Beaucoup de situations très amusantes et bien imaginées autour de la prison conjugale dans ce long-métrage de Pierre Etaix. Il manque peut-être une bonne pincée de subversion en particulier sur la fin pour en faire une très bonne comédie. Certaines séquences valent le détour particulièrement le rêve où le personnage principal circule sur les routes dans son lit en compagnie de sa belle secrétaire (très mignonne Nicole Calfan!). L'ensemble passe donc très agréablement et sans le moindre ennui.
Très bon film de Pierre Etaix. Plein d'humour et de drôleries. Sur un scénario assez simple, il brode des évènements de la vie de tous les jours avec une grande tendresse et une parfaite drôlerie. Les acteurs sont excellents (l'ami de P.Etaix, certains seconds rôles (les commères)). La réalisation, tout en finesse, déroule une histoire avec poésie et humour. Belle séquence onirique des lits-auto.
Si cette farce sur le mariage manque sans doute de mordant on y retrouve tout le charme des films de Pierre Etaix, une certaine poésie surréaliste à l'exemple de l'onirique scène des lits. Le Grand amour manque de rythme mais la courte durée du film empêche l'ennui. Très agréable à regarder.
Le film le plus abouti du réalisateur et le plus en phase avec son temps. Un film tendre sur la vie d'un couple confronté à la réalité de la vie bourgeoise provinciale. La réalisation toujours inventive et des bons gags nous accompagne tout le long du film. De plus Etaix se départ du coté nostalgique qui émane de films précédents en montrant le passage positif d'une France de la fin des années 50 à la fin des années 60 ...
Il aura donc fallu attendre 2010 pour redécouvrir les films burlesques de Pierre Etaix,grand réalisateur du comique burlesque français,qui prolonga la tradition du slapstick dans les années 60,avec bien sûr,Jacques Tati.Pierre Etaix,donc,dans "Le Grand Amour"(1968),traquait avec un humour bon enfant les failles de la bourgeoisie provinciale,entre ennui profond,comportement lénifiant,et pensées interdites.Ce qui vaut quelques gags bien pensés,comme la scène onirique des lits lançés sur les petites routes de campagnes.L'histoire est assez bâteau,reposant sur l'attirance d'un quadra désoeuvré,et castré par sa belle-famille,pour sa jeune et jolie secrétaire.Malheureusement,après un début prometteur,qui exploite les ficelles du vaudeville et les gags visuels;la suite est bien longue,inoffensive,presque barbante.Etaix est pourtant un personnage attachant,lunaire et courtois,mais il a oublié de bâtir une charpente à son film,et a négligé un élément essentiel que maîtrisait si bien Chaplin:l'émotion.Le cadre de la ville de Tours est bien utilisé,mais le sentiment d'inachevé est tenace.
Quel plaisir de revoir enfin les films de Pierre Etaix et de les savoir sortis des griffes de l'individu qui les détenait ! Le Grand Amour observe le charme désuet et si coincé de la bourgeoisie de province de l'avant 68. C'est drôle, inventif, observateur et poétique. Les personnages secondaires ont tous des trognes ! Et tous les tics de la vie des petites villes sont parfaitement observé et rendu avec tellement d'humour. Dans la salle où je l'ai vu, des jeunes "style banlieue" riaient fréquemment, démontrant ainsi qu'un bon film est éternel et s'adresse à tous. Le court métrage qui précède est excellent également avec un coté Tati assez prononcé.
Une comédie signée Pierre Etaix, fils spirituel de Tati. C'est à mon avis le lien entre le Tati des années 50 et le Pierre Richard des années 70 avec ce comique burlesque où la gestuelle prend une place prépondérante. Cette comédie est vraiment soignée, pleine de trouvailles et mérite le détour.
Une farce bourgeoise sur le mariage assez plaisante et légère. Sans aller dans la franche comédie, on est face à un humour assez innocent qui envoie des pichenettes, ici sur les conventions et l ennui qui naît dans un couple. Un film qui m a fait un peu penser au cinéma de Jacques Tati.
Le clown blanc en patron d'entreprise, mais dans une comédie romantique. Ou du moins une parodie du genre ? Quoi qu'il en soit, Etaix nous raconte une intrigue classique : un couple aisé vit ses jours heureux, et voit sa vie perturbée par l'arrivée de la nouvelle secrétaire. Rien d'original, si ce n'est la façon dont Etaix écrit avec Carrière et réalise. Il travaille toujours autant la mise en scène sonore, lui donnant un sens symbolique, comme par exemple dans le bureau de la secrétaire où bourdonne sans cesse le sons des machines, qui aussitôt se transforme en battement de coeur. Le cadre, moins poussé que dans Yo-yo, est néanmoins soigné. La plus belle séquence du film est sans aucun doute le rêve du personnage, hommage au cinéma burlesque, dans lequel les lits avec leurs propriétaires circulent dans la campagne, comme si en dormant on se retrouvait tous dans un lieu commun. La chanson est superbe, rappelant la chanson Titanic de Celine Dion : trois notes identiques, et la scène colle parfaitement à cette comparaison : "In my dreams I see you". Drôle de coïncidence ! Le film garde une grande touche poétique, plus dans le comique de situation que dans le comique gestuel. Le film de Etaix nous apporte une morale, sur l'amour naturel ( le couple qui s'est formé très vite ) plutôt que la timidité et l'incertitude ( les hésitations du personnage envers son amante ). Toutefois, le cinéaste se refuse à tomber dans la mièvrerie, veut faire partager son univers sous un autre genre cinématographique.
Ah, de l’absurde. Quand c’est français, aux racines des grandes comédies, c’est encore mieux. C’est très burlesque, directement hérité du Landru chabrolien (1963), sauf qu’Étaix préfère un côté semi-sketch à une linéarité buñuelesque – si l’on prend Le Charme discret de la bourgeoisie comme repère ultérieur (1972).
Entre le début de Chabrol et la fin de Buñuel, au niveau de l’inévitable charnière soixante-huitarde dont Étaix souffrit, le clown national était entre deux époques, fidèle à son idée de conserver la tradition cinématographique mais obligé de mettre son œuvre en contexte. Le résultat est un « quand » malmené au possible : scènes ultra-longues, flash-forwards, flashbacks, métrage hésitant et fin brutale sont les symptômes de sketches mal ajustés qui sont souvent capables du meilleur (la séquence du rêve est somptueuse, que ce soit en termes musicaux, d’éclairage, de technique – des lits sur la route, quand même ! – ou de thème) mais aussi parfois de créer un ennui bête parce qu’il sera juste venu de la lenteur.
Cette lenteur malhabile, on la doit peut-être au fait – rare à l’époque – qu’il fut réalisateur et acteur à la fois. Le Landru évolue sur le court terme de la narration mais pas sur le long terme de l’ellipse ; c’est comme une tentative de saynète à l’italienne qui ne cherche pas la concision et ne sait pas mesurer l’étouffement conservatiste enserrant ses personnages. Par contre, c’est là aussi que s’effectue la cimentation du malheureux gendre dans sa nouvelle famille, jamais éloignée de lui de plus de deux étages, et pour une fois représentée au cinéma dans sa forme la plus subissante et malaisante.
Et puis, d’un coup, Étaix fait rire. S’il faut vraiment y voir des sketches, il ne faudrait pas s’attendre à une constante, mais il y en a bien une : ce jeu de l’absurde qu’il s’autorise pour constamment impliquer l’imagination au premier degré (ainsi que le rêve, on l’a vu), c’est une sacrée prise à laquelle s’agripper.
Le propos est inchangé aussi : le grand amour, on le cherche, puisqu’il n’y a finalement rien d’autre qu’une molle infatuation bourgeoise et l’étincelle d’affection du mi-vieux protagoniste envers une jeunette (et les interventions de l’ami peinent à établir un semblant de complétude dans son effrayante routine), mais il faut y voir un grand sentiment fortement étalé sur tout le temps que demandent l’attente et la frustration, ce revers à la pièce romantique justifiant, sur le tard, que tout soit haché et entrecoupé, car n’est-ce pas comme cela qu’on éprouve ?
L'humour de Pierre Etaix est brillant dans la discrétion (la suggestion) et souvent irrésistible par la finesse de la mise en scène. Car, si la comédie est totalement réussie et tout à fait personnelle, c'est bien parce qu'il y a un vrai travail de mise en scène par lequel Etaix amène ses effets comiques avec beaucoup d'à-propos, d'originalité et une certaine ironie. Son observation des détails et le brio de sa réalisation ne nécessitent pas beaucoup de dialogues. L'art d'Etaix exprime une jolie poésie sentimentale, celle de l'amoureux et du timide, tout autant qu'une idée satirique à l'égard de la vie conjugale et bourgeoise que subit (c'est le mot) son personnage. Moins clownesque que Monsieur Hulot, Pierre est un rêveur (on trouve au coeur du film un séquence onirique quasiment bunuelienne) qui se démarque du personnage de Tati, témoin des phénomènes de société, par sa sentimentalité. Le regard que porte Etaix sur le mariage n'est pas sans une certaine amertume et sa passion soudaine pour une jolie secrétaire suggère, un temps, que le mariage n'est pas forcément synonyme de grand amour. "Le grand amour" est une comédie très riche, pleine de bonnes idées.
J'ai vu un film... ou plutôt, j'ai eu la chance de voir ce film. Et je vais vous en dire le plus grand bien... J'ai passé un moment fabuleux a cotoyer des personnages attachants, humains, complexes, touchants... Je souhaite aux jeunes comédiens et comédiennes de ce film une très grande carrière... pour un scénario d'un très grand Carrière. J'ai tout aimé dans ce film, le dialogue, les partis pris créatifs, les rencontres, les scènes oniriques, les situations décalées... Je suis rentré dans ce film avec une facilité déconcertante, et je n'ai pas voulu en sortir... encore et encore... Pour tout ceux qui aiment le cinéma, le grand, le vrai, avec de l'émotion, du rire, de la chaleur, ils mettront un pied dans la salle, et en ressortiront conquis. D'autant que ces scènes de vie sont aussi des tranches d'histoire... de comment était la France d'il y a longtemps... Un bonheur, un plaisir, une joie... Je ne le répèterai pas assez... ALLEZ VOIR CE FILM...
Une comédie sentimentale au ton original, faussement gentil et très doux amère. Un peu décevant par rapport aux autres films de P. Etaix pour ce qui est du sens du gag ou de la causticité. Il y a tout de même une séquence formidable : celle, onirique, des lits ambulants, d’une cocasserie surréaliste merveilleuse. Le film trace une caricature de bourgeoisie provinciale très conforme et rangée et date de 1968. Il fait penser à l’anecdote souvent rapportée : à la veille des évènements du mois de mai de cette année-là, le journal « Le Monde » titrait : « La France s’ennuie ».