Tourné en 1960, Spartacus fut par la suite renié par son réalisateur Stanley Kubrick. On peut comprendre cela, car en effet, il hérita des manettes du film après le départ de Anthony Mann (L'Homme de l'Ouest, ...), initialement prévu au poste de metteur en scène. Alors, certes, ce n’est pas son film le plus personnel, mais il n’en reste pas moins que c’est un grand film. Tout de même, précisons que Kubrick remania le scénario afin d’en enlever son côté trop moralisateur qu'il jugeait inutile. Spartacus est donc un très grand film, et surtout un très grand péplum, dont les 3h00 passent très vite pour le spectateur, pris dans l’action. La mise en scène est parfaite, de nombreux passages chargés d’émotion restent en mémoire : le premier combat à mort, la rencontre avec Varinia, les soldats qui se lèvent et crient tous « je suis Spartacus » afin de défendre ce dernier ou encore le dénouement. Il faut avouer cependant que certaines scènes ont vieillies, et principalement la grande bataille finale. La mise en scène est donc (évidemment) réussie, la photographie également – n’oublions pas la musique (somptueuse pour le thème d’amour, mais parfois barbante lors des scènes de guerre) et le superbe générique signé Saul Bass (créateur des intros de Sueurs Froides, West Side Story, La mort aux trousses, Alien, Les affranchis, Casino…) – nous pouvons donc passer à un dernier point majeur, le casting. Car il vaut le détour ! Kirk Douglas, déjà, est parfait comme à son habitude. Il joue magnifiquement bien son personnage de martyr et révolutionnaire, engagé dans une cause perdue et éternelle, la défense des opprimés contre les privilégiés. Intéressant d’ailleurs de voir que ce personnage peut à la fois être interprété comme un leader communiste du passé ou un Jésus Christ avant l’heure. Le comédien, très impliqué dans le tournage et la production (il est d’ailleurs crédité en tant que producteur), réuni une pléiade d’acteurs monumentaux (cf.casting)
9/10