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Eowyn Cwper
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2,5
Publiée le 21 décembre 2020
On le connaît, le Sordi duel, l'extravagant dindon de toutes les farces. Il est ce que le public italien attend, le démon semant la tentation sous un déguisement d'agneau. Mais quitte à se servir de sa position de réalisateur bien installé, Risi va donner à l'acteur un rôle sous-jacent à celui de concrétiseur de péchés.
En effet, il demeure un cinéaste du peuple, enfermé dans la comédie qu'il a contribué à rendre populaire, mais aspire à quelque chose qui puisse en dépasser. Cela se sent pour une des premières fois dans Le Veuf, où l'ambiance s'accompagne d'un étrange malaise. Ce n'est pas la concupiscence ou le manque tous azimuts de "valeurs catholiques" dont le cinéma italien nous permet cette fois de rire, mais carrément de la mort et les pulsions meurtrières.
Sordi est heureusement parfait pour dédramatiser l'indédramatisable, mais on ne sait plus trop quelle valeur accorder à son caractère immoral. D'un côté, il contrebalance un genre de plus en plus formaté et permet à Risi de relâcher la pression dans la bonne humeur. D'un autre, il est juste... là. Il rythme seul une comédie noire qui ne voit pas l'intérêt de changer d'orbite autour de son sujet, du moment que l'interprétation est constante. Même aujourd'hui, il est pour cela un peu difficile de la prendre totalement à la légère. La clé pour y parvenir s'est-elle perdue avec le temps, ou bien Le Veuf va-t-il suffisamment loin pour justifier ses points bloquants ?
Une sympathique farce italienne qui vaut essentiellement pour le jeu d'Alberto Sordi, splendide en mari et hommes d'affaires hypocrite. Quelques répliques sont amusantes mais la fin est prévisible et l'ensemble manque de rythme.
Comédie bouffonne préfigurant les sillons d’«Il Sorpasso», «Il Vedovo » (Italie, 1959) de Dino Risi s’attèle à l’absurdité cynique d’un couple bourgeois. Lorsque Risi le réalisa, l’Italie incarnait aux yeux du monde le foyer du néo-réalisme, une des pierres fondatrices sur laquelle se constitua le régime esthétique moderne. A la suite (une quinzaine d’années plus tard) des grands œuvres de Visconti, Fellini, Rossellini, des cinéastes comme Risi, Scola, Monicelli défendent la comédie à l’italienne, directement héritée des «téléphones blancs». Dino Risi pour «Il Vedovo» se détache entièrement du néo-réalisme et développe un humour populaire, jouant du fantasme des couples blasés. Un homme, Alberto Nardi, continuellement frustré par sa femme douée qui n’a de cesse de le rabaisser, la croit morte dans un accident de train. Alberto grime sa joie sous les apparats grossiers d’un chagrin. Risi enclenche dès lors le véritable feu de son œuvre en confrontant l’homme à sa femme, survivante à l’accident de son train. L’humour populiste très proche de celui des films de Zidi, hérité de la commedia dell’arte et du théâtre de boulevard, confond l’hystérie truculente d’Alberto Sordi ave celle de Louis de Funès. Polie par sa tradition classique et son ambition fédératrice, le regard que Risi porte sur la bourgeoisie se révèle non moins emprunt de cynisme. De cette curieuse, à défaut d’être réussie, imbrication du classique (régime artistique du passé) avec le cynisme (comportement regardant l’avenir) résulte un récit réussi, articulé par un metteur en scène sagace, artisan du cinéma plutôt qu’artiste du mouvement. La difficile progression de l’intrigue, s’arrêtant sur l’atmosphère de l’instant pour enfler les effets de l’humour, fait des séquences davantage des clichés que de véritables espaces de vie. Régression ou alternative, l’œuvre de Risi se démarque entièrement de l’héritage du néo-réalisme, lui préférant celui antérieur de la comédie bourgeoise.
Alberto Sordi est un chef d'entreprise endetté tout près de la banqueroute ?. Il est marié à une femme riche qui le méprise. De là à rêver de la disparition de l'épouse acariâtre et de l'héritage subséquent, il n'y qu'un pas... La comédie n'est pas autre qu'un show d'Alberto Sordi. Veule, fébrile, présomptueux, menteur, piteux, son personnage est tout cela alternativement ; il est un des "monstres" chers à la comédie italienne et à Dino Risi en particulier. Et finalement - précisément parce que c'est la comédie italienne- derrière la volubilité et les défauts du personnage, c'est sa fragilité qui se dessine. Sordi porte le film et le bonifie. Car le scénario n'est pas spécialement original ou ingénieux, comme on le mesure à certaines étapes élémentaires et rebondissements attendus du film. La farce est plaisante et grinçante, cruelle aussi pour son héros cynique. Sans doute manque-t-il au sujet une dimension satirique pour faire partie des oeuvres majeures de Dino Risi.
Voilà une comédie satyrique pas drôle. Un homme veut se débarrasser de sa femme.... Le sujet est loin d'être original et aucune situation ne fait rire. Pire elles sont toutes attendues alors le spectateur attend en vain que Sordi soit plus extravagant mais cela reste très moyen.
Lourde comédie, tout y est prévisible, et ça cause, ça cause... Sordi qu'on a vu génial dans le dernier sketch des "complexés" ne suffit pas, en plus il est seul. Il y a là un mystère: l'adoration de certains critiques pour le cinéma de Dino RISI , souvent très médiocre et ici quasi nul, alors que l'idée de départ était plutôt bonne..Étonnant, la misogynie des scénarios de ces comédies italiennes où les femmes sont soit des gourdes soit des dragons. .A ce compte-là, on pourrait tout aussi bien reconsidérer les films de Fernandel , généralement mieux entouré (J'excepte les films de Pagnol, bien sûr!).
Dino Risi, en vrai milanais, même si par la suite il est devenu romain d'adoption, met en scène dans le film un couple hors norme, mais correspondant à un ancien cliché encore bien d'actualité, et comment : le mari, romain, arrogant, se croyant malin et incapable dans les affaires, sa femme, milanaise, cynique et douées dans le business. Le couple, interprété par les excellents Sordi et Franca Valeri (tous les deux un vrai romain et une vraie milanaise) se retrouve vite dans un conflit ou' tous les coups sont permis. Sans être un fan inconditionnel de Dino Risi, le film, cruel dans son regard sur la société italienne, est franchement très amusant, à part quelques longueurs.