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Jerican
14 abonnés
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5,0
Publiée le 13 septembre 2025
J'ai découvert Nanni Moretti au moment de La chambre du fils et à ce moment-là, j'ai vu ses films précédents dont Palombella Rossa. Heureux qu'il ressorte, je me suis précipité et j'ai retrouvé le même plaisir, la même euphorie teintée de nostalgie, de mélancolie, de lien à l'enfance, tout ce que j'ai trouvé quand je l'ai vu la première fois et dans la plupart des films de Nanni Moretti. Un sens de la mise en scène, un sens du burlesque, de la rage, de la colère, de la poésie aussi. On est submergé par des émotions entre rires et larmes, c'est cliché, mais c'est vrai et aussi par la précision et inventivité du propos, de la narration. Aussi, tous les personnages existent et leurs acteurs les subliment. Tel un Silvio Orlando devenu le grand acteur italien qu'on connaît ! Merci Nanni pour tout !
Ce qui est cool avec les films de Nani Moretti, c'est la richesse. C'est très dense. Il se passe plein de choses et l'on sans rends parfois même pas compte. Que ce soit sur le texte qui est très dramatique, ou dans la fabrication d'images. Très sympa, après il s'agit d'un cinéma très appart. On ne connait pas spécialement les raisons ayant mené l'auteur à faire tout cela. Clairement ça semble personnel. Une psychanalyse, dont l'idée ne me branche pas trop; je ne le connais pas je ne peut pas dire si tout cela est valable. Autrement, c'est un film cool. Le water polo servant la construction narrative du film. Un usage de la musique très sensible, c'est agréable. Et plus généralement il s'agit d'un film plein de sensibilités. Tout est primordiale. On a aussi pleins de familiarité avec ses guimicks. Le type qui en suit un autre pour des raisons donnant du recul à ce que fait et pense le personnage que joue Moretti. Rajoutons à cela une palette de trucs sur le thème du cinéma. C'est une petite pépite de cinéma qui donne à la pelles des belles choses.
Chronique d’une révolution chlorée (À propos de la version restaurée de Palombella Rossa, ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le chlore) Il est des paysages cinématographiques qui vous hantent à jamais : la brume de Ferrare chez Antonioni, la Rimini de Fellini, la Vespa de Moretti tournant autour du Trastevere. Et puis il y a Palombella Rossa, qui nous enferme courageusement pendant deux heures dans une piscine municipale — un baptême, non de feu, mais de chlore. Nanni Moretti, prophète des névroses romaines, devient ici le maître-nageur des idéaux perdus. Son protagoniste, un communiste frappé d’une amnésie bien commode, est contraint de redécouvrir le sens du politique en reprenant son souffle entre deux temps morts de water-polo. La question plane, telle une vapeur au-dessus du bassin : le communisme est-il un système d’idées ou un match amateur mal arbitré ? Moretti, bien sûr, répond en ne nous montrant ni l’un ni l’autre. À la place, nous recevons un tsunami de répliques absurdes hurlées à travers les carreaux réverbérants : « Le Parti doit être comme une contre-attaque ! » « La faute est le moteur dialectique de l’histoire ! » « Passe-moi la balle, camarade ! » Ces fragments tourbillonnent dans la brume chlorée, mêlant Marx à Marco Polo. Il faut admirer tant de perversité. À une époque où le cinéma offrait encore le luxe des terrasses romaines, des balades en Vespa et des comédies cappuccino, Moretti nous entraîne dans un cauchemar aquatique. Quatre-vingt-dix-huit pour cent du film se déroule dans le complexe de la piscine, où les figurants hurlent comme possédés, chœur d’hystérie évoquant à la fois les assemblées politiques et les cours de natation pour enfants. S’agit-il d’une satire de l’idéologie ? D’une glorification des corps d’athlètes ? D’un hymne à la futilité de la dialectique face au coup de sifflet de l’arbitre ? Nul ne le sait. Le paradoxe est parfait : Moretti critique la politique en la noyant dans un bain de chlore, transformant Marx en bouée en caoutchouc flottante. Aujourd’hui, dans sa version restaurée, Palombella Rossa brille d’un éclat plus absurde encore. La qualité d’image améliorée nous permet d’examiner chaque goutte de sueur et d’eau chlorée, chaque tressaillement du visage de Moretti, tandis qu’il tente de nous convaincre que le water-polo amateur peut porter le poids allégorique d’une époque. Y parvient-il ? Peut-être en 1989, quand les dialogues dadaïstes et les subjectivités éclatées passaient encore pour de l’expérimentation radicale. En 2025, cela ressemble davantage à une interminable répétition de slogans absurdes criés dans un mégaphone, au fond d’un sauna. Et pourtant, il faut bien l’avouer : le film fascine précisément parce qu’il échoue avec tant de grandeur. C’est un monument à l’ennui érigé en allégorie politique, une tentative héroïque de transformer le chlore en idéologie. Moretti nous oblige à contempler la lente noyade de l’utopie — et s’assure que nous sortions, nous aussi, du cinéma à bout de souffle. Alors, que reste-t-il après toutes ces fautes, ces coups de sifflet, ces idéaux oubliés ? Peut-être seulement ceci : que les révolutions, comme les matchs de water-polo, se décident moins par la tête que par la capacité pulmonaire.
Ces italiens en hurlant dès la première nous ont fait fuir au bout d une demi heure L histoire et le scénario sont aussi nuls ÉVITER DE PERDRE VOTRE TEMPS
La crise existentielle burlesque et mélancolique d’un député communiste amnésique pendant une partie de waterpolo, interprété par un Nanni Moretti insupportable à hurler pendant tout le film.