La puissance de The Nun’s Story tient à la rigueur esthétique avec laquelle il aborde son sujet, loin de l’exubérance contemporaine qui aurait, tel un Paul Verhoeven sur Benedetta (2021), multiplier les réquisitoires empesés contre l’Église et ses dogmes.
Il n’en est rien ici, et l’engagement du long métrage vis-à-vis de l’institution qu’il investit n’est justement pas un engagement contre elle : nous pénétrons dans l’intimité d’un couvent et partageons le chemin de croix enduré par une sœur qui peine à écarter le doute et la libre pensée pour rentrer dans le rang. En devenant Sœur Luc, Gabrielle accède à un service qui rime avec sacrifice, un service de Dieu qu’il faut réaliser dans la conformité des règles établies et de la dépossession de soi qu’elles exigent ; son vœu le plus cher demeure d’ailleurs le service des plus démunis, et non pas le service de Dieu, ou indirectement du moins. Le docteur Fortunati lui reproche son inaccessibilité comme s’il s’agissait d’une forme d’orgueil paradoxale : « il est impossible de parler à quelqu’un qui n’a pas le droit de se rappeler ».
Par l’intermédiaire de Sœur Luc/Gabrielle, le film interroge l’application des valeurs essentielles au christianisme que sont la charité, la compassion et l’aide à la personne, des valeurs qui dégénèrent en hypocrisie et en culpabilisation lorsque leur exercice se cantonne à un cercle fermé, des valeurs qui ne prennent sens qu’au contact des nécessiteux. Un plan magnifique dit cela : une fois arrivée au Congo, Hepburn découvre la salle d’opérations au sein de laquelle elle assistera le docteur en chef ; la porte du fond s’ouvre et dévoile un paysage naturel lumineux et chatoyant, perspective que refuse de contempler la sœur en rétablissant la pénombre dans la pièce. L’enjeu principal de la seconde partie de The Nun’s Story sera alors de pousser celle-ci vers la sortie, jusqu’à cet ultime plan tout aussi formidable, digne des westerns, représentant une porte ouverte sur la liberté.
Une œuvre immense portée par sa réalisation minutieuse et son actrice principale, Audrey Hepburn.
Exigeant, intelligent et délicat c'est le film d'un vrai metteur en scène avec une vision. Quant à Audrey Hepburn, elle est tellement inspirée, puissante vibrante, son travail vient de tellement loin, il est tellement précis, généreux, connecté, honnête sensible, qu'on se dit qu'elle n'est pas humaine. Elle est divine.
Fred zinemman... réalisateur connu pour le célèbre western" le train sifflera 3 fois" nous concocte une chronique d'une religieuse de son entrée à sa démission. Le film est très beau avec des scènes assez émouvante notament dans l'hopital psychiatrique. Le film n'est pas une plaidoirie contre l'église, ni meme une critique élogieuse mais on voit tout simplement la vie d'un couvent. Réalisation simple mais efficasse. Seul bémol, le film est un poil long.