La vengeance magnifiée, tel est le thème central de Old Boy. Dans une atmosphère sombre et quasi post-apocalyptique, Chan-wook Park nous livre un thriller haletant qui retrace l'évolution d'un personnage torturé physiquement et psychologiquement qui, habité par la haine, la peur, la torture, et le désespoir, va se retrouver confronté à une situation qui le dépasse dans un monde mêlant ultra violence (à la Orange Mécanique) et démesure. C'est cru, c'est hardcore, c'est trash, mais c'est ce qui fait la beauté et la puissance de ce film car dès les premières secondes nous sommes aspirés dans cet univers décadent, on rentre immédiatement dans la psychose du protagoniste, et on est tellement choqué par ce qu'il subit et ce qu'il fait subir qu'on a du mal à y croire, et pourtant on a l'impression de le vivre sous nos yeux.
Le jeu des acteurs (tous excellents sans exception) y est pour beaucoup aussi, ainsi que la scénarisation et la bande son : en effet, dans Old Boy, les couleurs, les dialogues, la musique, le cadrage sont très travaillé et recherché. De plus, rien n'est de trop, tout est ultra léché, c'est à la fois très propre et très sale.
Propre parce que chaque détail a son importance et chaque scène porte un message suggestif derrière, sale parce que c'est dérangeant, sans pitié, sans demi-mesure, anti conventionnel.
Mais il y a aussi un peu de poésie, de romance, et d'humour implicite (scènes exagérées), et c'est en ça que Old Boy a réussi là où d'autres films du genre ont échoué.
Le réalisateur a voulu aller au bout de ses fantaisies jusqu'à la dernière seconde du film, et il y parvient avec brio. Sans quoi Old Boy ne serait pas un chef d'oeuvre. Sans quoi il ne ferait pas partie de ces films qui s'améliorent à chaque visionnage parce qu'on comprend toujours quelque chose de plus, ou parce qu'on est d'autant plus impressionné par la singularité des mises en scène.
Un film à revoir dans quelques années, vous serez surpris de constater à quel point il aura bien vieilli.