Président par accident est une comédie satirique signée Chris Rock (réalisateur et scénariste), sortie en 2003, dans laquelle on suit Mays Gilliam, un politicien presque inconnu issu d’un quartier défavorisé, désigné “candidat de remplacement” par le Parti démocrate après la tragique disparition de ses candidats officiels. Il se retrouve propulsé sur le devant de la scène présidentielle, aidé de son frère Mitch, de conseillers plus ou moins compétents, et d’une ancienne compagne ambitieuse. 
Le film part d’un concept intéressant : mêler politique, comédie et critique sociale, tout en utilisant l’humour comme miroir des absurdités du pouvoir. Hélas, la tonalité ne parvient pas toujours à équilibrer satire mordante et comédie facile. Chris Rock tente de donner du relief à son personnage, et il y a des moments plaisants — certaines scènes de campagne, les seconds rôles, les dialogues qui pourraient faire mouche. Mais beaucoup d’efforts restent en surface : les enjeux politiques sont peu explorés, les caricatures sont trop marquées, ce qui enlève de la crédibilité à l’ensemble.
Le rythme est assez inégal : la première moitié du film fonctionne mieux, parce qu’elle installe le propos et l’absurde avec un certain charme. Mais dès que le récit s’approche de la “campagne présidentielle”, le film tourne un peu en rond, perd de sa fraîcheur, et certaines gags ne suscitent plus que le soupir. Visuellement et techniquement, ce n’est pas mal : les décors sont corrects, la réalisation fluide, mais il manque une touche de folie ou de prise de risque pour que ça ait un réel impact.
Président par accident est un film qui peut divertir si on est prêt à accepter les clichés et les facilités, mais qui peine à devenir plus que ce qu’il est : une comédie politiquement inspirée mais dramaturgiquement modeste.