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Ricco92
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5,0
Publiée le 26 juillet 2019
En voyant le duo Depardieu/Dewaere réuni, on pourrait prendre Préparez vos mouchoirs pour un double des Valseuses. Il serait plutôt en fait une sorte de transition entre ce dernier et Beau-père. Ainsi, la première partie du film peut être vue comme une transposition dans la classe moyenne (et non plus chez les loubards) des Valseuses, avec sa vision humoristique et libertaire de la sexualité, mais l’apparition du personnage adolescent de Christian apporte une sensibilité et une thématique qui seront le centre de Beau-pèrespoiler: (la liaison amoureuse entre un adolescent et une adulte, même si les sexes seront inversés dans ce dernier film) . Blier continue à faire preuve d’un très grand talent d’écriture dans les dialogues et à se baser sur une intrigue solide (les dérives de sa seconde partie de carrière sont encore loin). De plus, comme toujours, le film est servi par une galerie impressionnante d’acteurs au meilleur de leurs formes (Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Carole Laure qui prend la place que tenait Miou-Miou dans Les Valseuses, le jeune Riton Liebman, Michel Serrault, Sylvie Joly…) : Blier aime ses acteurs et cela se voit. Il n’est donc pas étonnant de voir que cette œuvre portée par la musique de George Delerue et de Mozart fût récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger en 1979. Un des meilleurs films de Bertrand Blier !
Comment çà !!!! un film qui obtient l’Oscar du meilleur film étranger au pays des puritains et qui en même temps est interdit de projection à la télé française pendant des années : étonnant !!! Cette histoire absurde est celle d’un jeune homme qui met dans les bras d’un autre sa femme en espérant qu’elle retrouve le sourire. Ils deviendront amis mais se feront damer le pion par un gamin de 13 ans. On est en 1978, et avec son plaisir de choquer de faire bouger l’ordre moral établi ; sous la forme de la comédie, Blier légitime une forme de pédophilie et porte un regard misogyne sur la gente féminine. C’est ce qui a été vu au travers de ce film à l’époque. On pourrait aussi voir des jeunes hommes se comportant comme des enfants vivant dans le plaisir de l’instant présent ; et de jeunes garçons précoces ne souhaitant pas attendre des années pour que leur corps et leur tête soit en accord. Bousculer la morale bien entendu, mais sur les fondamentaux ces personnages ne sont jamais immoraux et ne franchissent jamais la ligne rouge. Même s’ils conservent un côté parfois cru dans les dialogues, ce film est surtout une comédie absurde tournant au conte comme le démontre son final déconcertant et magistral. Et 4 ans après le colossal « Les valseuses », celui-ci se montre plus tendre et délicat. Avec ses propos paillards et ses situations déjantés, « Les valseuses » atteignait des sommets que celui-ci beaucoup plus sage n’égale pas. Blier reforme le gargantuesque duo des 70’s avec Deweare et Depardieu habités par leurs personnages haut en couleur et libertaires. Cependant l’insolence dont faisait preuve Blier jusqu’alors tend à se fondre ici à l’image d’un duo d’acteur passant des blousons noirs aux vestons. De belles envolées surtout dans la première heure mais de vrais moments de bonheur comique subversif. A voir ou revoir tout-un-cinema.blogspot.com
Les retrouvailles du duo de génie Depardieu, Dewaere qui étaient tant attendu. Et bien il nous déçoit pas. De nouveau des répliques qui volent dans tout les sens . Certe beaucoup moins cru que Les valseuses mais j'ai beaucoup aimé sauf la fin qui est un peu bâclée. Mais quel plaisir de les retrouver
Comme quoi, il ne faut jamais désespérer... Après quatre films très moyennement voire pas du tout aimés, voilà enfin un titre de Bertrand Blier que j'apprécie. Non pas que celui-ci atteigne des sommets, mais il ne cède jamais à la vulgarité, est intelligent et nous propose un trio beaucoup plus attachant que celui des « Valseuses ». N'allez pas croire pour autant que tout cela soit conventionnel! Cela reste du Blier pur souche, et nul doute que les esprits bien-pensants pourront être choqués par l'évolution du scénario, le sexe restant le thème central de l'oeuvre. Reste que pour une fois, c'est presque avec délicatesse que le réalisateur de « Buffet froid » l'évoque, à l'image de cet étrange lien unissant Solange et le jeune Christian, que l'on n'arrive pas à trouver scabreux alors qu'il y aurait pourtant de quoi. Et quand en plus les dialogues sont pour une fois vraiment au service des personnages et les acteurs tous impeccables (mention spéciale à Michel Serrault), on se dit que le fils du grand Bernard a joliment réussi son coup... Bref, pas forcément de quoi sauter au plafond, mais un film étonnant et convaincant, étonnamment récompensé par l'Oscar du meilleur film étranger (c'est que les ricains étaient moins coincés à l'époque!).
« Préparez vos mouchoirs » de Bertrand Blier (1978) est sorti 4 ans après « Les Valseuses » et il en reprend un peu le canevas : Solange (Carole Laure) « n’a jamais envie de rien » en dehors de faire le ménage et de tricoter, et Raoul (Gérard Depardieu) va avec Stéphane (Patrick Dewaere) rencontré dans une brasserie, essayer de la « ressusciter » mais en vain. Les conseils d’un voisin (Michel Serrault) seront également sans effet mais lors d’une colonie de vacances, Solange va être attiré par le jeune Christian (Riton Liebman), un enfant de 13 ans surdoué que ses parents ont envoyé dans cette colonie avec des enfants de mineurs et d’ouvriers afin qu’il se « forge » à sa future profession de chef d’entreprise à Béthune. Gérard Depardieu monopolise un peu trop le film avec sa gestuelle et ses grandes déclamations, aux dépends de Patrick Dewaere plus dans un registre d’humour (cf. sa collection de Livres de Poche et sa passion pour Mozart) et de finesse… Serrault joue du Serrault. Le petit Christian est par contre très à l’aise dans ce rôle de tête de turc de la colonie et dans son approche de Solange, l’amour de sa vie ! La fin n’est pas sans rappeler « La vie est un long fleuve tranquille » de Chatiliez (1988) puisque le père de Christian terminera gâteux dans un fauteuil comme Daniel Gélin… avec bien sûr le tricot fétiche de Solange. Un film qui manque un peu de souffle face aux valseuses même s’il a obtenu l'Oscar du meilleur film étranger. A noter une parole prémonitoire de Patrick Dewaere « Mozart, le pauvre mec, il est mort à 35 ans... 35 ans, tu te rends comptes de la perte ? » or Dewaere est mort à 35 ans également alors que pour ma part il aurait été un « Mozart » face à Depardieu !
Bon cru de Bertrand Blier qui est un peu la suite soft de son film "les valseuses"..Le tandem Dewaere / Depardieu marche encore..moins avec Carole Laure...on preferre Miou Miou en effet elle joue un peu le même rôle en moins marrant et moins charismatique..l'histoire est précurseur de son futur film "Tenue de soirée"..tirade sur Mozart mort à 35 ans de Dewaere hélas trop réaliste quand on sait sa triste fin à 35 ans...il est toujours épatant en prof dépassé par les événements..
Comme souvent, Bertrand Blier entre brutalement dans le vif du sujet. A l'occasion d'une longue scène d'ouverture, Blier parvient à établir à la fois les personnages, la situation et le ton, que l'on sait provocateur et favorable au paradoxe. Presque surréaliste, cette scène où Depardieu propose Carole Laure, sa femme neurasthénique, à un inconnu (Dewaere) dont il exige qu'il lui redonne la joie de vivre, est un brillant numéro d'acteurs et de dialoguiste. Dès lors, il souffle sur ce ménage à trois (le fameux triangle cher à Blier) un parfum d'amoralité et d'absurde. Au-delà de l'amusement qu'il procure, Blier donne une image cohérente et humaine de la détresse ou du désarroi des personnages. spoiler: La fin du film est à cet égard surprenante par sa rupture de ton et d'esprit, laissant ouvertement la place aux sentiments qui sébauchent dans la relation interdite entre Solange et un adolescent surdoué qui relègue les deux hommes (ultime pied-de-nez) à un rang accessoire. Dénouement métaphorique d'ailleurs un peu long. A choisir,on préfère le Blier de la première partie, habilement ironique, incisif et iconoclaste.
Un très bon film de B. Blier avec les 2 acteurs des Valseuses, les grands Depardieu et Dewaere, qui ne sont pas cette fois-ci accompagnés de Miou-Miou mais de la belle C. Laure. On a comme souvent avec Blier affaire ici à une comédie sociale, avec un ton grinçant, voire loufoque et absurde. Le début du film est très bon, on en perd pas une miette. Par contre la seconde partie est pour moi mois intéressante, lorsqu'ils deviennent moniteurs de colo partant dans des aventures un peu rocambolesques.
Après la réussite critique et publique de " les valseuses", Bertrand Blier, quelques années après, reprend le tandem Dewaere-Depardieu et Carole Laure ( actrice, chanteuse canadienne) qui succède ( avantageusement selon moi) à Miou Miou.
Blier tente une fois encore de secouer les conventions du couple petit bourgeois .( fidélité, monogamie notamment) et propose une tentative d'explication des difficultés de compréhension dans les relations de couple entre l'homme et la femme.
Pour Blier, la femme, simplement, répond surtout de manière irrépressible à la pulsion de vie en voulant enfanter..
Le réalisateur en profite pour égratigner au passage la poursuite de l'accumulation de biens matériels ou culturels, dans lesquels il ne voit que des tentatives insatisfaisantes, vouées à l'échec, d'accéder à l'équilibre voire au bonheur.
Les rapports adultes-adolescents sont aussi évoqués sur un ton qui ne passerait peut-être plus aujourd'hui ( le film date de 1978) et est sans doute finalement, à y regarder de près, plus iconoclastes que " les valseuses".
Au plan formel, la première partie est beaucoup plus réussie que la seconde qui déséquilibre un tout petit peu l'harmonie d'ensemble de " préparez...".
On peut aussi regretter, l'étirement appuyé de scènes ( certes parfois très drôles) qui donnent à certains moments l'impression d'un manque de rythme.
Les décors et le climat trop répétitif, contribuent à altérer la qualité d'un film qui manque de fluidité.
La force du film repose surtout dans le casting absolument remarquable et formidable dans son ensemble.
Les aficionados des deux acteurs principaux ne le manqueront surtout pas et soulignons le charisme de Carole Laure qui possède, dans un registre voisin du personnage de la femme incarnée par Miou Miou dans " les valseuses", un rayonnement plus éclatant que celui de l'actrice française.
Couronné de l'oscar du meilleur film etranger, Bertrand Blier conforte avec ce film, la place de cinéaste dont la filmographie se situe à la lisière entre le cinéma d'auteur (auquel il appartient sans aucun doute, même s'il n'est généralement pas considéré comme un cinéaste majeur ) et le cinéma grand public.
En reformant sur duo gagnant des "Valseuses", Bertrand Blier nous offre un film comme il sait si bien les faire : sujet improbable mais parfaitement réussi, dialogues ciselés sortant de la bouche d'acteurs fabuleux avec un mélange de cynisme et de tendresse. Car dans cette histoire de mari voulant redonner le sourire à sa femme, il y a beaucoup de tendresse et aussi d'amertume. Dommage que la deuxième partie soit moins bien avec la présence d'un gamin indispensable pour le scénario mais joué de manière insupportable.
C'est toujours un peu le problème avec Blier : de bonnes idées, mais pas toujours la capacité de les mettre correctement en scène. La première partie du film est monstrueusement chiante, et sans grand intérêt. Depardieu et Dewaere n'avaient déjà plus rien à prouver, et même s'ils sont bons, on ne se rappellera pas de leurs prestations ici comme faisant partie de leurs meilleurs rôles. Michel Serrault de même. En revanche il y a Carole Laure et le jeune Riton Liebman, et c'est là que le film devient intéressant. La relation de leurs personnages, quelque peu "choquante" (bien qu'assez habituelle chez Blier, même récemment dans son "Bruit des Glaçons"), est en fin de compte le pilier même du film. Pas mauvais, donc, même parfois plutôt bon, mais ça ne vaut pas "Les Valseuses" ou "Buffet froid", les deux seuls très bons films de Blier.
Avec Bertrand Blier on a l’habitude d’assister à des comédies de mœurs assez provocantes, mais là il faut avouer qu’il pousse le bouchon assez loin. Si la première partie du film reprend les bases du scénario des « Valseuses », à savoir deux hommes qui souhaitent le bonheur d’une seule femme, la seconde partie nous entraîne dans une histoire totalement incongrue. Une nouvelle fois, le réalisateur réunit Gérard Depardieu en impulsif au grand cœur et Patrick Dewaere en doux-rêveur. Ce duo offre des dialogues et des scènes excellentes (l’apparition de Mozart en particulier). Mais c’est surtout la relation incestueuse de Carole Laure, désireuse d’un enfant, qui s’enflamme pour un jeune garçon surdoué (l’incroyable Riton Liebman) qui bouleverse complètement les bonnes pensées. Jamais vulgaire mais terriblement troublant, ce récit a su éblouir les Américains qui lui ont décerné l’Oscar du meilleur film étranger en 1979. Bref, ajoutons à cela les apparitions de Michel Serrault qui sont absolument succulentes et nous sommes face à une œuvre inclassable, que l’on peut aimer comme détester, mais qui mérite d’être vue !
Blier fils et son verbe, tout une histoire. "Préparez vos mouchoirs" est la plus mélancolique surement. Depardieu/Dewaere, on peut pas faire mieux à l'époque. Pourtant une innocence perdue à quelques reprises, qui donnent des scènes bis-repetita, avec très peu de légèreté. Cela en devient même gonflant par moment. Mais Bertrand Blier sait ce qu'il fait, alors je le suis.
Blier réunit le duo Depardieu-Dewaere pour le plus grand plaisir du spectateur que les deux acteurs régalent grâce à des dialogues et des situations qui offrent des séquences savoureuses (en particulier celle de Mozart, qui part très haut et qui atteint le nirvana losque Michel Serrault débarque). Si le cinéaste à parfois un certain penchant misogyne, ce film s'en prend plutôt à ses deux personnages masculins, grands enfants incapables de comprendre le personnage féminin et de lui redonner le sourire, ce qu'ils s'échinent à faire durant toute leur aventure. Le film prend un virage surprenant au bout d'une heure, lorsque débarque dans leur monde un jeune garçon surdoué et plus mature.