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benoitparis
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4,0
Publiée le 13 mai 2010
Le film de Renoir était à la fois un drame populiste et une comédie noire, le remake de Fritz Lang est dans le genre du film noir américain. Les personnages de femme fatale et d’homme manipulé s’y prêtent parfaitement. La fin, avec la folie de culpabilité du personnage principal est le plus surprenant, le plus spécifiquement languien, qui pourrait presque bifurquer vers le dostoïevskien ou le fantastique gothique. Le film de Renoir était plus complexe, plus pervers. Mais « La rue rouge » ne démérite pas.
Hypocrisie, cupidité, abandon de soit, une panoplie de sentiments dans un drame sombre, où l'on sent s'enfoncer doucement son protagoniste dans une spirale maléfique. Le film est très bien amené, sans précipitation, sans effet de manche, mathématiquement, un film construit tout en intelligence, la justice est rendue d'une manière ou d'une autre, et où, dans ses années 40, il était de bon ton de dire que le crime ne paie pas.
Ce remake de La Chienne (Jean Renoir) doit essentiellement ses qualitéss au très intelligent scénario sur lequel il s'appuie. Le trio (l'audieuse femme fatale , son antipathique et vaniteux fiancé, le fonctionnaire gateux et naif), idéal pour un traitement théâtral, fonctionne à merveille.
Folle amoureuse et pathétiquement servile de son séduisant souteneur, macho et brutal, une jeune et belle actrice au chômage suit ses conseils et séduit un caissier d’entreprise, quinquagénaire, en demande d’affection, timide et tyrannisé par une épouse imbuvable. La jeune fille le prend pour un riche artiste tandis que lui, juste peintre du dimanche, confirme le mensonge pour pitoyablement espérer lui plaire un peu. Il lui peint plein de toiles que lui dérobe le couple infernal pour les revendre à un célèbre galeriste très intéressé, tandis qu’il commence à voler dans la caisse de la boite qu’il est censé gérer pour entretenir son illusoire Circé. Tel est le décor de départ de ce sombre et dramatique vaudeville de 1945, remake américain de La chienne, de Jean Renoir de 1931. Le basculement dans la schizophrénie et la totale immoralité, chers à Fritz Lang, bien que choquant il y a 70 ans, rajoutera sa marque dans ce thriller passionnel, poignant, où les personnages et les enjeux perpétuellement évolutifs se noient inexorablement au pays des larmes et des amours traitres, cruels et illusoires.
Un remake plutot réussi, grace notamment à une atmosphère onirique bien rendue notament par la lumière et le coté mystérieux des villes. Fritz Lang lui, est toujours aussi subtile derrière la caméra, et donne au scénario une dimension très personnelle. A noter la très bonne prestation d'Edward G. Robinson, même si certains pourront lui préférer Michel Simon. Un film que certains considéreront comme inutiles donc, mais que j'ai trouvé assez personnel et assé réussi.
Mise à part une image pas toujours très nette, une version en VO et un registre scénaristique ultra-classique, « La rue Rouge » est un bon film à la mise en scène efficace. Edward G. Robinson est pathétique en amoureux transi qui va être entraîné jusqu’à la folie par cette belle manipulatrice appâtée par l’argent. L’histoire est donc plutôt ordinaire mais suscite de la compassion pour cet homme qui descend progressivement en enfer par amour. L’argent, la culpabilité sont les thèmes centraux, chers à Fritz Lang qui profitent de l’occasion pour égratigner le milieu des arts et des cotations forcément subjectives.
Fritz Lang est un maître incontestable. Scarlett street est dans la veine de L’ange bleu de Sternberg. Un homme à l’épouse acariâtre, victime de ses sentiments pour une femme fatale jusqu’à la tragédie. L’homme manipulé par une femme manipulée par un homme, une petite crapule. Un film impeccable. Revu à la télévision.
"La Rue rouge" (Scarlet Street), réalisé par Fritz Lang en 1945, est un film noir américain qui plonge le spectateur dans une histoire de tromperie, de passion et de désillusion. Le film, une adaptation du roman de Georges de La Fouchardière et un remake du film "La Chienne" de Jean Renoir, se démarque par sa narration complexe et son exploration des thèmes de l'obsession et de la trahison.
spoiler: L'intrigue tourne autour de Christopher Cross (Edward G. Robinson), un caissier et peintre amateur, pris dans un triangle amoureux toxique avec Kitty (Joan Bennett) et son amant Johnny (Dan Duryea). Le film brille par ses performances, en particulier celle de Robinson, qui incarne avec brio la vulnérabilité et la naïveté de Chris. Bennett, quant à elle, est captivante dans son rôle de femme fatale.
Le scénario de Dudley Nichols, bien que captivant, présente certaines longueurs qui auraient pu être écourtées pour maintenir un rythme plus soutenu. Cependant, le film compense par sa direction artistique impeccable. La photographie en noir et blanc de Milton Krasner ajoute une profondeur émotionnelle, soulignant les thèmes de l'ombre et de la lumière tant au sens littéral que figuré.
La musique de Hans J. Salter enveloppe l'histoire d'une atmosphère mélancolique, renforçant l'impact émotionnel des scènes clés. En outre, les éléments de décor et les costumes, supervisés par Travis Banton, sont remarquablement fidèles à l'époque, contribuant à l'authenticité du film.
Comparé à "La Chienne" de Renoir, "La Rue rouge" se distingue par son approche plus sombre et plus nuancée de la psychologie de ses personnages. Lang, fidèle à son style, intègre des thèmes de culpabilité et de fatalité, explorant les abysses de l'âme humaine.
En conclusion, "La Rue rouge" est un film qui mérite d'être regardé pour ses qualités cinématographiques et ses performances, bien qu'il présente quelques faiblesses dans sa structure narrative. C'est une œuvre emblématique du film noir, qui reste pertinente par sa représentation de l'illusion et de la désillusion, un thème universel et intemporel.
Ce film est l'un des plus tragiques que j'ai vu. En effet, bien que le héros ne meurt pas, c'est son esprit, son moral qui vacillent. On reconnait le génie de Fritz Lang dans le pessimisme du film. Ce film, bien que l'image ne soit pas excellente, retrace le naufrage, le déclin du héros, magistralement interprété par Edward G. Robinson, et prend le spectateur de compassion, si bien que, comme pour M le maudit, le spectateur prend parti pour le héros, devenu pitoyable. La rue rouge est donc un chef-d'œuvre malheureusement resté dans l'ombre.
Sur la même histoire de la belle abusant du pigeon ,il y a beaucoup mieux, ici c'est beaucoup trop facile et on a du mal y croire .la relation amoureuse du profiteur et de la belle n'est pas credible idem pour le pigeon et la belle.Tres decevant .
Relecture du roman adapté par Renoir dans son merveilleux La Chienne (1931), La Rue Rouge est une œuvre brillante du grand Fritz Lang, dans laquelle son sens de l'atmosphère, sa violence des sentiments et cette notion de culpabilité tenace (et intimement personnelle chez le cinéaste) s'imbriquent avec une harmonie, un accord remarquables. Et Edward G. Robinson est impeccable !
Seulement trois étoiles pour ce film de Lang qui réunit pourtant un très bon scénario, une réalisation de maître et une image noie et blanc de grande qualité. En effet je trouve que Edward G Robinson est ici à contre-emploi. Celui qui joue si bien les hommes d'affaire verreux ou autres personnages à l'honnêteté douteuse...ne peut guêre passer pour un benêt!
Fritz Lang impose son style dans ce très bon film noir dans lequel Edward G Robinson brille dans un rôle à contre emploi, bien secondé par Dan Duryea en dandy machiavélique.