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1,5
Publiée le 4 mai 2021
Je suis un grand fan de Burt Lancaster. C'était l'un des meilleurs acteurs peut-être même le meilleur mais gagné un Oscar pour Elmer Gantry, le charlatan est tout simplement exagéré. Le film est trop long n'a pas bien vieilli et semble ne mener nulle part. La grande erreur est cet avertissement au début. Il m'a dérouté et probablement d'autres aussi parce qu'il est clairement pro-chrétien mais ensuite il ne décide pas si Elmer est un escroc ou un homme bon. Croyait-il ce qu'il prêchait ou était-il seulement un acteur s'il agissait pour quoi faire juste pour l'amour de la femme évangéliste. Le film ne décide jamais quel genre de personne Elmer est réellement. Une foule vient pour perturber le service mais lorsque la femme évangéliste commence à prier ils se mettent tous instantanément à genoux et prient avec elle oubliant qu'ils étaient là pour se moquer d'elle. Elle a même guéri un homme mais nous ne savons pas si le film montre cela comme quelque chose de bon ou de mauvais. Et puis il y a ce journaliste qui est athée et pourtant il va à chaque sermon et est fasciné par la femme évangéliste il ne fait jamais vraiment la part des choses. Je voulais vraiment aimer ce film mais son message flou le rend faible...
Portrait d'un faux prédicateur dans l'Amérique des années 20. Une œuvre passionnante et envoûtante sur les dérives de l'apostolat, portée par les presta grandioses et Oscarisées d'un Burt Lancaster déchaîné et d'une Jean Simmons lumineuse.
C'est un film exigeant car on ne fait que suivre des prédicateurs fondamentalistes chrétiens pendant 2h20, il vaut mieux ne pas être fatigué pour le suivre. Certes les thèmes abordés sont intéressants mais c'est quand même long pour traiter un tel sujet. Burt Lancaster est très bon en charmeur au sourire carnassier, il porte véritablement le film sur ses épaules - la performance lui vaudra un oscar -. Je trouve quand même que le scénario est très clément avec ses personnages principaux et qu'il les rend même sympathiques, ce qui est un peu contradictoire par rapport au thème, le film en perd beaucoup en force critique.
Sacré Burt !! Il est parfait pour ce genre de rôle, vulgaire, mais beau parleur, passer d'une ville et d'une femme à l'autre, jusqu'à la rencontre, quasi divine, avec une sœur du Renouveau Évangélique, de quoi lui donner de nouvelles convictions, guère en adéquation avec son passé.
Avec Elmer Gantry, Richard Brooks signe un pamphlet contre les branches religieuses plus récentes, les foules vulnérables et l'hypocrisie humaine, que l'on trouve dans tous les coins et chez, presque, tous les personnages. Il égratigne le business de la religion, à travers, notamment, le journaliste (son monologue lorsqu'il dicte l'article critiquant ce commerce de Dieu est saisissant) qui suit le culte évangéliste, et décrit, avec brio, la société puritaine américaine, ses personnages qui sortent du lot, souvent par une personnalité extrême, d'un côté comme de l'autre.
L'une des forces du film, c'est de parvenir à faire passer ses messages sans lourdeur même si les retournements de vestes de l'opinion publique manquent parfois de subtilité, et surtout de ne diaboliser aucun personnage ! On s'attache même à Elmer, notamment lorsque son passé refait surface. Si le journaliste est bien vertueux, les autres personnages sont terriblement humains, dans ce qu'il y a de bon et de mauvais, en particulier Elmer, dont les intérêts vont être financiers ou amoureux.
Ce portrait américain permet aussi de voir la société d'alors, très bien reconstituée, tant dans l'idée que l'on peut en avoir qu'esthétiquement. La mise en scène est simple et fluide, elle laisse le scénario et surtout les comédiens / personnages s'imposer naturellement, et à ce jeu, Lancaster, que ce soit lorsqu'il harangue la foule ou quand il laisse parler ses émotions, tire évidemment son épingle, il est immense dans un rôle finalement nuancé. Arthur Kennedy en journaliste lucide et Jean Simmons en sœur dévouée l'accompagnent formidablement.
Porté par un immense Burt Lancaster, Elmer Gantry permet à Richard Brooks de dénoncer le commerce de la religion tout en dressant un portrait cinglant de l'Amérique puritaine et de ses foules manipulables, proposant ainsi une œuvre forte qui ne laisse pas indifférent, sensible et intelligente.
Mi-vagabond, mi-représentant de commerce, Elmer Gantry, grâce à sa formidable éloquence et à sa culture religieuse d'ancien séminariste, force la porte de la petite entreprise d'évangélisation de la belle et pieuse Sharon. Le succès de cette association contre nature entre la chrétienne sincère et le mécréant opportuniste, faisant commerce et spectacle du sermon, n'aura-t-elle qu'un temps ? En cinéaste intellectuel, Richard Brooks entame un vrai débat d'idées à propos du prosélytisme, de sa légitimité, surtout lorsqu'il prend, comme aux Etats-Unis, la forme d'une prédication enflammée, agressive et manichéenne. On voit ici deux méthodes cohabiter puis s'opposer : la douce Sharon propose le Paradis au chrétien tandis que Gantry lui promet l'Enfer parce qu'il est pécheur. Le scénario et les personnages sont au service d'une réflexion respectueuse de la foi et de la religion tout en stigmatisant leurs dérives : un mysticisme versant dans l'illumination, le phénomène d'hystérie collective et, concernant Sharon, cette inconsciente et présomptueuse identification au Messie ou la blasphématoire tentation de se substituer à Dieu -sanctionnée par un dénouement symbolique. Brooks ne perd jamais le fil de sa réflexion et on peut en mesurer l'intégrité dans la sobre relation entre Elmer et Sharon, pas suspecte de glamour et de romantisme. Burt Lancaster, habité et convaincu, et Jean Simmons forment un duo remarquable.
Un film magnifique... La scène où Burt Lancaster entre dans une église noire, il se met à chanter avec même rythme et le même enthousiasme que les personnes présentes , est absolument remarquable. Un oscar bien mérité.
Burt Lancaster n'est pas seulement un athlète au sourire ravageur, il démontre dans ce film qu'il est aussi un acteur de grand talent. Son interprétation du personnage d'Elmer Grantry est éblouissante et durablement marquante (oscar pleinement mérité). Autre film à découvrir avec Burt Lancaster : "the swimmer" (le plongeon)
Elmer Gantry a l’intelligence de ne jamais condamner moralement son personnage principal, ne cesse de suspendre son jugement quand vient le temps spoiler: de l’humiliation par scandale médiatique puis jets d’œufs et de feuilles de salades ; il se montre aussi optimiste que lui, porté par une inlassable vigueur tout à la fois physique et verbale – les deux se confondant dans le prêche –, et le suit dans ses louvoiements entre deux rives, celle de l’humanité faible et celle de la divinité de pacotille. En cela, si le long métrage dénonce l’évangélisme à l’œuvre aux États-Unis comme mouvement idéologique capable d’endormir les esprits pour parvenir à ses fins (financières pour l’essentielles), il interroge aussi les relations conflictuelles entre l’individu et la communauté d’une part, projette la cupidité et la soif de pouvoir sur d’autres, et celle entre le masculin et le féminin dont les échanges asymétriques portent en eux les germes d’un fatum consacré par la clausule. La trajectoire visée par les fidèles, à savoir le « réveil » spirituel par l’acceptation de sa nature pécheresse et les efforts placés dans sa lutte, se dégrade à l’état de stratégies d’entreprise et de vision politique du monde pour sœur Sharon, soucieuse de payer le maître-chanteur afin d’éviter tout scandale, de maintenir jusqu’au bout les illusions spectaculaires et les miracles publicitaires que relatent ou dénoncent les journaux locaux. Une réussite portée à bras-le-corps par Burt Lancaster.