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Gérard Delteil
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4,0
Publiée le 26 mars 2026
Billy Wilder réussit à rendre vivant d'un bout à l'autre un "film de procès", ce qui est déjà une performance en soi. Certes, nous avons droit à quelques "objection votre honneur", ou l'équivalent, mais ça n'étouffe jamais l'histoire. Le casting est exceptionnel, à commencer par Charles Laughton qui mérite le déplacement à lui seul. Marlène Dietrich s'en tire bien aussi. Seul le personnage de la victime a beaucoup vieilli. Le scénario est sans doute tiré par les cheveux, mais c'est la règle du jeu dans les adaptations d'Agatha Christie.
J'ai toujours un peu peur en regardant les films de procès de me perdre, de rien comprendre, mais la, avec "Témoin à charge" , Billy Wilder réussit un cours de théâtre dont le jeu de mots peut aller à deux sens, l'interprétation des comédiens et la surprise ! Un avocat, ayant des problèmes de santé suivi par la médecine, accepte une affaire d'un homme se présentant à son bureau, avant d'être arrêter, de le défendre car il s'estime innocent d'un meurtre d'une femme. S'en suit la visite de la maîtresse et les audiences qu'ils passeront et auquel des imprévus dans l'affaire pendant le procès. "Témoin à charge" possède un excellent casting dont les rôles sont taillés sur mesure comme des costards, c'est le cas du sympathique Charles Laughton en avocat, de l'énigmatique Tyrone Power et de la mystérieuse Marlene Dietrich. Ce long métrage possède un très bon scénario qui ne manque pas de rebondissements et d'une mise en scène remarquable du cinéaste Billy Wilder. Du très bon cinéma datant de 1957.
Un des mes films de prétoire où Laughton délivre une performance à la hauteur de son embonpoint... Le récit est vivement mené, chaque personnage apportant sa pierre à l'édifice (l'infirmière aussi intransigeante que bienveillante, l'inattendue mégère qui aide l'avocat) jusqu'au dénouement hitchcockien parfaitement amené.
Petit bijou de film judiciaire avec meurtre concocté par Agatha Christie. Presque tout se passe au prétoire avec surprises, coups de théâtre et rebondissements. Et surtout une prestation fantastique de l’immense Charles Laughton et des apparitions mémorables de Marlene Dietrich. Mais au-delà des débats en cour d’assise et de la dérision qui les accompagnent, Billy Wilder aborde le thème de l’amour-passion, du machiavélisme des hommes et de la fragilité de la justice. Un film de grande classe qui n’a pas vieilli le moins du monde.
C'est une belle pièce écrite par la maitre du genre, Agatha Christie. A la base une pièce de théâtre où les éléments d'entrecroisent continuellement. Un film sorti en 1957, maintenant en 2026, tous les acteurs et toutes les actrices du film sont décédés. Il y a Marlène Dietrich. Une histoire anglaise mais c'est néanmoins un film américain. Pour les oscars de 1958, c'est la meilleur film, le meilleur réalisateur, le meilleur acteur, Charles Laughton, la meilleure actrice de second rôle, Elsa Lanchester, le meilleur son et le meilleur montage. Six Oscars, c'est pas mal. Par contre, les voix françaises ne restent pas terribles. En particulier la voix d'une femme, une voix nasale très proche de la titi parisienne des années cinquante, c'est presque la voix à Arletty. C'est surtout le scénario qui reste très bien ficelé et qui rend le film très prenant. Pourtant c'est une histoire judiciaire qui semble, à priori, très banale.
Thriller judiciaire qui lorgne nettement du côté de la comédie, "Witness for the Prosecution" est une œuvre malicieuse signée Billy Wilder: un brillant et truculent avocat décide de défendre un homme accusé de meurtre et que tout semble désigner comme le coupable. C'est sans compter sur le déroulement du procès, particulièrement folklorique, indécis, souvent à la limite du burlesque, et en tout cas suffisamment bien écrit pour ne pas décrocher une seconde ! Adaptation d'une pièce d'Agatha Christie, le scénario réserve quelques bonnes surprises, et est bien servi par des interprètes enthousiastes.
Dans la série « Sorti des vieux cartons » - voir ma première réaction sur « Vertigo » - : « Témoin à charge » de Billy Wilder. Un vieil enregistrement et malheur, en VF ! Peu importe, à l’époque de ma jeunesse, les voix françaises ne paraissaient pas formatées comme aujourd’hui et surtout c’était de véritables acteurs, les doublures ! Bref, dialogues savoureux, mise en scène sobre et un peu figée en raisons des trois lieux : le bureau de Charles Laughton, le tribunal et le bar de la gare. Et contrairement à « Vertigo »sorti du carton direction corbeille, « Témoin à charge » n’a pas trop vieilli. La faute aux interventions de Tyron Power dans le tribunal ; elles frisaient par moments le ridicule. Par contre, Charles Laughton quelle bête de scène ! Il m’a toujours impressionné avec son physique ingrat ; Marlène Dietrich, la grâce et la glace, quel charme ; rien dans son jeu n’a vieilli. Ce film que j’avais enregistré dans les années 80 a pris une ride, pas plus. La ride de la sagesse. Il faudra que je me procure la version originale et ainsi il aura sa place sur l’étagère au même titre qu’un autre de Billy Wilder : « Some like it hot ».
Il ne faut pas dévoiler la fin de cette adaptation d'Agatha Christie, disait la bande-annonce de ce très bon Wilder. En fait, le revoir ne gâche pas le plaisir tant le rythme est intrépide: le mélange de brefs passages comiques au milieu d'un affrontement dramatique et sans pitié dans l'enceinte d'un tribunal s'enchainent avec fluidité. Charles Laughton et Marlène Dietricht crèvent tous les deux l'écran, le "gros" et têtu avocat face à l'élancée et entreprenante femme d'origine étrangère. La caméra se promène, s'attache à des détails, des clins d'oeil dans ce huis-clos d'une court de justice bondée, mais à aucun moment le fil de l'intrigue n'est perdu. Wilder maitrise, tout parait facile avec lui. Seul bémol, la pellicule sur grand écran mériterait d'être restaurée. Décembre 15
C'est un film de procès, à l'ancienne, je dirais, avec un jeu d'acteurs différent de celui qu'on connait aujourd'hui bien sur. Le scénario est basé sur le roman éponyme de la célèbre Agatha Christie et il est interprété ici par 3 grands acteurs, C. Loughton, T. Power et M. Dietrich et réalisé par le nom moins grand réalisateur B. Wilder. Le film est plaisant à regarder, l'intrigue intéressante et facile à suivre. Ce sont surtout les personnages masculins qui marquent le film je trouve et notamment l'accusé et son avocat, L. Vole et Sir Wilfrid joués par T. Power et C. Loughton respectivement. Mais la femme de l'accusé, M. Dietrich, n'est pas en reste car elle est sanguine et pleine de ressources. La fin est le coeur du film en fait, car c'est un enchainement de rebondissements.
Parmi les œuvres de Wilder loin d'être exceptionnel mais cela reste un film parfaitement maîtrisé malgré tout donc de qualité dans la réalisation. Wilder d'attaque donc ici au sujet du procès avec le personnage de l'avocat attachant et très bien interprété sur fond d'histoire amoureuse et d'argent. L'histoire reste tout de même bien classique et sans vraiment d'originalité ni de suspense malgré quelques petits rebondissements.
Un film de procès haletant, parfaitement écrit, interprété et réalisé. Je suis seulement un peu gêné par l’avalanche finale de twists qui est censée faire la puissance du film (et je suppose du roman qu’il adapte), mais a aussi quelque chose d’un peu lourd par rapport à la finesse du reste. La véritable idée géniale (là encore celle du livre sans doute, mais magistralement exploitée par le film), c’est ce personnage d’avocat dont la santé part en lambeaux et qui porte chaque coup au péril de sa vie. C’est ce qui donne au scénario toute sa tension: on regarde finalement moins un film de procès qu’un film de sport.
La dramaturgie du procès criminel est une mine d’inspiration pour la fiction cinématographique dont les américains ont su tirer le meilleur partie. Le film de Billy Wilder est un des plus grands modèles du genre, avec un art du dialogue et du retournement dramatique formidable. Il est assez surprenant qu’une production américaine ait choisi un décors et une procédure britanniques, alors que le film de procès a mis en scène la procédure criminelle américaine jusqu’en en a faire un modèle dans le monde entier. C’est peut-être là ce qui fait le principal défaut du film : la couleur « british » est trop pittoresque, avec son humour de convention encombrant la plupart des scènes. Marlene Dietrich tient un de ses plus rôles tragiques les plus magnifiques.
A l’origine, c’est une nouvelle assez brève écrite par Agatha Christie en 1924. Je l’ignorais mais, au climat et scénario, j’en ai vite fait l’hypothèse. Tous les ingrédients de suspense sont présents tout comme des personnalités au double visage. Elle-même avoua qu’il s’agissait là de la meilleure adaptation cinématographique de l’un de ses romans… Ce n’est pas rien. L’histoire : un avocat à la santé fragile devrait se préserver, mais relève un défi, défendre un homme de meurtre. Tout l’accuse pourtant. Sa femme vole à son secours et l’avocat tente de démonter l’accusation. Commençons par le casting : au départ ce devait être Ava Gardner – Jack Lemmon pour le couple ; mais Marlène Dietrich emporta le rôle (son personnage est viennois donc logique) et Tyrone Power emporta le rôle masculin au détriment d’un jeune premier (Roger Moore) et d’un acteur trop cher pour la production (Gene Kelly). Cependant le clou de ce casting de premier choix n’est autre que Charles Laughton. Quel coffre, il porte les répliques les plus cinglantes et les plus teintées d’humour anglais de tout le film. Billy Wilder a écrit des dialogues brillants tout en dérision qui font 90% de l’intérêt du film lorsqu’elles sont lancées par Laughton. Celui-ci ne tarira pas d’éloge pour tout le travail fourni par le colosse anglais ; il incarne presque à lui seul le film. Ce film est grand « film de prétoire » truffé de suspense, d’humour et de rebondissements. Film de prétoire : donc unité de lieu, le film se découpe en 2 parties se déroulant dans 2 lieux différents. C’est l’aspect pénible de ce genre de film : trop statique car trop théâtrale. A sa sortie on le compara même à un Hitchcock. Outre le suspense, comme Hitch, Wilder use des mêmes ficelles pour brouiller les pistes : l’innocence est le crime, la froide indifférence est de l’amour, l’avocat croit être mettre du jeu mais il est une marionnette,…
Adapté d'un court roman d'Agatha Christie, « Témoin à charge » et devenu au fil des ans un classique des films de prétoires. Sa réputations est due entre autre aux multiples rebondissements situé dans les 10 dernières minutes. On peut également retenir la prestation de Charles Laughton à qui Billy Wilder avait donné carte blanche pour son personnage. L'acteur libère ici tout son génie créatif. Reste que ce film n'est pas le plus personnel de son auteur, il n'en est pas moins un aimable divertissement dynamique et drôle, dans un genre souvent solennel et figé.