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Un visiteur
4,5
Publiée le 17 janvier 2014
Commençant par une très belle musique et la scène d'une voiture sur une large route, ce film nous fait entrer de suite dans une atmosphère dramatique. Martin Ritt imprime sa marque d'entrée de jeu avec un Paul Newman rugueux au tempérament abrupt et aux réactions violentes. Il incarne Hud Bannon, un coureur de jupons, hâbleur, le fils de Homer Bannon (Melvyn Douglas, un éleveur de bétail, sans cesse en opposition avec Hud, frivole et désintéressé par l'élevage. Au travers de cette fresque, Martin Ritt nous dresse le tableau d'un conflit de génération entre un père attaché aux valeurs traditionnelles, intègre et travailleur et son fils, brutal, complètement amoral et sans scrupules, qui ne pense qu'à s'amuser et souhaite vendre les terres. Brandon de Wilde joue le rôle du petit-fils Lonnie, proche de son grand-père Homer Bannon et aux antipodes du caractère de Hud. Paul Newman est vraiment à l'aise dans ce rôle très fort de crapule sans vergogne, plus intéressé par l'argent que par le dur labeur d'éleveur. Idem pour Melvyn Douglas qui incarne à merveille un vieil homme digne et honorable. Les trois générations d'hommes coexistent avec la gouvernante Alma, une veuve aux manières directes et authentiques, incarnée avec brio par Patricia Neal, qui sera récompensée par un oscar pour ce rôle. Il faut savourer la scène du grand-père et son petit-fils, chantant avec toute l'assistance dans la salle de cinéma, une chanson qui sera un grand succès dans les années soixante. Ce film ne tient en rien du western mais bien du genre dramatique, un chef-d'œuvre parmi la riche cinématographie de Ritt.
Un film puissant, très peu connu du grand public, qui traite des relations et des valeurs familiales en plein déclin dans une famille de fermiers du Middle-west américain: Les Bannon. Hud Bannon, interprété par Paul Newman, ne reste dans le ranch de son père que parce qu'il compte en tirer profit par la suite. A lui seul il incarne l'homme sans foi ni loi, qui se moque de l'autorité, qui se moque de la morale et qui vit sans se soucier de son prochain. Le ranch familial est tenu par Homer Bannon, homme bon, travailleur et respectable, qui vit avec son neveu Lonnie et sa gouvernante férue d'aventure, Alma. Durant le film on assiste à la destruction progressive des liens familiaux, les relations entre chaque personnages sont minutieusement travaillées et sont toutes uniques. Le noir et blanc renforce l'ambiance assez sombre du film et sur un plan esthétique, le film est excellent. Un fond excellent servi par une forme des plus intéressantes, "Hud" est un grand film , avec des scènes très fortes, très poignantes et une mise en scène tout en sobriété mais très efficace de Martin Ritt. En prime, le quatuor principal d'acteurs est génial. Paul Newman aurait très bien pu avoir l'oscar du meilleur acteur et Patricia Neal ainsi que Melvyn Douglas n'ont pas volé leurs statuettes du meilleur acteur dans un second rôle dans leurs catégories respectives. Brandon De Wilde, incarnant Lonnie, se défend également face à cet impressionant trio. J'ai découvert "Hud" totalement par hasard et j'ai été très surpris par ce film peu connu mais qui gagnerait tellement à l'être. Excellent film, je le conseille vivement.
Scénario qui démarque le climat délétère qui règne entre un fils et son père après que celui ci l'ait contacté pour tuer tout le bétail du ranch de son vieux géniteur,terrassé par une épidémie de fièvre aphteuse. Même s'il est évident que les relations conflictuelles entre géniteurs et rejetons ont certaines été bien mieux adaptées à l'écran dans le futur et dans le passé, ces film de cow-boys de Martin Ritt tient bien la route et se laisse toutefois bien regarder. Patricia Neal sort bonnement son épingle du jeu et se révèle un jeu d'actrice qui ne passera pas inaperçue puisqu'elle remportera un Oscar. Notons néanmoins la solide prestation du jeune gaillard misogyne dans le rôle titre , Paul Newman. En résumé, un film qui remplit son cahier des charges.
Drame psychologique de Martin Ritt, autour du conflit entre trois générations d'hommes : le père, le fils et le neveu. Western qu'on présente comme moderne, un peu plat, peu spectaculaire, comme les grandes étendues du Texas filmées en noir et blanc, ce qui renforce un peu plus l'impression de vide et d'ennui. C'est surtout la performance de Paul Newman, accompagné du regretté Brandon de Wilde, qui se tua dans un accident de la route en 1972, de Melvyn Douglas, le patriarche, et de Patricia Neal, en femme usée par la vie, seule présence féminine au milieu de ce trio masculin, qui est à relever : anti-héros parfait, le spectateur a déjà une petite idée du cynisme du personnage, dès les premières minutes du film. J'ai rarement vu personnage aussi antipathique que ce Hud, ce qui est tout à l'honneur du talent d'acteur de Paul Newman, pour l'incarner et tenter de sauver ce qui peut l'être : cynique, égoïste, portant aussi la blessure secrète de ne pas être aimé par son père..
Mise en scène et direction artistique incroyables, casting ultra charismatique prononçant des répliques assez iconiques et une histoire écrite de main de maître. Une superbe opposition au sein d’une famille paysanne fascinante à suivre du début à la fin.
Une belle représentation, patiente et esthétique, du monde rural américain de l'époque. Le sujet de la transmission générationnelle, avec le contraste entre le personnage de Hud et son neveu, pourrait sembler un peu grossier, mais laisse en fait la place à l'interprétation et à la complexité.
Un très beau film en noir et blanc, une belle étude de caractères, avec ce conflit père-fils, tout en violence psychologique et émotionnelle. Un drame humain poignant, magnifiquement incarné par un Paul Newman jeune et beau comme un Dieu.
Rebel with a cause. Avec sa psychologie détaillée des personnages, "Le plus sauvage d'entre tous" est dans la veine des adaptations de Tennessee Williams, parfaitement rendues à l'écran ("Un tramway nommé désir" de Kazan, "Une chatte sur un toit brûlant" de Brooks ou "Propriété interdite" de Pollack). Comme Visconti avec "Le guépard", Martin Ritt ("Norma Rae", "Stanley et Iris") met en scène un film crépusculaire dans lequel il est question du déclin d'une famille masculine du Texas. A cause du caractère teigneux de Hud (un formidable Paul Newman), qui noie son mal intérieur dans la boisson, et aux hasards malencontreux de la vie, la lignée des Bannon va s'entre-déchirer. Le poids du passé, qui renaît soudain, ne va pas arranger les choses puisqu'on apprendra, au fil du récit, que Hud est responsable de la mort accidentelle de son frère. Quant au fils du défunt, Lonnie, il vit dans ce climat suffocant de non-dits. Pour détendre l'atmosphère, le patriarche a fait appel aux services d'une gouvernante. La contamination du cheptel, seule source financière, va être le début de la fin... La magnifique photographie en noir et blanc accentue la tragédie des Bannon.
Un super beau film, portant sur des thèmes communs qui méritent d'être étudiés. Un qui rappelle les difficultés des agriculteurs depuis des années et encore de nos jours. La place de la femme dans la société. La naissance du monde du pétrole. Une phrase qui m'a marqué : je ne veux que de l'argent d'un métier dont je puis être fier (pas sûr de la formulation exacte)
Je ne sais trop quoi dire sur ce film si ce n'est qu'il est génial. La photographie est vraiment parfaite (c'est aussi pour ça qu'il ne prend pas une ride), la direction des acteurs également, de même que la réalisation. Et Paul Newman, même en salaud complet, réussit à nous paraître sympathique grâce à la force de son charisme.
Le plus sauvage d'entre tous n'est peut-être pas le meilleur film de Martin Ritt car on peut lui préférer des films plus engagés (The Molly Maguires ou Norma Rae par exemple). L'histoire de ce fils au passé douloureux (Paul Newman, excellent et dans sa meilleure période), en mal de vivre, en conflit avec son père, fermier qui perd tout son bétail par la maladie et son passé prend une dimension surprenante autour du personnage d'une jeune gouvernante (Patricia Neal qui décrochera du meilleur rôle féminin) qui va semer le trouble dans cette famille au bord de la rupture. Un grand classique au bout du compte.
Newman est le mal-aimé. L’enfant terrible au sein d’une famille à laquelle manque l’amour. Un thème très actuel pour un western psychologique qui aurait pu voir James Dean dans le rôle. C’est dur et violent dans les relations filiales. C’est aussi un choc des générations. Les traditions et la jeunesse qui ne respecte rien…. Pas mal du tout.
En 1963, Martin Ritt signe un long-métrage dont le sujet principal aborde les conflits générationnels au sein d’une même famille. Paul Newman y incarne un homme égocentrique, alcoolique et violent opposé à la droiture de son père. Ce rapport de force, dépeint comme un affrontement entre le Bien et le Mal, entraîne des décisions fatales au sein de leur entourage. L’autre argument du film est de décrire une période charnière de l’histoire des Etats-Unis, celle où les valeurs fondatrices du travail des cow-boys volent en éclat face à la nécessaire rentabilité économique des exploitations agricoles. L’éternel combat entre les traditions et la modernité. Bref, un drame psychologique intense bénéficiant d’une remarquable photographie en noir et blanc.
Paul Newman dans un rôle antipathique de fils indigne, un peu à la James Dean. Un classique dans un décor de western avec un jeu Actor's studio parfois trop marqué mais qui se laisse regarder plaisamment.