Drôle de drame
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3,7
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65 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 octobre 2008
tout est bon: acteurs, dramaturgie, dialogues...
Frederique Servin
Frederique Servin

4 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 novembre 2020
Louis Jouvet, Michel Simon, les dialogues de Prévert ... Le film est cependant très daté, et cela gâche un peu le plaisir
JSCooper
JSCooper

10 abonnés 864 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 août 2026
Deuxième long-métrage né de l’association magique entre le réalisateur Marcel Carné et le poète-scénariste Jacques Prévert, "Drôle de drame" (1937) est un monument d'excentricité cinématographique. Cette comédie policière loufoque, pastichant le classicisme britannique pour mieux dynamiter la bien-pensance française, s'impose comme un joyau d'humour absurde et de satire sociale dont la modernité continue de surprendre, même s'il souffre des outrages du temps sur sa forme.

La force absolue du film réside dans les dialogues d'une virtuosité étincelante signés Jacques Prévert. Truffé de jeux de mots poétiques et de réparties légendaires (l'inoubliable joute oratoire autour du mot « bizarre » entre Louis Jouvet et Michel Simon est entrée au panthéon du cinéma), le script sert d'écrin à un casting de monstres sacrés exceptionnel. Michel Simon est formidable de dualité en botaniste obligé de se cacher sous les traits d'un auteur de romans policiers à succès, tandis que Louis Jouvet incarne un évêque d’une hypocrisie puritaine réjouissante. Jean-Louis Barrault, hilarant en tueur de bouchers végétarien, et Françoise Rosay, bourgeoise autoritaire impériale, complètent ce tableau de haute volée. Ensemble, Carné et Prévert livrent une satire féroce et d'un cynisme jubilatoire de la haute bourgeoisie, de sa morale de façade et de ses institutions.

Pourtant, cette fantaisie débridée n'est pas exempte de quelques aspérités qui ternissent un peu le plaisir de visionnage aujourd'hui. Le premier écueil pour le public contemporain réside dans un jeu d'acteurs extrêmement théâtral. Héritage des débuts du cinéma parlant des années 1930, les comédiens déclament leurs textes de façon très appuyée et grandiloquente, ce qui peut déconcerter par son manque de naturel. De plus, pour servir son éloge de l'absurde, le film s'appuie sur un scénario volontairement décousu et "bordélique". L'accumulation frénétique de quiproquos croisés, d'incohérences physiques volontaires et de détours narratifs donne par moments au film un aspect artificiel et confus qui peut égarer ceux qui recherchent une progression logique rigoureuse. Enfin, les limites techniques de l'époque imposent une bande-son parfois grésillante et manquant de clarté, demandant une attention auditive soutenue pour capter toute la finesse des répliques.

"Drôle de drame" n'en demeure pas moins un classique hautement recommandable de notre patrimoine cinématographique. Porté par une liberté de ton et une insolence créative phénoménales, ce vaudeville surréaliste mérite d'être redécouvert pour la beauté de sa langue et de sa distribution, malgré ses rides techniques et narratives.
Paul Pomme
Paul Pomme

8 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2026
Je mets 3 par respect pour l'aspect 'classique' et le prestige mérité des acteurs et de Prévert. Mais même avec ce dernier, un roman aussi pauvre ne pouvait pas se transformer miraculeusement en chef d’œuvre. Il faut dire que certains aspects de la mise en scène sont très discutables. spoiler: Par exemple le gag interminable de l'accumulation des bouteilles de lait ou le myosotis agité...
C'est du burlesque de cirque. spoiler:
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

2 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2026
Avec Drôle de drame, Marcel Carné détourne les codes du polar et du vaudeville dans une fantaisie absurde où le non-sens devient une véritable mécanique poétique. Le film repose largement sur l’énergie incroyable de ses dialogues et sur le plaisir manifeste des acteurs à faire exister cet univers de personnages excentriques, entre Louis Jouvet impassible et Michel Simon délicieusement grotesque. Derrière son apparente légèreté burlesque, l’œuvre dégage une étrangeté très singulière, presque surréaliste, qui donne au chaos narratif une saveur durablement fascinante. Pourtant, cette accumulation de quiproquos, de ruptures de ton et d’excentricités finit parfois par tourner à vide, comme si le film se grisait lui-même de son propre délire verbal. Une comédie atypique et audacieuse pour son époque, portée par un charme absurde indéniable, mais dont la fantaisie débridée crée aussi une certaine distance émotionnelle.
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