On retrouve Lee et Carter là où on les avait laissés : dans un chaos organisé, à se chamailler entre deux bastons. Cette fois, direction Paris, où le duo débarque en plein milieu d’une intrigue internationale autour des Triades. L’excuse est un peu grossière, mais soyons honnêtes : personne ne vient voir Rush Hour 3 pour le scénario.
Ce qu’on veut, c’est la dynamique entre Jackie Chan et Chris Tucker. Et là-dessus, le film livre ce qu’il promet. Chan reste un maître du timing physique, souple et précis dans chaque cascade, pendant que Tucker balance ses punchlines avec la même énergie nerveuse qu’à la fin des années 90. Les deux se complètent toujours aussi bien, et même si certaines blagues ont pris un coup de vieux, leur complicité fait encore mouche.
Le film s’amuse avec Paris, parfois jusqu’à la caricature : entre le chauffeur de taxi anti-américain (incarné par un Yvan Attal en pleine roue libre) et les clichés à la pelle, on oscille entre parodie et carte postale. Mais au fond, c’est aussi ça le charme de Rush Hour 3 : un divertissement sans prétention, tourné vers le fun pur.
Brett Ratner ne cherche pas à révolutionner quoi que ce soit. Il fait ce qu’il sait faire : de l’action rythmée, des dialogues qui claquent, et une mise en scène propre, un peu télévisuelle mais efficace. On sent toutefois la fatigue de la formule : les enjeux sont flous, les seconds rôles pas toujours marquants, et l’effet de surprise complètement évaporé.
Malgré tout, difficile de ne pas passer un bon moment. Le film joue sur la nostalgie, celle d’une époque où les buddy movies dominaient encore le box-office, avant que les grandes franchises ne s’imposent. Rush Hour 3 n’est pas un grand film, mais c’est une pause légère, un rappel du cinéma d’action “popcorn” des années 2000 — simple, bruyant, efficace.
Bref : ça sent la fin de parcours, mais les deux compères nous quittent avec le sourire… et c’est déjà pas mal.