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Vincent D
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2,5
Publiée le 14 août 2019
Billy Wilder revisite le mythe perdu de la star déchue près de trente ans après boulevard du crépuscule Mais en faisant un film en 1978 de la même manière qu'il l'avait réalisé dans les années cinquante sans tenir compte des évolutions qu'a connu le cinéma et la société, il nous livre un film hors d'âge et à l'esthétique désuète. Marthe Keller en jouant notamment comme les actrices des années cinquante perd toute la vivacité qui caractérise habituellement son jeu et rend son personnage de star terne et sans charisme A l'image de ses personnages de stars vieillissantes et dépassées par leur époque , Billy Wilder, auteur de chef d'œuvres mythiques ,réalise son film de trop à une époque qui n'est plus la sienne. le film arrive cependant à nous toucher comme un chant funèbre (il s'agit je crois de son dernier ou avant dernier film)
Beau film, agréable à regarder. Le mystère est présent mais le film ne prend jamais le spectateur pour un idi0t. Tout se déroule de manière très propre. La première moitié pose des questions et la seconde apporte les réponses. Je n'attendais rien de spécial et je ressors très satisfait. Fedoraaaaa !
Je ne me souvenais plus très bien de ce film que j'ai revu hier soir à la télé. C'est un chef d'oeuvre. Tout est parfait : le scénario, la mise en scène et le jeu des acteurs. Billy Wilder est avec David Lean un de mes metteurs en scène préféré. Ces films ne vieillissent pas, contrairement à ceux d'autres cinéastes, pourtant réputés, de sa génération.
Un producteur américain cherche à contacter la légendaire Fédora, actrice de l'age d'or de Hollywood qui vit recluse sur une ile grecque pour lui proposer de jouer Anna Karénine. Fédora a vieilli et ne tourne plus. Elle semble ne pas vieillir. Dans ce film proche de "Sunset Boulevard" du meme Billy Wilder, réalisateur génial, si l'en fut, le scénario diabolique nous emmène derrière les apparences de l'industrie du cinéma et son glamour pour nous déstabiliser. Wilder n' a sans doute pas eu les moyens financiers qu'il aurait fallu pour réaliser ce qui reste une œuvre captivante à la limite de l'étrange sous la lumière grecque ou se joue une dernière tragédie. Puissant.
Ce film sent un peu le réchauffé: 1) Des susbtitutions d'identité peu vraisemblables. 2) William Holden derechef, mais pas vraiment à son meilleur. 3) Des variations sur les abus de la médecine avec un Ferrer peu nuancé, qui fait penser au Delon de "Traitement de choc", en moins grand- guignolesque toutefois. Pas la moindre émotion ne nous est communiquée par les acteurs et certainement pas par Marthe Keller, froide, appliquée. La psychologie des personnages est élémentaire et l'on a l'impression d'avoir vu tout cela maintes fois dans de mauvais téléfilms.
Fedora une grande brune, telle un fantôme, dissimulée derrière un fedora (grand chapeau), des lunettes noires et des gants blancs. Ainsi vêtue, elle évoque toutes ces stars en quête de discrétion et d'un peu d'intimité. Mais Billy Wilder est un voyeur et il nous plonge dans la sphère privée de cette femme mystérieuse, marquée et défigurée par la célébrité. En voyant ce film, il est impossible de ne pas penser à "Sunset Boulevard" (1950), autre chef-d’œuvre de Billy Wilder où une star du muet sombre dans la folie après que sa carrière se soit brutalement arrêtée à l'ère du parlant. "Sunset Boulevard" nous rappelle toutes ces icônes du cinéma muet qui ont sombré dans peu à peu dans l'oubli. Alors que "Fedora" (tardivement, le film date de 1978) c'est la fin du Studio system, du règne des studios hollywoodiens d'où l'apparition d'Henry Fonda (star de l'âge d'or) qui vient rendre un dernière hommage à la grande actrice que fût Fedora. L’œuvre du réalisateur est une sorte de mise en garde. Le cinéma à la faculté de capter la beauté, la jeunesse et de les inscrire sur la pellicule donnant ainsi accès à un semblant d'immortalité. Pourtant être acteur, avoir une belle carrière ne signifie pas devenir éternel. L'élégante Fedora qui dissimule ses mains derrière des gants blancs (symbole d’innocence ou encore qui signifie qu'elle ne laissera pas son emprunte dans la vie) n'est qu'une illusion. Sa voix fantomatique qui semble nous parvenir qui semble nous parvenir des limbes va dans ce sens. Et le spectateur c'est ce producteur sur le déclin, William Holden, qui en Fedora ce qu'il veut bien voir, cautionnant un monde d'apparences et de faux-semblants. Un film captivant !!