que de violence. Comme tous les autres, ils se rassemblent, ils se parlent, ils s'aiment, ils évitent les ennuis autant que possible. Comme tous les autres, ils vont à l'école ; ils étudient Marivaux. Un Marivaux parfaitement incongru dans leur bouche, comme un intrus. Et pourtant, ces « Jeux de l'amour et du hasard » racontent-ils autre chose que leur quotidien ? Où est le hasard dans l'amour quand les pauvres tombent amoureux des pauvres ? Les pauvres se reconnaissent, ils se sentent, ils se trouvent, même quand ils se déguisent. Parce qu'on n'échappe pas à sa condition sociale.
Marivaux est ce lien entre hier et aujourd'hui, si proche, si loin, un lien si difficile à nouer. Le prétexte pour Abdellatif Kechiche pour nous raconter une histoire d'amour moderne dans les cités. Un récit tenu dans sa structure comme rarement en France, avec en fil rouge ces multiples variations sur le thème de l'esquive. Le tout, servi par une mise en scène simple et efficace. Et tendre. Chapeau bas.
Pas le chef d'oeuvre attendu mais un bon film qu'il faut soutenir pour le regard qu'il porte sur la banlieue, bien loin des clichés habituels. Même si l'histoire et la réalisation n'ont rien d'exceptionnel, les acteurs sont là pour nous faire rire, nous émouvoir mais aussi nous mettre très mal à l'aise. La Haine était un film coup de poing, pas celui-là, tant mieux il n'y a pas que des coups de poings en banlieue...