Un des classiques d'animation Disney les plus faiblards et les moins mémorables. "Oliver et Compagnie" manque cruellement d'âme et de saveur. Adaptation contemporaine du roman "Oliver Twist" de Charles Dickens, ce film en reprend les grandes lignes de manière plus ou moins fidèle et en transposant le contexte dans le New York des années 1980 : Oliver est un petit chaton
abandonné en plein cœur de New York. Tous les chats trouvent un maître mais lui a un destin moins idyllique et doit finalement apprendre à se débrouiller seul. Jusqu’au jour où il rencontre Roublard, un chien à l’âme de chef courageux et un peu voleur sur les bords, qui entraînera Oliver jusqu’à sa cachette où nous rencontrons Tito le chihuahua à l’accent bien prononcé, Einstein le dogue allemand pas vraiment intelligent comme pourrait le faire croire son nom, Francis le bouledogue fan de cinéma et Rita lévrier afghan qui serait celle qui est la plus terre à terre et pleine de bon sens. Ces chiens vivent avec leur maître Fagin, sans abri, endetté jusqu’au cou, qui trouve du réconfort à travers ses animaux. Il est le gentil méchant de l’histoire : chaparder est sa manière de vivre tout comme les animaux qui vivent au même rythme que lui. Malheureusement, Fagin fait affaire avec un malfrat Sykes qui est le vrai méchant de l’histoire et qui causera les principaux soucis du film. Oliver, pendant une mission braquage, fait donc la connaissance de Jenny qui se liera très vite d’amitié avec lui. Jenny est une petite fille délaissée par ses parents qui vit avec son majordome et une chienne nommée Georgette qui se prend pour une grande star. Jenny cherche en Oliver une présence et l’amour que ses parents ne lui donnent pas. Malheureusement elle sera très vite embarquée dans les mauvaises histoires de la bande d’Oliver, mais la jeune fille est courageuse et elle sait qu’elle pourra compter sur Oliver pour lui venir en aide
. L'histoire est relativement originale pour un Disney puisque c'est l'un des premiers Disney se déroulant dans une époque contemporaine, elle est vraiment intéressante avec ces thèmes de la pauvreté, de l'abandon, de la lutte des classes sociales, mais elle fonctionne bien et apporte son lot d'action et de péripéties, avec parfois des scènes assez tristes (le début du film où
Oliver ne trouve personne pour l'adopter
), d'autres plus joyeuses (les scènes d'amitié entre la bande de chiens, d'affection entre Oliver et Jenny, etc...), certains passages sont également très émouvants, comme lorsque l'on ressent la détresse de Fagin, ses dilemmes moraux (lorqu'il fait
du chantage à Jenny qui demande juste à récupérer son chaton Oliver
), etc... On a donc ici une histoire intéressante mais qui comporte pas mal de développements trop rapides (une amitié construite de manière très superficielle entre Oliver et les chiens errants notamment, on n'arrive jamais à croire à cette pseudo-fausse amitié improbable), mais l'affrontement final
contre le boss méchant mafieux Sykes est véritablement trippant et dynamique avec une mort très violente et brutale et bien méritée de Sykes
. La rencontre avec Penny est également assez rapide et au final le lien d'affection entre elle et Oliver est certes mignon et attendrissant mais au final c'est traité de manière assez superficielle. Par ailleurs les personnages sont légions dans "Oliver et Compagnie", très nombreux et trop stéréotypés. Oliver, le rôle titre, est le faire-valoir du film, son ciment. Il subit en effet l'action plus qu'il ne l'a dirige. C'est le gentil héros par excellence, adorable petit chat, adopté par une bande des rues puis par une fillette des beaux quartiers. Au premier abord, il a l'air insipide. En fait, il est plus subtil qu'il n'y paraît car, tout frêle qu'il soit, il a "son" caractère et quelques défauts. Déjà, il ne craint pas, malgré sa condition de chaton, de demander des comptes à un chien, Roublard, qui a eu l'audace
de lui chiper une saucisse
. Son courage inné lui permet ainsi de
se trouver des amis et d'accéder ensuite plus tard à son propre foyer adoptif. Et justement, quand il quitte la rue, il n'affiche pas trop de regrets à l'idée d'abandonner les vagabonds qui l'ont pourtant recueilli
. Oliver est assurément un chaton qui a les pieds sur terre et sait défendre ses intérêts. Cependant au final au vu de son comportement très égoïste, il n'est pas très attachant mais il est difficile de ne pas l'aimer tant il es mignon et tendre même s'il a une personnalité très plate. Roublard est quant à lui le véritable héros du film. Sympathique, avenant, courageux et fidèle, il est difficile de ne pas succomber à son charme. Il est, en effet, un mix de Clochard dans "La Belle et le Clochard" et de Pongo dans "Les 101 Dalmatiens". Il tire son capital sympathie du mélange subtil entre ses nombreuses qualités (la fidélité, le courage, le sens de l'amitié...) et son principal défaut (la roublardise). Il n'hésite pas ainsi à défendre ses amis ou son maître quand le danger guette. Les autres personnages de la bande sont malheureusement soit vides soit très irritants comme Tito le chihuahua caricature de mexicain insupportable ou Georgette la duchesse narcissique antipathique (d'ailleurs leur "couple" est sans doute l'un des pires couples Disney). Les autres membres de la bande de chiens de Fagin sont eux totalement sans intérêt et totalement oubliables. Fagin dispose de trop peu de capital sympathie pour pouvoir prétendre recevoir l'affection, car cela reste un malfrat lâche, faible et peu sympathique bien qu'il soit assez pitoyable, surtout en ce qui concerne son intrigue avec Sykes. Jenny suit peu ou prou le même parcours. Censée représenter la richesse, la vie facile et la famille idéale, elle pêche, il est vrai, par une banalité affligeante. Pire, on peut lui tenir rigueur de sa trop forte ressemblance avec Penny dans "Les Aventures de Bernard et Bianca", sans disposer de son charme. Un vrai crime de lèse-majesté dans l'inconscient collectif qui la condamne aux affres du rejet. Le méchant n'est quand à lui pas plus accepté ! Si, suivant ici la construction de "Taram et le Chaudron Magique", il jouit d'une superbe entrée en matière, il se transforme trop vite en vilain ridicule jusqu'au final qui lui ôte définitivement tout espoir de rayonner un jour. Et pourtant, Sykes, homme d'affaire véreux, effrayant et inquiétant à souhait, capable de s'en prendre aussi bien à
un clochard qu'à une petite fille
, avait de quoi décrocher une place de choix dans le club des meilleurs méchants Disney, mais au final il est trop
peu présent
et sert d'enjeu mineur sans vraiment avoir de grand impact dans l'histoire. Ses dobermans, Roscoe et DeSoto, conservent eux, tout du long, leur rang de brutes épaisses, parfaitement menaçantes et inquiétantes ! Cela étant, les décors de la ville de New York sont très réussis, l'animation est très réussie, très belle. "Oliver et Compagnie" intensifie en outre l'utilisation d'un nouvel outil : l'image numérique. Le recours à l'ordinateur est ainsi fait pour un tas d'objets dont l'animation s'avère longue et fastidieuse. Et ils sont légions dans le film à l'exemple de tous les véhicules, canalisations, pianos, tunnels, métros, ponts, lunettes, etc... L'ordinateur permet, en outre, une plus grande liberté dans les jeux de caméras en particulier pour les scènes d'action. Le résultat est flagrant pour les scènes dans le métro ou pour le final sur le pont de Brooklyn même si, il faut bien le reconnaître, les changements d'outils d'animation tout au long du film passent le plus souvent inaperçus aux yeux des néophytes. Concernant les chansons, aucune n'est mémorable à part bien entendu la chanson de Roublard intitulée en VO "Why should I worry ?", extrêmement fun, dynamique, entraînante et mémorable. C'est aussi un film très référencé, avec plein de références à d'anciens Disney ("Blanche-Neige et les sept nains", "Les 101 Dalmatiens", "La Belle et le Clochard", et même Mickey...). Mais la morale est assez limite et mal faite au final. Bref, un Disney pas marquant et vraiment pas terrible au final, fade et sans âme, assurément l'un des pires Disney, mais datant de 1989, il a le mérite d'avoir initié la formule qui donnera lieu à l'âge d'or des studios Disney des années 1990