En 2003, L'ile a été projeté au Festival de Cannes, dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs.
Pour le rôle du mécanicien emprisonné, Costanza Quatriglio a fait appel à l'un des plus célèbres écrivains italiens contemporains, Erri De Luca. Militant d'extrême gauche dans les années 70, il est alors ouvrier spécialisé chez Fiat. Son premier livre paraît en 1989. Lors de la préparation de son film, la réalisatrice de L'Ile avait consulté ce bon connaisseur du monde de la mer et des pêcheurs, avant de lui proposer de faire l'acteur. Si ce film est sa première expérience cinématographique, Erri de Luca a fait partie du jury du Festival de Cannes, sous la présidence de Patrice Chéreau, en 2003.
"Le film m'a été inspiré par un lieu et un sentiment très précis : une terre de tuf (roche très poreuse) cernée par la mer, et l'amour entre un frère et une soeur à peine adolescents, seuls capables de cet amour absolu et inconditionnel propre aux enfants. J'ai eu l'idée du sujet et commencé à écrire le scénario il y a plusieurs années, quand j'étais encore Centro Sperimentale per la Cinématografia, d'où je suis sortie en 1999. J'avais alors dirigé plusieurs courts-métrages de fiction d'un style plutôt abstrait et symbolique ; quand, en 2001, le projet de L'Ile s'est concrétisée, j'ai pu envisager le film sous un autre angle, plus proche de la réalité, grâce aux documentaires que j'avais réalisés entretemps. Cela m'a donné une stimulation nouvelle pour réinventer l'histoire."
A l'exception de Marcello Mazzarella, qui interprète le rôle du père et qu'on a vu notamment en Proust dans Le Temps retrouvé de Ruiz , les comédiens du film sont des non-professionnels. Costanza Quatriglio revient sur son travail avec eux : "J'ai puisé dans leur vraie vie, j'ai cherché les gens qui plus que les autres pouvaient exprimer les sentiments des personnages de l'histoire. La magie survient quand il y a coïncidence entre la personne qui vous offre sa confiance et le personnage qu'il doit interpréter. La grand-mère, par exemple, est réellement une veuve, sens sentiments sont authentiques."
La musique du film a été composée par un jazzman italien renommé, Paolo Fresu, Django d'Or du meilleur musicien européen de jazz en 1996. Le Septième Art n'est pas étranger à ce trompettiste qui a déjà accompagné les projections de films muets comme L' Age d'or ou A propos de Nice.
La réalisatrice a tourné son film sur une petite île proche de la Sicile, qu'elle ne connaissait, jusqu'au tournage, que d'un point de vue touristique. Elle s'est servie de la géographie du lieu, et de la culture de ses habitants, pour nourrir son film : "(...) L'Ile n'est pas mon histoire, mais l'histoire que j'ai lue dans les regards et les visages des gens que j'ai rencontrés. J'ai écrit et réécrit en me laissant guider par les surprises que m'offrait cette réalité unique. J'ai introduit des éléments de fiction à l'intérieur d'un paysage authentique, et, quelquefois, j'ai fait l'inverse, c'est-à-dire que j'ai inséré des détails absolument réels à l'intérieur d'une histoire complètement inventée."