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Et au milieu coule une rivière
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Marie Depuydt
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4,5
Publiée le 11 novembre 2019
Et au milieu coule une rivière est un film signé par Robert Redford. Ce long métrage retrace la vie de deux frères, Norman et Paul très influencés par leur père pasteur, passionné de pêche. Ces deux disciplines vont leur permettre de grandir et de crée leur propre vision du monde. Ce film très visuel a d’ailleurs remporté l’Oscar de la meilleure photographie. Un scénario très délicat et émouvant mis en scène par Brad Pitt et Craig Sheffer.
C'est un film délicatement suranné, comme un vieil album de photos sépia que l'on sortirait d'un tiroir oublié. Narration avec voix-off "qui se souvient". Réalisation ultra classique. Le côté "river-movie" est rafraîchissant. Le rythme est apaisant. On admire les beaux paysages captés avec soin par le chef op' Philippe Rousselot (Oscar 1993 de la meilleure photographie). On admire la beauté et le talent d'un Brad Pitt solaire et élégant, qui mange l'écran en éclipsant le reste du casting. L'histoire se suit sagement, douillettement. On aurait presque envie d'aller se préparer une bonne tisane à la camomille. Et puis il y a l'émotion finale. Et la mélancolie que l'on se surprend à éprouver au sortir du film...
Redford derrière la caméra & pas devant, c’est assez rare pour qu’on se demande d’où vient au juste la veine américaine de ces films country qui ne sont pas des westerns. Sous la baguette d’Edward Zwick, Brad Pitt ferait deux ans plus tard un autre film mettant en scène des frères du Montana – trois, cette fois-là, le ”niveau au-dessus” de Legends of the Fall. Mais il ne faut pas jeter la pierre de la comparaison trop vite à la rivière de Redford, qui ne m’a rien demandé & qui arrive, sans Hopkins (oups, je comparai derechef) à construire son univers narratif.
La photo aurait pu mieux rendre hommage aux magnifiques paysages du Nord-Ouest, je trouve, mais il a d’autres atouts pour nous impliquer, à savoir s’impliquer lui-même. Tiré d’un roman semi-autobiographique de Norman Maclean (rôle tenu par Craig Sheffer aux côtés de Pitt), le film a bénéficié de consultants en matière de pêche à la mouche au point que c’en était presque ridicule, car ce n’était pas l’objet. Force est toutefois de constater que tout le monde y trouve son compte, surtout les acteurs secondaires qui se tiennent là comme des ombres en arrière-plan des souvenirs. Une place pas forcément juste, mais qui sonne juste, de quoi rythmer la vie des Maclean depuis l’enfance de Norman (interprétée par un tout jeune Gordon-Levitt) jusqu’à son grand âge.
Qu’importe qu’il y ait ”trop d’arbres”, comme un éditeur le reprochait au vrai Maclean avant qu’il ne réussît à se faire publier, quand les pièces d’une ode familiale sont disposées avec la poésie d’une authenticité mûrie. Cette même réflexion existe dans les idées qui transparaissent derrière chaque scène & qui nous font dire que Redford a vraiment cherché à donner vie aux décors, une vie d’antan qui respire la nostalgie aussi sûrement que le cours de la rivière est inflexible.
En-dehors de tout cela, ce sont sans doute les personnages qui convainquent moins. Un père poli (…par les années passées par l’auteur à se le remémorer ?), Pitt à l’aise dans ses mimiques mais fainéant dans l’envol & Sheffer presque aussi ”dull” que son rôle, tout ça n’est pas pour s’inscrire dans le caractère durement épopéique du tout. Il faudra plutôt se reposer sur le naturel, notamment féminin, qui émerge pour une fois des costumes & des coiffures vintage.
Redford s’y voyait déjà, alors peut-être a-t-il négligé l’enfance, mais son far-western romanesque est loin de revenir bredouille de la pêche aux images.
Difficile de faire plus académique que ce film bien représentatif de la production mainstream des années 90. Sage, lisse, sensible et imprégnée de morale religieuse, cette saga familiale au long cours peut quand même compter sur deux atouts majeurs: les sublimes paysages du Montana et le charisme du jeune Brad Pitt, qui éclipse littéralement tout le reste du casting.
Film moyen qui n’aurait pas vraiment valu la peine d’être remasteriser. Un scénario limite limite. Bref, à part ça Brad Pitt joue bien, et le film contient de bons dialogues. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 2/5
L'histoire racontée est sympathique ; mais elle ne s'échappe pas d'un simple exposé de souvenirs anecdotiques. Il n'y a pas de souffle, tant dans le scénario que dans la mise en scène (très académique). C'est un film reposant, avec de bons acteurs.
La truite, métaphore filée des différentes et successives prises que l’on a ou pense avoir sur l’existence, cette vaste rivière à la source immémoriale et aux pierres porteuses de mémoire. Le film coule, dispose ses merveilleux acteurs comme les embranchements débouchent sur une rivière-mère qui, malgré les aléas du temps et les ravages humains, demeure digne ; ses larmes se dissimulent dans les flots, ses sourires se gravent entre les rives, parmi les roches et la terre natale. Ode à l’Heimat, poésie gorgée de paysages sublimes et de mots qui le sont tout autant, Redford érige le Montana en microcosme porteur d’un macrocosme céleste, rejouant çà et là les querelles bibliques de deux frères. Le seul reproche à lui adresser serait, peut-être, une tendance initiale à l’hagiographie familiale assez maladroite heureusement rééquilibrée par la suite. Une œuvre magnifique, portée par la magie des mots de Norman Maclean et la magie des notes d’un Mark Isham divinement inspiré, porté par cette rivière dont les murmures se muent en notes délicates.
J'avais adoré lors de mon premier visionnage il y a fort longtemps. Revu aujourd'hui et je suis presque un tout petit peu déçu. C'est un très beau film avec un duo d'acteur excellent qu'on à plaisir a voir. Les 2H passent vite même si l'histoire est parfois un peu plate, le rythme est plutôt lent mais convient finalement parfaitement. Bref, une belle histoire avec une fin assez pleine d'émotions.
Un beau film menés par de bons acteurs et des paysages sublimes. Redford livre ici une oeuvre touchante de sincérité. Dommage qu'il n'y a pas vraiment d'enjeux parce qu'il devient alors difficile d'accrocher à l'histoire. Il est indéniable que le film souffre de longueurs. Mais dans l'ensemble ça reste bon.
redford filme les paysages somptueux du montana avec un academisme certain. dans ce cadre sans doute trop figé il en oublie de faire vivre ses personnages, qui semblent des alors creux.
D'un prodigieux ennui. Un maniérisme tire-larmes à peu de frais. Un film idéal pour mélancoliques mièvres. De multiples portes ouvertes enfoncées, un drame qui finit en queue de poisson, c'est le cas de le dire.
une très belle chronique sur le sens de la famille, des valeurs et des traditions, avec tout ce qu'il faut d'émotion, de profondeur dans les personnages et leurs liens. d'ailleurs, le casting s'avère judicieux, avec une B. Pitt une fois de plus en harmonie avec le scénario. puis, la lumière, les prises de vues de cette nature si chère à R. Redford dont il rend un hommage contemplatif et authentique.
Sans doute le chef d'oeuvre de Robert Redford comme réalisateur . Un film d'une beauté, d'une profondeur, d'une émotion sans pareilles. Un film qui touche avant tout par sa simplicité, son rythme, sa naturalité , son académisme, et qui avec l'histoire simple de 2 frères, d'une famille avec un père de pasteur de l'Amérique profonde ,dans des décors à couper le souffle par leur beauté, leur pureté, un film qui en grande partie accompagné pour la narration en voix off, arrive à captiver, à émouvoir, à faire rire et pleurer, tant il dégage d'humanité,d'humanisme même et de fraternité. Comment un film si simple, si académique, au rythme relativement monocorde peut il à ce point captiver et marquer le spectateur. C'est la magie et le talent de Redford et des acteurs Craig Sheffer, Tom Skerritt et bien sûr Brad Pitt au visage plus angélique que jamais. Certains trouveront peut être ce monde et cette histoire trop lisses, un peu petite maison dans la prairie, mais que c'est beau, que c'est simple, que c'est puissant en valeurs et émotions, le tout en parfaite harmonie avec des images, des lumières, d'une nature somptueuse et virginale, des images et des moments de quiétude et de sérénité absolus, car au milieu coule une rivière. ..
Quand il est passé à la réalisation juste après la quarantaine atteinte, Robert Redford a immédiatement décroché la timbale avec "Des gens comme les autres", drame familial intimiste récompensé de quatre Oscars majeurs dont celui du meilleur réalisateur. Encouragé par ses débuts plus que prometteurs, Redford est depuis régulièrement passé derrière la caméra, comptant à ce jour neuf réalisations. Depuis longtemps, il souhaitait adapter le roman autobiographique de Norman MacLean, "La rivière du sixième jour" (1976) racontant son éducation et celle de son frère par un pasteur rigoriste dans les montagnes du Montana au début du XXème siècle. Le sujet était en effet parfait pour l'acteur de "Butch Cassidy et Billy the Kid" (George Roy Hill en 1969) et de "Jeremiah Johnson" (Sydney Pollack en 1972) très concerné par la protection de la nature. Le livre fait en effet la part la belle à l'harmonie encore possible entre l'homme et son environnement tout en mettant l'accent sur la transmission des valeurs entre un père et ses deux fils. S'approchant au maximum de l'environnement réel où avait vécu Norman McLean, Redford profite de l'apport du chef opérateur français, Philippe Rousselot pour délivrer des images somptueuses qui servent d'écrin à un propos plus profond qu'il n'y parait de prime abord. S'il est question de la pêche à la mouche pratiquée comme un art, il ne faudrait pas que la qualité plastique du film gomme le drame qui se joue en arrière plan de cette pratique sportive où père et fils sont en symbiose. C'est en effet la difficulté de l'éducation des enfants qui est soulevée par le récit de McLean. John (Tom Skerritt) le père, pasteur sévère mais aussi aimant et juste constate douloureusement que l'éducation ne peut pas tout et que le tempérament impulsif de Paul (Brad Pitt) celui de ses fils qui lui ressemble le moins s'est construit sans qu'il s'en aperçoive en contradiction avec des principes de vie vécus comme des contraintes à son propre épanouissement. La question qui se pose à John comme à tout parent est d'arriver à comprendre ce qu'on a pas su voir qui aurait permis de changer le cours des choses. Question lancinante sans réponse qui doit mener à l'acceptation de la liberté de chacun y compris des siens à se choisir un chemin ? Norman (Graig Sheffer) le grand frère raisonnable assiste inquiet et impuissant à la lente dérive de Paul sans pouvoir lui non plus inverser le cours des choses. La rivière qui relie les hommes à la terre est souvent paisible mais elle emprunte aussi des passages tortueux où les remous sont vifs et parfois dangereux. Ainsi va la vie qui fait de chacun d'entre nous un être différent. Sans pathos excessif, mariant en parfaite osmose grands espaces et scènes intimistes, le film nous ramène à la simple vérité de la vie, tout à la fois idyllique et cruelle en proportions aléatoires. Formidable directeur d'acteurs, Robert Redford s'y entend à merveille pour profiter de l'expérimenté et excellent Tom Skerritt dans un de ses meilleurs rôles pour guider les jeunes pousses que sont alors Brad Pitt, Graig Sheffer, Emily Lloyd et même Brenda Blethyn actrice de théâtre anglaise dont c'est le deuxième film. "Et au milieu coule une rivière" est assurément un film à revoir pour aller au-delà des qualités esthétiques qui en avaient à l'époque de sa sortie un peu occulté l'humanisme profond qui s'en dégage.